Bataille de la Boyne

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Bataille de la Boyne
Description de cette image, également commentée ci-après

Toile de Jan Wyck, vers 1693

Informations générales
Date
Lieu Proximité de Drogheda (Irlande)
Issue Victoire orangiste
Belligérants
Jacobite Banner.png Jacobites
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Flag of England.svg Orangistes
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Commandants
Jacobite Banner.pngJacques II Flag of England.svgGuillaume d'Orange,
Flag of England.svgMaréchal de Schomberg,
Flag of England.svgMénard de Schomberg
Forces en présence
23 000 hommes 36 000 hommes
Pertes
1 500 750

Batailles

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Coordonnées 53° 43′ 23″ Nord, 6° 25′ 01″ Ouest

Géolocalisation sur la carte : Irlande

(Voir situation sur carte : Irlande)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de la Boyne.

La bataille de la Boyne (en irlandais : Cath na Bóinne) se déroule le (soit le du calendrier julien) entre deux rivaux aux trônes d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, le catholique Jacques II d'Angleterre et le protestant Guillaume III ou Guillaume d'Orange qui a déposé Jacques lors de la Glorieuse Révolution en 1688. La bataille remportée par Guillaume III est le tournant de la Rébellion jacobite qui est la tentative infructueuse de Jacques II de reconquérir le trône.

Origine et déroulement[modifier | modifier le code]

Guillaume III durant la bataille

Cette bataille a lieu près de la ville de Drogheda sur les bords d'un petit fleuve, la Boyne. Louis XIV de France a envoyé un corps expéditionnaire en Irlande pour aider Jacques II à reconquérir le trône que le parlement anglais lui avait retiré en raison de sa fidélité au catholicisme et de sa volonté de conserver le pouvoir absolu pour le confier à sa fille Marie II et son gendre Guillaume III.

Au cours de la bataille, les 36 000 soldats de Guillaume d'Orange commandés par le maréchal Schomberg, qui n'est autre que le réfugié huguenot Armand-Frédéric de Schomberg écrasent les 23 000 soldats (dont 7 000 Français) de l'armée franco-jacobite. Le maréchal Schomberg y trouve la mort.

La défaite de Jacques II et son exil[modifier | modifier le code]

À la suite de cette défaite, Jacques II s'enfuit, il s'embarque à Kinsale et regagne la France. Cette défaite met définitivement fin à ses espoirs de reconquérir le trône. Les espoirs de la population irlandaise catholique de s'émanciper de la tutelle anglaise s'éteignent également. Les soldats de Jacques II s'exilent avec lui, pour la plupart en France, mais aussi en Espagne, quelques-uns vont offrir leurs services de mercenaires dans d'autres pays européens.

La bataille de la Boyne représente un tournant décisif, à l'avantage des troupes de Guillaume III, puisque Jacques II quitte l'Irlande où il ne reviendra plus, mais elle ne met pas un terme à la guerre :.

De l'histoire au mythe orangiste[modifier | modifier le code]

Wesley Hutchinson propose l'idée que l'iconographie concernant la bataille de la Boyne soit réduite à un seule image, une représentation de « Guillaume III monté sur son destrier blanc en train de traverser un cours d'eau »[1]. Belinda Loftus considère, quant à elle, que le symbolisme associé à l'orangisme et à l'unionisme a un caractère « fragmentaire et héraldique » et que « les lois qui le sous-tendent sont celles de la répétition et du modèle »[2]. L'image de Guillaume III apparaît de façon récurrente et indépendamment de tout repère spatio-temporel. Hutchinson propose des explications concernant le succès de cette iconographie, soulignant d'autres éléments identitaires, transmis par cette commémoration : il l'envisage comme une suite mythologisée du siège de Derry, qui « brise l'isolement du protestant de Londonderry et l'insère dans un réseau de solidarité politique et religieuse ». Il souligne la diversité européenne des armées en lice, aux côtés des troupes anglaises de Guillaume : « l'élite de tout un continent », suisse, hollandaise et huguenote française[3]. Alors que le mythe de Londonderry se caractérise, selon lui par un enfermement, résumé par le slogan “No Surrender”, la bataille de la Boyne représente une menée offensive, et manifeste que le protestantisme, « une fois mobilisé, s'avère irrésistible ». La Boyne constituerait ainsi une « frontière spirituelle », divisant l'Irlande sinon sur le plan politique, du moins sur le plan spirituel[4].

Postérité[modifier | modifier le code]

Vue de l'obélisque commémoratif, avant 1883. Il a été détruit en 1923.

Elle est commémorée par un jour férié en Irlande du Nord le 12 juillet (The Twelfth (en)), des feux de joie durant la nuit du 11 juillet (Eleventh Night (en)) et des marches de l'Ordre d'Orange.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Wesley Hutchinson, Espaces de l'imaginaire unioniste nord-irlandais, Caen, Presses universitaires de Caen, (ISBN 978-2841331000).
  • Belinda Loftus, Mirrors. Orange and Green, Dumdrum, Picture Press, 1994 (ISBN 978-0951612316).
  • M.W. Dewar, J. Brown & S.E. Long, Orangeism. A New historical Appreciation, Belfast, Grand Orange Lodge of Ireland, 1967

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hutchinson, p. 99.
  2. Traduction et citation de Hutchinson, p. 99
  3. Hutchinson, p. 100.
  4. M.W. Dewar, cf. bibliographie.