Voisins (Louveciennes)

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Le hameau de Voisins (ou village de Voisins) se situe dans la commune de Louveciennes, dans le département des Yvelines en France.

Aujourd'hui quartier de la ville mais cependant quelque peu à l'écart, Voisins a acquis sa renommée à partir de 1681, date où commencent les travaux de la machine de Marly.

La Machine de Marly[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Machine de Marly.

La machine de Marly est construite à compter de 1681 dans le but de remonter l'eau de la Seine puisée à Bougival vers les réservoirs situés sur le plateau du Cœur volant à proximité du château de Marly. L'eau, depuis la Seine, est refoulée jusqu'aux puisards dits de mi-côte, à flanc de coteau, puis aux puisards supérieurs, là où commence Voisins, et enfin à l'aqueduc de Marly. Deux bâtisses abritant les pompes sont construites au niveau des puisards, l'une à mi-côte et l'autre en bordure du vallonnement de Voisins. Entre cette dernière et l'aqueduc, les canalisations vont être souterraines et traverser le premier château construit sur les lieux, le château dit de Voisins.

La demeure d'Arnold de Ville, ingénieur en chef du projet puis gouverneur de la machine sera le Pavillon des Eaux en bordure du chemin de la Machine.

Le chemin de la Machine en direction du nord
Au premier plan, le petit pont menant à la place Ernest Dreux
Sur la droite, le Pavillon des Eaux
À l'extrémité nord du chemin de la Machine, une canalisation obsolète et, en contrebas, la Seine

Le patrimoine[modifier | modifier le code]

Le château de Voisins[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Voisins (Louveciennes).

Dans l'alignement de l'avenue Saint-Martin, un premier château construit entre 1650 et 1675 fut habité de 1696 à 1716 par Louis Oger de Cavoye (1640-1716), grand Maréchal des Logis de la maison du roi depuis 1677.

Louise Élisabeth de Bourbon-Condé (1693-1775), princesse de Conti, petite-fille de Louis XIV et de Madame de Montespan par sa mère Mademoiselle de Nantes, habita ce château.

À la Révolution, la famille Le Coulteux de La Noraye l'habita. Madame Le Coulteux hébergea pendant quelque temps le poète André Chénier qui la chanta dans ses Élégies à Fanny et qui finit sur l'échafaud en juillet 1794.

Vers 1820, son propriétaire le comte Hocquart de Turtot le fit démolir puis reconstruire selon de nouveaux plans. Il abrite aujourd'hui un centre de formation BNP Paribas.

Grille d'entrée du château de Voisins
L'actuel château de Voisins
Plaque commémorative de Louis Oger de Cavoye à l'entrée du château
Plaque commémorative d'André Chénier à l'entrée du château
Vue du parc du château. Au loin, l'aqueduc de Marly

Le pavillon de Voisins[modifier | modifier le code]

Son domaine jouxte celui du château de Voisins. Le poète Leconte de Lisle y est mort le 17 juillet 1894.

Le pavillon de Voisins
Plaque commémorative de Leconte de Lisle à l'entrée de la propriété

Le château de Madame du Barry, ou Pavillon des eaux ou « Pavillon du gouverneur de la machine »[modifier | modifier le code]

Au départ, ce manoir fut construit en 1684 le long du chemin de la Machine pour être la demeure du gouverneur de la machine de Marly, Arnold de Ville, d'où son nom de « Pavillon des Eaux » ou celui de « demeure d'Arnold de Ville ».

Il fut ensuite occupé, pendant la première moitié du XVIIIe siècle, par des enfants naturels et légitimés de Louis XIV et de Madame de Montespan, dont principalement le comte de Toulouse et le duc de Penthièvre, Louis Alexandre de Bourbon, qui fit procéder à l'aménagement d’un parc à la française.

En 1769, Louis XV décida d'y loger sa favorite, Madame du Barry, qui entreprit de multiples travaux :

  • aménagement du parc
  • extensions du bâtiment en 1769 par Ange-Jacques Gabriel, d'où le nom de château de Madame du Barry
  • construction d'un pavillon de réception, le Pavillon de Musique, à l'extrémité nord (voir paragraphe suivant).

À la mort de Madame du Barry, guillotinée en décembre 1793, la propriété fut démantelée, voire pillée, au gré de ses différents propriétaires, si bien qu'aujourd'hui le domaine se divise en trois propriétés :

  • le château de Madame du Barry avec son parc
  • le Pavillon de Musique, situé à l'extrémité sud du domaine (voir paragraphe suivant)
  • un pavillon de réception, composé de deux pavillons d'entrée reliés, construit par Goury en 1897 et 1898, situé à l'extrémité sud du domaine.
Le Pavillon des Eaux, entrée rue de la Machine
Plaque commémorative d'Arnold de Ville et de Madame du Barry à l'entrée du Pavillon des Eaux
Information sur le Pavillon des Eaux (les dates indiquées sont celles de résidence)
Le Pavillon de réception construit par Goury

Le Pavillon de Musique ou « Pavillon de Louveciennes » ou « Pavillon de Ledoux »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pavillon de musique (Louveciennes).

Le pavillon de musique, édifié en 1771 au nord du domaine, est un pavillon de réception dont Madame du Barry confia la construction à l'architecte Claude-Nicolas Ledoux.

En 1923, il fut déplacé et éloigné de la falaise par son propriétaire, le parfumeur François Coty.

Il fait partie aujourd'hui d’un domaine, attenant à celui du château de Madame du Barry mais distinct, comprenant à son entrée, le long du chemin de la Machine, un petit châtelet construit par Pasquier à la fin du XIXe siècle. L'ensemble abrite l’American School of Paris depuis 1959.

Louveciennes Plaque Pavillon Musique.jpg
Petit châtelet à l'entrée du domaine du Pavillon de Musique, chemin de la Machine
Plaque commémorative de Mme du Barry à l'entrée du Pavillon de Musique
« Élévation du Pavillon de Louveciennes du côté des jardins »
« Élévation du Pavillon de Louveciennes du côté de la rivière » (Seine)

Le parc[modifier | modifier le code]

En 1852, le domaine du château de Madame du Barry fut agrandi jusqu'à la Seine, mais divisé en deux lots.

Le premier lot, comprenant le château, fut acquis par le banquier Salomon Goldschmidt.

Le second lot comprenait :

  • le pavillon de musique de Ledoux ;
  • Alice Tahl de Lancey (Carolus-Duran, 1876)
    deux entrées construites par l'architecte Pasquier, l'une située 28 route de la Princesse, et l'autre quai Rennequin-Sualem à Bougival. Il fut acquis par une riche Américaine de Baltimore, Alice Thal de Lancey, maîtresse du banquier Nissim de Camondo, qui l'avait rencontrée par l'entremise d'Arthur Meyer. Edmond de Goncourt se moqua de « l'ironique intérieur de Louveciennes, là où habita Madame du Barry et où habite aujourd'hui Mme de Lancey et où le banquier Camondo remplace Louis XV »[1].

Les peintres[modifier | modifier le code]

Camille Pissarro[modifier | modifier le code]

Camille Pissarro (1830-1903) vint à Louveciennes et y peignit son célèbre tableau l’Entrée du village de Voisins représentant le bas de l'actuelle avenue Saint-Martin et l'entrée du domaine de Voisins.

Le tableau intitulé Le Village de Voisins représente le petit pont qui mène à la place Ernest Dreux depuis le chemin de la Machine.

Entrée du village de Voisins par Camille Pissarro, 1872
À l'extrémité de l'avenue, l'entrée de l'actuel château de Voisins
Le Village de Voisins par Camille Pissarro, 1872
(collection privée)

Alfred Sisley[modifier | modifier le code]

Alfred Sisley (1839-1899) demeura à Voisins de 1870 à 1874.

Plaque commémorative d'Alfred Sisley, route de la Princesse

Auguste Renoir[modifier | modifier le code]

Auguste Renoir (1841-1919) ne résida que sporadiquement à Louveciennes, ses parents ayant acheté une maison dans le village en 1868. Lui-même et son épouse restèrent à Voisins de 1869 à 1870, le peintre ayant quitté Paris et les portraits pour les paysages et entrer ainsi dans sa période impressionniste.

Plaque commémorative d'Auguste Renoir au n° 9 de la place Ernest Dreux
La maison où Renoir habita
À côté, au n° 9 bis, la maison où habita Kurt Weill

Autres hôtes célèbres[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative de Camille Saint-Saëns dans le village
Plaque commémorative de Charles Münch au n° 15 de la place Ernest Dreux, villa La Futaie
Plaque commémorative de Kurt Weill, au n° 9 bis de la place Ernest Dreux

Le Séjour de Voisins[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative à la mémoire des enfants déportés

Le Séjour de Voisins était un orphelinat agricole qui fut créé en 1880 par Jules Beer. Durant la Seconde Guerre mondiale, cet orphelinat servit de refuge à des enfants juifs.

Dans le cadre des rafles lancées par Aloïs Brunner, le chef du camp de Drancy, la Gestapo arrête l’ensemble des enfants réfugiés dans les centres de la région parisienne dont celui de Louveciennes. Le 22 juillet 1944, trente-quatre enfants et leurs cinq moniteurs furent emmenés à Drancy puis déportés, le 31 juillet 1944, à Auschwitz[2]. Il n'y eut que trois survivantes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Edmond de Goncourt, Journal, 3 juin 1882
  2. « La rafle des enfants de Louveciennes, 22 juillet 1944 »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]