Rocroi

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le fromage, voir Rocroi (fromage).

Rocroi
Rocroi
Vue de Rocroi
Blason de Rocroi
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Canton Rocroi (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes Vallées et Plateau d'Ardenne (siège)
Maire
Mandat
Denis Binet
2014-2020
Code postal 08230
Code commune 08367
Démographie
Gentilé Rocroyens
Population
municipale
2 375 hab. (2015 en diminution de 1,37 % par rapport à 2010)
Densité 47 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 55′ 34″ nord, 4° 31′ 20″ est
Altitude Min. 120 m
Max. 391 m
Superficie 50,41 km2
Localisation

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Rocroi
Liens
Site web https://www.rocroi.fr/

Rocroi est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est. Chef-lieu de canton, elle fut sous-préfecture du département jusqu'en 1926. Elle porta le nom de Roc-Libre (ou Roclibre) durant la Révolution. La ville comptait 2375 habitants en 2015 en diminution de 1,37 % par rapport à 2010.

Les habitants sont les Rocroyens et les Rocroyennes.

Rocroi est aujourd'hui un centre touristique connu pour sa fortification en forme d'étoile et est un lieu chargé d'histoire de par la bataille de Rocroi le , opposant Français et Espagnols.

Rocroi sous la neige

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Gué-d'Hossus Couvin (Drapeau de la Belgique Belgique) Rose des vents
Taillette N Fumay
O    Rocroi    E
S
Sévigny-la-Forêt Bourg-Fidèle Les Mazures

La commune est limitrophe de la Belgique dont la frontière est à 2,5 kilomètres au nord de la ville. Rocroi est à 28 kilomètres au nord-ouest du chef-lieu du département, Charleville-Mézières, et à 60 kilomètres au sud de la ville belge de Charleroi.

Le territoire communal s'étend sur une superficie de 5 041 hectares et le point culminant de la commune s'élève à 391 mètres.

Les communes limitrophes sont :

Géologie[modifier | modifier le code]

Rocroi est située sur un plateau, appelé, de façon éponyme, plateau ou "Massif" de Rocroi. Il s'agit en fait d'une structure paléozoïque, à dominante cambrienne, composée de roches dures. Cette structure, large d'une vingtaine de kilomètres en direction nord-sud et longue d'une cinquantaine de kilomètres en direction est-ouest, est recoupée par la frontière belge.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Rocroi signifie la croisée (le carrefour) de Raoul, un ancien seigneur du lieu au XIIIe siècle. Au XVIIe siècle, quand Louis XIII acheta la quasi-totalité de la seigneurie de Rocroi en 1614, on inventa une étymologie plus conforme au nouveau statut de la ville, pour en faire la Roche du Roy, Roc-Roy, si bien que sous la Révolution française, elle fut renommée Roc-Libre[réf. nécessaire][style à revoir].

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu’au XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1545, François Ier demande à Girolamo Marini, commissaire-général des fortifications de Champagne, de fortifier la frontière de Champagne. Il construit un petit fort près du village de Roulcroix.

Charles Quint décide de construire la fort de Charlemont, à Givet en 1552, Henri II répond en faisant édifier l'enceinte de Rocroi la même année. Elle est terminée en 1556. La ville a été construite en étoile avec cinq bastions avec orillons. Rabutin décrit la place comme « un pentagone à cinq fronts, couverte et défendue de quatre gros boulevards garni de leurs flancs, cassemattes et platte-formes, et vieil fort qui fait le cinquième ». Le vieux fort est probablement le fortin construit par Marini, transformé en bastion appelé bastion du Petit-Fort ou bastion du Roy. La construction a été confiée à un maître maçon de Senlis, Loys Lenthe, par le maréchal de Bourdillon. À l'origine, l'enceinte n'était pas maçonnée. La ville est assiégée par les Espagnols en 1556 et 1559, sans succès. Le gouverneur de Champagne, François de Clèves avait fait renforcer les défenses en urgence. La place est prise par les protestants de Sedan le 20 novembre 1588. Ils la vendent au duc de Guise. Le roi Louis XIII la rachète en 1614. Le plan initial a été conservé mais les bastions ont été modifiés quand des demi-lunes ont été ajoutées. Le bastion du Roi est retranché de la ville par un fossé pour devenir une citadelle. Les escarpes sont alors revêtues de maçonnerie[1].

La bataille de Rocroi

C'est au cours du siège de Rocroi par les Espagnols, commandés par Francisco de Melo, qu'eut lieu la fameuse bataille de Rocroi, le 19 mai 1643, qui vit la victoire des Français sur les Espagnols. Le chef de l'armée royale française, le duc d'Enghien, plus tard appelé le Grand Condé, révéla ici tout son génie militaire, alors qu'il était seulement âgé de 22 ans. Cette victoire fut décisive dans la guerre de Trente Ans (1618-1648) : elle marqua le retour de la France sur la scène internationale après un siècle de défaites et de guerres civiles.

Article détaillé : Bataille de Rocroi.

Dix ans plus tard, le même Condé, qui commandait alors les Espagnols, prit cette ville pour eux, en 1653, mais elle fut rendue à la France en 1659, par la paix des Pyrénées.

Vauban remanie la place à partir d'avril 1675. Les remparts sont maçonnés extérieurement. Un arsenal est bâti en 1692. Rocroi fait alors partie de la deuxième ligne du Pré carré[2].

Du XVIIIe siècle à nos jours[modifier | modifier le code]

Du début de 1793 au 15 décembre 1815 sont annexés au département des Ardennes 36 villages « belges » de l’Entre-Sambre-et-Meuse (en fait de la principauté de Liège, pour la plupart — Philippeville et Mariembourg étant déjà deux villes françaises) des cantons de Couvin, Philippeville et Givet (ici, deux municipalités seulement) et qui dépendront de l'arrondissement de Rocroi. Après le traité de Paris (1814) , on y ajoute les cantons de Chimay et de Walcourt[3].

Ces communes qui seront françaises 22 ans sont Aublain, Boussu-en-Fagne, Cerfontaine, Couvin, Dailly, Doische, Dourbes, Fagnolle, Frasnes-lez-Couvin, Gimnée, Gonrieux, Jamagne, Jamiolle, Le Mesnil, Mariembourg, Matagne-la-Grande, Matagne-la-Petite, Mazée, Merlemont, Neuville, Nismes, Niverlée, Oignies, Olloy-sur-Viroin, Pesche, Petigny, Philippeville, Roly, Romerée, Samart, Sart-en-Fagne, Sautour, Senzeilles, Treignes, Vaucelles, Vierves, Villers-Deux-Églises, Villers-en-Fagne[4].

En 1815, à la fin de l'épopée napoléonienne, la ville est assiégée par les troupes prussiennes, défendue à 400 contre 10 000, et en grande partie par les miliciens. Elle se rend par manque de vivres ayant obtenu les honneurs de la guerre.

Durant la guerre franco-allemande de 1870, la ville de Rocroi est une place forte. Elle est investie le 6 janvier 1871[5].

Des travaux sont encore faits sur l'enceinte de Rocroi entre 1879 et 1886. La place est déclassée définitivement en 1888 lors de la « crise de l'obus-torpille ».

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Denis Binet rejouant la reddition de la ville en 1815.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1767 1781 Charles François Collardeau   Maire
mai 1848 juillet 1852 Gabriel Marie Auguste Gentil    
aout 1852 1855 Jean Augustin Marcillet    
1856 février 1874 Théophile Armand Neveux    
mars 1874 mars 1880 Nicolas Auguste Binet    
avril 1880 1898 Edmond Lamy Opportuniste[6] Avoué
Conseiller d'arrondissement[7]
1898 1911 Eugène Delfosse   Notaire
Conseiller d'arrondissement
1911 après 1925[8] Henri Philippoteaux[9] RS
Rad
Avocat
Député (1919-1930)
Conseiller général (1919-1935)
Sénateur (1930-1935)
  après avril 1933 Gesnot[10]   Industriel
1953 1976 Andrée Viénot PSU  
mars 1983 2014[11] Michel Sobanska DVD puis RPR puis UMP  
2014[11] en cours
(au 17 avril 2014)
Denis Binet UMP  

Rocroi a adhéré à la charte du Parc naturel régional des Ardennes, à sa création en décembre 2011[12].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[14].

En 2015, la commune comptait 2 375 habitants[Note 1], en diminution de 1,37 % par rapport à 2010 (Ardennes : -1,94 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 2602 8463 0083 5013 1733 2323 7803 5903 765
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
2 9982 2812 3812 9773 1722 2652 1932 1762 116
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
2 2562 1272 4422 4362 2501 9692 3482 8702 997
1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014 2015 -
2 9112 7892 5552 4202 3792 3972 3772 375-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sports[modifier | modifier le code]

Rocroi dispose :

  • d'une piscine intercommunale, le Centre aquatique du Nord-Ouest Ardennais
  • d'un Tennis Club
  • d'un club de football, l'Association sportive Bourg Rocroi (ASBR)
  • d'une section Tennis de table au sein de l'US Rocroi
  • d'un centre de tir 10 m, 25 m, 50 m. Une formation pour les jeunes est assurée.
  • d'une salle de musculation et fitness
  • d'un club sportif de marche, VTT, vélo route, course à pieds : Rocroy sports nature. Organisation d'une course d'orientation, 3h de VTT, d'un trail, d'une corrida et d'un bike et run.

Économie[modifier | modifier le code]

Grâce à son riche patrimoine historique, la commune accueille chaque année près de 40 000 visiteurs[17].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Histoire agricole[modifier | modifier le code]

Pays de terres pauvres, le type d'agriculture pratiquée jusqu'à la première moitié du XXe siècle était le sart. Archétype étudié en géographie rurale, il s'agit d'une rotation agro-sylvo-pastorale d'environ 20 ans, on pratiquait ainsi :

  • Écorçage du bois arrivé à maturité et vente de l'écorce aux tanneries ;
  • Coupe rase et vente du bois de taillis ;
  • On brûle les reliquats de végétation à "l'étouffé", vers la fin du printemps. Cette pratique est à l'origine des fameux « brouillards puants » ou « brouillards de Rocroi ».
  • Semis de seigle dans les jours qui suivent, avec respect des souches qui doivent rejeter et former des cépées.
  • Récolte du seigle l'année suivante.
  • On laisse les genêts proliférer 4-5 ans (plantes légumineuses, apportant de l'azote). Les taillis sont mis en défens, pour éviter que les animaux ne détruisent les rejets de souche.
  • Les genêts sont coupés et donne du fourrage, de la litière.
  • Après un certain temps, la pâture est autorisée dans les taillis.
  • Au bout de 20 ans, le taillis est prêt pour une nouvelle coupe[18].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Les trois frères Moreaux, artistes peintres nés tous trois à Rocroi : René (1807-1860) qui fut élève d'Antoine-Jean Gros, Charles Florent Léon (1815-1891) et Auguste (1817-1877). René et Auguste ont émigré au Brésil et sont morts à Rio de Janeiro; le musée de Versailles conserve deux tableaux de Charles dont: "Portrait de Jean René Moreaux, général en chef de l'armée de Moselle".

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Rocroi

Les armes de Rocroi se blasonnent ainsi : D'azur, à trois croissants entrelacés d'argent, accompagnés de trois fleurs de lys d'or, deux en chef et une en pointe.

Le blason de la commune est celui des anciens seigneurs de Rocroi. L'écu est timbré d'une couronne murale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Franck Lechenet, Plein Ciel sur Vauban, Éditions Cadré Plein ciel, (ISBN 978-2-9528570-1-7), pages 190 à 191.
  • Alain Sartelet, Xavier de Massary - La place forte de Rocroi - Éditions Dominique Guéniot ("Parcours du patrimoine" no 327) - Langres - 2008 - (ISBN 978-2-87825-407-5)
  • André Lépine, Les notables communaux de l’arrondissement de Rocroi en l’an IX, Cahier du Musée de Cerfontaine (Belgique) n° 247, 36 pages A4, 2001.
  • André Lépine, Le rattachement à la France du district de Couvin en 1793, cahier du Musée de Cerfontaine n° 246, 31 pages A4, 2002.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du patrimoine Champagne Ardenne, p. 314-315, Hachette. Paris, 1995 (ISBN 978-2-010209871)
  2. Les fortifications de Vauban : Rocroi
  3. André Lépine,, Le rattachement à la France du district de Couvin en 1793, cahier du Musée de Cerfontaine (Belgique) n° 246, , 31 p.
  4. André Lépine, Les notables communaux de l’arrondissement de Rocroi en l’an IX, Cahier du Musée de Cerfontaine (Belgique) n° 247, , 36 p.
  5. François Roth, La guerre de 70, Fayard, , 404 p. (ISBN 978-2-213-02321-2)
  6. « Les élections législatives, les résultats complets » dans Le XIXe siècle du 24 septembre 1889
  7. « Nécrologie » dans Le XIXe siècle du 9 mars 1904
  8. "Les élections municipales" dans Le Gaulois du 5 mai 1925
  9. Il est démissionnaire en 1914 ("Démission du maire de Rocroi dans La Croix du 14 février 1914) et 1923 ("Démission du maire de Rocroi" dans Le Petit Parisien du 27 juin 1923). Son conseil municipal démissionne en 1920 ("En quelques mots" dans Le XIXe siècle du 8 décembre 1920).
  10. Bulletin de la Société française de secours aux blessés militaires des armées de terre et de mer d'avril 1933
  11. a et b « Michel Sobanska a été nommé maire honoraire », La Semaine des Ardennes, no 240,‎ , p. 18
  12. Création du PNR des Ardennes
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  17. L'Ardennais no 21133, Cahier central.
  18. GALOCHET Marc (dir), La forêt, ressource et patrimoine, Paris, Ellipses, Coll. Carrefour, 2006, 272 p.
  19. « ensemble fortifié », notice no PA00078491, base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. "Rocroi / Dans l'église Saint-Nicolas Un tableau offert par l'Empereur", L'Union-L'Ardennais, 11 août 2013