Kachkaïs

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le peuple kachkaï. Pour la langue kachkaïe, voir Kachkaï.
Kachkaïs
Qashqais
Description de cette image, également commentée ci-après

Femmes kachkaï dans la province de Fars

Populations significatives par région
Population totale 1 à 2 millions
Autres
Langues Kachkaï, persan
Religions Chiisme
Ethnies liées Autres peuples turcs

Les Kachkaïs (en persan : قشقائی, Qashqā'i, également transcrit Kashkay, Qashqai, Qashqay, Ghashghai, ou en turc : Kaşkaylar) constituent une grande confédération de populations parlant le kachkaï, une langue turque méridionale. Ils vivent principalement dans la province du Fars en Iran (en particulier autour de la capitale régionale Chiraz) ainsi que dans le sud de la Province d'Isfahan et dans le nord de la province Province de Bushehr.

Les Kachkaïs sont originellement des nomades pratiquant le pastoralisme. La route de transhumance qu’ils pratiquaient traditionnellement les emmenait chaque année des hauts pâturages d’été du nord de Chiraz à ceux d’hiver, moins élevés (et au climat plus doux), près du Golfe Persique, à 480 km au sud-ouest de Chiraz. Actuellement la majorité des Kachkaïs sont sédentarisés ou partiellement sédentarisés. Ce processus a commencé à s’accélérer depuis les années 1970.

La confédération des tribus Kachkaïs est composée de tribus et sous-tribus dont les Amaleh, Darreh-Shuri, Kashkuli, Shesh Boluki, Farsimadan, Qaracheh, Rahimi et les Safi -Khani.

En 2006, le constructeur automobile Nissan, dénomma son nouveau modèle commercialisé en Europe d’après ce peuple[1], les designers ayant parié que les acheteurs « seraient nomades par nature eux aussi »[2]. Ce nom pour le moins original créa la surprise et fut même accueilli parfois avec un scepticisme certain[3].

Il s'agit du plus grand groupe nomade de la planète.

Histoire[modifier | modifier le code]

Intérieur d’une tente kachkaï.
Nomade homme Qashqai avec son narguilé. Province de Sepidan, Iran.

Historiquement, les Kachkaïs sont réputés être originaires d’Asie centrale, et ont pu faire partie des peuples turcs qui s’installèrent en Iran aux XIe et XIIe siècles. Certains de ces groupes commencèrent à se donner le nom du Kachkaïs au XVIIIe siècle voire avant.

D’après l’Encyclopædia Iranica, ils sont un « conglomérat de clans de différentes origines ethniques en particulier des Lurs, des Kurdes et des Arabes. Cependant la plupart des Kachkaïs sont d’origine turque. »

La Columbia Encyclopedia quant à elle, affirme que les Kachkaïs, comme d’autres groupes nomades de la région, sont « les moins métissés des descendants des premiers iraniens »[4]

Les Kachkaïs représentent une force politique de poids en Iran entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Kachkaïs organisèrent la résistance contre les forces d’occupation britanniques et reçurent l’aide de l’Allemagne, redevenant ainsi une des forces politiques majeures au sud du pays. En 1946, lors d’une grande rébellion de plusieurs confédérations tribales, les Kachkaïs contribuèrent activement à la lutte qui permit de repousser les troupes d’invasion russes. La dernière grande révolte eut lieu dans les années 1970, mais fut rapidement et brutalement réprimée et la majorité des chefs tribaux s’exilèrent.

Après la Révolution islamique de 1979, le chef Kachkaï Nasser Khan, exilé aux États-Unis, et son frère Khosrow Khan, réfugié en Allemagne, reviennent en Iran. Ils tentent alors de réorganiser la confédération de tribus kachkaï en vue de lui redonner l'importance qu'elle avait auparavant, mais leurs ambitions suscitent les soupçons des nouveaux dirigeants du pays. Au terme d'une rébellion de deux ans, leur troupe tribale est vaincue par les forces gouvernementales, dont une grande partie du corps des Gardiens de la révolution islamique (Pâsdârân). À la suite de cet échec, Khosrow Khan est arrêté et exécuté publiquement à Chiraz, et son frère ainé Nasser Khan, alors le chef de la confédération, quittera clandestinement le pays pour les États-Unis où il meurt quelques années plus tard. Ainsi, les Kachkaï ont perdu l'espoir de redevenir une unité sociopolitique majeure au sud de l'Iran[réf. nécessaire].

Tapis et tissages kachkaïs[modifier | modifier le code]

Caravane kachkaï au bivouac

Les Kachkaïs sont réputés pour leurs tapis et autres objets en laine tissée. La laine produite dans les zones montagneuses et les vallées autour de Chiraz est d’une exceptionnelle qualité et a une couleur plus riche que les autres laines produites en Iran. De même, les sacs de bât kachkaïs ornés de dessins géométriques colorés sont considérés comme les meilleurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ian Bennett, Rugs & Carpets of the World, Quarto Ltd., Londres, 1978. Réédition : Ferndale Editions, 1981 (ISBN 0-905746-24-4).
  • (en) Lois Beck, The Qashqa'i of Iran, New Haven, Yale University Press, 1986 (ISBN 0-300-03212-9)
  • (en) Sohrab Dolatkhah, Qashqay Folktales, Charleston, CreateSpace, 2015
  • Sohrab Dolatkhah, Parlons qashqay, Paris, L'Harmattan, 2017 (ISBN 978-2-343-08218-9) [présentation en ligne]
  • (en) Walter A. Hawley, Oriental Rugs: Antique and Modern, 1913. Réédition: Dover Publications, New York, 1970 (ISBN 0-486-22366-3)
  • (en) M. Kiani, Departing for the Anemone: Art in Gashgai Tribe, Kian nashr Publications, Shiraz, 1999 (ISBN 964-91200-0-9)
    Contient des centaines de photographies, en couleurs et noir et blanc, illustrant la vie quotidienne des Kachkaïs, leurs tapis et tissages. Le texte est en persan, mais les photographies couleurs sont légendées en anglais.
  • (en) Mohammad Shahbazi, « The Qashqa'i Nomads of Iran (Part I): Formal Education », Nomadic Peoples NS, 2001, vol. 5, Issue 1, pp. 37-64
  • (en) Mohammad Shahbazi, « The Qashqa'i Nomads of Iran (Part II): State-supported Literacy and Ethnic Identity », Nomadic Peoples NS, 2002, vol. 6,. Issue 1, pp. 95-123

Annexes[modifier | modifier le code]

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