Yvette Guilbert

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Yvette Guilbert

Emma Laure Esther Guilbert, dite Yvette Guilbert, est une chanteuse française du café-concert, née le à Paris et morte le à Aix-en-Provence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Yvette Guilbert est issue de l'union d'Hippolyte Guilbert, un brocanteur et patron d'une fabrique de confection normand, et d'Hernance Julie Lubrez, une chapelière belge. À seize ans, après six mois passés dans un atelier de couture, elle entre comme vendeuse aux grands magasins Le Printemps du boulevard Haussmann à Paris.

En 1885, elle suit des cours d'art dramatique. Elle se révèle « timide à la ville et audacieuse à la scène », comme elle le rapporte elle-même. Elle fait ses premiers pas au Théâtre des Bouffes du Nord, puis passe au théâtre de Cluny. Fin 1885, Yvette Guilbert rencontre Charles Zidler, directeur de l'Hippodrome et créateur du cabaret parisien Moulin Rouge.

En 1887, elle entre au théâtre des Nouveautés, où elle a notamment un petit rôle dans une pièce de Feydeau. L'année suivante, elle passe au théâtre des Variétés, où, là encore, elle n'a que de petits rôles. Elle décide alors de se tourner vers la chanson et le café-concert. Elle tient les premiers rôles dans l'opérette Le Moulin de la galette d'Alphonse Allais et Jules Desmarquoy en 1888, puis en 1890 dans la revue légère[1] de George Auriol et Narcisse Lebeau, Pourvu qu'on rigole[2], que donne le Divan japonais, café chantant de la rue des Martyrs dirigé par Jehan Sarrazin, où elle se produit régulièrement jusqu'en 1892. Sarrazin la surnomme la Diseuse fin de siècle.

Yvette Guilbert au Concert parisien en 1891 par Jules Chéret.

Entretemps, en 1889, elle obtient un engagement à l'Eldorado, qu'elle quitte presque aussitôt pour entrer à l'Éden-Concert, mais ne parvient toujours pas à se faire un nom.

C'est en août 1889 que Freud vient l'écouter à l'Eldorado sur les conseils de Mme Charcot. Par la suite, Freud affichera dans son bureau une photo dédicacée par elle et ils entretiendront une correspondance assez suivie[3]. Elle interprète de nombreuses chansons de Paul de Kock.

Le succès n'arrive qu'en 1891, après un engagement au Moulin Rouge qu'elle doit à la confiance de Charles Zidler. Marcel Proust lui consacre son premier article dans Le Mensuel en février 1891.

Atteinte d'une grave maladie à partir de 1900, elle finit par remonter sur scène, au Carnegie Hall de New York en 1906, puis au Casino de Nice en 1913, mais avec un répertoire tout à fait nouveau, composé de chansons plus littéraires, comportant des reprises de poésies anciennes et modernes, ainsi que des chansons du Moyen Âge.

Elle consacre la fin de sa vie aux grandes salles d'Europe et d'Amérique, avec pour pianiste Irène Aïtoff (1904-2006). Parallèlement, elle ouvre une école de chant à Bruxelles, tourne dans quelques films, rédige des chroniques, fait de la mise en scène, anime des émissions de radio et écrit des livres.

Yvette Guilbert a enregistré des chansons pendant presque quarante ans, ce qui nous vaut de nombreux enregistrements conservés, du début du cylindre commercialisé aux disques enregistrés électriquement.

Elle est morte le à Aix-en-Provence et a été inhumée au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Évocation[modifier | modifier le code]

« Je déjeunais de temps à autre chez Mme Louis Stern avec Mme Réjane et Mme Yvette Guilbert qui chantait de vieilles chansons françaises et composait des rondes pour enfants. Elle était une dame âgée, très digne, habillée d'une robe de chantilly noir. »

— Gabriel-Louis Pringué, 30 ans de dîners en ville, éditions Revue Adam, 1948

Filmographie[modifier | modifier le code]

Portrait par André Sinet.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Comment on devient une étoile, Paul Dupont éd., 1893.
  • La Vedette, H. Simonis Empis, 1902, réédition en 1900 et 1987.
  • Les demi vieilles, Félix Juven, 1902.
  • Légendes dorées, épisodes de la vie de Jésus recueillis et reconstitués par Yvette Guilbert, 1914.
  • La Chanson de ma vie, mémoires, Grasset, 1927.
  • L'Art de chanter une chanson, Grasset, 1928.
  • La Passante émerveillée, Grasset, 1929.
  • Mes lettres d'amour, Denoël et Steele, 1933.
  • Autres temps, autres chants, Robert Laffont, 1946.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Yvette Guilbert vue par Toulouse-Lautrec
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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue légère : spectacle de musique et de danses avec nudités féminines
  2. Pourvu qu'on rigole, Notice BnF no FRBNF30759068d
  3. Marcel Scheidhauer : Freud et ses visiteurs. Français et Suisses francophones (1920-1930), Editions ERES, Arcanes, 2010 (ISBN 2749212405)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvette Guilbert, diseuse fin de siècle, publié par le Musée Toulouse-Lautrec d'Albi, 1994.
  • Claudine Brécourt-Villars, Yvette Guilbert l'irrespectueuse, Paris, Plon, 1997
  • (de) Annette Ziegenmeyer, Yvette Guilbert, Pionierin einer musikalischen Mediävistik zum Hören, Cologne, Dohr 2013, (ISBN 9783868461114)

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Liens externes[modifier | modifier le code]