Émile Armand

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Émile Armand

Émile Armand[1] (né le 26 mars 1872 à Paris - mort le 19 février 1962 à Rouen) est le pseudonyme d'Ernest-Lucien Juin, un militant de l'anarchisme individualiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un Communard, il entre en 1890 dans l'Armée du salut. Il pratique de nombreuses langues mais n'ira jamais à l'école. Il démissionne de son poste d'officier salutiste en 1897.

Son humanisme chrétien se transforme progressivement en anarchisme chrétien à la suite de lectures telles le Temps nouveaux de Jean Grave. Il s'inspire en grande partie de Léon Tolstoï et de Benjamin Tucker et aussi de Walt Whitman et Ralph Waldo Emerson. Il a déjà des idées divergentes sur les sujets de la violence et de l'illégalité. Enfin, ces idées ont aussi été modulées par les écrits de Friedrich Nietzsche et Max Stirner. Sa mentalité se basait sur le fait que les milieux anarchistes pouvaient voler, contrefaire ou être proxénètes et que cela se justifiait. Sans pour autant accéder à ces milieux, il considérait ces actes non-condamnables.

À partir de 1902, date à laquelle il participe à la fondation de la Ligue antimilitariste, il devient d'abord communiste libertaire, mais rapidement s'engage définitivement pour l'anarchisme individualiste. En 1911, il signe « Le petit manuel anarchiste individualiste ». Vers 1912, il s'est mis à décourager la violence dans ses écrits. Les publications qu'il fait se veulent révolutionnaires en encourageant les anarchistes à vivre dans le présent et à ne pas attendre pour obtenir ce que le futur leur réserve.

À partir de 1922, il reprend L'En-Dehors qu'il fera paraître pendant 17 ans.

Toute sa vie, il publie de nombreux articles, brochures et journaux. Ses livres les plus connus sont L'initiation individualiste anarchiste qu'il publie en 1923, et La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse publié en 1934. Il collabore au travail de Sébastien Faure dans le livre l'Encyclopédie Anarchiste.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Couverture de Les Réfractaires nº 1, janvier 1914
  • L’Idéal libertaire et sa réalisation, 1904.
  • Le Problème humain et la solution libertaire, 1905.
  • De la liberté sexuelle, 1907.
  • Mon athéisme, 1908.
  • Qu'est-ce qu'un anarchiste ? Thèses et opinions, Paris, Éditions de l'anarchie, 1908, 179 p.
  • Le Malthusianisme, le néo-malthusianisme et le point de vue individualiste, 1910.
  • La Procréation volontaire au point de vue individualiste, 1910.
  • Est-ce cela que vous appelez « vivre ? », 1910.
  • Les Ouvriers, les syndicats et les anarchistes, 1910.
  • Mon point de vue de « l’anarchisme individualiste », 1911.
  • Petit Manuel Anarchiste individualiste, 1911 [lire en ligne].
  • La Vie comme expérience, 1916 [lire en ligne].
  • Les Besoins factices, les stimulants et les individualistes, 1917.
  • Le Plus Grand Danger de l’après-guerre, 1917.
  • Lettre ouverte aux travailleurs des champs, 1919.
  • L’Illégalisme anarchiste. Le mécanisme judiciaire et le point de vue individualiste, 1923.
  • L’Illégaliste anarchiste est-il notre camarade ?, 1923 [lire en ligne].
  • L’Initiation individualiste anarchiste, 1923.
  • Entretien sur la liberté de l’amour, 1924.
  • L’ABC de « nos » revendications individualistes anarchistes, 1924.
  • Liberté sexuelle, 1925.
  • Amour libre et liberté sexuelle, 1925.
  • La Révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse, 1934.
  • Le Nudisme révolutionnaire, 1934 [lire en ligne].
  • Le Stirnerisme, 1934 [lire en ligne].

Journaux[modifier | modifier le code]

Une affiche pour le journal L’En-dehors.
  • L'Ère nouvelle (1901-1911), qui devint ensuite Les Réfractaires (1912-1914).
  • Hors du troupeau (1911)
  • Par-delà la Mêlée (1916)
  • L'En-Dehors (1922)
  • L'Unique (1945)

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Ce qui importe, c'est de défendre l'individu contre “l'Homme”, l'indécrottable suiveur, l'incurable superficiel, l'éternel grégaire. » (L'Unique, no 34, novembre 1948)
  • « Chaque homme ou femme disposant de sa vie sexuelle, et ce sans restrictions ni réserves, il ne peut y exister théoriquement de jalousie. Pratiquement, cependant, l'absence de jalousie ne se réalise qu'à condition que l'atmosphère éthique qui baigne ce milieu soit révolutionnaire, quant à la conception de la liberté de l'amour. » (La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse, 1934)
  • « La camaraderie qui n'inclut pas les manifestations amoureuses est une camaraderie tronquée. L'hospitalité d'où est absente le sexualisme est mutilée. » (Lettre à A. Colomer, 1925)

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Émile ne fut jamais son prénom, contrairement à une erreur répandue. Voici ce qu'il écrit à Hem Day dans une lettre du 15 juillet 1958 : « C'est Ernest et non Émile Armand, mais j'estime que c'est de mince importance. » (E.L Armand, ses prisons par Hem Day, Défense de l'homme n°177-178 juillet-août 1963 )

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