Cité des Fleurs

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Cité fleurie ni Cité florale.
Entrée de la cité des Fleurs, coté avenue de Clichy.
Vue générale de la voie centrale

La Cité des Fleurs est un site immobilier desservi par une voie privée, fermée à la circulation publique, dans le 17e arrondissement de Paris. Il est situé dans le quartier des Épinettes. Deux conventions fondatrices, très précises, ont permis de conserver l'authenticité pittoresque de ce village dans la ville, composé de maisons très diverses dans leur architecture et particulièrement fleuries.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1846, Ernest Goüin fonde l'entreprise, baptisée Ernest Goüin et Cie, dans le petit village des Batignolles, au nord de Paris. Il se spécialise dans la construction de locomotives et de machines de filature. Sa société ne cesse de s’accroître et emploie rapidement 2 000 personnes.

Exemple de maison de la Cité des Fleurs

Grâce à cet essor[1], la Cité des Fleurs est créé en 1847 par Jean-Edmé Lhenry et Adolphe Bacqueville de la Vasserie en regroupant leurs différentes possessions dans le quartier des Épinettes, alors encore en dehors de l'enceinte de Thiers et appartenant à la commune de Batignolles-Monceau, la Cité des Fleurs s'articule autour d'une voie centrale de 320 mètres bordée de maisons et d'hôtels particuliers et rythmée par trois placettes circulaires. Les conventions passées en 1847 et 1850 entre les fondateurs pour être appliquées par chaque acquéreur des lots de terrain sont particulièrement détaillées. Elles étaient les documents majeurs des statuts de l'association loi de 1901 réunissant les propriétaires de 1907 à 2010. Ces conventions servent toujours de référence aux nouveaux statuts de l'Association Syndicale Libre de la Cité des Fleurs qui entrent en vigueur le 1er janvier 2011. Ces statuts définissent, entre autres, l'alignement des façades, le nombre d'étages constructibles, la hauteur des murs mitoyens, La disposition des cours et jardins, les arbres obligatoires, la présence de murets surmontés de grilles de clôture entre les pilastres en pierre de taille, toujours placés en vis-à-vis de part et d'autre de la voie, surmontés d'un vase Médicis d'un modèle unique. Ils contiennent aussi les droits et devoirs applicables aux propriétaires, aux habitants et au public.

La Cité des Fleurs a toujours été un lieu de mixité sociale. Au XIXe siècle, elle était très influencée par l'activité ferroviaire des usines du quartier Cardinet, bon nombres d'ingénieurs ont fait construire de riches demeures dans la Cité des Fleurs. Une crèche de la Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest y était implantée. La famille Goüin, constructeur de locomotives et autres matériels ferroviaires y possédait un grand pavillon pour héberger son personnel. Au XXe siècle, il existait encore la fabrique des Caramels Valentin-Picards puis la fabrique des Poupées Gerb's.

Plaque commémorative au no 25

Le 19 mars 1909, la pose de la première pierre de l'église Saint-Joseph-des-Épinettes va créer un impact sur la vie de la Cité des fleurs, le presbytère, les locaux paroissiaux et une congrégation religieuse s'implantent en son sein. L'église, première construction de cette importance, entièrement en béton, réalisée après la séparation de l'Église et de l'État, sera édifiée en un peu plus d'un an et sera consacrée par Monseigneur Amette, archévêque de Paris, le 26 mai 1910.

Fin 1910, la paroisse achète un orgue de Cavaillé-Coll construit vraisemblablement en 1898 pour le salon de la comtesse Anna de Noailles. Ce bel instrument vient d'être entièrement restauré par l'Association des amis de l'orgue grâce au concours de ses donateurs.

Pendant la dernière guerre, la maison du no 25 a servi de relais au réseau Plutus pour la transmission des faux papiers pour Résistance par le Mouvement de Libération nationale (MLN), qui avait déménagé de Lyon. Arrêtés par la Gestapo le 18 mai 1944, les principaux membres du service ont été déportés. La responsable Colette Heilbronner a été exécutée sur place. Une plaque régulièrement fleurie par la Mairie et les Anciens Combattants, commémore cet évènement.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La Cité des Fleurs relie l'avenue de Clichy à la rue de La Jonquière, son entrée se situe à proximité de la station de métro Brochant. L'accès du public y est possible de h à 19 h du lundi au samedi et de h à 13 h les dimanches et jours fériés. Les différents styles de façades des propriétés bourgeoises ainsi que l'atmosphère calme de la Cité des Fleurs lui confèrent une ambiance de village à l'intérieur même de Paris.

L'église Saint-Joseph-des-Épinettes est aussi accessible au no 59 de la Cité des fleurs.

La Cité des Fleurs a servi de lieu de tournage à la série Une famille formidable.

Personnalités en relation avec la Cité des Fleurs[modifier | modifier le code]

Vue de Montmartre, depuis la Cité des Fleurs (1869) par Alfred Sisley (1839 - 1899), alors que le quartier est encore peu construit
  • Lucien Fontanarosa (1912-1975), artiste français. À partir de 1964, il installe son atelier au no 32.
  • Catherine Deneuve et sa sœur Françoise Dorléac sont nées respectivement en 1943 et 1942 dans l'une des deux cliniques de la Cité des Fleurs.
  • Alfred Sisley, peintre impressionniste, résida Cité des Fleurs, où il peint sa Vue de Montmartre, depuis la Cité des Fleurs aux Batignolles en 1869 (Tableau conservé au Musée de Grenoble)[2]

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La cité des fleurs est desservie par la ligne (M)(13) à la station Brochant et par les autobus 31 54 74.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mairie du 17e
  2. Nathalia Brodskaia, L'impressionnisme, p.136, ISBN 1780427786

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]