Café Guerbois

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Au café de Edouard Manet, lithographie de 1869, 26.3 x 33,4 cm, National Gallery of Art, Washington D.C., représentant le café Guerbois

Le Café Guerbois, 9 - 11, grande rue des Batignolles (actuellement 9, avenue de Clichy)[1] à Paris, France était un lieu de rencontres et d'échanges à la fin du XIXe siècle entre artistes peintres, écrivains et amateurs d'art. Fondé par Auguste Guerbois ( 1824-1891), cet établissement est décrit par de nombreux historiens du mouvement impressionniste. Il était situé non loin de l'atelier de Manet qui y donnait rendez vous à ses amis. Le Café est devenu ensuite la « Brasserie Muller », puis un magasin de vêtements[2].

Les habitués[modifier | modifier le code]

Autour d'Édouard Manet, souvent accompagné du commandant Lejosne, se trouvaient tous ses compagnons de l'atelier Couture : Antonin Proust, Edmond André entre autres[2], ainsi que ceux du « groupe de 1863 » : Henri Fantin-Latour, Legros, Whistler, Zacharie Astruc.

Les discussions étaient vives dans ces réunions où on retrouvait aussi bien des peintres : Frédéric Bazille, Henri Fantin-Latour, Edgar Degas, Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir, Alfred Sisley, que des écrivains Émile Zola, Louis Edmond Duranty ou des collectionneurs d'art comme Edmond Maître, ami de Bazille et de Renoir[3]. Le groupe se réunissait tous les soirs au café, mais en particulier les vendredis, les dimanches et mardis[4].

Parfois Paul Cézanne et Camille Pissarro se joignaient aussi à eux. Le groupe est appelé le groupe des Batignolles, surnommé à ses débuts (1860) École des batignolles[5] parce qu'un grand nombre d'artistes avaient leur atelier dans ce quartier aux loyers peu onéreux, en particulier dans la partie surnommée la Petite Pologne[note 1] sise entre la rue du Rocher et l'avenue de Clichy dont les membres était associés à l'impressionnisme.

Le coup d'éclat de Manet[modifier | modifier le code]

Les échanges étaient souvent très vifs. Duranty exprimait, sous forme d'humour pince-sans-rire, des théories réalistes ainsi que son mépris pour les ferments intellectuels exploités par Manet et Degas. Peu sensible à l'humour de Duranty, Manet en vint à le provoquer en duel à cause des idées exprimées par Jules Vallès dans un article paru dans le journal La Rue. Ceci n'était apparemment qu'un prétexte. Manet était surtout fâché que Duranty n'ait pas fait la critique de ses tableaux exposés au Cercle des Mirlitons[6],[note 2].

Vers la Nouvelle Athènes[modifier | modifier le code]

C'est dans ce café que les peintres décident d'organiser une exposition collective qui se tiendra chez Nadar en 1874[4]. Les artistes abandonneront le café Guerbois après 1875, pour se retrouver dans un lieu plus proche des ateliers transférés dans le quartier de Pigalle : le café de la Nouvelle Athènes[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Jacques Lévêque, Les Années impressionniste 1870-1889, Courbevoie, ACR édition,‎ 2000, 660 p. (ISBN 2-86770-042-6)
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. I, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 997 p. (ISBN 2-22105412-1)
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. II, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 1185 p. (ISBN 2-22105413-X)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « La Petite Pologne était ainsi nommée à cause du grand nombre d'immigrés polonais ou juifs qui s'étaient installés dans ce quartier(...). Les peintres trouvaient facilement leurs modèles parmi cette population qui vivait le plus souvent dans des terrains vagues ou des chantiers à moité abandonnés. (Sophie Monneret, tome I, p.33) »
  2. Le Cercle des Mirlitons portait à sa fondation en 1860 le nom de Cercle de l'Union Artistique. Situé d'abord au 12 rue de Choiseul, puis à partir de 1868 Place Vendôme, il est successivement nommé Cercle des Mirlitons, puis L'Épatant lorsqu'il est transféré au 5 rue Boissy-d'Anglas (Sophie Monneret, T 2, p. 208-209)

Références[modifier | modifier le code]