Apologie de la pédophilie

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L'apologie de la pédophilie est l'ensemble des actions, écrits et prises de position visant à faire accepter socialement la pédophilie ou à en faire l'éloge. Cette tendance a principalement existé à l'époque dite de la révolution sexuelle[1], essentiellement dans les années 1970-1980[2], du fait de personnes se présentant elles-mêmes comme pédophiles, mais aussi de « sympathisants ». Des groupes de personnes et des individus isolés ont alors cherché à présenter la pédophilie comme une attirance sexuelle acceptable, ou à contester les notions de majorité sexuelle ou d'abus sexuel sur mineur. La pédophilie a parallèlement fait l'objet à l'époque de diverses formes de complaisance, médiatiques, politiques ou intellectuelles.

Cette mouvance n'a jamais atteint de reconnaissance durable et notable malgré, dans les années 1970, quelques soutiens médiatiques et politiques de portée limitée comme Gabriel Matzneff[3]. La relative acceptation dont la pédophilie a fait l'objet durant cette période[4] est aujourd'hui majoritairement considérée comme un débordement[5] dû aux utopies d'alors[6],[7], et d'une forme de complaisance ayant pu exister dans quelques secteurs d'opinion[4]. Le « militantisme pédophile » a quasiment disparu, et la défense de la pédophilie est exclue du débat public : l'apologie de la pédophilie ne concerne plus que des milieux très marginaux, qui s'expriment principalement par le biais d'Internet[8].

Apparition des mouvances pro-pédophiles[modifier | modifier le code]

Les discours pro-pédophiles sont notamment apparus aux Pays-Bas, à travers l'activité de personnes comme Edward Brongersma, docteur en droit et sénateur, et Frits Bernard, psychologue. Ces derniers sont alors membres du Cultuur en Ontspanningscentrum (Centre de culture et de récréation[9], aujourd'hui COC Nederland), association de défense des droits des homosexuels. Constatant le peu de travaux consacrés au phénomène pédophile et souhaitant la faire accepter socialement, Brongersma et Bernard écrivent de 1959 à 1964 plusieurs articles présentant la pédophilie sous un jour positif dans Vriendschap (Amitié), la revue du COC. Ils ne parviennent cependant pas à obtenir du COC la création d'un groupe de travail interne sur le sujet.

L'Association néerlandaise pour la réforme sexuelle (Nederlandse Vereniging voor Seksuele Hervorming, NVSH), tête de proue du mouvement pour les libertés sexuelles, a alors, de l'aveu de Frits Bernard, une attitude très critique envers les pédophiles[10]. À la même époque, Bernard fonde à La Haye l’Enclave Kring (Cercle de l'Enclave). Ce groupe se définit comme un mouvement visant à « briser les préjugés sur les conséquences des contacts et relations sexuels entre mineurs et adultes, fournir des informations et conseils à ce sujet et mettre en place un programme d’assistance direct ». Une maison d’édition du même nom est fondée en 1958, afin de propager les idées du groupe. Cependant, l’audience de l’Enclave Kring reste très faible et ne dépasse guère les cercles d'initiés néerlandais ou allemands, bien que, selon Bernard, le groupe aurait développé des contacts dans différents pays[10].

À partir de 1969, en raison de l'évolution sociétale et de la radicalisation de certains discours politiques ou intellectuels, les positions de la NVSH changent. Un groupe de travail sur la pédophilie y est formé, avec pour membres Frits Bernard, Edward Brongersma, Ids Haagsma, Wijnand Sengers et Peter van Eeten[11]. Ce groupe publie en 1972 Sex met kinderen (Le sexe avec les enfants), ouvrage qui se présente comme le bilan de dix années de recherches sur les relations sexuelles entre adultes et enfants, dans l’optique pro-pédophile du mouvement. L’ouvrage fait parler de lui aux Pays-Bas[10]. Les « militants pédophiles » contestent le caractère nocif des relations sexuelles entre enfants et adultes et souhaitent l’intégration des pédophiles dans la société, le retrait de la pédophilie des listes de troubles mentaux et l'abolition des majorités sexuelles généralement fixées à 14 ou 15 ans. Cependant, jusqu’au milieu des années 1970, peu de personnes s’intéressent à la « défense de la pédophilie » en dehors des Pays-Bas et de l’Allemagne de l'Ouest.

Le militantisme pédophile et la révolution sexuelle[modifier | modifier le code]

Le contexte de la révolution sexuelle permet l'apparition d'un militantisme pédophile revendicatif [réf. nécessaire], qui cherche à attirer l'attention des médias pour faire avancer sa cause. Regroupements, pétitions, publications de recherches sont les méthodes les plus utilisées. Certains milieux intellectuels ou militants politiques apportent leur soutien à l’idée que les enfants doivent pouvoir vivre leur sexualité, au moins entre eux et, parfois, dans le cadre de relations inter-générationnelles[12]. La pédophilie n’en demeure pas moins condamnée par l’ensemble de la société, comme par les avant-gardes féministes.

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, c’est toujours aux Pays-Bas que sont écrits la majorité des articles défendant la pédophilie (la plupart cherchant à définir l’impact à court et long terme des relations sexuelles entre enfants et adultes sur les premiers), à partir de points de vue théoriques comme pratiques, par Bernard, le psychologue Theo Sandfort, l’avocat et homme politique Edward Brongersma ou le psychologue Frans Gieles. Les données utilisées par ces auteurs proviennent de pédophiles en analyse, et d’entretiens avec des adultes et des jeunes ayant eu des relations sexuelles avec des adultes dans leur enfance ou leur adolescence. Bernard affirme en 1988[13] qu’à cette époque, en tant que psychologue et expert appelé souvent en cour de Justice, il a interrogé et analysé « plus d'une centaine d'adultes pédophiles et environ trois cents enfants et adolescents ayant eu des contacts sexuels avec des adultes ». Au sein de l’Association Néerlandaise pour la Réforme Sexuelle (NVSH), le Studiegroep Pedofilie (Groupe d'études sur la pédophilie) rassemble des spécialistes de l'enfance, des psychiatres, des juristes, et fournit un important travail d’information.

Le , la NVSH et d’autres organisations néerlandaises envoient au parlement du pays et au ministre de la justice une lettre et une pétition demandant la légalisation des rapports sexuels consentis entre enfants et adultes[14]. La pétition est signée notamment par l’Association hollandaise pour l'intégration des homosexuels (COC), ainsi que par des organisations politiques comme le Parti socialiste pacifiste et par diverses personnalités. Les pédopsychiatres de la Société psychiatrique néerlandaise s’opposent à la décriminalisation des rapports sexuels enfants-adultes en arguant que cela risquerait d’affaiblir l’autorité parentale[15].

L’année suivante, la COC déclare que la cause des pédophiles est liée à celle des homosexuels et que la libération des homosexuels ne sera jamais complète sans la « libération des enfants et des pédophiles »[16]. En 1981, la « Fondation néerlandaise protestante pour un développement familial responsable » (PSVG) édite et distribue dans les écoles élémentaires néerlandaises des dizaines de milliers de copies d’un livret illustré intitulé Pedophilia, pour informer les enfants sur ce qu’est la pédophilie[17]. Jusqu’au début des années 1980, les défenseurs de la pédophilie se disent satisfaits des progrès de leur discours aux Pays-Bas ; Edward Brongersma affirme en 1984 : « Aux Pays-Bas, la pédophilie est discutée objectivement pendant les cours d’instruction des académies de police. Là, tout comme dans les universités, on s’efforce d'en finir avec les préjugés. »[18]

France[modifier | modifier le code]

En France, la défense des suspects de pédophilie, même face à de supposés abus judiciaires, est alors "très minoritaire dans l'opinion publique", selon la thèse présentée en 2018 par le psychiatre Romain Pages[19]. Elle ne mobilise qu'une "poignée d'intellectuels" selon Virginie Girod, docteure en histoire[19] menés par Guy Hocquenghem, ex-amant et élève de l'écrivain pédophile René Schérer et pilier depuis 1975 du quotidien Libération, dont le tirage est tombé en 1979 à 37 000 exemplaires par jour, trop faible pour rester viable[20]. Rouge (presse), quotidien d'extrême-gauche rival, estime[21] dans l'Affaire de Versailles, qu'il faut être du côté des accusés, coupables de seulement "quelques photos" et s'interroge sur la "volonté des révolutionnaires, dont la plupart se tairont sans doute"[22] puis découvre que les faits et les expertises judiciaires lors de l'audience publique, au cours de laquelle Le Monde prend clairement ses distances avec les signataires de la pétition[23], sont plus sérieux qu'initialement présentés.

Du côté littéraire, l'écrivain Gabriel Matzneff, représentatif de cette mouvance, fait ouvertement l’apologie de la pédophilie dans ses œuvres. L’un de ses livres ayant eu le plus de succès s’est écoulé à 20 000 exemplaires[24].

La plus importante mobilisation ne réunit qu'une trentaine de personnes, la plupart intéressées par une aide juridique. Elle a eu lieu le 2 avril à l'Université de Jussieu, après avoir fait l'objet d'un encart publicitaire dans Libération du 7 mai 1977, passé par un proche de l'un des trois accusés dans l'Affaire de Versailles qui y annonce la création d'un "Front de libération des pédophiles" (FLIP)[25]. Ce dernier ne se réunira que deux ans plus tard en 1979 et disparaitra après sa première réunion.

Publications avant 1974[modifier | modifier le code]

Dès le milieu du XXe siècle, le statut particulier des intellectuels en France avait permis, à une époque où la majorité sexuelle était fixée à 13 ans (soit avant août 1942 pour l'homosexualité, et avant juillet 1945 pour l'hétérosexualité), à certains écrivains comme Henry de Montherlant ou André Gide d’assumer leurs goûts sexuels pour les jeunes garçons sans être inquiétés ou à d'autres comme Roger Peyrefitte, d’en retirer un succès de scandale dans les années 1950[12],[26], voire de tenir des discours présentant la pédophilie de manière positive à partir des années 1960. Tony Duvert publie son premier roman, Récidive, en 1967. Il est régulièrement publié par les éditions de Minuit mais en tirages volontairement réduits, sans service de presse ni promotion en raison de la pornographie qui s'insère dans certaines scènes de ses romans. Comme il ne peut vivre de sa plume, les éditions de Minuit lui trouvent un emploi de salarié.

En 1971, la rédaction de Politique Hebdo, magazine emblématique de "l'esprit d'après-68", fondé en 1970 , refuse ses colonnes à l'écrivain René Schérer en raison — selon le témoignage du rédacteur en chef adjoint de l'époque Hervé Hamon — de ses « positions pro-pédophiles »[5]. La même année, rédacteurs et lecteurs de Télérama et Télé 7 jours déplorent, "au nom de la liberté d’expression", la suppression par l'ORTF d'une émission animée par Michel Polac ayant traité factuellement de l'inceste, tout en affirmant que le thème y était "avec une bien grande légèreté" qui "avait de quoi choquer"[27]. Le monde artistique se passionne surtout pour les 6 millions d'entrées de Mourir d'aimer (film, 1971) et la chanson éponyme de Charles Aznavour, inspirés par le suicide en septembre 1969, de Gabrielle Russier[28], professeure condamnée à un an de prison avec sursis pour enlèvement et détournement de mineur après sa liaison amoureuse avec un élève âgé de seize ans.

Les quatre livres publiés en 1974 et 1975[modifier | modifier le code]

C'est en 1974-1975 que quatre livres ouvertement pédophiles sont publiés. Deux de leurs auteurs seront invités dans l'émission Apostrophes lancée en février 1975 par Bernard Pivot, un ancien chef de service au Figaro, producteur à l'ORTF depuis 1973, mais seul l'un d'eux pourra s'y rendre.

  • Deux d'entre eux, non médiatisés, conservent une audience confidentielle : Tony Duvert, qui a remporté le prix Médicis en 1973, publie en 1974 Le Bon Sexe illustré, son premier essai ouvertement pédophile : écrit en réaction au succès rencontré par L'Encyclopédie de la vie sexuelle Hachette, il stigmatise les méthodes d’éducation sexuelle, et, plus globalement, d’éducation. Le philosophe René Schérer, professeur au Centre universitaire expérimental de Vincennes, publie, aussi en 1974, Émile perverti, essai au tirage limité, contestant que les rapports sexuels soient nocifs pour les enfants et déplorant que l'éducation contemporaine dénie et exclue les « rapports pédérastiques entre maîtres et élèves »[29].
  • À la fin de l'année, Gabriel Matzneff publie quant à lui Les Moins de seize ans, pamphlet exaltant l’amour pour les tout jeunes adolescents, allant jusqu’à évoquer des amours vécues avec des garçons de douze ans[30]. La critique du livre dans Le Monde le 25 octobre 1974 estime ironiquement que Matzneff est "un vilain monsieur heureux de l'être"[31] qui "puise son équilibre" dans "la clandestinité, le danger, la transgression"[31] car "la cause est entendue : psychiatres, juges, mères de famille, voire les homosexuels respectables, c'est-à-dire ceux qui ne s'attaquent pas aux chères têtes blondes et qui réclament un statut honorable, le statut de Monsieur Tout-le-Monde, en conviennent"[31]. Un peu plus tard, Le Monde écrira que Gabriel Matzneff "indispose ou même irrite le milieu intellectuel, c'est un euphémisme, car ses livres et ses articles entraînent fréquemment des réponses hargneuses, quand ce n'est pas haineuses"[32] et observe que "lui-même avoue être un outsider"[32].

Son ton provocateur à Apostrophes du 12 septembre 1975, émission littéraire créée quelques mois plus tôt, choque « à droite comme à gauche et les bien-pensants ne supportèrent pas », affirment ses admirateurs, tandis qu'un père de famille, choqué, porte plainte[33],[34],[35]. Dans une « Tribune libre » du 8 novembre 1976 dans Le Monde, Gabriel Matzneff dénonce le « silence des intellectuels »[36], la « discrimination »[36] la « gêne, teintée de réprobation »[36], qui font de lui « un homme isolé »[36] malgré les attaques qu'il a subies après son passage à l'émission Apostrophes[36].

  • En avril 1975, Daniel Cohn-Bendit publie Le Grand Bazar dans lequel un chapitre, « Little big men », est consacré à la « sexualité des enfants ». Le livre coïncide avec une campagne menée par le quotidien Libération pour qu'il soit autorisé à rentrer en France. Le tirage du livre est modeste, quelques dizaines de milliers d'exemplaires, mais c'est la première fois qu'un quotidien national, même d'audience encore confidentielle avec seulement 30 000 lecteurs, rend compte d'un tel livre. Malgré son invitation à l'émission Apostrophes en 1975, Daniel Cohn-Bendit n'obtiendra le droit de rentrer en France qu'en 1978.

Ces publications sont alors soutenues par des éditeurs qui s’inscrivent souvent dans une perspective se voulant provocatrice plus que dans la justification d’un goût particulier[12]. Selon les termes de l’historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, le discours selon lequel « les enfants ont aussi droit à la sexualité » va trouver à partir de 1977 une niche « à l’ombre des mouvements alternatifs, de l’antipsychiatrie et du militantisme homosexuel, qui se placent dans les tactiques pétitionnaires par rapport au système judiciaire et un code pénal en cours de réforme ».

Les articles parus dans des publications confidentielles[modifier | modifier le code]

Le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) créé en mars 1971, ne s'investit dans cette « cause », qui reste cependant marginale, qu'à partir de l'année 1979, quand est créé le magazine Le Gai Pied, dans la foulée de la pendaison d'un suspect en détention préventive dans l'affaire Jacques Dugué sur fond d'affaire des films de la FNAC. Ils réclament, avec Michel Foucault, la reconnaissance des « sexualités périphériques »[39].

En 1976, René Schérer et Guy Hocquenghem, deux homosexuels d'extrême gauche connus, dirigent un numéro de la revue confidentielle Recherches sur l’enfance et l’éducation[40]. Ce projet, soutenu notamment par Michel Foucault et François Châtelet" [et qui] marque selon Roger-P ce type de discours » intellectuel sur la pédophilie et l'éphébophilie[41]. En avril 1978, invité avec Guy Hocquenghem de l’émission Dialogues sur France Culture, Michel Foucault dénonce le cadre juridique qui « vise à protéger les enfants en les confiant au savoir psychanalytique », à nier l'existence de leur désir sexuel et à postuler la sexualité avec les adultes comme dangereuse pour eux[39]. Michel Foucault s'oppose, de manière générale, à définir la sexualité sous la forme "contractuelle" d'un rapport qui serait fondé sur le découpage légal entre "consentement" et "non-consentement". Postuler, dans le cadre judiciaire, qu'un enfant serait par essence non consentant amène à ceci : "On les croit non susceptibles de sexualité et on ne les croit pas susceptibles d'en parler". La parole de l'expert psychiatrique se substitue à la sienne, alors que seule la parole de l'enfant permet "d'établir à peu près quel a été le régime de violence ou de consentement auquel il a été soumis"[42].

La pression venue des homosexuels québécois[modifier | modifier le code]

Au Québec, les milieux homosexuels commencent à militer en 1976 pour l'abaissement de l'âge de la majorité sexuelle, qui est alors située à 21 ans [43] pour les homosexuels [43] car à l’approche de l’organisation des Jeux olympiques d'été de 1976 à Montréal, les descentes policières se multiplient, en particulier l’arrestation de 89 personnes au Sauna Neptune, en [43], suivie de la création du Comité homosexuel anti-répression (CHAR), en [43], ce qui a aussi créé l'émotion dans les milieux homosexuels en France[43] où la loi de 1974 opère aussi une discrimination de majorité sexuelle, abaissée à seulement 18 ans contre 15 ans pour les hétérosexuels[2])

Les pétitions de 1977, 1979 et 2001[modifier | modifier le code]

À plus de deux ans d'intervalle, Le Monde et Libération, ont chacun publié des pétitions liées au sujet,[réf. nécessaire] concernant l'Affaire de Versailles pour Le Monde du 26 janvier 1977 et l'Affaire des films de la FNAC pour Libération du 23 mars 1979. Les livres en français les évoquant ont tous été publiés au XXIe siècle[interprétation personnelle].

Dans ces deux affaires, les signataires s'indignent de la durée de la détention préventive, et avancent une version des faits édulcorée car le secret de l'instruction n'a pas permis à la presse de connaitre les faits. La cour d'assises décide d'ailleurs de lever le huis-clos des débats pour que l'audience publique puisse avoir connaissance des expertises judiciaires montrant que le consentement des victimes a en fait été biaisé compte tenu de leur âge et de l'influence sur eux des adultes impliqués.

L'une des pétitions, sous forme de lettre ouverte à la commission de révision du code pénal, proposait d'accélérer les procédures pénales sanctionnant les relations sexuelles avec des mineurs, en recourant à des juges professionnels, et dénonçait la discrimination contre les homosexuels dont la majorité sexuelle n'avait été abaissée qu' à 18 ans en 1974 contre 15 ans pour les hétérosexuels[44]. Cette discrimination de la loi a disparu en 1982, et la notion d'attentat à la pudeur a été remplacée en 1994 par l'atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans et l'agression sexuelle sur mineur de 15 ans.

Oubliées pendant un quart de siècle, elle réapparaissent dans la presse et l'édition quand Daniel Cohn-Bendit répond aux journaux qui ont publié en janvier 2001 des extraits jugés pédophiles de son livre de 1975, en évoquant « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »[45] dans Le Monde du 22 février 2001. Au Journal de 20 heures de TF1, il dénonce une « chasse à l'homme » pour des écrits n'ayant selon lui « suscité aucune réaction » en 1975[46]. Libération publie le lendemain un mea culpa sur la pétition publiée en 1979 sous la plume de l'écrivain Sorj Chalandon[47], en estimant que son concurrent Le Monde est aussi concerné. L'Express publie des entretiens avec deux signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l'époque[48]. Plusieurs des amis de l’élu écologiste signent une pétition pour le défendre[49] estimant que ces écrits n'étaient pas scandaleux mais relevaient d'une nécessaire explosion de parole[50].

Les deux pétitions de 1977 dans Le Monde[modifier | modifier le code]

Dans l'Affaire de Versailles, trois hommes ont comparu devant la cour d’assises de cette ville pour « attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de 15 ans », ce qui à l'époque était qualifié comme un crime, et pour avoir pris en photo leurs « partenaires ».

Leurs trois ans de détention préventive ont suscité une pétition de soutien, rédigée par Gabriel Matzneff et signée par diverses personnalités publiques : le texte affirmant que « trois ans pour des baisers et des caresses, ça suffit »[7]. La pétition estime que la cour d'assises doit les libérer[51], mais ne réclame pas de changement de la loi[51], même si elle souligne que des filles de 13 ans ont le droit de se faire prescrire la pilule en France[51] depuis la Loi Veil de 1974. La pétition semble ainsi ignorer que cette Loi Veil ne l'autorise que pour les centres de planning familial et sur prescription médicale[52].

Le Monde prend cependant ses distances, trois jours après la pétition lorsque son journaliste découvre à l'audience la réalité de l'enquête, jusque-là protégée par le secret de l'instruction[23] et dénonce la gravité des faits[23]. Le juge a en effet demandé la levée du huis-clos[23].

Le lendemain de la pétition, le procès commence. Le Monde félicite la cour d'assises de supprimer le huis-clos[23], même si les victimes sont mineures, pour que les signataires de la pétition comprennent pourquoi l'enquête a duré plus de trois ans[23] et son évolution : les victimes affirmaient certes avoir donné leur consentement, mais il s'avère très fragile vu leur âge et l'influence des adultes, comme le révèle l'audience publique. Les témoins y révèlent aussi des faits plus graves que les simples caresses et baisers évoqués par la pétition[23], signée par 69 personnes au cours des semaines précédentes. Si la durée de la détention provisoire était « inadmissible », « là s'arrête l'indignation » écrit le journaliste envoyé par Le Monde[23], pour qui « ce procès n'est pas » celui « d'une société ultra-répressive »[23] mais de « trois hommes qui ont repris en compte à leur profit, et pour leur plaisir, des pulsions sexuelles »[23]. Il « est naturel de ne pas aimer cette forme d'amour et d'intérêt », conclut le journal[23].

Parmi les signataires figurent Louis Aragon, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Jean-Louis Bory, François Châtelet, Patrice Chéreau, Copi, Gilles Deleuze, Jean-Pierre Faye, André Glucksmann, Félix Guattari, Pierre Guyotat, Jacques Henric, Guy Hocquenghem, Bernard Kouchner, Jack Lang, Gabriel Matzneff, Catherine Millet, Francis Ponge, Jean-Paul Sartre, René Schérer, Philippe Sollers et Victoria Thérame.

Dans l'attente du jugement, une petite trentaine de personnes, la plupart intéressées par une aide juridique, se réunit le 2 avril à l'Université de Jussieu, raconte un encart publicitaire dans Libération du 7 mai 1977 passé par un proche de l'un des trois accusés, Jean-Louis Burckhardt, ouvrier de 39 ans, qui y annonce la création, avec son adresse en boîte postale d'un "Front de libération des pédophiles" (FLIP)[25]. Ce dernier ne se réunira que deux ans plus tard en 1979 et disparait après sa première réunion.

Le 23 mai, des extraits d'une lettre ouverte à la commission de révision du code pénal sont publiés par le seul journal Le Monde[53], qui cite les rappels des lois de 1810, 1836, 1863 et 1945 faits par la pétition [53] et n'élude que la dizaine de lignes sur vingt consacrées à l'Affaire de Versailles, dont le verdict vient d'être rendu, cinq ans de prison avec sursis, pour s'en tenir à la conclusion des signataires[53], qui « demandent que le dispositif pénal soit allégé, pour que de telles affaires, aujourd'hui passibles de la cour d'assises, soit jugées par un tribunal correctionnel », car « la détention préventive, en matière correctionnelle, ne peut excéder six mois »[44].

L'appel explique que l'Affaire de Versailles, « jugée en audience publique, a posé le problème de savoir à quel âge des enfants ou des adolescents peuvent être considérés comme capables de donner librement leur consentement à une relation sexuelle. C'est là un problème de société. Il appartient à la commission de révision du code pénal d'y appporter la réponse de notre temps »[44], pour des textes de loi « rajeunis et actuels »[44].

Un mois après sort le premier livre d'un des signataires, Pascal Bruckner, Le Nouveau désordre amoureux, plaidoyer pour la diversité des sexualités, dont l'un des chapitres sera jugé "plus que complaisant" envers l’apologie de la pédocriminalité professée trois ans auparavant par l'écrivain Tony Duvert[54],[55],[56].

Ces pétitions « touchant à la norme et à la transgression dans des domaines aussi délicats que les rapports avec les enfants leur conféra parfois, par le ton utilisé, un caractère désinvolte (...) qui les placera ensuite en porte-à-faux » expliquera en 2007 l'historien Jean-François Sirinelli, pour qui les motivations des signataires sont très différentes de l'un à l'autre[57].

La pétition Flip Fnac de 1979 et la tribune de Jacques Dugué dans Libération[modifier | modifier le code]

En janvier 1979, un pédophile nommé Jacques Dugué, arrêté pour abus sexuels et accusé de faire partie d'un réseau de proxénétisme pédophile, en détention préventive depuis un an et demi, publie dans Libération une tribune libre qui fait l’apologie de la « sodomisation » d'enfants, affirme que « l'enfant qui aime un adulte […] aime ressentir dans son corps le membre viril de celui qu’il aime, d'être uni à lui, par la chair », et demande « qu’on arrête de persécuter ceux qui aiment les enfants, même s’ils les aiment aussi avec leur corps »[58]. Libération publie ensuite en mars une pétition de soutien à un autre suspect de pédophilie en détention préventive, dans une affaire où le secret de l'instruction n'a pas permis à la presse de connaitre les faits[réf. nécessaire].

Libération imprime alors 37 000 exemplaires quotidiens, loin des 50 000 nécessaires pour équilibrer son budget, face à de nouveaux concurrents. Son patron Serge July a recruté à l'été 1977 Bazooka, groupe de graphistes du Mouvement punk. July lui offre « une totale liberté d'expression », pour « secouer » le journal[59]. Selon lui « l’agression » graphique pratiquée par Bazooka « est aujourd’hui une manière d’exister, d’entretenir un rapport avec un monde désespérant »[60]. Bazooka intervient au « marbre » (maquette) juste avant le départ au rotatives mais sa « dictature graphique »[60] provoque les réticences de la rédaction et la collaboration cesse[61]. Bazooka travaille alors pour une autre publication, créée par Libération, la revue Un Regard moderne[62], arrêtée en novembre 1978, après seulement six numéros, la rédaction de Libération accusant Bazooka de « pirater le journal au montage »[63] par la publication, dans la page d'annonce « Taules » de la revue encartée dans le numéro du 5-6 novembre 1978, consacrée aux détenus, d'un dessin pédopornographique[64].

À partir de 1979 et la création du magazine Le Gai Pied, dans la foulée de l'Affaire Jacques Dugué et de l'Affaire des films de la FNAC, ces interventions dans les médias sont revendiquées par une mouvance marginale en partie issue du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) créé en mars 1971, et qui s'intéresse avec l'universitaire Michel Foucault à la reconnaissance des « sexualités périphériques »[39]. En avril 1979, les éditions Recherches publient Fous d'enfance - qui a peur des pédophiles ? (revue Recherches, avril 1979), un ouvrage étudiant la pédophilie, cosigné, entre autres, par Luc Rosenzweig, René Schérer, et Gabriel Matzneff, depuis retiré du catalogue[65].

Toujours en 1979, Libération publie un entretien avec Tony Duvert, recueilli par le militant homosexuel d'extrême-gauche Guy Hocquenghem, dans lequel l'écrivain réaffirme sa pédophilie et préconise d’« empêcher que les femmes aient un droit exclusif sur les enfants », qu’elles oppriment et dont elles nient le droit à la libre sexualité[66]. Tony Duvert développe en 1980 ses convictions dans l’essai L'Enfant au masculin, où il affirme en outre avoir eu des partenaires sexuels âgés de six ans[67].

Au procès de Dugué en juin 1981, René Schérer et Gabriel Matzneff témoignent en sa faveur[68]. Le président du tribunal ordonne le huis-clos pour écarter les risques d'« atteinte aux bonnes mœurs », ce qui déploré par les représentants des neuf parties civiles[69]. Le , Dugué est condamné à six ans de prison ferme[70].

Pendant le procès, le , Libération a publié un article intitulé « Câlins enfantins », qui présente de manière complaisante le témoignage d'un pédophile sur ses rapports sexuels avec une enfant de cinq ans[7].

La pétition du dans Libération[modifier | modifier le code]

En janvier 2001, la journaliste allemande Bettina Röhl[71], dont la mère Ulrike Meinhof, cofondatrice de la Fraction armée rouge[72], s'est suicidée quand elle avait 14 ans[71], diffuse à plusieurs grands journaux anglais, italiens et allemands[73] un article publié par Daniel Cohn-Bendit en 1976, peu après le suicide de sa mère, dans le magazine culturel de son père, qu'elle accuse de l'avoir abandonnée[71]. Cet article reprenait un chapitre du livre Le Grand Bazar, dans lequel Daniel Cohn-Bendit évoquait l'année précédente ses activités d’aide-éducateur à Francfort en théorisant l'éveil à la sexualité des enfants de 1 à 6 ans et témoignant de rapports physiques à connotation sexuelle que Daniel Cohn-Bendit a entretenus avec eux.

Daniel Cohn-Bendit évoque alors dans Le Monde du 22 février 2001 « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »[45]. L'écrivain Sorj Chalandon rédige le lendemain un mea culpa de Libération sur des pétitions oubliées datant des années 1970[47] et L'Express publie des entretiens avec deux de leurs anciens signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l'époque[74].

"Certains aspects de la pétition (de 1977) sont complètement indéfendables. Aujourd'hui, je ne la signerais pas et je pèserais mes mots"[75].), déclare Sollers.

Au journal de 20 heures de TF1, Cohn-Bendit dénonce une  "chasse à l'homme" pour des écrits n'ayant selon lui "suscité aucune réaction" en 1975[76]. Libération pourfend le même jour une "haine de Mai 68 qui n'a jamais abdiqué"[77] dans un numéro consacrant six articles à l'affaire dont ceux de trois "ex-soixante-huitards" (Romain Goupil, Serge July et Philippe Sollers) remontés contre un "procès stalinien" visant selon eux Cohn-Bendit, celui de Romain Goupil étant même titré «J'ai envie de dire: oui, je suis pédophile!»[78]. Une semaine après plusieurs de ses amis signent une pétition titrée ""Cohn-Bendit et mai 68 : quel procès ?"[79]. "Écrits ou propos scandaleux, ceux de Cohn-Bendit ? Non, ceux d'une nécessaire explosion de parole" dit le texe, en estimant que la révolution sexuelle a d'abord appris aux enfants, aux adolescentes, aux femmes à dire « non ».

Les discours pro-pédophilie[modifier | modifier le code]

L’apologie de la pédophilie du côté de l'extrême gauche[modifier | modifier le code]

En avril 1978, invité avec Guy Hocquenghem de l’émission Dialogues sur France Culture, Michel Foucault dénonce le cadre juridique qui « vise à protéger les enfants en les confiant au savoir psychanalytique », à nier l'existence de leur désir sexuel et à postuler la sexualité avec les adultes comme dangereuse pour eux[39]. Michel Foucault s'oppose, de manière générale, à définir la sexualité sous la forme "contractuelle" d'un rapport qui serait fondé sur le découpage légal entre "consentement" et "non-consentement". Postuler, dans le cadre judiciaire, qu'un enfant serait par essence non consentant amène à ceci : "On les croit non susceptibles de sexualité et on ne les croit pas susceptibles d'en parler". La parole de l'expert psychiatrique se substitue à la sienne, alors que seule la parole de l'enfant permet "d'établir à peu près quel a été le régime de violence ou de consentement auquel il a été soumis"[80],[5]. Le journaliste Sorj Chalandon estime, en 2001, que l’attitude adoptée par Libération relève d'un « vertige commun » de l’époque, durant laquelle, pour l’équipe du quotidien, « tout ce qui se dresse sur le chemin de toutes les libertés est à abattre »[7].

Dans la même optique, des groupes informels d’extrême gauche[81] ou des organisations plus importantes, comme la Ligue communiste révolutionnaire[82] soutiendront les pédophiles en 1981, sans qu'il soit précisé lesquels ni dans quelles circonstances.

La défense de la pédophilie, ainsi que des discours sur la « sexualité infantile »[83] apparaissent comme une remise en cause des interdits : en 1975, Daniel Cohn-Bendit publie aux éditions Belfond le livre Le Grand Bazar, dans lequel il écrit, au sujet de son expérience d’éducateur dans un jardin d'enfants « alternatif » à Francfort : « Il m'était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : “Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi vous m’avez choisi, moi, et pas les autres gosses ?” Mais, s’ils insistaient, je les caressais quand même »[84]. Il regrettera plus tard ses propos et ses écrits, parlant de provocation destinée à « choquer le bourgeois des années 1970 »[85]. Le journal L'Express estimera ensuite en 2001 que les auteurs de ces propos avaient "un véritable aveuglement : l'enfant, croyaient-ils, ne demandait qu’à exprimer sa sexualité, et c’était l'interdit qui constituait un abus sexuel. Cette complaisance, qui a servi d’alibi et de caution culturelle à bien des pédophiles, masque aussi une autre réalité, l’infantilisme d'une mouvance "[86].

L’apologie de la pédophilie du côté de l'extrême droite[modifier | modifier le code]

L’apologie de la pédophilie a aussi été constatée chez certaines personnalités proches de l’extrême droite, notamment en France, qui ont repris à leur compte des idées pro-pédophiles et pro-pédérastes[87],[88]. Cette récupération s’est notamment exprimée dans les années 1980, dans les colonnes du magazine Gaie France, interdit de publication en 1993 pour « incitation à la pédophilie »[89]. Elle s’est cristallisée autour de personnalités comme Michel Caignet, Bernard Alapetite (producteur de documents cinématographiques homosexuels mettant en scène des acteurs à l’apparence juvénile, de son vrai nom Philippe Desnous) ou Jean-Manuel Vuillaume, tous trois anciens responsables ou rédacteurs de revue d’organisations néo-fascistes et/ou néo-nazies (FANE pour le premier, Défense de l'Occident pour les deux autres) qui seront plus tard impliqués dans des affaires judiciaires de pédopornographie. Parmi les intellectuels partisans de la pédérastie et/ou de la pédophilie, Roger Peyrefitte proclame dans les années 1980 voter pour le Front national, tandis que Gabriel Matzneff est proche de la Nouvelle Droite[90],[91], puis déclare voter Jean-Luc Mélenchon, à partir de 2012[92].

Des discours très minoritaires[modifier | modifier le code]

Cependant, l’élargissement ou non du « jouir sans entraves » aux relations sexuelles entre enfants et adultes est dès 1968 très controversé au sein des groupes d’extrême gauche et des milieux de gauche : la dissolution de Vive la révolution dirigé par Roland Castro en 1971, est en partie due aux débats autour de ce thème. À la même époque, la rédaction de Politique-Hebdo refuse, selon le témoignage de son rédacteur en chef adjoint d’alors Hervé Hamon, de publier un entretien avec René Schérer en raison des « positions pro-pédophiles » de ce dernier. Le périodique Tankonalasanté, revue critique de l’institution médicale, cesse de paraître après qu’un courant favorable à la pédophilie a tenté de l'utiliser comme vecteur de ses idées[93].

Malgré l'activité de quelques personnalités et une tolérance pouvant exister dans des groupes politiques minoritaires, la pédophilie demeure globalement condamnée par la société à cette époque. Les adultes ayant des contacts sexuels avec des enfants ou des pré-adolescents sont réprouvés et se retrouvent très souvent en prison, et, lorsque les groupes pédophiles se structurent et se font connaître des opinions publiques des années 1970-1980, les réactions demeurent en général très négatives.

Au sein même des avant-gardes « progressistes », les féministes sont souvent perplexes[94] quant à la réelle possibilité de relations librement consenties entre adultes et enfants, la pédophilie étant considérée comme un miroir de l'aliénation des faibles par le sexe masculin[95]. Le fait que la grande majorité des pédophiles ainsi que des consommateurs de pornographie et de prostitution enfantine soient des hommes vient appuyer cette thèse[96].

Structuration de plusieurs groupes à la fin des années 1970[modifier | modifier le code]

À partir du milieu des années 1970 apparaissent des organisations spécifiquement pédophiles, au-delà des associations homosexuelles et de penseurs isolés. Cette radicalisation et la multiplication des groupes jusqu'au milieu des années 1980 permet aux pédophiles de se rencontrer et d'échanger des idées, même si les différents groupes ont été plus juxtaposés que coordonnés. Elle leur permet également de tenter de se faire connaître par les opinions publiques.

En Europe du Nord et germanique[modifier | modifier le code]

Aux Pays-Bas, en plus du Studiegroep Pedofilie de la NVSH, de nombreux groupes voient le jour, notamment dans le sillage de l'action prosélyte d'Edward Brongersma et Frits Bernard[97] : le Stiching Studiegroep Pedofilie (SSP) ; le Landelijke Werkgroep Jeugdemancipatie (ex-Pedofilie), groupe spécifique de l'organisation Nederlandse Vereniging Voor Seksuele Hervorming (NVSH - LWGJ) ; Spartacus, éditeur d'une revue en anglais, Pan Magazine, à diffusion internationale, et du guide Spartacus qui cause un scandale au milieu des années 1990[98], et à partir de 1982 MARTIJN. Cette dernière association est le seul groupe de ce type à subsister en Europe. Elle a fait l'objet d'un jugement de dissolution en juin 2012 par la justice néerlandaise[99],[100], mais ce jugement a été annulé en avril 2013, la cour d'appel jugeant que, si « les travaux de l'association sont contraires à l'ordre public », ils n'entraînent cependant pas de « menaces de dislocation de la société », condition pour qu'une organisation puisse être interdite aux Pays-Bas[101],[102].

C'est en Flandre belge que se forme le premier groupe pédophile hors des Pays-Bas, après une conférence donnée à Anvers en avril 1973 par le groupe d’étude sur la pédophilie de la NVSH. Le Studiegroep Pedofilie organise des rencontres hebdomadaires et collecte des informations sur la pédophilie (regroupées dans un centre de documentation basé à Hasselt). En 1981 s’ajoute Stiekum, plus militant (tracts, interventions en milieu institutionnel, à la radio, etc.)[103]. Ces groupes, qui restent plutôt informels, font à partir de 1984 l’objet d'attaques de partis de droite, dont le Vlaams Blok, qui, leur reprochant « d'habituer les gens au phénomène de la pédophilie », diffusent dans leurs publications et dans les journaux flamands des appels à les interdire, et organisent des manifestations de protestation lorsque se tiennent en Flandre conférences et débats sur la pédophilie[104].

En Allemagne de l'Ouest, la Deutsche Studien und Arbeitsgemeinschaft Pädophilie (DSAP, Société allemande d'étude et de travail sur la pédophilie) regroupe à partir de 1979 plusieurs groupes locaux et publie Befreite Beziehung (douze numéros) puis die Zeitung. À la fin de 1981, ses deux cents membres, ne parvenant plus à s’entendre, provoquent la dissolution de fait du mouvement. L'Arbeitskreis Päderastie (AKP, Cercle de travail sur la pédérastie), petit groupe de réflexion formé en 1979, devient alors le principal mouvement germanique, bien qu’il s’adresse presque uniquement aux pédérastes. Kinderfrühling, qui reprend l’édition de la Befreite Beziehung, naît de la dissolution de la DSAP[105].

Les pédophiles allemands parviennent surtout, dans les années 1980, à trouver des soutiens politiques auprès du Parti vert, en arguant que les contacts sexuels entre enfants et adultes, non seulement ne sont pas nocifs pour les enfants, mais sont également nécessaires à leur évolution psychosociale. Durant plusieurs années, les pédophiles continuent de bénéficier de soutiens politiques en présentant leur sexualité comme le dernier bastion devant « être pris d'assaut dans le cadre de la libération sexuelle »[106].

Dans d’autres pays d’Europe du Nord, les petits groupes qui existent ont une influence anecdotique, que ce soit la Schweizerische Arbeitsgemeinschaft Pädophilie (SAP) en Suisse, le Paedofil Gruppe au Danemark, le NAFP en Norvège ou le Paedofilia Arbeitsgruppen (PAG) en Suède[97]. En 1985, la Danish Pedophile Association (DPA) est créée au Danemark.

Dans les pays anglophones[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1970, le militantisme pédophile se développe également au Royaume-Uni et aux États-Unis avec la formation en 1974 en Écosse du PIE (Paedophile Information Exchange, plus tard basé à Londres), et en 1978 à Boston de la NAMBLA (North American Man/Boy Love Association). Ces deux groupes ont une certaine notoriété au début des années 1980 à la suite du tollé que suscitent les propos de certains de leurs membres, militants radicaux[107], et à la diffusion de leurs revues, le Magpie et le NAMBLA Bulletin. En 1984, le PIE s'auto-dissout face à la réprobation publique. Les procès se multiplient à partir de 1981, alors que la NAMBLA existe toujours. Les réactions que suscitent le PIE et la NAMBLA à leurs naissances respectives montrent le rejet des sociétés anglophones envers de tels mouvements.

Quelques « cercles de documentation et de réflexion », comme la René Guyon Society, le Childhood Sensuality Circle (CSC, créé en 1975 par Valida Davila) voient le jour mais ont une audience très limitée et n’essayent pas de se faire connaître[97].

En Australie est fondé en 1983 — ou 1980 — l'Australian Paedophile Support Group, qui se dissout après l'intrusion de policiers en son sein. Ses membres se rassemblent alors dans le groupe BLAZE (Boy Lovers And Zucchini Eaters), qui est assez vite rendu inactif par la police[108].

Les mouvements européens francophones[modifier | modifier le code]

La première organisation pédophile francophone naît dans le cadre de l’« Affaire de Versailles ». Dans l'attente du jugement, une petite trentaine de personnes, soit le plus gros rassemblement sur le sujet, se réunit le 2 avril à l'Université de Jussieu et un éphémère "Front de libération des pédophiles" (FLIP)[25] qui ne tiendra qu'une seule réunion, en 1979 est annoncé.

Quelques militants parmi les plus radicaux ont entre-temps fondé à l'été 1977 le FRED (Front d’action et de recherche pour une enfance différente) et publié quelques textes en 1978[109]. Le FRED disparaît début 1979, comme le FLIP à cause de dissensions entre ses membres[110].

Le premier groupe militant pédophile francophone à durer, grâce à ses connexions internationales, est le GRED (Groupe de recherche pour une enfance différente), fondé en juillet 1979, membre du CUARH (Comité d'urgence antirépression homosexuelle) et de l'IGA (International Gay Association). Le GRED déclare dans sa revue Le Petit Gredin (10 numéros de 1981 à 1987) vouloir « élargir son public aux « professionnels » de l’enfance, aux parents eux-mêmes, aux juges et aux éducateurs. Et aux enfants ! »[111] et vouloir être un organe de débats plutôt que de militantisme, attitude que le mouvement adopte également lors des conférences et tables rondes auxquelles il est convié[111].

Le CRIES (Centre de recherche et d'information sur l'enfance et la sexualité) est fondé en Belgique, à la suite de la disparition du Groupe d'étude sur la pédophilie (GEP), par Philippe Carpentier afin de « rassembler des gens comme [lui] » indépendamment du mouvement homosexuel[111]. De début 1982 à fin 1986, le CRIES publie vingt-huit numéros de L'Espoir. Cette revue est avant tout un organe militant qui, à travers récits, illustrations et articles sur les autres mouvements, fait l’éloge des amours pédérastiques.

Dans les années 1980, parallèlement à ces organes de presse de mouvements militants, paraissent divers magazines[111], plus ou moins liés au militantisme pédophile, comme Palestra, dirigée par Jean-Manuel Vuillaume et François Valet, qui ambitionnait de « recenser les grandes figures culturelles de l’enfant » et propose à ses lecteurs « une synthèse agréable et divertissante sur l’enfant dans la culture »[112], ou Gaie France (1986-1993), publiée par Michel Caignet et qui soutient pédérastes et pédophiles[113]. De nombreuses revues de photographies sont aussi publiées : Backside (1983-1985)[114], Jean's (1985)[115], Beach Boys (1985-1986), Eklat (1985) et Photokid (1986).

Ces groupes, qui se rattachent encore à l'esprit contestataire et aux mouvements homosexuels, reconnaissent un changement des mentalités, aussi bien de la part de leurs anciens alliés que de la société en général[111].

Certains des membres du milieu « pédophile militant » sont par la suite discrédités en raison de leur implication dans des affaires de viol sur mineur ou de vente d’images pédopornographiques ; le CRIES disparaît brusquement en 1987 lorsque l’on découvre que, derrière les photos « soft » de L'Espoir, Philippe Carpentier organisait un trafic d'images et de vidéos pédopornographiques impliquant pas moins de 18 pays[116] ; Jean-Manuel Vuillaume est condamné en 1997 pour avoir tourné en Colombie des vidéos pornographiques mettant en scène des adolescents mineurs[117], affaire à laquelle Michel Caignet est également mêlé. Ces revues et mouvements ont donc pu contribuer à la formation de réseaux « pédocriminels ».

Des groupes dispersés[modifier | modifier le code]

Ces mouvements, s’ils se font des publicités réciproques dans leurs publications, sont cependant peu nombreux, peu influents et surtout peu coordonnés, bien que certaines tentatives de regroupement soient effectuées, souvent à l’échelle nationale.

Les 5 et 6 juillet 1986, la NAMBLA, la SAP suisse, un groupe australien et des mouvements scandinaves se rencontrent à Copenhague. Ils cherchent les moyens de réinsérer le combat pour l'acceptation de la pédophilie dans celui pour la liberté sexuelle et proposent que les homosexuels continuent à combattre de front avec les pédophiles, tout en constatant affronter une très vive hostilité de la part des féministes[118]. Cette rencontre, qui survient alors que le mouvement s'essouffle, n'a pas d’effet concret. Actuellement, le mouvement IPCE organise depuis sa création une rencontre annuelle de ses membres mais celle-ci n’accueille que très peu de personnes[réf. nécessaire].

Depuis les années 1980 : la condamnation générale de la pédophilie[modifier | modifier le code]

Les condamnations judiciaires dans le secteur de l'antipsychiatrie[modifier | modifier le code]

Si les condamnations judiciaires sont nombreuses et sévères lors de la décennie précédente, au début des années 1980 l'affaire du Coral a un retentissement médiatique important, en particulier parce que le secret de l'instruction ne fait plus écran, avec de nombreuses réactions politiques dès 1982-1983.

Le secteur de l’antipsychiatrie sera ainsi accusé de pédophilie en 1982 dans l'affaire du Coral pour des faits datés du début des années 1980. En appel, en 1987, son animateur Claude Sigala est condamné à une peine de trente mois d'emprisonnement avec sursis[119]. Après des révélations d'abus sexuels présumés commis dans un « lieu de vie communautaire ». Plusieurs personnalités publiques, dont René Schérer ou Gabriel Matzneff, sont un temps accusées. S'ils sont mis hors de cause et si les condamnations de plusieurs personnes, pour relations sexuelles consenties avec de jeunes adolescents, sont finalement légères, l'affaire connaît un fort remous médiatique, qui contribue à attirer l'attention sur les lieux de vie et à remettre en cause l'antipsychiatrie[26]. Gabriel Matzneff est quant à lui renvoyé par Le Monde à la suite de sa mise en cause[120].

Léonide Kameneff, animateur de l'École en bateau, est lui condamné à 12 ans de réclusion criminelle en 2013 par la cour d'assises des mineurs de Paris, qui l'a reconnu coupable de viols et agressions sexuelles de cinq enfants dans les années 1980 et 1990 [121]

Le déclin en Europe occidentale[modifier | modifier le code]

En Europe occidentale, après 1982, le militantisme pédophile , s'il est moins attaqué que son équivalent américain, commence à décliner[réf. nécessaire]. : les médias n'en parlent plus, et les principaux militants se lassent (Bernard prend sa retraite de psychologue, d'expert et de membre d'organisations internationales en 1985[13]). Aux Pays-Bas, les discours en faveur de la pédophilie connaissent un reflux dans les années 1980 quand, de l'aveu même de Frits Bernard, la pédophilie est à nouveau couramment traitée comme une maladie mentale[10].

Lorsqu'en 1985, les Verts allemands, parti en pointe lors de la Révolution sexuelle, incluent dans leur programme, après plusieurs mois de travail, des propositions visant à abolir les articles de loi sur la majorité sexuelle, en insistant par exemple sur le fait que « les rapports sexuels avec des enfants sont pour les deux parties [enfants et adultes] […] productifs », cela suscite un tollé, et beaucoup d'électeurs habituels du parti reportent leurs voix sur le SPD[122]. Même les électeurs les plus « progressistes » n'acceptent plus l'idée de la défense des pédophiles.

À partir de la même année, la police néerlandaise se met à collaborer étroitement (des réunions hebdomadaires au moins jusqu'en 1989[17]) avec le FBI pour apprendre à « traquer les producteurs et consommateurs supposés de pédopornographie »[15], car le Congrès américain (via le Sous-comité permanent aux investigations du Comité sur les affaires gouvernementales, dirigé par le républicain William Roth), pense que les Pays-Bas sont alors « parmi les principaux exportateurs de pédopornographie aux États-Unis » et qu'il y aurait à Amsterdam des ventes aux enchères d'enfants afin de les prostituer, allégations qui sont invalidées en août 1986 par le rapport définitif d'un groupe de travail sur la pédopornographie dirigé par le ministre de la justice Altes[15],[17]. Cette action de la police néerlandaise montre un changement de mentalité dans ce pays où le militantisme pédophile avait rencontré le plus de succès.

Au sein des anciennes mouvances « progressistes » des années 1970, des leaders sont parfois obligés de s'expliquer et de revenir, sur les propos tenus à l'époque. En 2001, une polémique éclate ainsi autour du passage relatif aux enfants dans le livre Le Grand Bazar, de Daniel Cohn-Bendit : attaqué, celui-ci parle de « provocation intolérable », et dit son remords d'avoir écrit ces lignes, par « inconscience insoutenable ». Pour lui, « Il s'agissait de transgresser des frontières et de briser les interdits. Cela n'avait rien à voir avec des abus sexuels »[123] ; il affirme en outre : « prétendre que j'étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L'abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n'y a eu de ma part aucun acte de pédophilie. »[85] Plusieurs anciens élèves de Daniel Cohn-Bendit, et leurs parents, prennent sa défense dans une déclaration écrite, réfutant les accusations d'abus sexuels ou de proximité avec des « personnes coupables d'abus sexuels sur enfants »[124].

Ses proches reprennent la thèse d'un « aveuglement collectif » dont ses écrits n'auraient été que le reflet, selon l'expression de Jean-Claude Guillebaud[125]).

Gabriel Matzneff déclare en 2002 : « Lorsque les gens parlent de « pédophilie », ils mettent dans le même sac le salaud qui viole un enfant de huit ans et celui qui vit une belle histoire d’amour avec une adolescente ou un adolescent de quinze ans. Pour ma part, je méprise les salauds qui abusent des enfants et je suis partisan de la plus grande sévérité à leur égard. »[126]

Dans L'Humanité, 24 février 2001, Geneviève Fraisse rappelle que les milieux féministes étaient critiques de la pédophilie. Les lesbiennes avaient en particulier été les premières à s'opposer aux pédophiles au sein des mouvements GLBTQ : en 1980, un « rassemblement lesbien du comité pour la Gay Pride » (« Lesbian Caucus – Lesbian & Gay Pride March Committee ») appelle à boycotter la Gay Pride de New York à cause d'une supposée mainmise de la NAMBLA sur son comité d'organisation[127]. En 1983, lorsque le mouvement homosexuel britannique CHE (Campaign for Homosexual Equality) soutient le PIE, en proie à une campagne de presse négative, le magazine condamne cet appui comme nuisible à la cause homosexuelle[128].

Ce processus de marginalisation[129] se poursuit jusqu'en 1994, date à laquelle l'International Lesbian and Gay Association, afin d'obtenir un statut consultatif au Conseil économique et social des Nations unies, décide d'exclure quatre groupes pédophiles militants : les américains NAMBLA et Project Truth, le néerlandais MARTIJN et l'allemand Verein für Sexuelle Gleichberechtigung (VSG, « Association pour l'égalité sexuelle »)[130]. La Révolution sexuelle, à la fin des années 1990, s'est débarrassée de son passé pédophile[12].

Révélations sur le tourisme sexuel chez les Danois[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1980, quelques petit groupes de pédophiles apparaissent, mais leur militantisme décline rapidement, jusqu'à disparaître presque totalement dans les années 1990, excepté la création au début des années 1990 de l'IPCE (International Pedophile and Child Emancipation), qui gère un site web regroupant de nombreux documents en quatre langues ; les activités de l'IPCE se limitent rapidement à sa seule présence sur internet. En 1993 apparaît Krumme 13, organisation allemande, qui se dissout en 2003. La Danish Pedophile Association fait l'objet, en 2000, d'un reportage télévisé qui, infiltrant le groupe, révèle que ses membres pratiquent le tourisme sexuel et l'échange de pédopornographie[131]. La justice danoise estime en 2005 que l'existence du groupe est légale en vertu des lois sur la liberté d'expression ; l'association, entretemps, annonce son auto-dissolution en 2004[100],[132].

Très peu de pédophiles s'affichent aujourd'hui publiquement comme tels et très peu de personnes présentent la pédophilie sous un angle favorable. Toutefois, en 1997, l'écrivain Renaud Camus présente la pédophilie comme n'étant pas, en tant que telle, répréhensible : « Si la sexualité, comme je crois, n'a strictement rien de répréhensible en soi, on ne voit pas pourquoi elle le serait chez les enfants, ou avec les enfants. Il est absurde de considérer qu'elle serait illicite jusqu'à un certain âge, et deviendrait licite du jour au lendemain, dès que cet âge est dépassé. Les enfants ont une sexualité et des pulsions sentimentales bien connues, qui peuvent très bien se porter sur des adultes, en particulier sur de jeunes et beaux adultes, professeurs de gymnastique ou moniteurs de colonies de vacances, comme nous l'avons tous vu »[133],[134]. Le « militantisme pédophile » se réduit pour l'essentiel à l'activité de groupes de taille très modeste, dont les membres demeurent la plupart du temps anonymes, ou à des initiatives de personnes isolées. Les rares personnes à se revendiquer publiquement aujourd'hui comme pédophiles sont, pour la plupart, anglophones ou néerlandaises : on peut citer le britannique Tom O'Carroll (auteur de l'ouvrage Paedophilia : The radical case), le néerlandais Frans Gieles ou Lindsay Ashford, citoyen américain ayant témoigné à visage découvert en 2004 et animé un site internet où il faisait l'apologie de son propre penchant sexuel pour les petites filles[135]. Le site de Lindsay Ashford a été durant plusieurs années l'une des vitrines en ligne de la pédophilie - s'attirant même des menaces de poursuites de la part du futur Président des États-Unis Barack Obama après la mise en ligne de photos des filles de ce dernier[136] - avant que son auteur ne décide de le fermer, arguant que la notoriété qu'il en retirait l'empêchait de conserver un emploi[137].

John Robin Sharpe, un pédophile canadien, a contesté certains aspects des lois sur la pornographie enfantine de son pays qui, contrairement à la France, condamne également les écrits incitant à la pédophilie. Arrêté en 1995 pour possession et diffusion de textes et d'images à caractère pédophile[138], il a fait valoir que ses propres photos et écrits de fiction ne pouvaient être illégaux du fait de leur caractère « artistique » et que la possession de pornographie répondant à ses goûts sexuels relevait de sa liberté d'expression. La Cour d'Appel de Colombie-Britannique lui a tout d'abord donné raison, occasionnant une polémique et un recours du gouvernement canadien : la Cour suprême du Canada a finalement annulé le jugement en 2001, réaffirmant la validité de la loi canadienne contre la pédopornographie, et ne reconnaissant d'exceptions que pour des textes autoproduits pour un usage strictement personnel, qui ne seraient diffusés en aucune manière par leur auteur[139],[140]. En 2002, Sharpe est acquitté pour la diffusion des textes - la justice estimant que ses écrits n'incitaient pas explicitement à la pédophilie, se contentant de décrire les actes - mais condamné pour la possession des photos[141]. En 2004, il est condamné à deux ans de prison pour un abus sexuel commis dans les années 1970[142].

Le 31 mai 2006 est annoncée la création aux Pays-Bas du Parti de la charité, de la liberté et de la diversité (Partij voor Naastenliefde, Vrijheid en Diversiteit, PNVD), parti politique proposant l'abolition de toute majorité sexuelle. Les trois fondateurs - et seuls membres connus - du parti, tous militants pédophiles, comptent parmi eux Ad van den Berg, ancien président de MARTIJN. Le PNVD propose également d'autres mesures jugées par beaucoup comme fantaisistes (gratuité totale des transports, légalisation de la zoophilie, etc.) sans s'attaquer aux réels problèmes de la société contemporaine néerlandaise. Il est soit moqué, soit attaqué (par des associations chrétiennes, le parti conservateur et la grande majorité de l'opinion publique, 80 % des Néerlandais déclarant dans un sondage que des mesures devraient être prises)[143]. Le PNVD n'a jamais compté que ses trois fondateurs comme membres connus, n'a jamais pu participer à aucun scrutin faute d'avoir recueilli le nombre de signatures de citoyens prévu par la loi néerlandaise, et a annoncé sa dissolution en 2010. L'association MARTIJN est tout d'abord dissoute en juin 2012 par la justice néerlandaise mais le jugement est ensuite cassé en avril 2013, la Cour d'appel jugeant que le risque de trouble à l'ordre social était insuffisant. L'interdiction de MARTIJN est finalement confirmée en avril 2014 par la Cour de cassation des Pays-Bas, qui estime qu'« il est nécessaire d’interdire et dissoudre l’association au nom de la protection de la santé, des droits et des libertés des enfants »[144], l'intégrité de l'enfant passant avant le principe de liberté d'expression[145]. Ad van den Berg, ancien président de MARTIJN et ancien trésorier du PNVD, a quant à lui été condamné en 2011 à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour possession de pédopornographie[146]. Seule la NAMBLA continue d'avoir une existence officielle.

En 2013, la remise d'un prix à Daniel Cohn-Bendit suscite une nouvelle polémique en Allemagne ; le Parti vert allemand, auquel appartient Daniel Cohn-Bendit, décide alors de se pencher sur son propre passé et de commander au politologue Franz Walter une étude sur l'influence qu'ont pu avoir les militants pédophiles sur le mouvement écologiste allemand. Les travaux de Franz Walter mettent au jour d'anciennes positions pro-pédophiles des Verts allemands, poussant notamment l'ancien ministre Jürgen Trittin - responsable en 1981 d'une plate-forme électorale qui prônait la dépénalisation des actes sexuels entre enfants et adultes - à s'expliquer et à reconnaître ses erreurs. Un article du Frankfurter Allgemeine Zeitung accuse les Verts allemands d'avoir, dans le passé, « créé une idéologie qui favorisait l'abus d'enfants », Daniel Cohn-Bendit étant notamment dénoncé comme « le porte-drapeau le plus éminent des pédophiles ». Franz Walter souligne par ailleurs que les pédophiles ont, dans le passé, également influencé le Parti libéral-démocrate[106],[147],[148].

Des opinions publiques de plus en plus hostiles[modifier | modifier le code]

À la fin de 1981, on pouvait lire dans un éditorial du Petit Gredin : « La pédophilie, la pédérastie sont de plus de plus les objets de la vindicte sociale alimentée par les mass media »[149]. En effet, depuis cette époque, la pédophilie fait l'objet d'une « condamnation unanime » et « le pédophile apparaît comme l'incarnation du criminel le plus abject »[12],[150],[41]. Si un auteur comme Matzneff continue à être bien perçu par une partie des médias[151], on n'entend plus beaucoup parler de lui (Hugo Marsan l'a qualifié de « dandy oublié »[152]) et les artistes contemporains qui, sans être pédophiles, mettent en scène des relations sexuelles d'adultes avec des enfants consentants[153],[154] ou font des œuvres assez ambiguës pour que certains puissent les interpréter comme posant la possibilité d'un tel rapport[155] provoquent des scandales. Il y a donc eu un « changement radical »[41] d'attitude de la part des sociétés, pour différentes raisons.

En premier lieu, « un changement dans l'appréciation des violences sexuelles »[12]. Si les pédophiles prétextent la liberté des enfants à disposer de leur corps pour justifier leurs discours[10],[156], ils ne se posent généralement pas la question du discernement des enfants et de la facilité à les abuser, ni celle de leur perception a posteriori du contact sexuel ; à partir des années 1980, l'idée que tout contact sexuel entre un adulte et un enfant provoque des séquelles psychologiques très graves chez le second devient une « opinion commune »[157]. La réprobation du viol sur mineur, qui perd son statut de tabou[158], grandit. Selon Anne-Claude Ambroise-Rendu, ce sont les années 1990 qui marquent un véritable changement dans la vision de la pédophilie par les médias français. L'historienne souligne l'importance, en 1995, d'un numéro de l'émission Bas les masques, consacré au thème : « pour la première fois, on y entend et on y voit les victimes : ces enfants à qui on n'ose plus demander s'ils étaient consentants ou non, qui disent sans équivoque leur souffrance. Pour la première fois, un média évoque les effets de la pédophilie sur les enfants, laissant aux témoins le soin de dire leur mal être, leur incapacité à oublier, à se construire une vie heureuse et équilibrée »[26]. Anne-Claude Ambroise-Rendu relève que « Seul Gabriel Matzneff ose encore, en 1990, sourire devant Bernard Pivot des petites filles de 12 ans qu’il met dans son lit »[159]. Fin 2019 en revanche, la parution du Consentement, roman autobiographique dans lequel Vanessa Springora[160] raconte sa relation avec l'écrivain, décrivant l'emprise qu'il a exercée sur elle et les ravages produits sur sa vie, lance dès avant sa publication en janvier 2020, une polémique : si quelques voix continuent à soutenir l'écrivain (celle de Josyane Savigneau notamment, via son compte Twitter[161] , qui évoque la "résistance" à une forme d' "inquisition"), de nombreuses protestations s'élèvent et les images de l'émission "Apostrophes"[162] de 1990 avec Bernard Pivot et Gabriel Matzneff, rediffusées sur les réseaux sociaux, permettent de mesurer l'évolution des mentalités à ce sujet : sur le plateau, seule Denise Bombardier, romancière québécoise, s'était élevée en 1990 contre les propos et les agissements de Gabriel Matzneff (près de trente ans plus tard, elle apporte d'ailleurs son soutien à Vanessa Springora[163]), alors que la lecture de la presse atteste, en 2019, sinon d'une condamnation toujours très ferme, au moins d'un "malaise" croissant dans l'opinion[164].

De plus en plus d'affaires sont jugées par les tribunaux : en France, le nombre de viols sur mineurs constatés passe de 100 en 1984 à 578 en 1993[165], et celui des atteintes ou agressions sexuelles sur mineurs avec circonstances aggravantes de 355 en 1984 à 882 en 1993 et 3815 en 2004[166]. En 1996 l'affaire Dutroux, qui éclate en Belgique, a un retentissement international et contribue à marquer durablement l'opinion, suscitant une forme de hantise sociale autour de la pédophilie et conduisant à la multiplication des témoignages et des révélations d'affaires d'abus sexuels sur mineurs[167],[168],[169].

La prévention devient une priorité aussi bien législative[170] que populaire, comme en témoigne en octobre 1996 la première Marche Blanche, qui réunit à Bruxelles à la suite de l'Affaire Dutroux plus de 300 000 personnes et le sujet est l'objet d'une attention renforcée de la part des médias[171].

Enfin, avec l'accroissement de la prise de conscience des violences sexuelles envers les mineurs et le retour subit de la pédophilie dans le champ médiatique, la pédophilie n'est plus perçue que comme un viol infligé aux enfants[172]. Aux Pays-Bas, la relative tolérance ayant pu exister envers la pédophilie disparaît progressivement : Edward Brongersma fait l'objet de harcèlement de la part de ses voisins et d'agressions sur la voie publique, du fait de sa notoriété ; déprimé, il finit par se suicider par euthanasie en 1998[173]. L'apparition du PNVD en mai 2006 a suscité en général consternation et indignation[174],[143].

Une propagande sur Internet[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990 l'arrivée d'Internet offre au militantisme pédophile de nouveaux moyens d'expression et de contact. Un certain nombre de pédophiles attirés par les garçons (Boylovers) et par les fillettes (Girl Lovers) se réclament du terme générique « Childlove ». En 1995, est mis en ligne le forum de discussions BoyChat qui mène en 1997 à la création du groupe Free Spirits ayant pour objectif de fournir des services Internet sécurisés aux pédophiles amateurs de garçons dans de nombreuses langues. L'équivalent francophone de BoyChat, La Garçonnière, est créé en 1998. Des pédophiles amateurs de filles créent des ressources équivalentes dès 1998. Depuis, plusieurs autres organisations se sont développées en ligne sur ce modèle, dont des entreprises commerciales (hébergeurs web essentiellement)[175].

Plus que des espaces réellement militants, ces forums sont avant tout des lieux de discussions et contact virtuels entre pédophiles, parfois suivis de rencontres et rassemblements réels[176]. Afin d'éviter les poursuites judiciaires, ces réseaux à vitrine publique se gardent de toute activité illégale comme l'échange d'images pédopornographiques ou l'incitation au crime, par l'intermédiaire d'une modération adaptée aux législations des divers pays qui les hébergent. Toutefois, le côté borderline jouant avec les limites de la loi leur a régulièrement valu des problèmes de la part de leurs hébergeurs ou fournisseurs Internet. Ainsi en 2006, l'hébergeur commercial Epifora, principal hébergeur du groupe Free Spirits, fut déconnecté du web par le fournisseur d'accès canadien Vérizon à la suite d'une campagne médiatique menée par une association antipédophile[177]. Toutefois, les sites ainsi évacués reviennent généralement en ligne très rapidement, utilisant par exemple les services de fournisseurs d'accès ayant une conception extensive de la liberté d'expression[178].

L'activité en ligne de pédophiles continue d'attirer l'attention de certains médias : en 2010, Fox News Channel publie un reportage accusant Wikipédia de tolérer sur ses sites les activités de propagande de certains pédophiles cherchant à présenter leurs goûts sexuels sous un jour positif, ce à quoi la Wikimedia Foundation répond qu'elle demeure vigilante face à ce type de dérives[179]. Le sociologue français Pierre Verdrager souligne pour sa part que les articles de Wikipédia portant sur la pédophilie manquent fréquemment de neutralité en la présentant sous un jour relativement favorable : il y voit le signe d'une activité des défenseurs de la pédophilie, qui profitent de la grande visibilité dans les moteurs de recherche des pages de l'encyclopédie en ligne[180]. Le forum 4chan fait régulièrement parler de lui comme d'un lieu où circulent des textes pro-pédophiles ou images pédophiles, souvent dans un but provocateur[181].

L'Internet permet également la circulation accrue de pédopornographie[182]. En mars 2011, un vaste réseau de pédophiles a été démantelé par Europol, conduisant à l'identification de 670 suspects sur quatre continents, et à 184 arrestations : l'enquête ayant mené à ces arrestations a établi que le forum boylover.net, hébergé aux Pays-Bas, avait servi à l'échange de photos et vidéos pédopornographiques. 230 enfants abusés sexuellement par des membres du réseau ont pu être identifiés[183],[184],[185].

Terminologies et revendications des « militants pédophiles »[modifier | modifier le code]

Les membres des groupes et mouvances pédophiles actuels se présentent comme des militants et revendiquent notamment le retrait de la pédophilie de la liste des maladies mentales. Ils promeuvent les termes de boylover, girllover et parfois childlover, pour remplacer les termes de pédophiles ou pédérastes, qu'ils jugent trop négativement connotés. Ces termes ont été popularisés auprès des pédophiles eux-mêmes à travers les communautés virtuelles liées aux forums boylove et girllove sur Internet.

Les pédophiles militants s'appuient parfois sur un texte des psychologues Underwager et Wakefield qui fait la distinction entre désir sexuel et pédophile et passage à l'acte[186]. Bien qu'ils prônent la distinction entre désir et action, ces auteurs déplorent l'utilisation faite de leur travail par le mouvement « childlove » et considèrent que les contacts sexuels adulte-enfant sont dommageables, qu'il existe ou non une relation d'autorité ou même des sentiments entre l'adulte et l'enfant[187].

Enfin, au sein même des milieux pédophiles, le terme général de childlover, qui peut se traduire littéralement par amoureux de l'enfant, est parfois contesté. Certains refusent ces néologismes et préfèrent se qualifier de pédophiles, pédérastes, ou éphébophiles, selon les cas. D'autres encore lui préfèrent les termes spécifiques boylover et girllover, prétextant que les attirances pédophiles homosexuelle et hétérosexuelle ont peu à voir entre elles.

Bien qu'un très grand nombre d'opinions parfois opposées soient représentées au sein du « mouvement », une majorité de ses sympathisants s'accordent sur les objectifs suivants :

  • changer la perception du public sur la pédophilie, la pédérastie et l'éphébophilie ;
  • poser une différence entre la pédophilie et l'abus sexuel ;
  • promouvoir la dépénalisation de certaines formes d'expression érotique impliquant des enfants ou adolescents (textes, dessins, photos, etc.) ;
  • promouvoir une abolition ou une révision de la notion légale de majorité sexuelle ;
  • accroître la connaissance sur les effets de l'activité sexuelle chez les enfants, en favorisant la recherche dans le domaine ;
  • soutenir les mouvements et organisations qui luttent pour les droits de l'enfant.

Certains pédophiles disent également que le sexe n'est pas la raison d'être de leurs relations avec les enfants. Edward Brongersma, dans Boy-Lovers and Their Influence on Boys (Les Boy-Lovers et leur influence sur les garçons), où il rapporte le résultat d'interviews de personnes engagées dans des relations avec des enfants, écrit : « Dans une relation, le sexe est généralement un élément secondaire[188]. ».

Parmi leurs principaux argumentaires des mouvements pédophiles, figure une étude publiée en 1998 dans la revue Psychological Bulletin, signée des psychologues Bruce Rind, Philip Tromovitch et Robert Bauserman : A meta-analytic examination of assumed properties of childsexual abuse using college samples. (Méta-analyse des conséquences de l'abus sexuel sur enfants, à partir de cas non cliniques[189]) ; cette étude analyse et compare les résultats d'un ensemble d'enquêtes menées auprès de lycéens ayant connu une relation sexuelle précoce avec un adulte. Les conclusions de l'étude relativisent beaucoup les effets négatifs de telles relations. Elle est donc souvent citée en référence dans les milieux « Childlove ».

Toutefois, cette étude ne fait pas l'objet d'un consensus scientifique, sa publication ayant suscité une vive polémique aux États-Unis. Une résolution du Congrès a condamné sa publication par une revue scientifique, réaffirmant dans le même temps la nécessité de la protection de l'enfance contre les abus sexuels[190] et une majorité de chercheurs estiment que cet article est biaisé dans sa méthodologie et ses intentions. Dans Science or Propaganda? an examination of Rind, Tromovitch and Bauserman (1998) (Science ou propagande ? Une étude de Rind, Tromovitch and Bauserman (1998)), la pédiatre Stephanie J. Dallam écrit : « Après un examen minutieux des preuves, nous concluons que Rind et al. peut être décrit comme un article militant qui utilise la science de façon inappropriée pour essayer de légitimer ses vues »[191] L'étude a été largement critiquée, tant pour sa méthodologie que pour ses conclusions, et dénoncée comme un travail de propagande davantage que comme un texte scientifique[192],[193],[194]. Différents psychologues ont souligné les liens de deux des auteurs de l'article - Rind et Bauserman - avec des mouvances pro-pédophiles, leur participation à des conférences de groupes militants et leur collaboration avec Paidika : the Journal of pedophilia, un journal pédophile en langue anglaise publié aux Pays-Bas. L'affaire a également suscité des interrogations quant au travail des comités de lecture dans les revues scientifiques américaines : l'article avait en effet été rejeté par un premier comité de lecture du Psychological Bulletin, proposé une seconde fois après un changement de comité, et finalement publié malgré un avis défavorable d'au moins l'un des membres du nouveau comité[195],[196].

Certains militants pédophiles arguent que l'enfant a une sexualité innée depuis sa prime enfance. Ils contestent notamment la pertinence des notions de majorité sexuelle en se référant aux travaux de plusieurs chercheurs, comme Alfred Kinsey, Floyd Martinson, Alayne Yates ou William Masters, qui montrent des exemples de réponses sexuelles, masturbations et jeux sexuels avec d'autres jeunes enfants. Toutefois, Alfred Kinsey fut une personnalité controversée et beaucoup de psychologues influents de son époque, comme Abraham Maslow, étaient très critiques vis-à-vis de sa méthodologie. L'institut Kinsey a fini par reconnaître que les éléments des rapports Kinsey décrivant la capacité sexuelle des enfants venaient tous d'une même personne[197], et que cet homme utilisé comme source par Kinsey abusait sans aucun doute sexuellement les enfants dont il prétendait décrire les réactions[198]. Les pédérastes et éphébophiles de la mouvance sont dans leur ensemble opposés aux lois sur le consentement. Certains d'entre eux semblent distinguer entre les actes commis à l'encontre de pré-pubères et ceux commis à l'encontre d'individus pubères mais n'ayant pas atteint l'âge (légal) de la majorité sexuelle. Ce point de vue ne tient pas compte de la question de la maturité minimale nécessaire pour mesurer pleinement les conséquences de ses actions, question classique pour n'importe quel domaine concernant le consentement au regard de la maturité des mineurs (droit de vote, permis de conduire, etc.). Dans beaucoup de pays, l'âge de la majorité sexuelle d'une part, et de la nubilité d'autre part (c'est-à-dire de l'âge légal pour se marier) est plus élevé que l'âge de la puberté (voir cependant les cas de mariages forcés ou de mariage d'enfant (en)). Si un adolescent entretient des relations sexuelles avec un adulte entre ces deux âges, ce dernier peut être considéré comme un agresseur sexuel.

En 1998, Frans Gieles, membre du groupe NSVH proposait quatre « règles éthiques » à suivre lors d'une relation adulte-enfants. À la même époque, des principes équivalents étaient proposés par d'autres groupes ou personnalités[199], donnant lieu plus récemment à une synthèse par le groupe MARTJIN sous la forme suivante[200] :

  • « consentement » de l'enfant et de l'adulte ;
  • « ouverture » envers les parents de l'enfant ;
  • « liberté » pour l'enfant de cesser la relation à tout moment ;
  • « harmonie » avec le développement de l'enfant.

Les objections le plus souvent avancées à ce « code éthique » sont les suivantes : l'enfant, ou l'adolescent(e), n'est pas suffisamment mûr(e) pour accorder son consentement éclairé (règle de base de n'importe quelle relation contractuelle), et n'a pas non plus la « liberté » de faire cesser une relation abusive. En effet, il pourrait très facilement être contraint à engager et/ou à maintenir la relation contre sa volonté, le pédophile pouvant user de manipulation ou de force. Par ailleurs, la quasi-totalité des psychologues de l'enfance affirment qu'une relation sexuelle entre un adulte et un enfant ne peut se faire en harmonie avec un développement normal de celui-ci.

Réactions dans l'opinion publique et affaires criminelles[modifier | modifier le code]

Les membres de la mouvance contemporaine affirment qu'ils n'approuvent pas l'abus d'enfants ni les activités illégales : l'opinion publique sur ce point est sceptique. Ce scepticisme a été renforcé par des incidents rendus publics impliquant des membres et des groupes associés au mouvement dans des affaires d'abus sexuel, ainsi que par les similitudes entre le discours de la mouvance et celui des abuseurs sexuels cherchant à justifier leurs actes[201],[202].

Les mouvances pro-pédophiles ont suscité une forte opposition et leur progression sociale et politique est restée très limitée. Presque tous les gouvernements nationaux se conforment aux protocoles des Nations unies pour définir les lois sur la majorité sexuelle et sur la criminalisation de la pornographie enfantine. Cette dernière a fait l'objet d'un traité aux Nations unies, signé par près de 130 pays entre 2000 et 2004[203]. Quant à la convention des Nations unies sur l'âge de consentement (1962), elle fait force de loi un peu partout depuis 1990[204].

Des militants pour la prévention de l'abus sexuel, des professionnels de la loi et des journalistes notent que les proclamations de la mouvance quant à sa désapprobation de l'abus sexuel n'ont pas toujours été suivies dans les faits. Les membres de la mouvance répondent souvent que les abuseurs n'appartiennent pas au mouvement, ou que le mouvement aurait pu les aider à ne pas franchir la ligne jaune[205]. Les observateurs estiment dans leur majorité que les promoteurs d'un amour et d'une sexualité inoffensive entre adultes et enfants n'agissent pas toujours comme ils le prétendent, en citant ces arrestations comme preuves[206].

Beaucoup de ces incidents impliquent l'association NAMBLA, l'organisation la plus connue de la mouvance. Certains affirment que ces arrestations sont limitées à cette association et ne sont pas représentatives du mouvement global. Pour la plupart des observateurs, ces incidents sont révélateurs de la face réelle de la mouvance et symbolisent les problèmes posés par ses objectifs.

Quelques exemples d'affaires récentes aux États-Unis :

  • Le révérend P.S., un prêtre accusé d'avoir abusé des enfants dès 6 ans pendant une période de 30 ans, aurait participé aux premiers travaux et actes militants du mouvement à ses débuts, d'après le journal Boston Globe[207].
  • C.J., également soupçonné d'appartenir à NAMBLA, fut condamné pour le viol et le meurtre d'un enfant de 10 ans. Les parents de l'enfant ont poursuivi NAMBLA et ses responsables en affirmant que C.J. aurait écrit dans son journal personnel que sa participation à NAMBLA et les lectures des publications de l'association l'auraient aidé à dépasser ses inhibitions vis-à-vis du sexe avec les jeunes garçons[208].
  • J.D.S., un homme condamné à San Francisco pour avoir agressé un garçon de 11 ans lors d'un baby-sitting, a rencontré un enquêteur anonyme en tant que membre de NAMBLA. D'après l'enquêteur, l'homme utilisait ses contacts auprès de NAMBLA pour échanger de la pornographie enfantine et avoir des relations sexuelles avec des enfants[209].
  • J.T. fut condamné pour agression sexuelle sur un enfant en 1989 puis libéré sur parole en 1992 avec la condition de ne pas posséder de pornographie enfantine. Après avoir déménagé sans informer les autorités de sa nouvelle adresse, il fut retrouvé à la suite d'une émission télévisée américaine sur la recherche de criminels (America's Most Wanted). Il fut arrêté et condamné pour pornographie enfantine. Lors du procès, la cour a déclaré que J.T. était membre de NAMBLA, que l'association aidait un orphelinat en Thaïlande où des enfants étaient abusés, et que J.T. et d'autres personnes y voyageaient pour rencontrer de jeunes garçons. Les preuves apportées étaient des photographies fournies par les autorités thaïlandaises, montrant J.T. en compagnie de jeunes garçons thaïs assis sur lui[210].
  • J.C.P., un New-Yorkais ayant affirmé à la police, d'après les archives judiciaires, être membre de NAMBLA, a été arrêté en 2000 et condamné en 2001 pour avoir pratiqué la sodomie sur un jeune garçon[211].

La publicité faite autour de ces incidents, ajoutée à la profonde opposition de l'opinion publique aux idées de la mouvance, ont mené à une grande controverse autour des activités et des membres de l'association. Beaucoup de ses membres ont pris leurs distances avec la NAMBLA et ses idées à cause de ces controverses et des crimes sus-cités.

Jugements du corps médical[modifier | modifier le code]

La littérature médicale actuelle est très documentée sur le sujet des graves et profonds dommages psychologiques qu'occasionnent aux enfants les abus sexuels dont ils font l'objet[212]. Les pédophiles militants citent quant à eux plusieurs articles scientifiques controversés pour appuyer leurs dires. Aujourd'hui, le corps médical est très largement en désaccord avec les affirmations des pédophiles quant au fait que les relations sexuelles entre adultes et enfants ne seraient pas nocives pour ces derniers ; aucune étude sur des résultats allant dans le sens des idées pro-pédophiles n'a été acceptée par la communauté scientifique[213].

Le psychiatre et expert judiciaire français Michel Dubec déclare : « Tous les pédophiles revendiquent leur amour des enfants et parlent de « nouvel amour ». Mais pour eux, ça va de soi, aimer c'est baiser. (...) Ces grands « intellos » rationalisant la pédophilie prônent une recherche pour une « enfance différente », totalement émancipée. Mais ils ne disent pas que cette émancipation est d'abord la leur, celle qui leur permet de s'affranchir des interdits et de séduire les enfants. Ils prétendent nous faire découvrir un vrai savoir, avec des affirmations du genre « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d'en aborder les rivages » (ainsi que l'écrivait Gai Pied hebdo du 31 janvier 1991). Tant de puérilité dans le raisonnement devient désarmante. Une chose est pour un enfant de rêver en se livrant à des jeux sexuels avec soi-même ou avec ceux de son âge, autre chose est d'être confronté au réel de la jouissance orgastique de l'adulte. Jouissance à laquelle lui, l'enfant, n'est pas encore en mesure d'accéder et qui peut le plonger dans des émois qu'il ne pourra gérer psychiquement »[214].

Le psychiatre français Bernard Cordier, membre dans les années 1990 du groupe de travail interministériel santé-justice sur le traitement des délinquants sexuels, distingue une catégorie spécifique de pédophiles, à savoir « les prosélytes, qui invoquent des arguments pseudo-culturels et militent pour la dépénalisation de la pédophilie au nom du droit des enfants consentants au plaisir »[215]. Il précise, concernant le cas de Gabriel Matzneff et des écrits complaisants en général : « Je ne dis pas que [le type d'écrits comparables à ceux de Gabriel Matzneff] sème la pédophilie. Mais il la cautionne et facilite le passage du fantasme à l'acte chez des pédophiles latents. Ces écrits rassurent et encouragent ceux qui souffrent de leur préférence sexuelle, en leur suggérant qu'ils ne sont pas les seuls de leur espèce. D'ailleurs, les pédophiles sont très attentifs aux réactions de la société française à l'égard du cas Matzneff. Les intellectuels complaisants leur fournissent un alibi et des arguments : si des gens éclairés défendent cet écrivain, n'est-ce pas la preuve que les adversaires des pédophiles sont des coincés, menant des combats d'arrière-garde ? Ils veulent croire et prétendre que la société libérera un jour la pédophilie, comme elle l'a fait pour l'homosexualité, au nom de la défense des différences. Rien n'est plus faux ! Dès qu'il y a un enfant et un adulte, il y a un abuseur et un abusé. Cela n'a rien à voir avec une relation entre deux êtres véritablement consentants[216] ».

Le psychanalyste français Pierre Lassus, directeur de l'Union française pour le sauvetage de l'enfance, déclare pour sa part : « Je ne supporte pas qu'un petit cercle de mondains défende cette pose du pédophile esthète. Leur défense est la perversion même : selon l'inversion bien connue du discours, la victime devient le bourreau »[217].

William E. Prendergast, psychologue clinicien américain, juge « ridicules » les discours pro-pédophiles sur les bienfaits de la sexualité adultes-enfants, et considère que les groupes soutenant ces vues ont pour finalité de fournir des justifications aux abuseurs sexuels[218].

Symboles utilisés par les groupes pédophiles militants[modifier | modifier le code]

Triangle spiralé de couleur bleu utilisé par les BoyLovers.

En 2007, WikiLeaks a publié un document interne du FBI indiquant les symboles de reconnaissance utilisé par les différents groupes de militants pédophiles[219]. On y voit entre autres un triangle spiralé de couleur bleu utilisé par les BoyLovers (pédophiles attirés par les garçons) et nommé BLogo, censé représenter la relation entre l'adulte (triangle extérieur) et l'enfant (triangle intérieur). Divers pendentifs, bijoux et médailles ont été frappés avec ce logo. Quant aux pédophiles attirés par les filles (GirlLovers), ils utilisent un logo proche du premier, une spirale en forme de cœur de couleur rose.

Références[modifier | modifier le code]

  • Moser C, Kleinplatz P (2003). DSM-IV-TR and the Paraphilias: An Argument for Removal
  • Rossman P (1976) Sexual Experience Between Men and Boys: Exploring the Pederast Underground. Association Press, New York.
  • Underwager R, Wakefield H. (1997). Special Problems with Sexual Abuse Cases. Coping with psychiatric and psychological testimony, Supplément to the Fifth Édition (Out of Print) (p. 136-147). Los Angeles, CA: Law and Psychology Press.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais :

  • Anne-Claude Ambroise-Rendu, Histoire de la pédophilie XIXe – XXIe siècle, Paris, Fayard, 2014, (ISBN 9782213672328)
  • (de) Frits Bernard, Pädophilie ohne Grenzen [« Pédophilie sans frontières »], Francfort, Foerster Verlag, 1997.
  • Bertrand Boulin, La charte des enfants, Paris, Stock, 1977.
  • Claude Courouve, Vocabulaire de l'homosexualité masculine, Paris, Payot, 1985, entrée "Pédophile/Pédophilie".
  • Tony Duvert, Le bon sexe illustré, Paris, Minuit, 1974.
  • Tony Duvert, L'enfant au masculin, Paris, Minuit, 1980.
  • Jean-Claude Guillebaud, La Tyrannie du plaisir, Paris, Le Seuil, 1988.
  • (de) Joachim S. Hohmann, Pädophilie heute, Francfort, Foerster Verlag, 1982.
  • (de) Angelo Leopardi (sous la direction de), avec des articles ou contributions d'Edward Brongersma, Volker Beck, Bruno Bendig, Peter Mangold, Volkmar Sigusch, A. Siegel, W. Vogel, Frits Bernard, Der pädosexuelle Komplex, Francfort, Foerster Verlag, 1988.
  • Gabriel Matzneff, Les Moins de seize ans, Paris, Julliard, 1974.
  • Gabriel Matzneff, Les passions schismatiques, Paris, Stock, 1977.
  • Jean-Luc Pinard-Legry et Benoît Lapouge, L'enfant et le pédéraste, Paris, Le Seuil, 1980.
  • Alex Raffy, La pédofolie, de l'infantilisme des grandes personnes, De Boeck Université, 2004. Cf. aussi http://pedofolie.info/
  • Christiane Rochefort, Les Enfants d'abord, Paris, Grasset, 1976.
  • René Schérer, Émile perverti, Paris, Robert Laffont, 1974.
  • René Schérer et Georges Lapassade, Le corps interdit, Paris, E.S.F., 1976, coll. « Sciences de l'éducation ».
  • René Schérer, Une érotique puérile, Paris, Galilée, 1978.
  • René Schérer, L'emprise des enfants entre nous, Paris, Hachette, 1979.
  • Leïla Sebbar, Le pédophile et la maman, Paris, Stock, 1980.
  • Pierre Verdrager, L'enfant interdit : Comment la pédophilie est devenue scandaleuse, Paris, Armand Colin, , 344 p. (ISBN 978-2-200-28710-8, présentation en ligne)
  • Georges Vigarello, Histoire du viol, Paris, Le Seuil, coll. "Points Histoire"

Collectifs et revues :

  • « Co-ire » (dir. René Schérer et Guy Hocquenghem), Recherches no 22, 1977.
  • Le fou parle no 7, juillet/août 1978.
  • « Fous d'enfance, qui a peur des pédophiles ? », Recherches no 37, 1979.
  • « La Question pédophile », L'Infini, Gallimard, no 59, automne 1997.

Articles[modifier | modifier le code]

Articles directement liés à l'histoire du militantisme pédophile :

Autres articles utilisés comme références :

Documents officiels[modifier | modifier le code]

Ressources en ligne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La révolution sexuelle de Mai 68 a généré un tourbillon d’abus », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 1er juin 2020)
  2. « Les années 1970-1980, âge d’or de l’apologie de la pédophilie en France », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 1er mars 2020)
  3. Norimitsu Onishi, « Un écrivain pédophile — et l’élite française — sur le banc des accusés », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 1er juin 2020)
  4. a et b « Les amateurs d'enfants ont longtemps bénéficié d'une indulgence nourrie de discours pseudo-libertaires. » : La pédophilie, enquête sur un sujet tabou, L'Express, 2 février 1995
  5. a b et c Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard, « Que reste-t-il de la révolution sexuelle de Mai 68 ? », Le Monde, 1er mars 2001.
  6. Roger-Pol Droit, « De la subversion par la sexualité à la reconnaissance des droits de l'enfant », Le Monde, 1er mars 2001.
  7. a b c et d Sorj Chalandon, « “Libé” en écho d'un vertige commun », Libération, 23 février 2001.
  8. Pierre Tremblay, Social interactions among paedophiles, School of criminology, Université de Montréal.
  9. Selon la traduction donnée sur le site du COC Nederland.
  10. a b c d et e Frits Bernard, « The Dutch Paedophile Emancipation Movement », 1987.
  11. Frits Bernard, « The Dutch Paedophile Emancipation Movement », 1987, note 14.
  12. a b c d e et f Anne-Claude Ambroise-Rendu, 2005.
  13. a et b Angelo Leopardi, 1988.
  14. Edward Brongersma, « Schutzalter 12 Jahre? - Sex mit Kindern in der niederländischen Gesetzgebung », dans Angelo Leopardi, 1988.
  15. a b et c Jan Schuijer, 1990.
  16. Theo Sandfort, 1990.
  17. a b et c Frits Bernard, 1997.
  18. Edward Brongersma, 1984.
  19. a et b Citée par Alice Galopin Marie-Violette Bernard, site de France Télévisions le 5 janvier 2020
  20. libelemon[source insuffisante]
  21. "La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981): Instrument du Grand Soir ou lieu d'apprentissage ?", par Jean-Paul Salles, aux Presses universitaires de Rennes 2015 [1]
  22. "La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981): Instrument du Grand Soir ou lieu d'apprentissage ?", par Jean-Paul Salles, aux Presses universitaires de Rennes 2015 [2]
  23. a b c d e f g h i j et k « L'enfant, l'amour, l'adulte », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  24. « Les temps ont changé, il est devenu indéfendable » : dans un contexte post-#metoo, le malaise Gabriel Matzneff" par Dominique Perrin, LeMonde du 23 décembre 2019 [3]
  25. a b et c Texte de l'encart du 7 mai dans Libération
  26. a b et c Anne-Claude Ambroise-Rendu, « Un siècle de pédophilie dans la presse (1880-2000) : accusation, plaidoirie, condamnation », Le Temps des médias no 1, 2003
  27. "De la libération des enfants à la violence des pédophiles. La sexualité des mineurs dans les discours politiques des années 1970" par Jean Bérard, dans la revue Genre, littérature et société [4]
  28. Sirinelli 2015.
  29. René Schérer, Émile perverti, Laurence Viallet - éditions du Rocher, édition de 2006, pages 145-146.
  30. Gabriel Matzneff, Les Moins de seize ans, Julliard, réédition de 1994, page 65.
  31. a b et c « Un " vilain monsieur " heureux de l'être », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  32. a et b « Gabriel Matzneff, l'outsider », Le Monde,‎ .
  33. L'œuvre de Gabriel Matzneff : les Essais - Matzneff.com.
  34. Le malaise pédophile et la littérature (autour de Gabriel Matzneff, Marie Darrieussecq, Garcia Marquez…) - Buzz… littéraire, 20 novembre 2009.
  35. Biographie Gabriel Matznef - Matzneff.com.
  36. a b c d et e « L'amour est-il un crime? », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  37. Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, Le Nouveau Désordre amoureux, Éditions du Seuil, 1977, p. 266.
  38. Michel Onfray, L'autre pensée 68 : Contre-histoire de la philosophie, Grasset, 2018 (ISBN 978-2-2468-5567-5), p. 266 [présentation en ligne]
  39. a b c et d La Pédophilie entre les lignes, Médias
  40. « Co-ire », revue Recherches no 22, avril 1976.
  41. a b et c Roger-Pol Droit, 2001.
  42. « La loi de la pudeur Michel Foucault Dits Ecrits III texte n°263 »
  43. a b c d et e "Les âges du consentement. Militantisme gai et sexualité des mineurs en France et au Québec (1970-1980)", par Jean Bérard et Nicolas Sallée, dans la revue Femmes, genre, histoire 2015 [5]
  44. a b c et d « Lettre ouverte à la Commission de révision du code pénal pour la révision de certains textes régissant les rapports entre adultes et mineurs », Texte intégral. Archives Françoise Dolto, sur www.dolto.fr, (consulté le 3 janvier 2020)
  45. a et b « L'autocritique de Daniel Cohn-Bendit sur l'une de ses provocations de jeunesse », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  46. "L'affaire Cohn-Bendit ou le procès de Mai 68" par Paul Quinio le 23 février 2001 [6]
  47. a et b «Libé» en écho d'un vertige commun, par Sorj CHALANDON Libération du 23 février 2001
  48. Marie-Laure Hardy, « Bernard Muldworf : “Il fallait être opposé à la contrainte” », L'Express, 1er mars 2001.
  49. ""Cohn-Bendit et mai 68 : quel procès ?" pétition dansLibération du 23 [7]
  50. ""Cohn-Bendit et mai 68 : quel procès ?" pétition dansLibération du 1er mars [8]
  51. a b et c apropos[source insuffisante]
  52. « Le droit des mineurs à la contraception libre, gratuite et anonyme (421) » dans Le Monde d'avril 2011 [9]
  53. a b et c "Un appel pour la révision du code pénal à propos des relations mineurs-adultes", dans Le Monde du 23 mai 1977 [10]
  54. "« Mai 68 a généré l’essor de l’industrie capitaliste pornographique et la confusion entre libertinage, liberté et violence » par Malka Malkovich, interview dans Atlantico le 18 février 2018 [11]
  55. "L'autre pensée 68: Contre-histoire de la philosophie", par Michel Onfray, 2018 [12]
  56. Julie Rambal, dans Le Temps du 13 mars 2018 [13]
  57. Jean-François Sirinelli (dir.), « Les horizons perdus », dans Génération sans pareille. Les baby-boomers de 1945 à nos jours, Tallandier, (ISBN 9791021017412, lire en ligne), p. 140, 142
  58. Jacques Dugué s'explique. Libération 21 et 22 janvier 1979.
  59. Serge July, « Bazooka fout la merde. Le graphisme punk. La Science Fiction visuelle devient quotidienne », Libération, 12 août 1977.
  60. a et b Scylla Morel, « Bazooka : un commando graphique à Libération », revue Médiamorphoses.
  61. Biographie du dessinateur Lulu Larsen.
  62. Après un numéro 0 pilote titré Un Regard sur le monde. Épistolier (1978), p. 20.
  63. Autobiographie du Groupe Bazooka.
  64. Anne-Claude Ambroise Rendu, « Un siècle de pédophilie dans les médias », Le temps des médias,‎ (lire en ligne, consulté le 16 mars 2017)
    note de bas de page numéro 26
    .
  65. « Revue Recherches, À propos du numéro 37 », sur www.editions-recherches.com (consulté le 15 septembre 2020)
  66. « Non à l'enfant poupée », propos recueillis par Guy Hocquenghem et Marc Voline, Libération, 10 avril 1979
  67. Tony Duvert, L'Enfant au masculin, éditions de Minuit, 1980, page 106
  68. L'Archange aux pieds nus, interview de Gabriel Matzneff, Le Gai Pied, 1er janvier 1983
  69. "Jacques Dugué répond d'attentats à la pudeur sur des mineurs de moins de quinze ans", par J.-M. Durand-Souffland dans Le Monde du 04 novembre 1981 [14].
  70. bera[source insuffisante]
  71. a b et c Des «révélations» bien intéressées", par Lorraine Millot dans Libération du 23 février 2001 [15]
  72. Libération du .
  73. Les extraits du livre sont ainsi publiés par la presse allemande (Bild), britannique (The Independent) et italienne (La Repubblica).
  74. Marie-Laure Hardy, « Bernard Muldworf : “Il fallait être opposé à la contrainte” », L'Express, 1er mars 2001.
  75. Philippe Sollers: «Je n'ai jamais défendu la pédophilie» — L'Express, du 01 mars 2001, propos recueillis par Céline Faucon.
  76. "L'affaire Cohn-Bendit ou le procès de Mai 68" par Paul Quinio le 23 février 2001  [16]
  77. "Trente ans après, par SERGE JULY, éditorial de Libération 23 février 2001 [17]
  78. "Trois soixante-huitards dénoncent un «procès stalinien»" dansLibération du 23 février 2001  [18]
  79. ""Cohn-Bendit et mai 68 : quel procès ?" pétition dansLibération du 23 [19]
  80. « La loi de la pudeur Michel Foucault Dits Ecrits III texte n°263 »
  81. Les « Comités communistes pour l'autogestion » publient en 1978 une brochure intitulée Homosexualité et Pédophilie, qui laisse une dizaine de pages aux pédophiles pour exprimer leurs revendications. FRED, 1978.
  82. Choub, « La petite différence et sa grande conséquence », dans L’Étincelle no 114, publication de la LCR, février 1981.
  83. Au cours d'une émission de télévision, intitulée « Quelles valeurs pour demain ? », où il présentait le livre d'Ingolf Diener et Eckard Supp Ils vivent autrement — Les Alternatifs de la RFA (Stock, 1982), Daniel Cohn-Bendit déclare, entre autres : « Je viens à 9 heures du matin retrouver mes huit petits gosses entre 16 mois et 2 ans. Je vais leur torcher le cul, Je vais… les chatouiller, ils me chatouillent, on se fait des papouilles. […] Vous savez que la sexualité d’un gosse, c’est absolument fantastique. […] Quand une petite fille, de 5 ans, commence à vous déshabiller… c’est fantastique ! C’est fantastique parce que c’est un jeu absolument érotico-maniaque ! »
  84. L. D. et J.-P. M. « Pédophilie. Polémique autour de propos " insoutenables " de l’ancien leader étudiant. »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) L'Humanité, 24 février 2001.
  85. a et b Insultes sur un plateau télé entre Cohn-Bendit et Bayrou, Le Figaro, 5 juin 2009
  86. (« Le remords de Cohn-Bendit », L'Express, )
  87. L’enquête sulfureuse de Bernard Violet sur l’assassinat du pasteur Doucé, L'Humanité, 18 mai 1994
  88. Magazine Pédo Porno des années 1990
  89. Arrêté du ministre de l'intérieur du portant interdiction de vente d'une revue aux mineurs « considérant les caractères incitatifs à la pédophilie » de cette revue.
  90. Johannes Franck. Pédophiles: des violeurs parmi les voyeurs. Un suspect, chez qui la police avait trouvé des cassettes, s'est pendu. Libération, 20 juin 1997.
  91. Isabelle Monnin, « Pédophilie: du silence à l’obsession »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Le Nouvel Observateur, 26 juin 1997
  92. « Matzneff - Mon candidat se porte bien », Le Point, 19 avril 2017
  93. Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard, « Que reste-t-il de la révolution sexuelle de Mai 68 ? », Le Monde, 1er mars 2001
  94. Leïla Sebbar évoque en 1980 en quatrième de couverture de son ouvrage Le Pédophile et la maman « le silence et la perplexité où se tiennent les femmes, en particulier celles du "Mouvement" ».
  95. Fraisse, 2001 ; Benkimoun et Blanchard, 2001
  96. Pour plus de détails, voir Camilla, 1985.
  97. a b et c Duraz, 1981
  98. Ce guide touristique destiné aux homosexuels a été accusé de fournir des adresses où ses acheteurs pouvaient trouver des jeunes garçons prostitués. Dominique Bari, « Tourisme sexuel : le procès », L'Humanité, 15 février 1995.
  99. La justice néerlandaise interdit et dissout une association pédophile, www.romandie.com, 27 juin 2012
  100. a et b Dutch court outlaws pedophile association, U‑T San Diego, 27 juin 2012
  101. Article sur le site fr.myeurop.info consulté le 11 avril 2013.
  102. « Une association pédophile ne peut être interdite », sur www.7sur7.be, 2 avril 2013.
  103. Philippe Carpentier, « Et en Flandre ? » Dans L'Espoir no 6, juin-juillet 1983.
  104. Philippe Carpentier, « Le cancer de l'Occident chrétien », dans L'Espoir no 27, CRIES, septembre-octobre 1986.
  105. Serge Duraz, « En Allemagne », dans Le Petit Gredin no 3, été 1983
  106. a et b Accusations de pédophilie: les Verts allemands de Cohn-Bendit face à leur passé, Slate, 19 mai 2013
  107. Nelson (1983) parle d'une « opinion publique incrédule » face aux revendications de la NAMBLA.
  108. Parliamentary Joint Committee on the National Crime Authority (1995), 3.9 à 3.13
  109. FRED, 1978.
  110. Serge Duraz, « Le mouvement pédophile en France… » Le petit Gredin no 0, GRED, 1981.
  111. a b c d et e François Michaël, Une enquête sur la presse pédophile, Gai pied hebdo, no 230-231.
  112. Ours et présentation de la revue
  113. Ce qui lui vaut d'être interdit en 1993. Cf l'article Gaie France.
  114. Willy Marceau, « Backside », dans Le petit gredin no 3, GRED, été 1983.
  115. Actualité des parutions du Petit Gredin no 6, GRED, printemps 1985.
  116. Françoise Van De Moortel, 2000.
  117. Sans signature, « Trois ans de prison pour l’organisateur du réseau », dans L'Humanité, 10 septembre 1997.
  118. Philippe Carpentier, « Les rencontres de Copenhague », dans L'Espoir no 21, CRIES, septembre-octobre 1985.
  119. Liliane Binard et Jean-Luc Clouard, Le drame de la pédophilie : état des lieux, protection des enfants, Albin Michel, , p. 98-99.
  120. Entretien de Gabriel Matzneff avec Antoine Perrucho, paru en 1982 dans l'hebdomadaire Gai pied, sous le titre « L'Archange aux pieds nus »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), reproduit sur le site www.matzneff.com.
  121. (« École en bateau : Kameneff condamné à 12 ans de prison », Le Figaro, (consulté le 18 septembre 2016)).
  122. (de) Die Welt, 20 mars 1985.
  123. L. D. et J.-P. M., « Pédophilie. Polémique autour de propos “insoutenables” de l’ancien leader étudiant. »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) L'Humanité, 24 février 2001.
  124. Paul Quinio, « L'affaire Cohn-Bendit ou le procès de Mai 68 », Libération, 23 février 2001.
  125. Jean-Claude Guillebaud, « Droit d'inventaire : trois remarques », L'Humanité, 24 février 2001.
  126. « Gabriel Matzneff : “Le décervelage est à l’ordre du jour” », L'Humanité, 13 novembre 2002
  127. David Thorstad, « Man/Boy Love and the American Gay Movement », dans le Journal of Homosexuality # 20, pages 251-74, 20, 1990.
  128. Éditorial de Gay News du 29 septembre 1983.
  129. Pour plus de détails, voir l'article NAMBLA.
  130. (en) Une page sur cette expulsion sur paedosexualitaet.de
  131. Man arrested after paedophile TV documentary, CNN, 31 octobre 2000
  132. The Danish Pedophile Association has been dissolved, Press release, 21 mars 2004
  133. L'Infini, Gallimard, no 59, automne 1997, « La Question pédophile »
  134. Insoumission. Journal 2016, renaud-camus.net, 20 mai 2016
  135. Pedophilia web site a concern for parents and FBI, Bay News 9
  136. Pedophile Removes Web Photo of Obama's Daughters After Legal Threat, Fox News, 5 mars 2007
  137. Wikisposure : Puellula.com
  138. The Pornography laws, CBC.ca
  139. Gregory J. Walters, Gregory, Human Rights in an Information Age: A Philosophical Analysis, University of Toronto Press, 2002, p. 76
  140. Points 129, Points 241 et 242, des conclusions de la cour : « "I would uphold s. 163.1(4) on the basis that the definition of “child pornography” in s. 163.1 should be read as though it contained an exception for: (1) any written material or visual representation created by the accused alone, and held by the accused alone, exclusively for his or her own personal use; and (2) any visual recording, created by or depicting the accused, provided it does not depict unlawful sexual activity and is held by the accused exclusively for private use. »; « When children are depicted in pornographic representations, the camera captures their abuse and creates a permanent record of it. This constitutes an extreme violation of their privacy interests. By criminalizing the possession of such materials, Parliament has created an incentive to destroy those pornographic representations which already exist. In our view, this beneficial effect on the privacy interests of children is proportional to the detrimental effects on the privacy of those who possess child pornography. (...) When the effects of the provision are examined in their overall context, the benefits of the legislation far outweigh any harms to freedom of expression and the interests of privacy. The legislation hinders the self-fulfilment of a few, but this form of self-fulfilment is at a base and prurient level. Those who possess child pornography are self-fulfilled to the detriment of the rights of all children. The prohibition of the possession of such materials is thus consistent with our Charter values. It fosters and supports the dignity of children and sends the message that they are to be accorded equal respect with other members of the community. In our view, Parliament has enacted a law which is reasonable, and which is justified in a free and democratic society. » R. v. Sharpe, Supreme Court of Canada
  141. Sharpe not guilty of possessing written child pornography - CBC News, 12 mars 2002
  142. Sharpe sentenced to 2 years for indecent assault - CBC News, 20 juillet 2004
  143. a et b Jean-Pierre Stroobants, 2006.
  144. Aux Pays-Bas, une association pédophile est interdite et dissoute, Libération, 18 avril 2014
  145. Jean-Pierre Stroobants (photogr. Marcel van Hoorn), « Droits de l'enfant ou liberté d'expression, les Pays-Bas ont choisi », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 19 avril 2014)
  146. La justice néerlandaise interdit et dissout une association pédophile, Romandie.com, 27 juin 2012
  147. Accusations de pédophilie: le candidat vert Jürgen Trittin en mauvaise posture, Slate, 16 septembre 2013
  148. Les Verts allemands au centre d'une nouvelle polémique sur la pédophilie, Le Monde, 17 septembre 2013
  149. Gilbert, 1981.
  150. Gilesse, 1992.
  151. Ses nouveaux ouvrages sont toujours chroniqués par les grands quotidiens nationaux et font parfois partie des présélections de certains prix importants (La Passion Francesca et Mamma, li turchi aux Renaudot 1998 et 2000).
  152. « Matzneff est un dandy oublié, dans une fin de siècle condamnée à l'uniformité des comportements. », Hugo Marsan, 1993.
  153. Comme certains des peintres et dessinateurs de l'exposition « When love turns to poison » à Berlin en 2004 ((de) Karin Schmidl et Eva Dorothée Schmid, « Kunst oder Pornografie? » [« Art ou pornographie ? »], dans la Berliner Zeitung, 8 avril 2004.
  154. En 1999, L'empereur Tomato-Ketchup, film de Shûji Terayama datant de 1970 et mettant en scène une contre-utopie dans laquelle les enfants prennent le pouvoir et violent des adultes a été saisi par la justice après sa projection à la Cinémathèque de Grenoble, alors qu'il avait un visa d'exploitation. Ce qui a choqué étant simplement « le fait de faire poser des enfants nus ».
  155. Une association de défense de l'enfance a porté plainte en 2000 contre le directeur du Centre d'arts plastiques contemporain (CAPC) de Bordeaux à la suite de l'exposition « Présumés innocents - L'art contemporain et l'enfance », l'accusant d'avoir aidé à la « diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique », alors que les œuvres incriminées ne présentaient manifestement aucun caractère pédopornographique. Lindgaard, 2001 ; Courtois, 2006.
  156. L'essai de Tony Duvert L'Enfant au masculin, publié aux éditions de Minuit, postule ainsi, page 178, que le contact sexuel entre un enfant et un homme adulte ne représente pour l'enfant qu'un rapport homosexuel, qui peut correspondre à son orientation sexuelle et que condamner les pédophiles équivaut à persécuter les homosexuels.
  157. Georges Vigarello, 2004, p. 275. Plus généralement, sous-partie « La certitude d'un irrémédiable trauma », p. 275-281.
  158. Georges Vigarello, 2004, p. 270.
  159. La Pédophilie entre les lignes, Médias no 8
  160. "Le consentement", Vanessa Springora, (lire en ligne)
  161. « Un #moiaussi dans le monde des Lettres en France? », sur La Presse, (consulté le 28 décembre 2019)
  162. « 1990 : Gabriel Matzneff face à Denise Bombardier dans "Apostrophes" | Archive INA - #CulturePrime » (consulté le 28 décembre 2019)
  163. « Denise Bombardier et Bernard Pivot réagissent à l'affaire Matzneff », sur www.20minutes.fr (consulté le 28 décembre 2019)
  164. « « Les temps ont changé, il est devenu indéfendable » : dans un contexte post-#metoo, le malaise Gabriel Matzneff », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 28 décembre 2019)
  165. Georges Vigarello, 2004, p. 271. En 2004, selon L'Annuaire statistique de la justice 2006, 524 viols ont été commis.
  166. Mêmes sources.
  167. Pédophilie : ces chiffres qui enflent et qui font peur, La Dépêche du Midi, 4 septembre 2002
  168. Pédophilie : de la pulsion à l'interdit, lpc.fr
  169. Comment voit-on le monde ? Représentations sociales et réalité, Sciences humaines, 9 novembre 2011
  170. Georges Vigarello, 2004, p. 273.
  171. De 1987 à 1995, le nombre d'articles du Monde contenant les mots « pédophile(s) » ou « pédophilie » s'élevait de 5 à 24, pour la période 2000-2006, ce chiffre était de 122 à 254. Le quotidien québécois La Presse est lui passé de 4 en 1987 à 174 en 2005. Cette augmentation se vérifie pour tous les grands quotidiens francophones.
  172. Georges Vigarello, Histoire du viol, Le Seuil, Coll. « Points Histoire », 2004, p. 273. Ce glissement sémantique a été entériné par le Petit Robert 2004, qui ajoute à la définition de la pédophilie comme simple attirance sexuelle celle de la pratique effective.
  173. Raphael Cohen-Almagor, Euthanasia in the Netherlands: the policy and practice of mercy killing, Springer-Verlag New York Inc., 2004, page 165
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