Elzevier

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L'une des devises des Elzevier, créée par Isaac Elzevier en 1620, ornant la grande salle de la Bibliothèque du Congrès.

Les Elzevier (également orthographié Elzevir) sont une illustre famille de typographes néerlandais d'origine brabançonne (de Louvain) actifs durant tout le XVIIe siècle, principalement à Leyde et à Amsterdam.

La famille Elzevier[modifier | modifier le code]

Les Elzevier ont inventé le caractère typographique qui porte leur nom. Doté d'un empattement triangulaire, il donne plus de légèreté à la page et permet ainsi, tout en conservant une grande lisibilité, d'utiliser un corps plus petit. Cette innovation donne la possibilité d'imprimer une grande quantité de texte dans des ouvrages de petit format. Le format privilégié des Elzevier sera le petit in-12, d'une hauteur tournant autour de 130 mm.

Le renom des Elzevier repose sur l'élégance des éditions classiques en petit format in-12 et in-16, ornées de lettres rouges, véritables chefs-d'œuvre gravés par le sculpteur Christoffel Van Dijck, repris au XIXe siècle par le graveur Théophile Beaudoire.

En s'appuyant sur les savants humanistes néerlandais, les Elzevier, qui sont imprimeurs jurés de l'université de Leyde, donnent ainsi d'excellentes éditions des classiques latins dans le format petit in-12, par exemple le célèbre Virgile de 1676, l'une de leurs plus belles productions, ou le Pline l'Ancien en trois volumes de 1635, considéré comme un chef-d'œuvre typographique.

Le petit in-12 pouvant aisément circuler en contrebande, en feuilles, dans des tonneaux par exemple, les Elzevier impriment aussi des ouvrages en français, soit copies d'ouvrages régulièrement publiés en France avec privilège, soit éditions originales de textes considérés comme subversifs ou licencieux, ou dont l'auteur souhaite tester l'accueil par le public avant de les faire éditer en France. La toute première édition des Maximes de La Rochefoucauld de 1664 est ainsi l'un des livres les plus rares édités par les Elzevier, qui donnent aussi l'édition originale des Provinciales de Pascal. La famille Elzévir a imprimé près de 2 000 volumes entre 1583 et 1712, date du décès du dernier survivant de la famille, Abraham II.

Au XIXe siècle, les Elzevier étaient collectionnés avec passion et atteignaient des prix très élevés. Ceci explique que nombre d'exemplaires se trouvent aujourd'hui dans de riches reliures en maroquin du XIXe siècle, bien peu ayant conservé leur modeste reliure originale en vélin ou en veau. Ce type de collections extrêmement spécialisées est aujourd'hui largement passé de mode.

Louis Elzevir[modifier | modifier le code]

Louis Elsevier, Louis d'Elzevier ou Loys Helschevier [1] est né à Louvain en 1540. En 1565, il s'est marié avec Marie Duverdyn. De cette union naquirent neuf enfants, dont sept fils et deux filles : Mathieu (Matlhys), Louis, Gilles, Joost, Arnould, Bonaventure, Adrien, Marie et Elisabeth[2].

À l'âge de quarante ans, Louis (Lodewijk) Elzévir quitte sa ville natale de Louvain pour s'installer à Leyde comme relieur-libraire. Passionné par son métier, il est le premier à distinguer les u des v, ainsi que les i des j. Ses cinq fils (il en aura sept au total) reprendront le flambeau et continueront le métier de relieur-libraire. Son fils Bonaventure et son neveu Abraham Elzévir feront en particulier la renommée de la maison.

De douze imprimeurs de la famille des Elzévir qui exercèrent leur art en Hollande dans le courant du XVIIe siècle, six se sont particulièrement signalés par le nombre et la beauté de leurs éditions :

  • Isaac, qui imprima à Leyde, de 1617 à 1628.
  • Bonaventure et Abraham, frères et associés qui imprimaient à Leyde de 1626 à 1652.
  • Louis, fils d'Abraham, qui exerça seul à Amsterdam de 1640 à 1655, et depuis cette dernière époque jusqu'en juillet 1662 (date de sa mort) en société avec Daniel, fils de Bonaventure, qui imprima à Leyde, en société avec Jean, de 1652 à 1654, puis à Amsterdam, en société avec Louis, de 1655 à 1662, et seul depuis cette époque jusqu'à sa mort, le .

Quelques publications des Elzevier[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. "Il parait que leur nom s'écrivait primitivement Helschevier ("feu d'enfer"), et que Louis Ier le transforma en Elsevier ("feu d'aune")." Textes rares. Les Elzevier, par Paul Dupont, 1853.
  2. Reume, Auguste Joseph de (1807-1865) Recherches historiques, généalogiques et bibliographiques sur les Elsevier (1847). Bruxelles : Imprimerie de la Société typographique belge

Articles connexes[modifier | modifier le code]