Catherine Millet

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Catherine Millet
Catherine Millet par Marc Bervillé.jpg
Catherine Millet en 2013.
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Catherine Millet, née le à Bois-Colombes, est critique d'art, commissaire d'exposition et femme de lettres française.

Personnalité de l'art contemporain, elle s'est fait connaître du « grand public » avec son livre La Vie sexuelle de Catherine M..

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en 1948, Catherine Millet entre dans la vie active à l’âge de 18 ans. Fille de Louis Millet, moniteur d'auto-école et de Simone, qui se suicide[1], elle partage la vie de Daniel Templon qui ouvre une galerie d’art contemporain ; elle-même entre en 1968, comme critique d’art aux Lettres françaises, hebdomadaire culturel dirigé par Louis Aragon. Elle publie dès lors dans de nombreuses revues d’art en France et à l’étranger, telles que Opus, Connaissance des arts ou Flash Art, et participe à la création de la revue l’Art vivant, éditée par la galerie Maeght.

Elle s’attache simultanément à promouvoir les artistes contemporains français (notamment le groupe Support-Surface) et à mieux faire connaître en France les avant-gardes étrangères, art minimal et art conceptuel, puis publie en 1972 un recueil d’articles : Textes sur l'art conceptuel.

En 1972, avec Daniel Templon et le collectionneur Hubert Goldet, elle fonde la revue Art Press dont elle est toujours directrice de la rédaction, aux côtés de Jean-Pierre de Kerraoul, directeur-gérant. Elle confie la maquette du journal et le logo du titre au designer Roger Tallon. Proche à sa création du mouvement « Tel Quel », la revue reste fidèle à la pensée des écrivains et des théoriciens qui y ont participé (Philippe Sollers, Roland Barthes, Jacques Lacan...). En 1992, la revue, financièrement indépendante, est devenue bilingue (français-anglais) afin d’accroître sa diffusion internationale.

À partir de 1981, Catherine Millet partage la vie de l’écrivain Jacques Henric qu’elle épouse dix ans plus tard.

En 1971 et 1977, Catherine Millet est commissaire pour la Biennale de Paris et en 1981, commissaire pour le Musée d'art moderne de la ville de Paris d’une vaste exposition internationale intitulée Baroques 81, une des premières manifestations d’un art contemporain désigné comme « post-modernité ». À plusieurs reprises, dans le cadre des échanges culturels organisés par l’AFAA (aujourd’hui Institut français), elle organise des expositions d’artistes français à l’étranger : Douze artistes français dans l’espace (1985, Japon, Corée), Hors tendances (1987, Italie, Portugal).

En 1989 elle est nommée commissaire pour la France à la Biennale de São Paulo au Brésil. Parallèlement à la sélection française (Alain Jacquet, Antonio Semeraro et Philippe Thomas), qui reçoit le Prix de la meilleure participation nationale, elle présente également une rétrospective Yves Klein. En 1995, commissaire du pavillon français à la Biennale de Venise, elle choisit César qui réalise à cette occasion une œuvre monumentale. L’année précédente, elle participe à la fondation de l’ADIAF, Association pour la diffusion internationale de l’art français.

En 1987, Catherine Millet, déjà auteure d’une monographie sur Yves Klein (1982, puis 2008), publie un panorama, L'art contemporain en France, qui depuis, a fait l’objet de plusieurs rééditions mises à jour (1994, puis 2005) et de traductions. Dix ans plus tard, L'art contemporain est un ouvrage plus généraliste qui a également été actualisé, réédité et traduit (édition augmentée en 2006 sous le titre L'art contemporain : histoire et géographie). En 2009, L'art contemporain en France et L'art contemporain : histoire et géographie paraissent en langue persane.

En 2001, elle aborde une activité plus littéraire avec un récit autobiographique, La Vie sexuelle de Catherine M., obtient le Prix Sade 2001 et rencontre un succès mondial au travers de quarante-sept traductions et plus de deux millions et demi de lecteurs. Riquet à la houppe, Millet à la loupe (2003) est également un court récit autobiographique en même temps qu’un hommage à Charles Perrault, à l’occasion du tricentenaire de la mort de cet auteur. Dalí et moi (2005) est un essai critique (traduit en anglais, en allemand et en russe) sur les écrits du peintre. Jour de souffrance parait en août 2008.

En 2014, Catherine Millet publie Une enfance de rêve, où elle raconte son enfance, son père, sa mère, dans les années d’après-guerre, pour essayer de comprendre comment on peut grandir sans se fabriquer une morale, et comment naît le désir d’écrire. L'ouvrage est couronné la même année du prix La Coupole[2].

En avril 2016, Catherine Millet reçoit le Prix François Morellet des mains de Régine Catin, Laurent Hamon et Philippe Méaille. Remis lors des Journées Nationales du livre et du vin (Saumur), en partenariat avec le Château de Montsoreau-Musée d'art contemporain, il récompense une personnalité pour son engagement et ses écrits en faveur de l'art contemporain[3].

Polémique[modifier | modifier le code]

En décembre 2017, Catherine Millet déclare sur France Culture : « C’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol, on s’en sort. »[4]

Catherine Millet participe avec 100 autres femmes, dont Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie et Ingrid Caven, à une tribune dans le journal Le Monde du affirmant que « Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste » ; « Cette fièvre à envoyer les « porcs » à l’abattoir, loin d’aider les femmes à s’autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires » ou encore « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »[5]. Cette tribune est fortement critiquée, y compris par des personnalités politiques comme Ségolène Royal ou la secrétaire d’État Marlène Schiappa[6].

Sur la plateau de l'émission Quotidien du , elle dit à propos des frotteurs dans le métro : « J'ai une certaine compassion pour les frotteurs. Quelqu'un qui en est réduit à ça pour trouver une satisfaction sexuelle doit être dans une certaine misère sexuelle »[7]. Dans la même émission, elle affirme être contre la loi sur les violences sexuelles et le harcèlement de rue[8] proposée par Marlène Schiappa pour courant 2018[9].

Le , dans une tribune[10], elle affirme qu'il vaut mieux se laisser violer que de résister, au risque de perdre la vie[11]. Elle fait probablement allusion au meurtre d'Anne Lorraine Schmitt, étudiante de 23 ans, poignardée pour avoir résisté à une tentative de viol le [12]. En réaction, le père de la victime qualifie cette position de « totalement répugnante »[13].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Alix Cleo Roubaud, catalogue de la BNF, 2014
  • Zéro : avant-garde internationale des années 1950-1960, par Jean-Hubert Martin, Rainer Zimmermann, Catherine Millet, et Bazon Brock, catalogue d'exposition, 2006
  • Almodovar : exhibition !, Serge Toubiana, Frédéric Strauss, Matthieu Orléan, et Catherine Millet, catalogue de la Cinémathèque de Paris
  • César à Venise, Catherine Millet, Philippe Sollers et Jacques Boulay, Éditions du Regard, 1990

Récits[modifier | modifier le code]

Essais littéraires[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]

  • D'artpress à Catherine M. Entretiens avec Richard Leydier, Gallimard, 2011

Ouvrages sur l'art[modifier | modifier le code]

  • Le corps exposé, Éditions Cécile Defaut, 2011
  • Champion Métadier, Gallimard, 2007
  • L'art contemporain : histoire et géographie, Champs Flammarion, 2006 et 2009
  • Dali et moi, Gallimard, 2005
  • Conversations avec Denise René, Adam Biro, 2001
  • François Arnal : monographie de l'œuvre, Cercle d'art, 1998
  • L'art contemporain, Flammarion, coll. « Dominos », 1997
  • La critique d'art s'expose, J. Chambon, 1995
  • De l'objet à l'œuvre, les espaces utopiques de l'art, artpress, 1994
  • Roger Tallon, designer, Éditions du Centre Pompidou, 1993
  • L'art contemporain en France, Flammarion, 1987 ; réédition augmentée, 2005 (avec la collaboration de Richard Leydier)
  • Yves Klein, artpress-Flammarion, 1983 ; artpress, 2006
  • Textes sur l'art conceptuel, Daniel Templon, 1972

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Wilder, Un provocant abandon, Desclée de Brower, 2004
  • Jacques Henric
    • Légendes de Catherine M., Denoël, 2001.
    • Catherine "M", l'album, éd. L'Instantanée, 2004
  • Béatrice Nodé-Langlois, "Jour de souffrance" de Catherine Millet, La Critique parisienne, n°60, octobre 2008.
  • Entretien radiophonique : Par les temps qui courent par Marie RicheuxJe ne sais pas ce qu’est l’amour, et je ne suis pas sûre de savoir très bien ce qu’est le sexe non plus [2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1], The Guardian
  2. a et b « Le prix de la Coupole à Catherine Millet », sur nouvelobs.com, (consulté le 22 mai 2014)
  3. « Prix François Morellet », art press,‎ (lire en ligne)
  4. Sandra Lorenzo, « Brigitte Lahaie et Catherine Millet sur le viol : ce que la science leur répond », Huffington Post.fr,‎ (lire en ligne)
  5. Collectif, « « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  6. « Pour Marlène Schiappa, la tribune des 100 femmes comporte "des choses profondément choquantes, voire fausses" », France Culture,‎ (lire en ligne)
  7. « Catherine Millet : "J'ai de la compassion pour les frotteurs du métro !" », tmc,‎ (lire en ligne)
  8. « Invitée - Catherine Millet : "Les féministes exagèrent le harcèlement sexuel" », tmc,‎ (lire en ligne)
  9. Gaëlle Dupont, « Une loi sur les violences sexuelles et le harcèlement de rue annoncée pour 2018 », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  10. (es) Catherine Millet, « Tribuna | La mujer no es solo un cuerpo », El País,‎ (ISSN 1134-6582, lire en ligne)
  11. Le Point, magazine, « Catherine Millet s'explique sur son « regret de ne pas avoir été violée » », Le Point,‎ (lire en ligne)
  12. « Catherine Millet s'explique sur son "regret de ne pas avoir été violée" (et va encore plus loin) », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  13. « Le père d’Anne-Lorraine Schmitt répond à Catherine Millet », Valeurs actuelles,‎ (lire en ligne)
  14. Information publiée par Le Magazine littéraire /article?id=13771.

Liens externes[modifier | modifier le code]