Roland Leroy

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Roland Leroy
Illustration.
Fonctions
Député 1956-1958
puis 1967-1981
puis 1986-1988
Gouvernement IVe République-Ve République
Groupe politique PCF
Biographie
Date de naissance (92 ans)
Lieu de naissance Saint-Aubin-lès-Elbeuf (France)
Résidence Seine-Maritime

Roland Leroy est un homme politique et journaliste français, né le à Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime). Il est directeur du journal L'Humanité de 1974 à 1994.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d'un père ouvrier ajusteur aux chemins de fer, proche de l'anarcho-syndicalisme et d'une mère ouvrière textile, Roland Leroy embrasse la même profession que son père en 1942[1]. Militant clandestin au Mouvement Jeunes Communistes de France en 1942, il est chargé de la diffusion de la propagande et accède en 1943 à la direction des Jeunesses communistes dans son département. Parallèlement il entre dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.

Entre 1945 et 1947, il exerce à nouveau son métier de cheminot tout en demeurant un militant fort actif du Parti communiste français. Il gravit ensuite les échelons du PCF : secrétaire fédéral de Seine-Maritime, membre du Comité central (1956-1994)[2], du Bureau politique (1964-1994) et du Secrétariat (1960-1979). Au début des années 1970, bien qu'étant en désaccord avec l'idée même d'une union programmatique avec le P.S., il anime le groupe chargé de rédiger le Programme commun[3]. Après plusieurs échecs aux élections cantonales et législatives, il est élu député de la Seine-Maritime de 1956 à 1958, de 1967 à 1981, puis de 1986 à 1988[4].

Ami intime de Louis Aragon, il l’accompagne dans son travail de deuil à la suite du décès d’Elsa Triolet en 1970[3].

Roland Leroy avait la réputation d'être sceptique sur l'Union de la gauche entre le PS et le PCF telle qu'elle s'était forgée, et la responsabilité de la rupture de 1977 lui fut imputée[réf. nécessaire]. Cependant, il est exclu du secrétariat de Comité central, brutalement, au Congrès de 1979, quelques semaines après que Le Nouvel Observateur a mis sa photo à la une avec la légende « les nouveaux communistes », Georges Marchais ne lui pardonnant pas d'être le principal représentant de la ligne nouvelle du P.C.F.

En janvier 1979, Marc Croissant, membre de la commission homosexualité au sein du Centre d'études et de recherches marxistes (CERM) du PCF et employé à la mairie communiste d'Ivry-sur-Seine, fait part de son inquiétude à Roland Leroy du traitement d'un fait divers impliquant un jeune homosexuel dans L'Humanité ; il est écarté de la commission et perd son travail[5]. Cette affaire doit être replacée dans le cadre complexe des relations entre les courants homosexuels révolutionnaires et les partis politiques, notamment communiste et trotskystes ; au sein du P.C.F, les plus virulents homophobes étaient les staliniens (Duclos) et certains, plus sociaux-democrates, comme Pierre Juquin.

Lors de la fête de l’Humanité, en septembre 1981, quelques mois après la victoire électorale de François Mitterrand et de l’Union de la gauche, il est chargé du discours traditionnel et critique les concessions du gouvernement à ce qu’il appelle « les vaincus d’hier », c’est-à-dire la Droite. Il marquait ainsi le scepticisme d’une partie de la direction du PCF sur la politique mise en œuvre.

En 2012, à l'occasion du centenaire de la naissance de Louis Aragon, il participa à un colloque au siège de l'Humanité avec l'écrivain Jean d'Ormesson, lui aussi admirateur de l'écrivain.

Le journaliste[modifier | modifier le code]

Roland Leroy dirige L’Humanité de 1974 à 1994. Lors de la parution de L'Archipel du Goulag, il prend part en 1974 à la vaste campagne qui a pour but de stigmatiser Soljénitsyne[6]. Il dénonce notamment Le Nouvel Observateur qui soutient le dissident comme étant « à la pointe de l’entreprise antisoviétique et anticommuniste »[6].

Polémiste, il intervient dans l’émission Vendredi soir sur France Inter, où des journalistes débattent de l’actualité : Pierre Charpy (1919-1988) (La Lettre de la nation RPR), Jean d’Ormesson (Le Figaro), Claude Estier (L'Unité PS), Henri Amouroux (giscardien).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Roland Leroy (dir.) avec Pierre Clavilier et Valère Staraselski, Un siècle d’Humanité, 1904- 2004, éditions le cherche midi, 2004
  • La Culture au présent, 1972, préf. de G. Marchais
    Texte très dense sur la conception de la culture par le PCF.
  • La Quête du Bonheur, Grasset, 1995

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Grand Livre des Rouennais : Qui est qui dans l’agglomération rouennaise ? (préf. Guy Pessiot), éd. du P'tit Normand, , 253 p. (OCLC 468723694), p. 143

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marion d’Allard, « Roland Leroy se raconte sur France Culture », sur L'Humanité.,
  2. Il avait appartenu au comité central avant 1954 mais en avait été retiré à cette date puis réélu en 1956 au XIVe congrès tenu au Havre. Cf. L'Humanité, 8 juin 2001.
  3. a et b Stéphane Manchematin, « Roland Leroy », émission À voix nue sur France Culture, 18 juin 2012.
  4. « Roland Leroy », fiche sur assemblee-nationale.fr.
  5. Benoît Bréville, « Homosexuels et subversifs », Manière de voir n°118, août-septembre 2011, pages 14-17.
  6. a et b François Hourmant, Le désenchantement des clercs : Figures de l'intellectuel dans l'après-mai 68, Presses universitaires de Rennes, coll. « Res publica », 1 mai 1997

Liens externes[modifier | modifier le code]