Simon Episcopius

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Simon Episcopius, vers 1630.

Simon Bischop ou Simon Episcopius selon la forme latinisée de son nom, né le et mort le , est un théologien hollandais remontrant qui joua un rôle important dans le synode de Dordrecht en 1618.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1600, il entre à l'université de Leyde, où il étudie la théologie comme étudiant avec Jacobus Arminius. En 1610, année où les arminiens présentent la Remonstrance aux États de Hollande, il devient pasteur à Bleyswick, un petit village près de Rotterdam. L'année suivante il soutient la cause remonstrante à la conférence de La Haye.

En 1612, il succède à Franciscus Gomarus à la chaire de théologie à Leyde. Cette succession réveille le ressentiment des calvinistes. Du fait de l'influence qu'on lui prête quant à la diffusion des opinions arminiennes, elle devient, sans aucun doute, la cause déterminante de la réunion du synode de Dordrecht en 1618. Episcopius est choisi comme porte-parole des treize représentants remonstrants devant le synode. Il est récusé et, sans l'entendre, les doctrines des remonstrants sont condamnées en l'absence de toute défense autorisée.

En 1619, à l'issue du synode, Episcopius et les douze autres représentants arminiens ont été privés de leurs charges et ministères et exilés. Episcopius se retire à Anvers, puis en France. Il s'installe en partie à Paris, en partie à Rouen. Il consacre la majeure partie de son temps à écrire pour appuyer la cause arminienne. La tentative de Luke Wadding (s.j.) (1588-1657) de le gagner à la foi romaine le lance cependant dans une polémique contre ce célèbre jésuite.

En 1625, à la mort de Maurice de Nassau, prince d'Orange, la violence de la controverse arminienne diminue. En 1626, Episcopius est autorisé à revenir dans sa patrie. Il est nommé prédicateur à l'église remonstrante de Rotterdam, puis recteur du séminaire remonstrant d'Amsterdam. Il meurt en 1643.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Episcopius peut-être considéré comme le fondateur de la théologie arminienne. Il a développé et systématisé les principes lancés par Arminius. Sans s'opposer en tout points aux doctrines particulières du calvinisme, Episcopius proteste contre la tendance calviniste à étendre l'effort de dogmatisation abstraite. Selon lui, le christianisme est une pratique plutôt qu'une théorie ou un système de croyances intellectuelles. En cela, il est influencé par Sébastien Castellion et son Art de douter et de croire, de savoir et d'ignorer. Il voit le christianisme comme une instance morale plutôt qu'une foi orthodoxe. Selon lui, le christianisme n'implique ni la connaissance, ni le consentement à un système de doctrines qui comprendrait l'ensemble des vérités chrétiennes. La connaissance et l'acceptation de ce qui, dans le christianisme, est nécessaire pour produire un changement du cœur et de la vie, lui semble suffisant. En cela, il pose aussi bien les bases du piétisme que du libéralisme théologique.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les principales œuvres d'Episcopius sont :

  • Confessio sive Declaratio Pastorum qui Remonstrantes vocantur, 1621;
  • Acta et Scripta Synodalia Dordracena ministrorum Remonstrantium in fœderato Belgio ;
  • Apologia pro Confessione Remonstrantiorum, 1629.
  • Verus theologus remonstrans,
  • Institutiones theoloricae.

Une vie d'Episcopius a été écrite par Philipp Van Limborch. Elle a été publiée avec ses œuvres complètes par son successeur, Étienne de Courcelles (Curcellæus) (1586-1659), éditées dans 2 volumes (1650-1665).

Sources[modifier | modifier le code]