Régiment de Berwick

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Régiment de Berwick
Image illustrative de l’article Régiment de Berwick
Drapeau d’Ordonnance du régiment de Berwick

Création 1698
Dissolution 1794
Pays France
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Type régiment
Rôle infanterie de ligne
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Le régiment de Berwick est un régiment d’infanterie irlandais du Royaume de France créé en 1698.

Lignage[modifier | modifier le code]

  • 1er mars 1698 : création du régiment de Berwick[1]
  • 26 avril 1775 : renforcé par incorporation du régiment de Clare
  • 1er janvier 1791 : renommé 88e régiment d’infanterie de ligne[2]
  • novembre 1791 : embarquement du 2e bataillon pour Saint-Domingue ; celui-ci sera incorporé aux régiments coloniaux
  • 7 juillet 1794 : son 1er bataillon est réformé par incorporation à la 159e demi-brigade de bataille lors de la formation de la demi-brigade

Équipement[modifier | modifier le code]

Drapeaux[modifier | modifier le code]

3 drapeaux dont un blanc Colonel, et 2 d’Ordonnance, « fonds verts, & croix rouges bordées de blanc, & les traverses rouges dans les 4 quarrez »[1].

Le drapeau d’Ordonnance du régiment, tout comme son drapeau Colonel, porte la devise In hoc signo vinces, « Par ce signe, tu vaincras ».

Habillement[modifier | modifier le code]

« habit rouge, doublure, paremens, culotte & veste blanches, boutons d’étaim, bas blancs, & chapeau bordé d’argent »[1] (1738).

Historique[modifier | modifier le code]

Colonels et mestres de camp[modifier | modifier le code]

Jacques Fitz-James, duc de Berwick
Colonels propriétaires
  • 27 février 1698 : Jacques Fitz-James, duc de Berwick, lieutenant général le 30 mars 1693, maréchal de France le 15 février 1706, † 12 juin 1734
  • 1713 : James Francis Fitz-James, fils du maréchal de Berwick, marquis de Tinmouth
  • 1716 : Henry James Fitz-James, duc de Fitz-James, fils du maréchal de Berwick
  • 1721 : Henry Fitz-James, duc de Fitz-James, fils du maréchal de Berwick
  • 22 décembre 1729 : Édouard Fitz-James, comte de Fitz-James, fils du maréchal de Berwick, brigadier le 1er janvier 1740, maréchal de camp le 2 mai 1744, lieutenant général le 10 mai 1748, † 5 mai 1758
  • 30 mai 1758 : Charles Fitz-James, duc de Fitz-James, fils du maréchal, brigadier le 1er janvier 1740, maréchal de camp le 2 mai 1744, lieutenant général le 10 mai 1748, maréchal de France le 24 mars 1775, † 22 mars 1787
  • 22 mars 1787 : Jacques-Charles de Berwick, duc de Fitz-James, fils du précédent, maréchal de camp
Colonels commandants
  • juin 1758 : Édouard-Henri, chevalier de Fitz-James, fils de Charles de Fitz-James, brigadier le 1er janvier 1784, maréchal de camp le 9 mars 1788[3]
  • 9 mai 1784 : Jacques-Charles de Berwick, duc de Fitz-James[4]
  • 1788 : Barthélemy O'Mahony, comte de Mahony[5], mestre de camp (en second depuis 1784)[6]

Le 18 juillet 1791 une partie du régiment passe au service des Princes, toujours sous le commandement du comte O'Mahony. Ci-dessous les colonels commandants celle restée en France :

  • 25 juillet 1791 :Jacques O'Moran.
  • 21 octobre 1791 : Charles Alexis O’ Connor[7]
  • 13 décembre 1792 : Olivier Harty[7]

Composition[modifier | modifier le code]

Le régiment fait partie de 5 régiments irlandais formés avec 13 compagnies de 50 hommes par un ordre du 27 février 1698 : Dorington, Albemarle, Galmoy, Lutrelle et Berwick. Leurs officiers et soldats sont ceux des 8 régiments d’infanterie irlandaise et des 2 régiments de dragons à pied du roi Jacques II licenciés par un ordre du même jour.

  • juillet 1702 : création du second bataillon du régiment de Berwick
  • 20 février 1715 : le 2e bataillon de Berwick est supprimé afin de porter les régiments de Dorington et Berwick à 15 compagnies de 40 hommes, dont une de grenadiers
  • 12 juillet 1749 : ordonnance appliquant la nouvelle organisation des régiments aux régiments irlandais et écossais : un bataillon de 465 hommes composé de 13 compagnies, dont une de 3 officiers et 45 grenadiers, et 12 de 2 officiers et 35 fusiliers
  • 21 décembre 1762 : incorporation des régiments Royal-Écossais, Ogilvy et Lally dans ceux de Bulkeley, Clare, Dillon, Rooth et Berwick, qui conservent un bataillon, mais organisé comme les régiments français

Campagnes et batailles[modifier | modifier le code]

Régiment de Berwick

Le régiment de Berwick est un des cinq régiments irlandais passés au service de la France sous le règne de Louis XIV et qui constituaient la brigade irlandaise, créée en 1698 à partir de troupes irlandaises après la bataille de la Boyne et le traité de Limerick de 1691.

Lors de la peste de Marseille et de Provence, apparue en juillet 1720, le régiment de Berwick fait partie du deuxième cordon sanitaire établi en septembre afin d’isoler la Provence.

Au sein de la brigade irlandaise, il a participé brillamment à la bataille de Fontenoy.

Après la réorganisation du régiment effectuée le 4 juin 1775 à Valenciennes, il se rend à Cambrai, puis à Calais en juin 1776, à Gravelines en novembre 1776, à l’île de Ré en octobre 1777, à Paimbœuf en août 1778, à Quimper en avril 1779, à Coutances en septembre 1779, à Vannes en janvier 1781, à Bouchain en mai 1782, à Landrecies en octobre 1782, aux îles de Ré et d’Oléron en novembre 1783, à La Rochelle en octobre 1784, à Boulogne en avril 1788, au camp de Saint-Omer la même année et à Berghes en septembre 1790. Deux mois après, à la suite d’intrigues, le régiment est envoyé à Landau, place enclavée dans le Palatinat et voisine de Coblentz.

88e régiment d’infanterie de ligne
Drapeau d’adieu remis par le comte de Provence aux régiments irlandais.

En 1791, et surtout après la fuite du roi et son arrestation à Varennes, le régiment est vivement sollicité d’émigrer ; en 1792, le comte de Provence, frère du roi, remet aux représentants des régiments de Berwick, Walsh et Dillon un drapeau d’adieu portant la devise « 1692 - 1792 - Semper et Ubique Fidelis[note 1] ». En juillet, le colonel de Fitz-James parvient à débaucher 300 hommes de son régiment et s’échappe avec eux de Landau au milieu de la nuit pour Coblentz. Le 26 juillet les Princes décident que le régiment, toujours commandé par le colonel O'Mahony, aura la même formation, la même solde, les mêmes masses, la même administration qu'en France, et sera porté au complet du guerre de 1 500 hommes[8]. Les recrutements s'opèrent et lors de la revue passée par le général vicomte de La Tour du Pin, le 15 mai 1792 au château de Fredericktein, Berwick compte 607 hommes. De son côté, le reste du corps, resté en France, dont l’effectif est encore de plus de 900 hommes, arrive à Nancy le 8 août, et fait son entrée dans cette ville avec ses drapeaux et sa caisse. Alors que de nouvelles invitations à déserter sont journellement adressées au corps, des soldats livrent à la municipalité de Nancy des exemplaires de lettres écrites par de hauts personnages.

Le régiment quitte Nancy le 20 août et est interné, le 1er bataillon à Versailles et le 2e à Orléans. En novembre, le 1er bataillon remplace le 2e, celui-ci allant s’embarquer à Lorient pour Saint-Domingue, d’où il n’est point revenu.

Le 1er bataillon, envoyé à Besançon en septembre 1792, fournit sa compagnie de grenadiers à l’armée du Rhin ; les autres compagnies sont appelées à cette armée en 1793. Il a fait les campagnes de 1792 et 1793 à l’armée du Rhin ; celle de 1794 à l’armée de Rhin-et-Moselle.

Le 7 juillet 1794, il entre dans la composition de la 159e demi-brigade de bataille à Nieder-Oschstadt[9].

Quartiers[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Fidèle, toujours et en tout lieu.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Cinquième abrégé général du militaire de France, sur terre et sur mer, depuis novembre 1737 jusqu’en novembre 1738, Lemau de la Jaisse, Paris, 1739, p. 108
  2. Histoire de l’armée et de tous les régiments, tome 3, par Adrien Pascal
  3. Dictionnaire historique et biographique des généraux français depuis le onzième siècle jusqu’en 1822, tome 6, par le chevalier de Courcelles, Paris 1822, p. 75
  4. État militaire de la France pour l’année 1787, par M. de Roussel, p. 309
  5. État militaire de la France pour l’année 1789, par M. de Roussel, p. 275
  6. http://maison.omahony.free.fr/
  7. a et b Histoire de l'ancienne infanterie française de Louis Susane
  8. Les corps de troupe de l'émigration française, par le vicomte Grouvel
  9. Histoire de l’infanterie en France, tome 4, par le lieutenant-colonel Belhomme

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Pinard, Chronologie historique-militaire, tomes 3, 5, et 7, Paris, Claude Herissant, 1762, 1762, et 1764
  • Mémoires du maréchal de Berwick, écrits par lui-même, tomes 1 et 2, Paris 1778

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]