Régiments français de hussards

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Les régiments français de hussards sont des régiments de cavalerie légère française regroupant les hussards.

Dans l'armée française, les hussards apparaissent en 1637 lors de la guerre de Trente Ans, mais ils ne forment une arme distincte dans la cavalerie qu'en 1776. Servant d'éclaireurs, chargés de harceler l'adversaire, les hussards firent toujours preuve d'un courage exceptionnel et écrivirent les plus étonnantes pages de l'histoire des guerres révolutionnaires et impériales, capturant en 1795 la flotte hollandaise prise dans les glaces au Texel, faisant capituler la forteresse de Stettin et participant à toutes les grandes charges.

Par tradition issue de l'Ancien Régime, les régiments français de hussards portent le nom de leur propriétaire fondateur ou le plus marquant[note 1].

Charge du 4e régiment de hussards à la bataille de Friedland d'après Édouard Detaille.

Les cinq premiers régiments dans l'ordre de leurs numéros depuis le 4 juin 1793 sont les suivants :

Ces 5 régiments, du fait de leur ancienneté, sont traditionnellement désignés par le vieux terme de houzard. Ainsi on parle par exemple de Bercheny Houzards pour désigner le 1er RHP ou de Chamborant Houzards pour désigner le 2e RH.

À partir du nouveau 6e régiment de hussards (ex-no 7), les régiments sont hussards et non plus « houzards ».

Origines[modifier | modifier le code]

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Révolution française, Consulat et Premier empire[modifier | modifier le code]

Hussard du 4e régiment de la Grande Armée en 1809 d'après Hippolyte Bellangé, illustration du livre de P.-M. Laurent de L’Ardeche Histoire de Napoléon, 1843

Les 6 régiments de hussards de 1789 deviennent 14 sous la Révolution et sont réduits à 10 en 1803. Deux régiments supplémentaires sont créés en 1810 avec les hussards hollandais et le doublement du 9e en Espagne

Révolution et Consulat[modifier | modifier le code]

En 1791, les régiments sont numérotés dans l'ordre d'ancienneté de création :

Le 12 juin 1792, l’escadron des Hussards de la Mort est créé par l'Assemblée nationale et est constitué de près de 200 volontaires parisiens.

Le 2 septembre 1792 voit la création d’un autre corps franc de hussard, dit Hussards défenseurs de la Liberté et de l'Égalité (ou Légion de Boyer), constitué d’un escadron de 200 hommes, par le citoyen Boyer, unité qui sera rattachée le 23 novembre 1792 au 7e régiment de hussards.

Le 4 juin 1793, le 4e Hussards (ex-régiment de Saxe Houzards) émigra dans sa presque totalité. Il ne fut pas recomplété mais supprimé de l'ordre de bataille et les régiments furent renumérotés à partir du numéro 5 (Colonel-Général) qui prit le numéro 4 et ainsi de suite. Après la trahison du 4e régiment de hussards, le 6e régiment de hussards devient donc 5e régiment de hussards qui garde l'uniforme, les traditions et l'ensemble des personnels du 6e hussards. C’est donc le 5e régiment de hussards qui est héritier.

Premier Empire[modifier | modifier le code]

Restauration, Monarchie de Juillet et Seconde république[modifier | modifier le code]

Louis-Philippe, duc d'Orléans et futur roi des Français (1773-1850) en uniforme de colonel-général des Hussards sous la Restauration.
Lieutenant du 1er régiment de hussards - qui deviendra le 1er régiment de hussards parachutistes - vers 1946.

Second empire[modifier | modifier le code]

De la Troisième république à l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Régiments de hussards français, en activité au 9 novembre 2009[modifier | modifier le code]

Régiments dissous[modifier | modifier le code]

Les hussards dans la culture française[modifier | modifier le code]

VBL du 1RHP en Afghanistan

« Tout hussard qui n’est pas mort à trente ans est un jean-foutre, et je m’arrange pour ne pas dépasser ce terme »

— Antoine Charles Louis de Lasalle (surnommé le « général hussard », il mourra après trente ans, à 34 ans)

  • L’expression « à la hussarde » signifie aujourd’hui : « avec brutalité et précipitation ; sans raffinements ni délicatesses »[1]. Il s’agit probablement d’une référence aux charges, ou attaques des hussards. Dans le domaine militaire, l’on retrouve cette expression dans une lettre de Frédéric II de Prusse datée de 1756, décrivant sa tactique prudente pendant la bataille de Lobositz contre l’Autriche « …il faut bien se garder de les attaquer à la housarde. »[2]. Cette phrase a été utilisée dans un contexte civil au moins depuis 1815, année pendant laquelle Paul-Louis Courier, dans une lettre de adressée à sa femme, écrivait : « Le curé ayant appris que j'avais une femme jeune et jolie fit là-dessus des commentaires à la housarde qui réjouirent fort la compagnie… »[3]. Ce n’est qu'en 1866 qu’un dictionnaire de langue française, Le Littré, mentionne cette locution, possédant le sens énoncé ci-dessus : « à la hussarde , à la housarde, à la façon des hussards, sans retenue »[4].

Memorabilia[modifier | modifier le code]

La collection « historique des hussards », qui a acquis une réputation internationale, rassemble plus de 15 000 objets évoquant 400 ans d’histoire, du XVIe au XXe siècle, dans trente pays différents. Elle a été constituée à partir de 1955 par Marcel Boulin, alors conservateur du musée, pour lier l'élevage du cheval anglo-arabe à la présence des régiments de hussards en garnison à Tarbes. La présentation au public, dans le musée rénové, suivra un déroulement chronologique de l'épopée des hussards de 1545 à 1945. Le parcours muséographique, faisant appel aux nouvelles technologies multimédia, permettra de découvrir deux cents mannequins et bustes, six cents armes et une centaine de peintures d'artistes tels que Horace Vernet, Ernest Meissonnier ou Édouard Detaille

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études historiques[modifier | modifier le code]

  • L. Fallou, Nos hussards 1692-1902, Lavauzelle, 2008, 352p, (ISBN 978-2-7025-1019-3)
  • André Jouineau et Jean-Marie Mongin, Les Hussards français : Tome 1, De l'Ancien Régime au Consulat, Histoire et Collections, 2004, 82p, (ISBN 978-2-915239-02-7)
  • Gérard Massoni, Histoire d'un régiment de cavalerie légère : Le 5e Hussards de 1783 à 1815, Archives & culture, 2007, (ISBN 978-2911665905)
  • Abbé Staub, Histoire des régiments de hussards, Lavauzelle, 2008, 344p, (ISBN 978-2-7025-0991-3)
  • Radoslaw Sikora, hussards, la terreur de l'Est, dans Art de la Guerre, n° 9, août-septembre 2003, p. 66-75.
  • Yves Barjaud, Les Hussards : Trois siècles de cavalerie légère en France, Lausanne, Favre, , 307 p. (ISBN 2-8289-0333-8)
  • Louis Susane, Histoire de la Cavalerie Française (ISBN 2-8289-0333-8)
  • Édouard Desbrière et Maurice Sautai, La Cavalerie de 1740 à 1789, Berger-Levrault & Cie (1re éd. 1906), 131 p.
  • Liliane & Fred Funcken : L'Uniforme et les Armes des soldats de la guerre en dentelle (XVIIIe siècle), Tome 2 1700-1800 France,Grande-Bretagne et Prusse :cavalerie et artillerie - Autres pays : infanterie, cavalerie, artillerie, Casterman 1976 (ISBN 2203143169)
Articles

Œuvres romanesques[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sous l'Ancien régime, les régiments étaient à la charge d'un propriétaire, souvent noble, qui commandait et qui subvenait à son équipement.

Références[modifier | modifier le code]

  1. CNRTL, article « hussard ».
  2. Jean-Charles Laveaux, Vie de Frédéric II, roi de Prusse : « accompagnée d'un grand nombre… », Strasbourg, 1787, pp. 213 et 218.
  3. Lettres écrites de France et d'Italie (1787-1812), Bibliothèque nationale, 1868, p. 183
  4. Emile Littré, Dictionnaire de la langue française, vol. III, Paris, 1866.