Course à pied

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Course à Leer en Allemagne

La course à pied est, avec la marche, l'un des deux modes de locomotion bipèdes de l'homme. Caractérisée par une phase de suspension durant laquelle aucun des deux pieds ne touche le sol, elle permet un déplacement plus économe en énergie que la marche pour des vitesses allant d'environ 6 km/h (ultrafond) - 10 km/h (jogging) à plus de 30 km/h (sprint). Outre sa fonction locomotrice, elle est principalement pratiquée comme sport dans le cadre de l'athlétisme et en tant qu'exercice physique.

Contrairement à la marche, et au trot et galop des quadrupèdes, elle présente une efficacité énergétique peu dépendante de la vitesse (environ 200 mL d'oxygène par kilogramme et par kilomètre) ce qui permet un grand éventail de vitesses de locomotion. La course fait de l'homme un piètre sprinter en comparaison des mammifères quadrupèdes mais lui confère une grande endurance, absente chez les autres primates et rare chez les mammifères[1]. Ces capacités sont liées à une évolution anatomique apparue dans le genre Homo ; la question de savoir si l'apparition de l'endurance à la course est un trait de l'évolution ou un effet collatéral de celle-ci reste ouverte[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La course humaine a pour origine la capacité acquise depuis au moins quatre millions et demi d'années par les Australopithèques à marcher debout sur ses deux jambes dans les arbres (espèces arboricoles plus ou moins bipèdes), Australopithèques issus peut-être d'un primate primitif lui aussi bipède de 15 millions d'années[3]. Cette bipédie a été utilisée occasionnellement pour se déplacer dans les arbres mais de manière permanente pour la marche et la course.

La théorie proposée considère que la course est issue de la spécialisation du genre Homo dans la course de fond : le passage de la quadrupédie à la bipédie ayant fait perdre la possibilité de courir sur une faible distance à la vitesse la plus rapide possible, le genre Homo a développé la course d'endurance il y a environ deux millions d'années pour pratiquer le charognage puis la chasse à l'épuisement (en). La chasse à l'épuisement étant très coûteuse en énergie, le charognage préalable a permis à l'homme d'accéder à un régime plus riche en protéines et en graisses lui apportant suffisamment d'énergie pour pouvoir être endurant et suivre les proies jusqu'à ce qu'elles soient trop épuisées pour fuir. Cette aptitude a été permise par vingt-six adaptations morphologiques et anatomiques telles que le développement du ligament nuchal et des muscles fessiers, la multiplication de glandes sudoripares sur toute la surface du corps (contrairement à la plupart des animaux et mammifères), la rotation des épaules indépendamment de la tête et l'accroissement d'organes absorbant les chocs (tendon d'Achille, articulations du pied et du genou, disques vertébraux, long pied avec une grande voûte plantaire mais des orteils plus courts pour résister aux forces de tension générées par la course), etc[4].

Les courses à pied de compétition sont nées lors de fêtes religieuses antiques dans diverses régions telles que la Grèce, l'Égypte, l'Asie et dans la vallée du Rift en Afrique. Les Tailteann Games, festival sportif en Irlande fondé d'après la légende au XIXe siècle av. J.-C. sont l'un des premiers témoignages de course de compétition[5].

La course à pied au sens de l'athlétisme[modifier | modifier le code]

La course à pied est un sport consistant à courir sur des distances plus ou moins longues. Les compétitions peuvent se pratiquer sur une piste d'athlétisme, sur route ou sur divers terrains naturels. En France, les compétiteurs doivent être licenciés ou fournir un certificat médical aux organisateurs pour des raisons d’assurance.

Selon les distances parcourues et la vitesse, le type d'effort fourni est différent, il y a :

  • Les courses en aérobie, l'oxygène (par l'ATP) nécessaire aux muscles est fourni majoritairement par la respiration cellulaire (par exemple une course lente sur 10 km).
  • Les courses en anaérobie, l'oxygène (par l'ATP) nécessaire aux muscles n'arrive pas en quantité suffisante, la VO2max (débit maximum d'oxygène qu'un individu peut inspirer) est donc atteinte. Pour alimenter suffisamment le muscle en énergie, du glycogène (du glucose transformé, stocké dans le foie et les muscles) intervient en plus. Après son utilisation il s'oxyde via de l'acide pyruvique et se transforme en acide lactique, qui produit aussi de l'énergie (partielle) par sa fermentation, mais qui empêche à un moment donné de continuer l'activité anaérobie, le taux de calcium dans les muscles devenant trop élevé. (par exemple une course rapide sur 200 m).

Les athlètes en course à pied évaluent régulièrement leur consommation maximale d'oxygène et leur vitesse maximale aérobie. Il s'agit de l'habileté à transporter l'oxygène des poumons vers les muscles.

Les courses sur piste vont du 60 m au 10 000 m, les courses de cross-country, de 4 à 12 km. Les courses sur route peuvent être de n'importe quelle distance, mais les distances courantes sont le 5 km, le 10 km, le semi-marathon (21,1 km) et le marathon (42,195 km). L'épreuve de 100 km est une épreuve de course à pied appartenant à la famille du grand-fond. Le plus mythique des 100 km français, discipline assez confidentielle (moins de 2 000 coureurs), est celui de Millau.

Les compétitions de courses à pied, piste ou route sont soumises, pour la France, aux règles de la Fédération française d'athlétisme et à l'international par l'IAAF. Elles sont ouvertes à l'handisport. D'autres fédérations sont concernées par les épreuves multi-disciplines, comme le triathlon, le pentathlon moderne, le raid nature et la course d'orientation (course et lecture de carte).

Différentes catégories de courses à pied[modifier | modifier le code]

Courses de sprint[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sprint (athlétisme).

Le sprint regroupe les courses à pied dans lesquelles le sprinteur doit courir sur une faible distance à la vitesse la plus rapide possible. On peut remarquer une course de sprint d'une course normale par le fait qu'en raison de la vitesse élevée pour le sprint le talon ne touche pas le sol.

Courses de demi-fond[modifier | modifier le code]

Article détaillé : demi-fond.

Le demi-fond concerne l'ensemble des courses d'athlétisme comprises entre le sprint et le fond (de 800 m à 3 000 m) et qui se déroulent dans une enceinte sportive ou extérieure. Seuls le 800 m, le 1 500 m, et le 3 000 m steeple sont au programme des Jeux olympiques. Il est primordial qu'un coureur de demi-fond ait la possibilité d'enchaîner de rapides accélérations, une grande concentration et réactivité durant l'épreuve où ses muscles sont sollicités tout au long du parcours, ainsi qu'une maîtrise de sa respiration et enfin la mise en place d'une tactique. Les meilleurs athlètes sont issus principalement du continent africain.

Courses de fond[modifier | modifier le code]

La course de fond est une activité physique d'endurance qui requiert un bon équilibre énergétique et une forte volonté mentale. Les courses de fond s'effectuent sur des distances supérieures à 3 000 m comme le 5 000 m, le 10 000 m, le cross-country et le Marathon. Le cross-country a lieu en campagne, et en raison de la diversité des conditions et des lieux, il n'y a pas de record mondial dans cette discipline. Les courses de cross-country dépassent rarement 15 km.

Pour toutes les courses supérieures au marathon, l'appellation est le grand fond et même l'ultrafond. Les courses de fond peuvent aussi se dérouler, non sur une distance imposée, mais sur un temps imposé. Il s'agit alors d'une épreuve de durée.

Compétition et technique[modifier | modifier le code]

Compétition[modifier | modifier le code]

  • La compétition est le point d'aboutissement de l'entraînement, la confrontation avec l'autre ou avec ses performances antécédentes, pour l'amateur. C'est le lieu où se joue la notoriété, le salaire et les contrats des professionnels (voir sport professionnel, Économie du sport).
  • Avant la compétition, il est recommandé de ne pas manger les 3 heures la précédant, et de boire une gorgée d'eau toutes les 15 minutes pour ne pas se déshydrater.
  • Le coureur se présente au départ muni de son dossard. Ce dernier est fixé par des épingles de sureté, sur le dos pour les courses jusqu'au 400 m, sur la poitrine pour les courses supérieures au 400 m. Ceci pour favoriser la lecture des juges, en effet les coureurs de sprint une fois passés la ligne d'arrivée se présentent de dos aux juges (course en couloirs). Par contre, les coureurs de fond et de demi-fond sur piste passent la ligne d'arrivée plusieurs fois de face et sont ainsi vus de loin par les juges chargés du classement (course en peloton).
  • Après la compétition, il est recommandé de se réhydrater.

Entraînement[modifier | modifier le code]

  • La course se pratique le plus souvent à l’extérieur. Sauf dans les communes dotées de stade couvert, le coureur est tributaire de la météorologie, mais une tenue adaptée permet de courir par tous les temps. Un bonnet, des gants et un sweat-shirt, ou un coupe-vent, suffisent à soutenir des températures négatives. Une casquette et une bouteille d’eau dans un petit sac suffisent par une chaleur inférieure à 30 °C.
  • Les séances sont très variées. Une séance peut se dérouler au moins en trois temps : échauffement à faible vitesse, séance spécifique puis étirements et récupération à faible vitesse. De nombreux types de séances existent et peuvent se pratiquer en alternance: fartlek, fractionné en blocs identiques ou en pyramide, PPG (préparation physique générale), côtes, seuil anaérobie, endurance, décrassage (endurance lente),séance en anaérobie lactique, musculation.
  • En club, l'encadrement est fait par des éducateurs sportifs diplômés ou non. Pour les coureurs non licenciés des revues spécialisées proposent des plans d'entraînement selon les objectifs fixés (niveau de l'athlète, distance visée, nombre de séances hebdomadaires).

Équipement[modifier | modifier le code]

  • La course exige très peu d'équipement : un short (préférer des équipements assez près du corps afin d'éviter tout risque d'irritation dû à la transpiration), un tee-shirt, et une paire de chaussures de sport, et pour la course sur piste des chaussures à pointes de longueur variables selon les terrains, sans oublier les chaussettes qui sont également très importante au niveau de l'hygiène et de la santé du pied (éviter toute chaussette en coton et préférer des chaussettes coupées avec des matières transpirantes afin de permettre l'évacuation de la transpiration, mais également les bas de contentions afin de faciliter la récupération). L'époque est loin des coureurs en pantalon, un mouchoir sur la tête (voir Michel Théato en 1900). Ce sont les chaussures de course sur route qui ont fortement progressé en termes techniques depuis les années 1970 (boom du jogging). Les chaussures sont devenues spécifiques au point de vue anatomique (coureur lourd, pronateur, supinateur, plusieurs largeurs de pieds, demi-pointure) ou au point de vue de l’utilisation (compétition donc plus légères mais fragiles, tous-terrains donc crantées et plus lourdes, montantes pour la course d’orientation). Récemment, les chaussures minimalistes ont fait leur apparition. Ces chaussures plus près du sol permettent au coureur de mieux sentir le sol et ainsi, d'utiliser leur comportement naturels de modération des impacts. Les coureurs anonymes paient assez chers cet équipement tandis que les coureurs les plus connus sont sponsorisés par ces marques. Les lunettes ont fait leur apparition dans l’équipement pour la protection contre le vent et les insectes, l'isolement psychologique vis-à-vis des adversaires (concentration). Pour les coureurs de haut niveau, c'est aussi un accessoire affichage de sponsor, comme le tatouage temporaire. En même temps que les chaussures, le textile a évolué, le traditionnel coton laissant la place à des matières respirantes et légères tel le Gore-Tex, et à des coupes de plus en plus techniques.
  • Voir équipementier sportif, Adidas, Asics, Brooks, Décathlon, Diadora, Karhu, Mizuno, New Balance, Nike, Puma, Saucony,

Matériel[modifier | modifier le code]

  • Le coureur se dote parfois d’un cardiofréquencemètre[6], ou d’une montre signalant des temps de passage par des bips. Le cardiofréquencemètre estime assez bien la dépense en calories, la fréquence cardiaque moyenne, minimale et maximale atteinte.[réf. nécessaire]
  • Pour calculer la distance parcourue, le plus simple est de courir sur un terrain mesuré au préalable, certains coureurs utilisent un podomètre et de plus en plus le GPS. De nouveaux dispositifs grands publics voient le jour chez certains grands équipementiers comme les kits Nike+iPod (Nike) et miCoach (Adidas) permettant, entre autres, un suivi des distances parcourues. Des sites proposent de calculer la distance d'un parcours à partir de cartes satellites[7].
  • Le tapis roulant permet une pratique à l’intérieur, même si l’oxygénation est souvent insuffisante dans les salles.
  • La chaussure de course à pied, utilisée pour protéger le pied, selon la qualité elle est étudiée pour prévenir les blessures chez le coureur en diminuant les chocs sur le squelette.

Vitesse, chronométrage et test[modifier | modifier le code]

  • La vitesse est la distance parcourue divisée par le temps. Elle dépend de deux facteurs principaux, l'amplitude et la fréquence de la foulée. L'amplitude varie de moins d'1 m7 km/h environ) à plus de 2,20 m25 km/h). La fréquence varie de 3 à 5 foulées par seconde. La vitesse moyenne sur une épreuve dépend du style (rendement énergétique), de la tactique (respect du train), des capacités physiologiques acquises à l'entraînement (efficacité neuro-musculaire) et de la motivation (dépassement de soi, reconnaissance, encouragement des supporters). La course étant principalement un déplacement en translation, le geste actif est recherché le plus possible dans l'axe du déplacement. Les flexions, les rotations du corps sont évitées, pour cela un travail technique est fait ainsi qu'un bon gainage. Voir aussi l'article Mouvement (anatomie).
  • Voici quelques ordres de grandeur en termes de vitesse
Vitesse en min/km Vitesse en km/h Temps au 10 000 m Temps au marathon
3 20 30 min 2 h 6 min
4 15 40 min 2 h 48 min
5 12 50 min 3 h 31 min
6 10 1 h 4 h 14 min
  • Le chronométrage est manuel (au 1/10 de s) ou électrique (au 1/100 de s). L'écart entre le temps manuel et le temps électrique pour comparer des records est de 24/100 de s. Sur route les coureurs sont dotés d'une puce électronique, le chrono se déclenche au passage de la ligne de départ et s'arrête à la ligne d'arrivée.
  • Test pour coureurs ou non coureurs :
    • Pour les coureurs de haut niveau ou âgés, un test à l'effort, voire un électrocardiogramme est utile au dépistage de malformations.
    • Pour les candidats à des concours, la course est souvent utilisée pour tester l'aptitude physique générale : voir test de Cooper.

Distance, genre et catégories[modifier | modifier le code]

  • Les distances évoluent pour des raisons de physiologie, de mode ou de norme. Pour des raisons physiologiques (épreuves lactiques) par exemple le 400 m est interdit au moins de 16 ans, et le 600 m a été supprimé. Le 25 km a disparu dans les années 1990, lui, au profit du semi-marathon, et le 10 km s'est développé. Il y a un âge plancher pour participer aux courses sur route. Les enfants de moins de 14 ans ne doivent pas participer à celles de plus de 5 km pour des raisons de croissance osseuse.
  • Les épreuves en yard ou en mile ont été petit à petit remplacées par les distances proches en mètres ou kilomètres, maintenant la norme internationale.
  • La course sur route est une des rares disciplines sportives qui pratique la mixité des genres (féminin et masculin). Le classement s'établit en trois catégories: le scratch (classement général), le classement des hommes et le classement des femmes. Par contre les dotations sont souvent plus faibles pour les podiums féminins que pour les masculins.

Médecine et biomécanique de la course à pied[modifier | modifier le code]

Le geste et la respiration du coureur[modifier | modifier le code]

  • Le geste du coureur est différent selon l'allure. La propulsion est assurée par la pose du pied. En sprint, le contact au sol est rapide, impulsif, l'avant-pied à plat, en mouvement de griffé. En fond, le contact au sol est long, souple, déroulé du talon à la pointe. (Depuis peu, les chaussures minimalistes remettent en question la technique de course; attaque de la pointe du pied d'abord et ensuite la pose talon, et ce pour une question d'amorti et de dynamique. En effet, en attaquant avec le talon l'impact avec le sol se transmet du talon vers le genou, tandis qu'en profitant de l'amorti naturel de l'arc plantaire du pied le stress sur le squelette est réduit, l'impact est transmis du pied vers le mollet, puis le quadriceps)

La foulée peut être rasante ou aérienne, mais la force de propulsion est transmise au moment du contact au sol, donc la suspension est un moment non moteur. Toutefois, il est nécessaire de coordonner en permanence le mouvement des bras en opposition du mouvement des jambes. La jambe d'appui crée le mouvement du cycle arrière, la jambe libre crée le mouvement du cycle avant. La position idéale du corps est en angle très léger en avant de la verticale, en extension non cambrée. La fluidité est le compromis entre la poussée verticale, le mouvement alternatif proche de la rotation (des bras et jambes) et le mouvement général en translation vers l'avant. Il existe donc deux phases différentes dans la foulée :

    • La propulsion : Le pied arrière est en appui au sol, les articulations cheville, genou, hanche sont sollicitées, le bras opposé est en avant. Cette phase est puissante, les muscles sont en tension, la cuisse propulse vigoureusement, le dos reste gainé. Le pied avant est en l'air.
    • La suspension : La jambe avant est en l'air, le genou va loin, puis le pied se prépare au contact au sol, le bras opposé est en arrière en équerre.
  • La respiration du coureur est un élément important dans l'apport d'énergie, car l'oxygène est nécessaire pour transformer le glycogène en ATP qui est l'énergie du muscle. Seul le 100 mètres peut se courir en apnée sans garantie d'ailleurs d'un résultat rentable. Sachant que la filière anaérobie lactique dure au maximum trois minutes, le coureur doit caler sa respiration adéquate (inspiration, expiration) dès le début de la course. Les plus grandes capacités pulmonaires sont de 7 litres, mais le rendement en course dépend plus encore de la VO2Max.
Course de 1 500 m sur piste en 2007

Blessure, surentraînement, musculation[modifier | modifier le code]

  • À dose raisonnable, la course à pied est bénéfique au plan physiologique et psychique. Une pratique régulière améliore la condition physique, l'état cardio-vasculaire, la vitalité, dynamise le système immunitaire, augmente la masse osseuse, donc protège des risques d'ostéoporose, surtout pour les femmes âgées, stabilise les fluctuations hormonales, améliore l'humeur (donc : lutte contre la dépression) et améliore la confiance en soi, réduit l'anxiété, aide à la perte de poids et affine la silhouette.
  • La pratique régulière de la course à pied n'engendre que peu de croissance musculaire en soi. Les muscles fessiers sont plus sollicités que lors d'une simple marche ainsi que principalement le jumeau intérieur et le soléaire, mais le principal objectif de cette activité, lorsqu'on la considère sur le plan sportif, c'est l'amélioration de la performance cardio-vasculaire. Le rythme cardiaque s'habitue à être plus sollicité. Le principal bénéfice sportif de la course à pied est en enfilade : il améliore les performances cardiaques de moyenne et de longue durée (l'endurance) permettant ainsi de pouvoir exercer d'autres types de sports, et donc de faire d'autres efforts musculaires qui, eux, renforcent la masse musculaire.
  • Sur le plan physique, à trop forte dose, les nombreux chocs au sol entraînent des troubles. En effet, même suivi médicalement le corps souffre, il reçoit plus de 40 000 impacts par semaine pour un coureur qui pratique 3 séances de 2 heures à 10 km/h. Ceci entraîne des troubles mineurs (crampe, point de côté, contracture) ou plus importants (tendinite, pubalgie, fracture de fatigue). Pour les femmes une trop grande pratique ajoute le risque d'aménorrhée et d'anorexie.
  • Sur le plan psychique, dans la plupart des cas la course de fond fait appel à une solide et saine autosuggestion, mais la grande répétition de ce geste pendulaire débouche dans des cas extrêmes vers une anesthésie hypnotique. Le coureur inconscient de son état peut subir une déshydratation, un coup de chaleur, voir une syncope ou pire un coma. L'obligation de courir qui dépasse ainsi la volonté consciente de l'athlète relève d'un comportement de dépendance (toxicologie) et de surentraînement. Voici une citation de Frank Shorter, médaillé olympique en 1972, diplômé de Yale en psychologie et spécialisé en médecine : « Les psychologues ont constaté que lorsqu'ils couraient, les athlètes se plaçaient généralement dans un état particulier : l'association ou la dissociation. En dissociation, un athlète laisse son esprit vagabonder et la course a tendance à passer très vite. Courir avec un baladeur est un bon exemple de dissociation. L'association, elle, privilégie la tâche à accomplir. L'athlète est « présent » mentalement et se concentre sur ses performances, comme lors d'un sprint. ».
  • Il a longtemps été véhiculé que la course à pied augmentait l’arthrose du genou. L’impact au sol, important et répété, créerait des lésions sur le cartilage qui deviendrait à la longue irréversibles. La réalité est tout autre. En effet, plusieurs études récentes ont démontré que les coureurs n’ont pas plus d’arthrose que les non-coureurs[8]. Blaise Dubois, expert en prévention des blessures en course à pied, explique : « Le cartilage rotulien des coureurs est plus épais et plus résistant que celui de leurs confrères sédentaires. Cela s’explique par le simple fait que leur tissu s’est adapté au stress mécanique. Dans la mesure où le stress appliqué est progressif et qu’il ne dépasse pas la capacité d’adaptation du tissu, un remodelage tissulaire positif se fera. En d’autres mots, le tissu cartilagineux, qui est un tissu vivant, se reconstruira plus qu’il ne se dégradera. Une force d’impact excessive pourrait avoir une certaine influence sur le degré de stress cartilagineux et conséquemment sur sa dégénérescence. L’absorption de la chaussure ou la mollesse de la surface ne changeront par contre pas le stress d’impact appliqué sur le squelette, contrairement aux mécanismes intrinsèques qui jouent un rôle essentiel (courir en douceur !). Par contre, le cartilage blessé de façon traumatique aurait un potentiel de réparation très limité. Pour cette raison, certains sports où les lésions traumatiques par torsion et contacts physiques (soccer, football, etc.) sont plus fréquentes présentent une incidence d’arthrose plus élevée. »[9]
  • De même, il est parfois constaté à l'arrêt brutal de l'entraînement pour les sportifs de haut niveau, des phénomènes de manque.

La course à pied au sens du mode de déplacement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marche à pied.
  • La course à pied est globalement une forme accélérée de la marche. Le terme marche à pied est un pléonasme, alors que le terme course à pied différencie la course humaine de toutes les autres formes:
    • Courses à véhicule: courses hippiques, courses cyclistes, courses automobiles, courses de kayak...
    • Jeux de course: La course pour les enfants c'est d'abord un jeu (jeu du loup). Les adultes continuent de jouer à la course: voir les courses de garçon de café, course déguisée qui tiennent plus du défilé ludique et artistique, ou des marathons en marche arrière. Souvent de vrais talents sportifs sont nécessaires pour cela (voir marathon de Londres, Médoc ou Joggling).
  • Mécaniquement, la course est le mode de locomotion naturel de l'être humain après la marche. Ce déplacement consiste en appuis alternatifs sur les jambes, en position debout et en ayant au plus un point d'appui en contact avec le sol. Il y a donc une alternance de propulsion au sol et de suspension en l'air, la phase de suspension étant absente de la marche.

Usage en milieu militaire[modifier | modifier le code]

Soldat américain à l'entraînement.

La course à pied est avec la marche, un exercice militaire de base récurrent dans la plupart des armées du monde, depuis de longues années. Elle permet à la fois d'augmenter la capacité d'offense par un attaque rapide, générant un effet de surprise, mais également d'accroître la capacité de repli ou de fuite. La course à pied est donc un exercice dont dépend la survie du soldat. Pratiquable sur pratiquement n'importe quel terrain, cet exercice a également une vocation de musculation et de développement de l'endurance, de la même manière que le sont les pompes.

La course (mythe et fiction)[modifier | modifier le code]

  • Au même titre que la marche par son mode répétitif peut avoir une dimension psychologique en créant un état de conscience particulier, la course a aussi ses adeptes (voir le peuple des tarahumaras).
  • Des hommes se sont mis à courir pour une cause en recueillant de l'argent. Voir Terry Fox.
  • De nombreux héros courent pour fuir (s’ils sont la proie) ou rattraper (s’ils sont le chasseur). Le héros peut passer d'un rôle à l'autre, tantôt fuyant, tantôt rattrapant quelque chose ou quelqu'un. Parmi les films, citons: La Mort aux trousses, Marathon man, Le Fugitif, 58 Minutes pour vivre, ou Forrest Gump. La notion de poursuite au cinéma s'est ensuite étendue aux scènes de course-poursuite avec des moyens de locomotion les plus variés. Le film La Cité de la peur contient même une parodie de course-poursuite à pied puisque le bruitage des chaussures est remplacé par des bruits de pneus et un joggeur "dérouté" explose comme une voiture.
  • Il y a aussi les films d'athlétisme dont le héros est un coureur : Les Chariots de feu, Ralph, Endurance ou La Solitude du coureur de fond.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Dufour, La Gazelle et l'Athlète : Les qualités physiques tomme III : L'endurance, Volodalen Editions,‎ 2011, 205 p. (ISBN 978-2-9522069-9-0), p. 59
  2. (en) Dennis M. Bramble1 et Daniel E. Lieberman, Endurance running and the evolution of Homo., Nature 432, 345-352 [lire en ligne]
  3. Yvette Deloison, La Préhistoire du piéton, Plon,‎ 2004, 238 p. (ISBN 2259197566)
  4. (en) Dennis M. Bramble & Daniel E. Lieberman, « Endurance running and the evolution of Homo », Nature, no 432,‎ 2004, p. 345-352
  5. (en)Running As Sport sur www.planetseed.com
  6. « -Le cardiofréquencemètre pour un entrainement optimal », sur entrainement-sportif (consulté le 14 septembre 2009)
  7. « Calcul d'itinéraires », sur Calcul d'itinéraires (consulté le 24 mai 2011)
  8. 2008-Chakravarty, 2008-Krampla, 2008-Stahi, 2007-Hanna, 2006-Schmitt, 2006-O’Kane, 2006-Cymet, 2006-Weidekamm, 2005-Weidekamm, 2005-Hohmann, 2005-Lamontagne, 2002-Conaghan.
  9. [1]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Règlement des épreuves nationales (éd. FFA)
  • Revue mensuelle Athlémagazine (éd. FFA)
  • Petite encyclopédie des jeux olympiques, Gaston Meyer (éd. Encre)
  • L'athlétisme, Fabrice Laigret (éd. Milan)
  • La course à pied, Roger Bambuck et Jean Marcellin (éd. Magnard)
  • Courir ! Jogging et course à pied, Frank Shorter, collection Hachette pratique, 2005 (ISBN 2-01-234995-1), traduit par Olivier Cechman, titre original : Running, chez DK Publishing, Inc.
  • "Anthropologie de l'athlétisme en Afrique de l'Ouest, La condition d'athlète", Yaya Koné, Éditions L'Harmattan, Paris, 2011, (ISBN 978-2-296-56181-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]