Thomas Bartholin
Thomas Bartholin (20 octobre 1616[1], Copenhague – 4 décembre 1680) était un médecin danois. Il a une place importante dans l'histoire de l'anatomie.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Thomas Bartholin fait partie d'une famille dont plusieurs membres se sont illustrés[2] :
- Caspar, dit l'Ancien (1585–1629), anatomiste et théologien
- Thomas, dit l'Ancien[3] (1616–1680), médecin et anatomiste
- Caspar, dit le Jeune (en) (1655–1738), premier anatomiste à décrire la glande de Bartholin
- Thomas, dit le Jeune (1659–1690), historien, fondateur de l'archéologie nordique au Danemark[4]
- Érasme, ou Rasmus, (1625–1698), mathématicien, connu pour son étude de la biréfringence du spath d'Islande
- Thomas, dit l'Ancien[3] (1616–1680), médecin et anatomiste
À la mort du père de Thomas, c'est Ole Worm, médecin, beau-frère de son père et son successeur dans sa chaire en 1624[5], qui prend soin de lui.
Il commence des études de théologie en 1634. Trois ans plus tard, il entreprend, avec l'aide du roi et de Worm, un voyage d'études de neuf ans en Europe. Il s'arrête aux universités de Paris, Leyde, Bâle, Montpellier et Padoue.
En 1637, à Leyde, il se tourne définitivement vers la médecine. Il étudie principalement les vaisseaux lymphatiques (découverts par Gaspare Aselli) et la théorie de la circulation du sang de Harvey. Dans l'édition augmentée qu'il fera du manuel d'anatomie de son père, Thomas Bartholin donnera une place à ces découvertes.
En 1649 il succède à Simon Paulli[6] comme professeur d'anatomie à la faculté de médecine.
Bartholin souffrait de tuberculose et de calculs rénaux.
Sa tombe se trouve dans la cathédrale Notre-Dame de Copenhague.
Le système lymphatique [modifier]
« La plus grande contribution de Bartholin à la physiologie a été sa découverte que le système lymphatique est un système complètement distinct[7]. »
Bartholin était conscient de l'importance de sa découverte, rapportée dans Vasa lymphatica en 1653 : il mentionne le jour (28 février), le nom de son prosecteur (Michel Lyser) et nous fait part de la réflexion qu'elle a suscitée : « Les découvertes sont le fruit autant du métier que de la chance[8]. » Ni la découverte ni l'ouvrage ne passèrent inaperçus : Jean Riolan le Jeune, à qui le livre était dédié avec les compliments de Bartholin[9], le republie en France la même année, tout en le faisant précéder d'une attaque en règle[10].
L'anesthésie [modifier]
L'ouvrage de Bartholin De nivis usu medico contient la première mention connue de l'usage du froid pour l'anesthésie. Lui-même déclare avoir appris la chose à Naples du chirurgien Marco Aurelio Severino[11], par la suite son ami et correspondant.
Œuvres [modifier]
Sauf mention contraire, les œuvres sont en latin.
Œuvres choisies [modifier]
- De insolitis partus humani viis dissertatio nova sur Google Livres, La Haye, P. Gosse, 1640
- De monstris in natura et medicina, Bâle, 1645 (OCLC 20897009)
- Antiquitatum veteris puerperii synopsis sur Google Livres, 1646, 179 p.
Commentaires et illustrations de Caspar Bartholin
Réédition sur Google Livres, avec une lettre du père au fils, Amsterdam, J. H. Wetstein, 1676 - De latere Christi aperto sur Google Livres, Leiden, J. Maire, 1646, 144 p.
La dédicace de Bartholin (à Worm) est de 1640
- De luce animalium libri tres admirandis historiis rationibusque novis referti sur Google Livres, Leiden, F. Hack, 1647
Nouvelle édition : Copenhague, P. Haubold, 1669
- De lacteis thoracicis in homine brutisque nuperrime observatis historia anatomica sur Google Livres, Copenhague, 1652[12]
- Vasa lymphatica, nuper Hafniae in animantibus inventa, et hepatis exsequiae sur Google Livres, Copenhague, G. Holst, 1653
- Historiarum anatomicarum rariorum…
- …centuria I et II sur Google Livres, Amsterdam, 1654
- …centuria III et IV sur Google Livres, La Haye, Vlacq, 1657
- …centuria V et VI sur Google Livres, Copenhague, P. Haubold, 1661, 386 p.
Accessit Joannis Rhodii Mantissa anatomica
- Dispensatorium Hafniense: jussu superiorum a medicis Hafniensibus adornatum sur Google Livres, Copenhague, J. Moltken, 1658
- « De nivis usu medico observationes variae », dans De nivis usu medico observationes variae. Accessit D. Erasmi Bartholini de figura nivis dissertatio sur Google Livres, Copenhague, P. Haubold, 1661
Le texte de Thomas Bartholin est suivi d'un court traité de Rasmus Bartholin
- Cista medica hafniensis, variis consiliis, curationibus, casibus rarioribus vitis medicorum hafniensium, aliisque, ad rem medicam, anatomicam, botanicam et chymicam spectantibus referta. Accedit ejusdem Domus anatomica brevissime descripta sur Google Livres, Copenhague, P. Haubold, 1662
- Orationes varii argumenti sur Google Livres, Copenhague, Dan. Paulli, 1668
- Acta medica et philosophica Hafniensia, 1672
« L'une des premières revues médicales[7] »
Liste d’œuvres [modifier]
- Catalogus operum Thomæ Bartholini hactenus editorum: Anno 1661, P. Haubold, 1661, 16 p.
Correspondance [modifier]
- Epistolarum medicinalium a doctis vel ad doctos scriptarum…, La Haye, P. Gosse, 1740
- …centuria prima sur Google Livres
La préface est datée de 1663
- …centuria secunda sur Google Livres
- …centuria tertia historiis medicis aliisque ad rem medicam spectantibus plena sur Google Livres
- …centuria quarta variis observationibus curiosis et utilibus referta sur Google Livres
Œuvres écrites en collaboration [modifier]
Il y a eu plusieurs rééditions des Institutions anatomiques de Caspar Bartholin augmentées par Thomas.
- Caspar Bartholin le Vieux, Thomas Bartholin, Anatomia, ex Caspari Bartholini parentis Institutionibus, omniumque recentiorum et propriis observationibus, tertium ad sanguinis circulationem reformata sur Google Livres, 3e éd., La Haye, Adr. Vlacq, 1655
-
- (fr) Institutions anatomiques de Gasp. Bartholin, augmentées et enrichies pour la seconde fois, tant des opinions et observations nouvelles des modernes, dont la plus grande partie n'a jamais été mise en lumière, que de plusieurs figures en taille-douce sur Google Livres, trad. Abraham Du Prat[16], Paris, Mathurin et Jean Hénault, 1647, 656 p.
Traduction de la deuxième édition
- (en) Anatomy; made from the precepts of his father, and from the observations of all modern anatomists […], Peter Cole, 1665
- (fr) Institutions anatomiques de Gasp. Bartholin, augmentées et enrichies pour la seconde fois, tant des opinions et observations nouvelles des modernes, dont la plus grande partie n'a jamais été mise en lumière, que de plusieurs figures en taille-douce sur Google Livres, trad. Abraham Du Prat[16], Paris, Mathurin et Jean Hénault, 1647, 656 p.
- Marco Aurelio Severino, Therapeuta neapolitanus sur Google Livres, commentaires de Th. Bartholin, Naples, 1653
Postérité [modifier]
Ses fils Caspar et Thomas (Caspar le Jeune et Thomas le Jeune) sont devenus célèbres.
Niels Stensen (Nicolas Sténon), anatomiste, mais principalement connu pour ses principes de géologie et pour son cheminement religieux, a été un élève de Bartholin.
Éponymie [modifier]
Le nom de syndrome de Bartholin-Patau donné à la trisomie 13 rappelle une observation qu'il a rapportée en 1656[17].
L'université d'Aarhus a nommé un de ses bâtiments en son honneur. Une rue de Copenhague rappelle le nom de la famille, et elle se trouve à proximité du Bartholin Institutet.
Iconographie [modifier]
- Il existe un portrait moderne de Thomas Bartholin au Palais Bo, siège de l'université de Padoue ; il est dans la salle où, selon la tradition, Galilée a enseigné[18].
Bibliographie [modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
Notes [modifier]
- La BNF a 1619. (2012-08-06)
- Pas moins de douze ont été professeurs à l'université de Copenhague.
- Bartholin signait souvent « Thomas, fils de Caspar ».
- Sur Thomas fils on peut consulter (de) Thomas Bartholin (Archivar). Il y a des erreurs d’attribution entre Thomas et son père et entre les deux Thomas.
- Louis Moréri, Le Grand dictionnaire historique, t. 10, p. 841 sur Google Livres. T. Bartholin a publié l'oraison funèbre de Worm. (Ibid.)
- Voir (en) Simon Paulli ou (da) Simon Paulli
- Who Named it?
- « Nova invenire tam artis est, quam fortunae. » : Vasa lymphatica, p. 3 sur Google Livres
- « Maximo […] anatomico » (« très grand anatomiste ») : Vasa lymphatica, p. 2 sur Google Livres
- Dans la seule page 2, Bartholin se voit traiter de faux modeste, de montagne qui accouche d'une souris et d'homme de mauvaise foi (parce qu'il prétend ajouter à Pecquet).
- De nivis, p. 132 sur Google Livres : « nix affricata induit stuporem. Id me docuit Marcus Aurelius Severinus in Gymnasio Neapolitano ».
- On peut également voir la réédition de 1653 à Paris, avec des livres de Riolan le Jeune, Bibliothèque numérique Medic@
- « Catalogus virorum clarissimorum a quibus vel ad quos epistolae duarum centuriarum priorum scriptae sunt, page 21 du volume 1 sur Google Livres »
- « Index amicorum a quibus vel ad quos epistolae in centuria quarta scriptae, page 12 du volume 4 sur Google Livres » (Index des correspondants)
- « Préface » sur Google Livres
- Sur Du Prat, on peut consulter René Pintard, Le libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle sur Google Livres, passim
- « Bartholin-Patau syndrome (Thomas Bartholin) », site Who Named It?
- Site Himetop de History of Medicine Topographical Database.