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Richard Helms

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Richard Helms
Fonctions
Ambassadeur des États-Unis en Iran
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Directeur central du renseignement
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Directeur adjoint de la Central Intelligence Agency
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Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Formation
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Distinction
Vue de la sépulture.

Richard McGarrah Helms, né le à Philadelphie et mort le à Washington, est un haut fonctionnaire américain. Il a été directeur de la Central Intelligence Agency (CIA) de 1966 à 1973. Il est le seul directeur à avoir été condamné pour mensonge devant le Congrès des États-Unis sur les activités secrètes de la CIA.

En 1936, une année après avoir reçu son diplôme du Williams College à Williamstown, dans le Massachusetts, il est envoyé par l'agence United Press pour la couverture des Jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin, car il avait passé deux ans à l'Institut Le Rosey, un prestigieux lycée suisse, où il a appris à parler allemand et français.

Par la suite[Quand ?], il rejoint le service de la publicité du Indianapolis Times. Deux ans plus tard[Quand ?], il en devient le chef national.

L'intégration dans le monde de l'espionnage

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Durant la Seconde Guerre mondiale, il sert dans la Marine. En 1943, il est en poste à l'Office of Strategic Services (OSS), en raison du fait qu'il parle allemand. Au lendemain de la guerre, il est transféré au tout nouveau Office of Special Operations (OSO) où, à l'âge de 33 ans, il est nommé responsable des opérations de renseignement et de contre-espionnage[réf. nécessaire] en Autriche, en Allemagne et en Suisse.

La progression au sein de la CIA

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Sous la présidence Truman

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À la création de la CIA par le National Security Act (NSA) de sous le président Harry S. Truman, l'OSO devient une division de la CIA. En 1952, ce département est fusionné avec l'office de coordination de la Politique (Office of Policy Coordination ou OPC) et donne naissance à la Direction Des Plans (ou DDP) au sein de la toute jeune CIA chargée de toutes les opérations secrètes[1].

Sous la présidence Einsenhower

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En 1958, il est nommé adjoint à la Direction des Plans, section dirigée alors par Richard Bissel, lui-même nommé par le directeur de l'agence, Allen Dulles[1].

A la suite de la dégradation des relations entre Cuba et les États-Unis avec la prise de pouvoir par Fidel Castro, la CIA reçoit l'ordre de l'administration Einsenhower de renverser ce dernier[2].

Richard Bissel et Richard Helms vont travailler à un projet d'assassinat du leader cubain en dirigeant une équipe de 400 agents pour mettre fin au règne du leader Maximo[1]

Sous la présidence Kennedy

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Après le désastre retentissant de l'opération de la baie des Cochons à Cuba en , mise au point et organisé par la CIA, et l'établissement des responsabilités par la Maison Blanche, cette dernière procède à la démission forcée d'Allen Dulles, le directeur tutélaire de la CIA et de son adjoint Richard Bissel. Helms devient directeur de Directory of Plan. Il dirige une campagne visant à affaiblir durablement l'économie de l'Ile de Cuba[1].

Sous Kennedy, il est envoyé au Viêt Nam, où il supervise le putsch qui renverse le président Ngo Dinh Diem au moyen de généraux locaux[1].

Après l'assassinat du président Kennedy, le à Dallas, il est chargé au sein de la CIA d'investiguer le dossier de Lee Harvey Oswald mission qu'il confie à l'agent John M. Whitten[1].

A la tête de la CIA

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En 1964, Helms est nommé directeur adjoint de la CIA, sous la direction de l'amiral William Raborn nommé par Lyndon B. Johnson, successeur de John F. Kennendy. Il est à la tête du département des opérations, en charge des actions clandestines de la CIA dont le programme Executive Action qui vise l'élimination de dirigeants étrangers menant une poitique défavorable aux intérêts économiques des États-Unis.

Il devient directeur de la CIA en 1966 devenant le premier agent issu du rang et après avoir gravi tous les échelons[1].

Richard Helms, dans la salle de cabinet de la Maison-Blanche, le .

Asie et Moyen-Orient

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En juin 1967, il évalue et analyse que la guerre des 6 jours va se terminer par une victoire de l'État d'Israel[1]

Concernant le conflit au Vietnam, il sous évalue en revanche les effectifs de l'armée des Viet-cong à 248 000 membres alors qu'en réalité elle est proche des 500 000. Ce qui aura pour conséquence de déstabiliser les forces armées américaines durant l'offensive du Tet[1]. Il intervient également pour la direction des opérations clandestines au Laos et la mise au point d'équipes de contre terrorisme contre les forces du Nord Vietnam[1].

Amérique du Sud

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Au cours des années 1970, la CIA sous sa direction, et en accord direct avec la directive 40 du comité national de la sécurité des États-Unis présidé par Richard Nixon, est amenée à financer des opérations visant à empêcher l'accession de Salvador Allende à la présidence du Chili avec le soutien direct de groupes politiques opposés à ce dernier, des pressions économiques sur l'armée chilienne pour contrecarrer son élection tout en entrenant des relations avec l'entreprise américaine IT&T, inquiète d'une telle perspective[3]

En raison de l'élection de Salvador Allende, Richard Helms reçoit l'ordre de la Maison Blanche de contribuer au renversement de ce dernier ce qui arrivera en Sptembre 1973 avec un coup d'état mené par le général Pinochet[1]

Toutefois, la facilité à diriger la CIA sous la présidence de Lyndon Johnson change avec l'arrivée de Henry Kissinger, conseiller à la sécurité nationale du président Richard Nixon.

En 1973 : la fin des privilèges

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Le président Richard Nixon tente de faire pression sur Richard Helms de manière illégale pour ralentir et stopper l'enquête sur le scandale du Watergate menée par le FBI à partir de juin 1972. Ce denier refusant, le président Nixon considère Helms comme étant déloyal et ne reconduit pas son mandat à la tête de la CIA en février 1973[4].

Il est remplacé alors par James Shlechinger[5].

Helms sert de mars 1973 à 1976 comme ambassadeur des États-Unis en Iran.

Confronté aux révélations de la presse et aux enquêtes du congrès (1974-1979)

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Après la débâcle et le rentissement du Scandale du Watergate, qui ébranle profondément et durablement la démocratie américaine et alerte l'opinion américaine sur les dysfonctionnements des institutions fédérales, la CIA est plus étroitement surveillée par les instances politiques dans le contexte de la défaite de la guerre du Vietnam et de réaffimartion des prérogatives du Congrès américain[5].

Le 22 décembre 1974, le journaliste Seymour Hersh, prix Pulitzer en 1969 publiait dans le New York Times un article intitulé : « Huge CIA Operations Reported in US Against Antiwar Forces, Other Dissidents in Nixon Years. Files on Citizens. Helms Reportedly Got Surveillance Data in Charter Violation »[5].

Le congrès considérant alors les nombreux abus de la centrale de renseignements et également ceux du F.B.I et de la NSA, réagit et vote la mise en place de la Commission Rockfeller, la Commission Pike et la commission Church (du nom de son président Frank Church, sénateur de l'Idaho)[5].

Helms est interrogé par des membres du congrès américain et notamment par la Commission Rockfeller, mise en place par le président Gerald Ford, sur les activités illégales de la CIA. Elle tente de déterminer la responsabilité de différentes parties dans une tentative, téléguidée depuis les États-Unis, de mettre fin à un régime démocratique au Chili en septembre 1973. Elle souhaite connaitre également l'étendue des liens potentiels de Lee Harvey Oswald avec la communauté du renseignement américain[6].

En parallèle, le comité Church enquête de 1975 à 1976 sur une période de 18 mois et met en lumière les pratiques illégales des trois agences fédérales comme l'interception du courrier par la CIA (opération CHAOS), des communications téléphoniques menées par la NSA (projet Minaret et projet Shamock), l'infiltration d'organisation politiques notamment de défense des droits civiques sur le sol des États-Unis par le FBI (opération Cointelpro) ou le fichage de 300 000 américains les d'opposants à la politique étrangère comme la guerre du Vietnam ou encore le programme d'assassinat de leaders étrangers dont Fidel Castro avec l'opération Mongoose[7],[5].

Créée en 1947 sur décision du président Harry S Truman, la CIA (et avant elle, son ancêtre, le CIG), avait en effet l'interdiction formelle d'agir à l'intérieur des frontières des États-Unis, rôle dévolu exclusivement au FBI de J. Edgar Hoover[5],[8]

Il apparaît que les réponses sur le rôle de la CIA données par Helms sont fausses. En conséquence, il est poursuivi et condamné pour parjure en 1977 à deux ans de prison avec sursis (suspended sentence en anglais) et une amende de 2 000 dollars[9]. Son amende a été payée par des amis de la CIA.

Il est également amené à témoigner devant la commission du congrès, le House Select. Committee on Assassinations (ou HSCA) créée en 1976 de 1979. Cette commission issue du pouvoir législtatif à la différence de la Commission Warren de 1963 issue elle, du pouvoir exécutif, avait pour objectif de reprendre, suite à la pression du public et aux révélations du Comité Church sur les déficiences des enquêtes menées par le FBI et la CIA, une réévaluation critique sur les assassinat de John F. Kenndy et Martin Luther King[2].

En 1983, le président Ronald Reagan attribua à Helms la National Security Medal (en).

Après son décès en 2002 à l'âge de 89 ans, Richard Helms est enterré au cimetière national d'Arlington[10].

Son autobiographie est publiée l'année suivante, en 2003, sous le titre : "A Look Over My Shoulder: A Life in the CIA" (Un regard par-dessus mon épaule : une vie à la CIA)[1].

Révélations ultérieures

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En 2017, fut révélée . sur le site des Archives Nationales la déposition effectuée en 1975 par le directeur de la CIA, Richard Helms, devant la Commission Rockefeller. Au cours de la déposition, la question suivante lui fut posée : « Avez-vous la moindre information à propos de l'assassinat du président Kennedy qui montrerait que Lee Harvey Oswald ait été, de quelque manière que ce fût, un agent de la CIA ou un agent... »[6].

La suite de la déposition disponible en ligne sur le site des archives nationales reste, à ce jour, toujours tronquée et inaccessible[6].

Culture populaire

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Il est amené à travailler en tant que consultant en 1975 sur le film d'espionnage de Sydney Pollack, les trois jours du Condor avec Robert Redford[10].

Références

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  1. a b c d e f g h i j k et l (ang) « Richard Helms » Accès libre, sur https://spartacus-educational.com/ (consulté le )
  2. a et b Thierry LENTZ, L'assassinat de John F. KENNEDY : 50 ans d'un mystère d'Etat, Paris, Nouveau Monde, , 299 p.
  3. (ang) Time, « The Nation: Helms Makes a Deal » Accès libre, sur https://time.com/, (consulté le )
  4. (ang) Marry Ferrel Foundation, « The "Bay of Pigs Thing » Accès libre, sur https://www.maryferrell.org (consulté le )
  5. a b c d e et f Gilas LE VOLGER, Le resignement américain entre transperenc et 1947-2013 : Chapitre IV. Contrôler Renseignement et transparence, Rennes, Presses Universitaires de Rennes (lire en ligne), p. 107-136
  6. a b et c Luc VINOGRADOFF, « Assassinat de Kennedy : ce qu’on a appris par les documents déclassifiés » Accès libre, sur https://www.lemonde.fr, (consulté le )
  7. (ang) United State Senate, Select Committe to study governmental operations with respect to Intelligence Activities : Book III - supplementary detailed staff report on intelligence activities and the right of americanw, Washington DC, US Printing Office, , 989 p. (lire en ligne), p. 689-989
  8. Raphael RAMOS, De l’OSS à la CIA, HAL, , 135 p. (lire en ligne), p. 93
  9. Michael ROGIN, « La répression politique aux États-Unis », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, no 120,‎ , p. 32-44 (lire en ligne Accès libre)
  10. a et b (ang) « CIA Spymaster Richard Helms: the Don of Dirty Tricks », sur https://spyscape.com (consulté le )

Liens externes

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