Bataille de Corbach

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Bataille de Corbach
Description de l'image Bataille de Corbach.jpg.
Informations générales
Date
Lieu Près du village de Korbach, Allemagne
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau du royaume de France Royaume de FranceArmes de Brunswick-Lunebourg Duché de Brunswick-Lunebourg
Drapeau de Hesse-Cassel Hesse-Cassel
Armes de Brunswick-Wolfenbüttel Principauté de Brunswick-Wolfenbüttel
Drapeau de la Grande-Bretagne. Grande-Bretagne
Commandants
Duc de Broglie
Comte de Saint-Germain
Ferdinand de Brunswick-Lunebourg
Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick-Wolfenbüttel
Forces en présence
7 000 à 12 000 hommes[1]15 000 à 20 000 hommes[2]
Pertes
750 morts ou blessés[3]824 morts, blessés ou disparus
18 canons perdus[4]

Guerre de Sept Ans

Batailles

Europe

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Coordonnées 51° 17′ 00″ nord, 8° 52′ 00″ est

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
Bataille de Corbach

La bataille de Corbach, ou Korbach, est une bataille de la guerre de Sept Ans qui a eu lieu le dans le nord de la Hesse, en Allemagne, entre l'armée française du duc Victor-François de Broglie, maréchal de France, et les armées coalisées de Brunswick, de Hesse-Cassel, de Principauté de Brunswick-Wolfenbüttel et du royaume de Grande-Bretagne, commandées par le duc Ferdinand de Brunswick-Lunebourg. La bataille se conclut par une victoire française.

Manœuvres préliminaires[modifier | modifier le code]

Le Prince Héréditaire Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick-Wolfenbüttel
Ferdinand, duc de Brunswick-Lunebourg

La ville de Corbach est située sur les hauteurs de Corbach, qui s'élèvent à quelque 400 mètres au-dessus de la plaine et s'étendent à environ deux kilomètres à l'est de la ville dans le bois de Berndorf. La ville elle-même est le carrefour de plusieurs routes, et de nombreuses et importantes forces des deux camps se concentraient dans la région. Le gros des troupes françaises, aux ordres du duc de Broglie, était à Frankenberg, à environ 30 kilomètres au sud, et la force principale alliée sous Ferdinand, duc de Brunswick était à Sachsenhausen 10 kilomètres à l'est. Le , Broglie ordonne au comte de Saint-Germain, stationné à Dortmund avec l’armée du Bas-Rhin, de marcher vers Corbach pour faire sa jonction avec l'armée principale française. Le , informé des manœuvres de Broglie, le duc Ferdinand détache le Prince Héréditaire de Brunswick avec l'avant-garde, une force mixte composée principalement de Britanniques, Hanovriens et d’Hessois, avec l'intention d'occuper les hauteurs de Corbach et empêcher la jonction des deux armées françaises. Plus tard, Ferdinand les suit avec le reste de l'armée, laissant le commandement à Lord Granby à Sachsenhausen. Corbach avait déjà été pris le par le général Nicolas Luckner, le commandant de la cavalerie légère hanovrienne. Le même jour, le général Clausen marche sur Corbach afin d'observer les mouvements des Alliés et y trouve le corps de Luckner. Broglie ordonne de le déloger et envoie le comte de Rooth avec une brigade d'infanterie et le marquis de Poyanne avec les carabiniers du Comte de Provence pour soutenir Clausen. Cependant, les Français ne peuvent préparer une attaque avant la tombée de la nuit. Broglie ordonne à Saint-Germain d'accélérer sa marche. La brigade Clausen prend position au bois gauche de Corbach et Broglie arrive lui-même à la tête de six brigades. Le Prince Héréditaire, réuni au corps de Kielmansegg, arrive sur les hauteurs de Corbach vers neuf heures du matin, tandis que l'armée principale était encore au défilé de Sachsenhausen, à 8 kilomètres en arrière. Croyant qu'il faisait face seulement au corps de Saint-Germain, il résolut d'attaquer immédiatement sans attendre le gros de l'armée .

Bataille[modifier | modifier le code]

Victor-François, 2e duc de Broglie
Claude-Louis-Robert, comte de Saint-Germain
Charles-Léonard de Baylenx, marquis de Poyanne

Saint-Germain déploie quatre bataillons d'infanterie dans la ville. Le reste de son corps, infanterie, cavalerie et artillerie, est déployé sur les hauteurs de Corbach s’étendant à l'est et au nord jusqu'au bois de Berndorf où il a déployé quelques troupes légères. La bataille commence à 9 heures avec des escarmouches entre la cavalerie légère des deux camps. Le Prince Héréditaire déploie son corps en ligne de bataille et attaque immédiatement. Toutefois, le déploiement des Français l'aurait obligé à laisser sa gauche exposée à l'arrivée des renforts français envoyés depuis Frankenberg. Une très violente canonnade et un feu intense d'infanterie durèrent toute la journée. La lutte devient particulièrement intense au centre du front sur la colline entre Corbach et le bois de Berndorf, mais les Français maintinrent fermement leur position. Pendant ce temps ils furent renforcés par les brigades Royal-Suédois et Castella. Les brigades Navarre et du Roi qui se déploient sur l'aile droite, avec Auvergne et Orléans en réserve[5]. Une batterie de 24 canons s'établit vis-à-vis de la batterie alliée. Après ces dispositions, les Français prennent l'offensive. La brigade Navarre se distingue par la capture d'une batterie alliée à la baïonnette. Selon un rapport officiel de Lord Granby au maréchal Ligonier[6], l'arrivée des troupes françaises sur l'arrière-garde alliée convainquit le Prince de la nécessité d'une retraite.

La retraite alliée commence vers 15 heures dans le désordre. Beaucoup de confusion règne dans l'infanterie et la cavalerie allemande[7]. Les Français redoublèrent leurs tirs d'artillerie et chargèrent avec l'ensemble de leur cavalerie. Le Prince Héréditaire fut obligé de charger à la tête de deux régiments de dragons britanniques (1st King's Dragoon Guards et 2d Queen's Dragoon Guards) pour couvrir la retraite[8], sans pour autant pouvoir empêcher la perte de l'artillerie du flanc droit avec 18 pièces de canon.

Épilogue[modifier | modifier le code]

Corbach est la première bataille de la campagne de 1760. Les Alliés y ont perdu 824 hommes tués, blessés et disparus (7 officiers, 8 sergents et 163 hommes de troupe tués, 18 officiers, 21 sergents et 428 hommes de troupe blessés ; 2 officiers, 2 sergents et 175 hommes de troupes disparus) et 18 canons, 4 obusiers et 30 fourgons de munitions. Le Prince Héréditaire fut légèrement blessé à l'épaule. Les Français perdirent environ 750 hommes. Les régiments Royal-Suédois et du Roi souffrirent plus qu'aucun autre. Cette victoire des Français, dès le début de la saison, va leur permettre de poursuivre leur marche et de maintenir les avantages obtenus en Allemagne en dépit de plusieurs défaites face au Prince Héréditaire et au duc Ferdinand durant les batailles d'Emsdorf () et de Warburg (). Après la victoire tactique des troupes françaises à la bataille de Kloster Kampen () les espoirs que les Britanniques avaient de mettre fin à la guerre avec des conditions avantageuses pour eux en 1760 disparurent malgré leurs nombreux succès en Amérique du Nord[9].

Personnalités militaires ayant pris part à la bataille[modifier | modifier le code]

Royaume de France[modifier | modifier le code]

Militaires français
Militaires étrangers au service de la France

Références[modifier | modifier le code]

  1. Smollett, Tobias George and Hume, David, The History of England, from the Revolution in 1688, to the Death of George II, London 1825, p.547, "...10,000 infantry and seventeen squadrons...". William Russell, Charles Coote, The History of Modern Europe, Vol.III, London 1837, p. 383, "...ten battalions and fifteen squadrons..." ou, approximativement, 7 000.
  2. Manners, Walter Evelyn, Some Account of the Military, Political, and Social Life of the Right Hon. John Manners Marquis of Granby, London, 1899, Macmillan and Company Ltd., p. 131, note 5: "Twenty one battalions and nineteen squadrons...". Savory donne 24 bataillons, 19 escadrons et 21 canons.
  3. Savory estimates 700 to 800. The Manuscripts of His Grace, the Duke of Rutland, Vol. II, London 1889, p. 219, "The French had six Brigades of Infantry engaged, which suffered greatly." Pajol, Les guerres sous Louis XV: Tome 5, p.57, donne 600 to 700 French morts ou blessés.
  4. The Operations of The Allied Army under the Command of His Serene Highness Prince Ferdinand Duke of Brunswic and Luneberg During the greatest Part of Six Campaigns, beginning In the Year 1757, and ending in the Year 1762. by an Officer, who served in the British Forces. London, MDCCLXIV, p.150, " twelve pieces of cannon, four howitzers, and thirty ammunition wagons...824 men killed, wounded and missing."
  5. Franz von Kausler, Atlas des plus mémorables batailles, page 798
  6. The Manuscripts of His Grace, the Duke of Rutland, Vol. II, London 1889, p. 219
  7. Burke, Edmund and Davis, John, The Annual Register, Or, A View of the History, Politics, and Literature for the year 1760, London 1789, p. 21
  8. Antoine-Henri Jomini, Précis de l'art de la guerre, Volume 1, page 291
  9. Dull, Jonathan. The French Navy and the Seven Years War, University of Nebraska Press, 2005, (ISBN 978-0-8032-1731-7), p. 180-181.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Corbach » (voir la liste des auteurs).
  • Antoine-Henri Baron de Jomini, Histoire Critique et Militaire des Guerres de Frédéric II : comparées au système moderne, t. I, Bruxelles, Librairie militaire de J.B. Petit, , p. 290-291
  • M.L.R.D.B., Journal de la Campagne de MDCCLX : entre l'Armée du Roi et celle des Alliés, Francfort, , p. 10-11
  • Franz von Kausler, Atlas des plus Mémorables Batailles, Combats et Sièges : des temps anciens, du moyen age et de l'age moderne, Karlsruhe, , p. 797-798
  • Charles-Pierre-Victor Pajol, Les guerres sous Louis XV, t. V, New York, Adegi Graphics LLC, , 547 p. (ISBN 978-0543944313)
  • (en) sir Reginald Arthur Savory, His Britannic Majesty's army in Germany during the Seven Years War, Oxford, Clarendon Press, , 571 p., p. 12-13