Thomas Bartholin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bartholin.
Thomas Bartholin

Thomas Bartholin (20 octobre 1616[1], Copenhague4 décembre 1680) était un médecin danois. Il a une place importante dans l'histoire de l'anatomie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thomas Bartholin fait partie d'une famille dont plusieurs membres se sont illustrés[2] :

À la mort du père de Thomas, c'est Ole Worm, médecin, beau-frère de son père et son successeur dans sa chaire en 1624[5], qui prend soin de lui.

Il commence des études de théologie en 1634. Trois ans plus tard, il entreprend, avec l'aide du roi et de Worm, un voyage d'études de neuf ans en Europe. Il s'arrête aux universités de Paris, Leyde, Bâle, Montpellier et Padoue, où il suit les cours de Johann Vesling.

En 1637, à Leyde, il se tourne définitivement vers la médecine. Il étudie principalement les vaisseaux lymphatiques (découverts par Gaspare Aselli) et la théorie de la circulation du sang de Harvey. Dans l'édition augmentée qu'il fera du manuel d'anatomie de son père, Thomas Bartholin donnera une place à ces découvertes.

En 1649 il succède à Simon Paulli[6] comme professeur d'anatomie à la faculté de médecine.

Bartholin souffrait de tuberculose et de calculs rénaux.

Sa tombe se trouve dans la cathédrale Notre-Dame de Copenhague.

Le système lymphatique[modifier | modifier le code]

« La plus grande contribution de Bartholin à la physiologie a été sa découverte que le système lymphatique est un système complètement distinct[7]. »

Bartholin était conscient de l'importance de sa découverte, rapportée dans Vasa lymphatica en 1653 : il mentionne le jour (28 février), le nom de son prosecteur (Michel Lyser) et nous fait part de la réflexion qu'elle a suscitée : « Les découvertes sont le fruit autant du métier que de la chance[8]. » Ni la découverte ni l'ouvrage ne passèrent inaperçus : Jean Riolan le Jeune, à qui le livre était dédié avec les compliments de Bartholin[9], le republie en France la même année, tout en le faisant précéder d'une attaque en règle[10].

L'anesthésie[modifier | modifier le code]

L'ouvrage de Bartholin De nivis usu medico contient la première mention connue de l'usage du froid pour l'anesthésie. Lui-même déclare avoir appris la chose à Naples du chirurgien Marco Aurelio Severino[11], par la suite son ami et correspondant.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les œuvres sont en latin.

Œuvres choisies[modifier | modifier le code]

  1. …centuria I et II sur Google Livres, Amsterdam, 1654
  2. …centuria III et IV sur Google Livres, La Haye, Vlacq, 1657
  3. …centuria V et VI sur Google Livres, Copenhague, P. Haubold, 1661, 386 p. 
    Accessit Joannis Rhodii Mantissa anatomica

Liste d’œuvres[modifier | modifier le code]

  • Catalogus operum Thomæ Bartholini hactenus editorum: Anno 1661, P. Haubold, 1661, 16 p. 

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Epistolarum medicinalium a doctis vel ad doctos scriptarum…, La Haye, P. Gosse, 1740
    Lettres de ou à Bartholin. Quelques correspondants : Johann Caspar Bauhin, Harvey, Pecquet, Severino, Jan de Wale, Worm[13], Guy Patin[14]
  1. …centuria prima sur Google Livres
    La préface est datée de 1663
  2. …centuria secunda sur Google Livres
  3. …centuria tertia historiis medicis aliisque ad rem medicam spectantibus plena sur Google Livres
  4. …centuria quarta variis observationibus curiosis et utilibus referta sur Google Livres

Œuvres écrites en collaboration[modifier | modifier le code]

Il y a eu plusieurs rééditions des Institutions anatomiques de Caspar Bartholin augmentées par Thomas.

« Avec des illustrations nouvelles et très exactes. » La préface[15] contient des renseignements sur l'historique des éditions et des traductions et sur la façon dont Bartholin voit les développements récents de l'anatomie.

Postérité[modifier | modifier le code]

Ses fils Caspar et Thomas (Caspar le Jeune et Thomas le Jeune) sont devenus célèbres.

Niels Stensen (Nicolas Sténon), anatomiste, mais principalement connu pour ses principes de géologie et pour son cheminement religieux, a été un élève de Bartholin.

Éponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de syndrome de Bartholin-Patau donné à la trisomie 13 rappelle une observation qu'il a rapportée en 1656[17].

L'université d'Aarhus a nommé un de ses bâtiments en son honneur. Une rue de Copenhague rappelle le nom de la famille, et elle se trouve à proximité du Bartholin Institutet.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La BNF a 1619. (2012-08-06)
  2. Pas moins de douze ont été professeurs à l'université de Copenhague.
  3. Bartholin signait souvent « Thomas, fils de Caspar ».
  4. Sur Thomas fils on peut consulter (de) Thomas Bartholin (Archivar). Il y a des erreurs d’attribution entre Thomas et son père et entre les deux Thomas.
  5. Louis Moréri, Le Grand dictionnaire historique, t. 10, p. 841 sur Google Livres. T. Bartholin a publié l'oraison funèbre de Worm. (Ibid.)
  6. Voir (en) Simon Paulli ou (da) Simon Paulli
  7. a et b Who Named it?
  8. « Nova invenire tam artis est, quam fortunae. » : Vasa lymphatica, p. 3 sur Google Livres
  9. « Maximo […] anatomico » (« très grand anatomiste ») : Vasa lymphatica, p. 2 sur Google Livres
  10. Dans la seule page 2, Bartholin se voit traiter de faux modeste, de montagne qui accouche d'une souris et d'homme de mauvaise foi (parce qu'il prétend ajouter à Pecquet).
  11. De nivis, p. 132 sur Google Livres : « nix affricata induit stuporem. Id me docuit Marcus Aurelius Severinus in Gymnasio Neapolitano ».
  12. On peut également voir la réédition de 1653 à Paris, avec des livres de Riolan le Jeune, Bibliothèque numérique Medic@
  13. « Catalogus virorum clarissimorum a quibus vel ad quos epistolae duarum centuriarum priorum scriptae sunt, page 21 du volume 1 sur Google Livres »
  14. « Index amicorum a quibus vel ad quos epistolae in centuria quarta scriptae, page 12 du volume 4 sur Google Livres » (Index des correspondants)
  15. « Préface » sur Google Livres
  16. Sur Du Prat, on peut consulter René Pintard, Le libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle sur Google Livres, passim
  17. « Bartholin-Patau syndrome (Thomas Bartholin) », site Who Named It?
  18. Site Himetop de History of Medicine Topographical Database.