Romain Goupil

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Romain Goupil
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Romain Goupil en 2010.

Nom de naissance Romain-Pierre Charpentier
Naissance (64 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France française
Profession Réalisateur
Scénariste
Acteur
Films notables Mourir à trente ans

Romain Goupil, de son vrai nom Romain-Pierre Charpentier, est un réalisateur français né le à Paris. Politiquement engagé, ancien leader lycéen en mai 1968 et longtemps militant trotskiste, il a évolué dans les années 2000 vers des positions néo-conservatrices.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Romain Goupil s'est intéressé très tôt au cinéma, son père Pierre Goupil étant chef opérateur et sa grand-mère Lita Recio une comédienne, particulièrement célèbre dans le monde du doublage. Ses deux premiers courts-métrages sont ainsi réalisés à l'âge de seize ans : L'exclu et Ibizarre, d'abord programmés sur l'ORTF, puis censurés. Scolarisé au lycée Condorcet, il en est exclu à cause d'une grève dont il a été un des initiateurs et de son activité politique : il crée les Comités d'action lycéens, qui seront à la pointe de la révolte étudiante de Mai 68. En janvier 1968, la mobilisation étudiante aboutit à sa réintégration au lycée Voltaire[1]. En 1970, il devient stagiaire puis assistant opérateur pour Robert Ménégoz, puis assistant réalisateur pour Chantal Akerman, Roman Polanski et Jean-Luc Godard.

Il réalise deux nouveaux courts-métrages, Le Père Goupil, puis Coluche Président avant d'obtenir le prix de la Caméra d'or au Festival de Cannes, le César de la meilleure première œuvre et une nomination aux Oscars pour son premier long-métrage, Mourir à trente ans, consacré à son copain Michel Recanati et réalisé à partir des épreuves de tournage tournés par Romain Goupil avant et après Mai 68 en vue de la réalisation d'un film militant qui devait s'appeler De la révolte à la Révolution. Son activité oscillera ensuite entre longs-métrages, courts-métrages et documentaires. Il a également écrit plusieurs ouvrages.

En 2012, il a présidé le jury du Festival de Chartres, un festival de courts-métrages réalisés de l'école à l'université, au côté de Matila Malliarakis notamment.

Engagements[modifier | modifier le code]

Militant trotskiste membre de la Ligue communiste, Romain Goupil était responsable du service d'ordre. Il s'est peu à peu détaché de la LC/LCR surtout après le 21 juin 1973 et l'autocritique qui fut faite dans cette organisation sur cette soirée d'affrontements contre la police qui protégeait une réunion publique du mouvement d'Ordre nouveau. La direction du service d'ordre de la LC — appelé CTS ou « commission très spéciale » — avait l'habitude des actions de commandos ultra-violentes mais ce soir-là toutes les limites ont été dépassées, les combats laissent 76 policiers blessés[2] parmi les forces de l'ordre. Si la LC n'était pas la seule organisation dont les militants s'affrontèrent à la police, elle fut la seule à être dissoute (avec Ordre nouveau), même si elle se reconstitue rapidement en canalisant l'élan de solidarité (même le PCF avec Jacques Duclos se sent obligé de participer à un meeting de protestation au Cirque d'hiver) à la suite de cette dissolution. Le suicide de Michel Recanati, dit « Ludo », responsable de la CT, mis en accusation après le 21 juin et prié de s'éloigner de la direction de la LC puis disparu et dont on n'identifiera le cadavre (il s'était jeté sous un train le 23 mars 1978) que quelque temps après son passage à l'acte, a profondément marqué Goupil.

C'est lui qui a poussé Coluche à se présenter à l'élection présidentielle.

En 1995 lors du débat sur Les Enfoirés, il se positionne contre Les Restos du Cœur qui « donne un alibi et une bonne conscience » alors que, dit-il, « les gens qui n'ont pas à manger c'est un vrai problème politique »[3].

Il figure aux élections européennes de 1994 sur la liste L'Europe commence à Sarajevo.

Il est signataire de l'appel de soutien à l'Initiative de Genève[4], plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël.

En 2010, il se mobilise pour la cause des travailleurs étrangers en situation irrégulière en grève aux côtés de nombreux cinéastes et artistes[5].

Résident de la plus grande cité d'artistes d'Europe, la cité Montmartre-aux-artistes, après ses grands-parents, le chansonnier Robert Charpentier dit Goupil (1896-1938) et la comédienne Lita Recio (1906-2006), et son père, le chef opérateur Pierre Goupil (1930), il défend les locataires contre les expulsions en s'engageant au sein de l'Association des locataires de Montmartre-aux-artistes (ALMA) dont il est un temps président. La cité est présente dans au moins un plan de chacun de ses films et plus largement dans Les Jours venus (2015)[6],[7].

Soutien à la politique américaine en Irak[modifier | modifier le code]

En 2002 et 2003, il s'exprime en faveur de la guerre contre l'Irak. Le , peu avant le déclenchement de la guerre, il publie une tribune dans Le Monde pour approuver l'administration Bush : « Saddam doit partir, de gré ou de force ! »[8]

« Saddam Hussein n'est sans doute pas le seul dictateur, mais lui, au moins, nous avons la possibilité de le mettre hors d'état de nuire en soutenant la pression des forces anglo-américaines aux frontières de l'Irak.
D'atermoiements en tergiversations, plus on attend, plus il en coûte aux populations irakiennes, plus l'ONU se déconsidère.[…]
Il serait calamiteux que Paris, par gloriole et entêtement, aille au veto, au risque de casser la solidarité occidentale et d'ébranler un peu plus l'Europe (laquelle, rappelons-le, ne se réduit pas au seul axe Paris-Berlin).
Que Saddam parte, de gré ou de force ! Les Irakiens, Kurdes, chiites mais aussi bien sunnites respireront plus librement et les peuples de la région en seront soulagés.
Après Milošević, les Balkans ne sont pas le paradis, mais il y règne davantage de paix et moins de dictature. L'après-Saddam ne sera pas rose, mais moins noir que trente années de tyrannie, d'exécutions sommaires et de guerre. »

Il publie une autre tribune, le 14 avril, également cosignée par Pascal Bruckner et André Glucksmann, qui s'insurge de la position distante de la France vis-à-vis des choix politiques des États-Unis dans le dossier irakien[9].

Son soutien à l'offensive américaine contre l'Irak n'est pas remis en cause après le constat de l'absence d'armes de destruction massive en Irak. Revenant sur ces prises de positions, Béligh Nabli ironise sur « ces doctrinaires de la “guerre juste” » et pointe du doigt la responsabilité de ces néoconservateurs dans le « chaos dantesque » qu'est devenu l'Irak, « un État fragilisé et une société meurtrie, toujours en quête de stabilité et de sécurité »[10]

Goupil est membre du Cercle de l'Oratoire qui a donné naissance à la revue d'orientation néo-conservatrice Le Meilleur des mondes. Dans un autre livre toujours co-rédigé avec Pascal Bruckner et d'autres personnes influentes dans les milieux néo-conservateurs, il exprime son soutien en faveur d'une intervention militaire contre l'Iran.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Comme assistant réalisateur[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Artières, Michelle Zancarini-Fournel, Soixante-huit, une histoire collective, La Découverte, , p. 358
  2. Nicolas Lebourg, « Les violences de l'ultra-gauche et de l'extrême droite radicale ont un point commun: notre société sans projet », slate.fr, 26 février 2014.
  3. [1]
  4. « Il faut soutenir le Pacte de Genève », Marianne, 1er décembre 2003.
  5. « Solidaires des travailleurs sans-papiers en grève » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur L'Humanité
  6. « Artistes ayant vécu ou travaillé à Montmartre-aux-artistes » sur montmartre-aux-artistes.org.
  7. Jean-François Cadet, « Le jour où Romain Goupil est venu », Vous m'en direz des nouvelles, Radio France international, 3 février 2015 (à 21 min, présentation de la cité par Romain Goupil et Frédéric Sénot de la Londe).
  8. « Saddam doit partir, de gré ou de force ! », Le Monde, .
  9. Pascal Bruckner, André Glucksmann et Romain Goupil, « Point de vue : la faute », Le Monde, 14 avril 2003.
  10. Béligh Nabli, « Irak : silence des néoconservateurs français », huffingtonpost.fr, 16 juin 2014.