Hélène Cixous

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Hélène Cixous
Hélène Cixous par Claude Truong-Ngoc 2011.jpg
Hélène Cixous en 2011.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (83 ans)
OranVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Directeur de thèse
Roger Asselineau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Genres artistiques
Littérature fictionnelle (en), essai, théâtre, poésieVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres principales
La Venue à l'écriture (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Hélène Cixous, née le à Oran en Algérie[1], est une écrivaine et dramaturge française. En 1968, elle publie chez Grasset L'Exil de James Joyce ou L'art du remplacement qui connaît un vif succès, et Dedans (Grasset, 1969), pour lequel elle obtient le prix Médicis.

Hélène Cixous est l'auteure de nombreuses pièces écrites pour le Théâtre du Soleil, et sa collaboration avec Ariane Mnouchkine dure depuis 1984. Co-fondatrice du Centre Universitaire de Vincennes, elle y crée en 1974 le premier centre d'études féminines dans une université européenne. Son essai Le Rire de la Méduse (1975) est considéré comme une œuvre déterminante du féminisme moderne[2].

« Elle a partagé toutes les "guerres de libération" : celle de l’Algérie, pays où elle est née, celle de l’université, minée par les archaïsmes, celle des femmes, alors sous la coupe masculine. Avoir été jeune dans cette décennie, dit-elle, était une chance…[3] »

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Née à Oran d'une mère allemande juive et d'un père juif né en Algérie, Hélène Cixous est reçue à l'agrégation d'anglais en 1959. Proche de Jean-Jacques Mayoux, elle rédige une thèse sur James Joyce[3] et obtient un doctorat ès lettres en 1968.

En 1969, elle participe à la fondation de la revue Poétique, avec Tzvetan Todorov et Gérard Genette.

Elle est à l'origine, avec Raymond Las Vergnas, de la création du centre universitaire de Vincennes, après Mai 68[3],[4]. Elle obtient un poste de professeur et fonde le Centre d'études féminines et d'études de genre[5], pionnier en Europe.

À partir de 1983, elle anime un séminaire au Collège international de philosophie.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

À partir de 1967, Hélène Cixous publie une œuvre considérable, composée d'une soixantaine de titres essentiellement parus aux éditions Grasset, Gallimard, Des femmes et Galilée. Elle est en outre dramaturge et ses pièces sont mises en scène par Simone Benmussa au théâtre d'Orsay, par Daniel Mesguich au Théâtre de la Ville et par Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil[3].

Elle publie des textes sur Jacques Derrida et sur James Joyce, mais aussi sur les œuvres de Clarice Lispector, Maurice Blanchot, Franz Kafka, Heinrich von Kleist, Montaigne, Ingeborg Bachmann, Thomas Bernhard, Marina Tsvetaeva, Jean Genet et Samuel Beckett.

Elle a beaucoup écrit sur l'œuvre d'artistes, tels Simon Hantaï, Pierre Alechinsky, ainsi que deux livres sur Adel Abdessemed.

Elle marraine la Société européenne des auteurs et traducteurs.

Elle reçoit le prix Marguerite-Yourcenar 2016[6].

Amitié avec Derrida[modifier | modifier le code]

En 1963, Cixous rencontre Jacques Derrida, avec lequel elle entretient une longue amitié et partage de nombreuses activités à la fois politiques et intellectuelles, comme la création de l'université Paris-VIII, le Centre national des lettres (aujourd'hui Centre national du livre) — 1981-1983 —, le Parlement international des écrivains, le Comité anti-apartheid, des colloques, ou encore des séminaires au Collège international de philosophie. Ils partagent certaines publications communes ou croisées, comme Voiles, avec des dessins d'Ernest Pignon-Ernest, (Galilée, 1998), Portrait de Jacques Derrida en jeune saint juif (Galilée, 2001), H.C. pour la vie, c’est à dire… (Galilée, 2002). Derrida, quant à lui, voit en Hélène Cixous, le plus grand écrivain vivant de langue française.

La Bibliothèque Nationale[modifier | modifier le code]

En 2000, une collection à son nom est créée par la Bibliothèque nationale de France, après qu'Hélène Cixous y a fait don de la totalité de ses manuscrits à ce jour. Ils furent présentés dans l'exposition "Brouillons d'écrivains" qui s'y est tenue en 2001.

En 2003, la BNF organise la conférence "Genèses Généalogies Genres : Autour de l’œuvre d'Hélène Cixous". Parmi les intervenant.e.s figurent Mireille Calle-Gruber, Marie Odile Germain, Jacques Derrida, Annie Leclerc, Ariane Mnouchkine, Ginette Michaud et Hélène Cixous elle-même.

Films[modifier | modifier le code]

En 1989, Cixous et Mnouchkine collaborent au film La Nuit Miraculeuse, commandé par l'Assemblée nationale pour le bicentenaire de la Déclaration des droits de l'homme (diffusé sur FR 3, le 7 décembre 1989).

Entre 2012 et 2018, Hélène Cixous participe à la réalisation du film documentaire d'Olivier Morel, Ever, Rêve, Hélène Cixous[7] (118 minutes, 2018), qui lui est entièrement consacré.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Fiction[modifier | modifier le code]

  • Le Prénom de Dieu (Grasset, 1967)
  • Dedans (Grasset, 1969) - Prix Médicis
  • Le Troisième Corps (Grasset, 1970)
  • Les Commencements (Grasset, 1970)
  • Neutre (Grasset, 1972)
  • Tombe (Seuil, 1973, 2008)
  • Portrait du Soleil (Denoël, 1974)
  • Révolutions pour plus d'un Faust (Seuil, 1975)
  • Souffles (Des femmes, 1975)
  • Partie (Des femmes, 1976)
  • La (Gallimard, 1976)
  • Angst (Des Femmes, 1977)
  • Anankè (Des femmes, 1979)
  • Illa (Des femmes, 1980)
  • Limonade tout était si infini (Des femmes, 1982)
  • Le Livre de Prométhéa (Gallimard, 1983)
  • Déluge (Des femmes, 1992)
  • Beethoven à jamais ou l'Existence de Dieu (Des femmes, 1993)
  • La Fiancée juive de la tentation (Des femmes, 1995)
  • OR, les lettres de mon père (Des femmes, 1997)
  • Osnabrück (Des femmes, 1999)
  • Le Jour où je n'étais pas là (Galilée, 2000)
  • Les Rêveries de la femme sauvage (Galilée, 2000)
  • Manhattan (Galilée, 2002)
  • Rêve je te dis (Galilée, 2003)
  • Tours promises (Galilée, 2004)
  • Rencontre terrestre, en collaboration avec Frédéric-Yves Jeannet (Galilée, 2005)
  • L'Amour même : dans la boîte aux lettres (Galilée, 2005)
  • Hyperrêve (Galilée, 2006)
  • Si près (Galilée, 2007)
  • Cigüe : vieilles femmes en fleurs (Galilée, 2008)
  • Philippines : prédelles (Galilée, 2009)
  • Ève s'évade : la ruine et la vie (Galilée, 2009)[8]
  • Double oubli de l'Orang-Outang (Galilée, 2010)[9]
  • Homère est morte (Galilée, 2014)
  • Gare d'Osnabrück à Jérusalem (Galilée, 2016)

Essais[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • La Pupille (Cahiers Renaud-Barrault, 1971)
  • Portrait de Dora (Des femmes, 1975) Mise en scène, scénographie, décor et costumes de Simone Benmussa. Création au Théâtre d'Orsay, Paris (saison 195/76). - Londres 1979.
  • La Prise de l'école de Madhubaï (Avant-Scène, 1984)
  • L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge (Théâtre du Soleil, 1985; nouvelle édition corrigée 1987)
  • L’Indiade, ou l’Inde de leurs rêves, et quelques écrits sur le théâtre (Théâtre du Soleil, 1987)
  • Les Euménides d’Eschyle (traduction, Théâtre du Soleil, 1992)
  • La Ville parjure ou le réveil des Erinyes (Théâtre du Soleil, 1994)
  • Et soudain, des nuits d'éveil (Théâtre du Soleil, 1997)
  • Tambours sur la digue, sous forme de pièce ancienne pour marionnettes jouée par des acteurs (Théâtre du Soleil, 1999)
  • Rouen, la Trentième Nuit de Mai '31 (Galilée, 2001)
  • Les Naufragés du fol espoir (Théâtre du soleil, 2010)
  • La Fiancée aux yeux bandés (réécriture d'Hamlet, CNSAD, 2011)
  • Une chambre en Inde (co-création avec la troupe du Théâtre du Soleil, 2016)

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Docteur honoris causa[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopædia Universalis, « Hélène Cixous », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 30 janvier 2014).
  2. Frédéric Regard et Martine Reid, Le rire de la Méduse. Études critiques
  3. a b c et d « Hélène Cixous : “En 68 encore, il n’y avait pas de femmes dans le mouvement” - Idées - Télérama.fr », sur www.telerama.fr (consulté le 20 décembre 2017)
  4. Voir sur ipt.univ-paris8.fr.
  5. « Site officiel du Centre d'études féminines-Paris VIII. » (consulté le 21 février 2020)
  6. Antoine Oury, « Le Prix Marguerite Yourcenar remis à Hélène Cixous », sur www.actualitte.com, (consulté le 16 novembre 2016).
  7. (fr + en) « Cixous », sur evercixousmovie.com, (consulté le 12 mars 2019)
  8. « Eve s'évade, Hélène Cixous » (consulté le 21 février 2020)
  9. « Double Oubli de l'Orang-Outang », sur www.editions-galilee.fr (consulté le 21 février 2020)
  10. Marie-Christine Imbault, « Hélène Cixous reçoit le Prix de la langue française », sur Livres Hebdo, (consulté le 14 octobre 2014)
  11. Décret du 13 novembre 2009 portant promotion et nomination
  12. Décret du 11 juillet 2014 portant promotion et nomination
  13. Arrêté du 13 septembre 2016 portant nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres.
  14. « Hélène Cixous : croisées d'une œuvre (1998) », sur www.ccic-cerisy.asso.fr (consulté le 21 février 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]