Centre universitaire de Vincennes

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Centre universitaire
de Vincennes
Histoire et statut
Fondation
Dissolution
Type
Centre universitaire expérimental
Régime linguistique
Localisation
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Le Centre universitaire de Vincennes, dit également Centre universitaire expérimental de Vincennes, a été créé à l'automne 1968 sur décision du ministre français de l'éducation nationale Edgar Faure avec pour objectif de répondre aux conséquences universitaires du mouvement étudiant de mai 1968. Il avait l'ambition d'être un foyer d'innovation net, se caractérisant par son ouverture sur le monde contemporain, ce qui implique son ouverture aux salariés non bacheliers (seconde chance), des disciplines jusque-là non enseignées à l'université (arts, urbanisme, etc.), de nombreux cours en soirée, une pédagogie reposant sur des groupes restreints, une large liberté de choix offerte aux étudiants pour définir leur parcours.

Histoire[modifier | modifier le code]

À la suite de Mai 68, le professeur Raymond Las Vergnas propose en août de la même année à Edgar Faure la création du centre universitaire de Vincennes[1], université expérimentale ouverte aux non-bacheliers dont il pilote la création en s'appuyant sur de nombreuses personnalités intellectuelles.

Dotée d'un statut dérogatoire qui lui permet d’autogérer son découpage disciplinaire, cette université expérimentale, « enfant terrible du mouvement de Mai »[2], ouvre effectivement en janvier 1969, après trois mois de concertations pour former les équipes d'enseignants-chercheurs. Raymond Las Vergnas en est le premier président, mandat qu'il quitte en 1969 pour se concentrer sur sa charge de doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de l'université de Paris.

Le centre universitaire de Vincennes devient, en 1970-1971, l'université Paris VIII-Vincennes, puis, après le transfert de celle-ci à Saint-Denis, l'université de Paris 8-Vincennes à Saint-Denis. Au départ, elle a été conçue comme la sœur jumelle du centre universitaire de Dauphine (devenu université Paris IX-Dauphine), également lancée à cette époque dans l'effervescence intellectuelle de Mai 68[2]. L'histoire de ces deux centres universitaires a divergé dès les origines.

Parmi les enseignants-chercheurs y ayant enseigné, se trouvent de nombreux philosophes, dont François Châtelet, Gilles Deleuze, Jean-François Lyotard, Michel Foucault[3], Alain Badiou, René Schérer, Michel Serres[4], le sociologue Robert Castel, l'arabisant André Miquel, le géographe Yves Lacoste, l'historien Jean Bouvier, le germaniste Gilbert Badia, le neurobiologiste et philosophe Henri Laborit, le mathématicien Claude Chevalley (membre fondateur du groupe Bourbaki) et Denis Guedj qui créent le département de mathématiques, Giorgio Agamben, etc.

Jacques Lacan y a donné une seule conférence, vite interrompue[5].

Ce centre expérimental était caractérisé par une grande liberté laissée aux étudiants et aux mouvements politiques de gauche de l'après-mai 1968, et par une grande effervescence politique.

Construit dans le bois de Vincennes, sur un terrain appartenant à la ville de Paris, le centre universitaire est rasé en 1980, en trois jours seulement, après le déménagement de l'université à Saint-Denis, contre la volonté de ses responsables et de ses usagers. Il n'en reste aujourd'hui aucune trace sur le site[6].

Anciens enseignants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur ipt.univ-paris8.fr.
  2. a et b « Un rêve, deux facs », Le Monde, 29 mai 2008.
  3. « Vincennes : La nef des fous », Le Nouvel Observateur, 13 février 2009.
  4. Voir sur liberation.fr.
  5. Magazine Littéraire, « Spécial Lacan », n° 121, février 1977.
  6. « Vincennes ’70s - Le site de 1969 à 2015 », sur rvdv.net (consulté le 7 juin 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Beaud, Vincennes An III - Le Ministère contre l’Université, Jérôme Martineau, 1971
  • Michel Debeauvais, L'Université ouverte. Les dossiers de Vincennes, Presses universitaires de Grenoble, 1976
  • Sous la direction de Pierre Merlin, Vincennes ou le désir d'apprendre, Alain Moreau, 1979
  • Pierre Merlin, L'Université assassinée, Vincennes 1968-1980, Ramsay, 1980
  • Sous la direction de Jean-Michel Djian, Vincennes, une aventure de la pensée critique, Flammarion, 2009 83 documents reproduits.
  • Bruno Tessarech, Vincennes (lettre à l'université de Vincennes), Paris, Nil, 2011
  • Sous la direction de Charles Soulié, Un mythe à détruire ? Origines et destin du Centre universitaire expérimental de Vincennes, Presses universitaires de Vincennes, 2012
  • Danielle Tartakowsky, Construire l'université au XXIe siècle, récits d'une présidence, Paris 8 2012-2016, éditions du Détour, 2017

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documents[modifier | modifier le code]