Mathilde de Morny

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Mathilde de Morny, dite « Missy », née le 26 mai 1863 - morte le 29 juin 1944, était la dernière fille du duc de Morny, le frère utérin de Napoléon III, et de son épouse la princesse Sophie Troubetzkoï (1838-1896), qui était peut-être la fille naturelle du tsar Nicolas Ier. Elle était l'arrière-petite-fille de Talleyrand, mais aussi de l'impératrice Joséphine.

Sommaire

[modifier] Biographie

Sa conduite extravagante en fit une célébrité de la Belle Époque et malgré son mariage en 1881 avec Jacques Godart, marquis de Belbeuf - dont elle divorça en 1903 - elle afficha ouvertement sa préférence sexuelle pour les femmes. Curieusement, à cette époque où les amours féminines étaient à la mode, elle fut attaquée avec acharnement, surtout en raison de son attitude très virile. En effet, le port du pantalon par une femme pouvait scandaliser à une époque où il n'était permis qu'après l'autorisation des autorités compétentes (que l'on songe à Rosa Bonheur).

Grâce à sa personnalité et sa fortune, Mathilde de Morny entretient de nombreuses femmes à Paris, y compris Colette et Liane de Pougy. « Missy », comme elle était surnommée, achetera pour Colette le manoir de Rozven, en Bretagne. Toutes deux séjournent aussi, à partir de l'été 1906, au Crotoy dans la villa « Belle Plage ». Colette y rédige Les vrilles de la vigne et La vagabonde qui sera portée à l'écran par Musidora.

Le 3 janvier 1907, elle se présente avec Colette sous l'anagramme d'Yssim dans la pantomime Rêve d'Égypte, au Moulin-Rouge, déchaînant un scandale (simulation d'une scène d'amour entre les deux femmes, Missy jouant le rôle d'un égyptologue) et l'interruption des représentations par le préfet de Police Louis Lépine.

Le 21 juin 1910, « Missy » et Colette signent enfin l'acte de vente[1] du manoir de Rozven à Saint-Coulomb en Bretagne, le jour même où la première chambre du tribunal de grande instance de la Seine prononce le divorce de Colette et Willy). Lors de leur séparation un an plus tard, Colette gardera la maison[2].

« Missy » inspira à l'écrivain le personnage de « La Chevalière » dans son roman Le Pur et l'Impur. Colette dira d'elle : « La Chevalière » qui, « en sombre ajustement masculin, démentait toute idée de gaieté et de bravade... Venue de haut, elle s'encanaillait comme un prince ». Colette avait pris la mesure du mal-être de son amie.

Mathilde de Morny se faisait appeler « Max », « Oncle Max » ou bien encore « Monsieur le Marquis » par ses gouvernants. Elle porte alors un complet veston (tenue interdite aux femmes), le cheveu court, fume le cigare. Elle subira une hystérectomie et l'ablation des seins.

Fin mai 1944, elle tenta de se faire hara-kiri mais fut sauvée. Complètement ruinée, elle se suicida un mois plus tard le 29 juin 1944 en mettant la tête dans le four de sa cuisinière à gaz et mourut à trois heures de l'après-midi.

[modifier] Activité artistique

Sous le pseudonyme d'Yssim (anagramme de Missy), elle fut sculpteur et peintre, élève du comte Saint-Cène et du sculpteur Édouard-Gustave-Louis Millet de Marcilly.

[modifier] Notes et références

  1. La propriétaire, la baronne du Crest refuse la vente car la marquise est habillée en homme. « Missy » fit donc signer l'acte de propriété par sa compagne.
  2. Frédéric Maget, Président de La Société des Amis de Colette dans La Marche de l'Histoire, « Colette en ses demeures », 28 novembre 2011

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • Fernande Gontier et Claude Francis, Mathilde de Morny. La scandaleuse marquise et son temps, Perrin, 2005.
  • Fernande Gontier, Homme ou femme ? La confusion des sexes, Perrin, 2006 chap. 8.
  • Colette, Lettres à Missy. Édition établie et annotée par Samia Bordji et Frédéric Maget, Paris, Flammarion, 2009.
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