Affaire Dutroux
| Affaire Dutroux | |
Plaque apposée sur la clôture du chemin de fer, face à la maison de Marc Dutroux à Marcinelle. | |
| Chefs d'accusation | Assassinats, enlèvements, séquestrations, viols, trafic |
|---|---|
| Auteurs | Condamnés : Marc Dutroux, sa femme Michelle Martin, Michel Lelièvre Mis en cause : Michel Nihoul (disculpé sauf pour le trafic) |
| Pays | |
| Date | 1995-1996 |
| Nombre de victimes | 14 (dont 5 tuées incluant un complice) |
| Jugement | |
| Statut | Affaire jugée |
| Tribunal | Cour d'assises d'Arlon |
| Date du jugement | |
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L’affaire Dutroux est une affaire criminelle belge, au retentissement mondial, qui commence en 1996 comme un sujet pour fait-diversiers et devient un séisme politique et judiciaire. Son principal protagoniste est le Belge Marc Dutroux qui sera condamné pour des activités relevant de la pédocriminalité, pour séquestrations, viols et assassinats de fillettes et d'adolescentes, dont Julie et Mélissa, An et Eefje, Sabine et Laëtitia, trois couples de victimes que la réalité des faits laisse indissociables dans la mémoire des Belges.
L'émoi provoqué dans le pays tout entier par des disparitions récurrentes puis par la découverte de deux survivantes, suivi de la difficile compréhension populaire d'un arrêt de dessaisissement de juge, amènent plus de 350 000 personnes à envahir Bruxelles le . Cette Marche blanche entraine la création d'une commission d'enquête parlementaire qui confirmera d’inacceptables manquements policiers et judiciaires, ce qui obligera l'État à de profondes réformes institutionnelles et débouchera aussi sur la création en 1998 de Child Focus, une fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités.
Contexte
[modifier | modifier le code]L'affaire Dutroux commence dans un pays déstabilisé depuis 1982 par plusieurs affaires criminelles qui ont mobilisé les systèmes policier, judiciaire et politique sans forcément trouver de conclusion — comme les tueries du Brabant (1982-1985, braquages, 22 blessés et 28 morts, jamais résolues), les attentats des Cellules communistes combattantes (1984-88, 3 blessés et 2 morts, condamnations des membres), l'assassinat d'André Cools ex-vice-premier ministre, président du Parti socialiste et du Parlement wallon (1991-98, deux condamnations), l'affaire Agusta-Dassault (1994-98, corruption politique, sept hommes politiques et un industriel français mis en cause, prison avec sursis, amendes, interdictions d'exercice d'une fonction publique), l'affaire Marc et Corine (1992-96, séquestration, enlèvement, viol, meurtres, 4 victimes, deux procès en assises, condamnations), l'affaire du Dépeceur de Mons (1996-97, 5 mortes, jamais résolue) — qui ont chaque fois secoué la population, créé et entretenu un climat de méfiance quant à l'efficacité de l'appareil répressif[1].
Le « terrible été de 1996 », où une enfant disparue est retrouvée séquestrée avec une autre enlevée 80 jours plus tôt et où se déclenche bruyamment la procédure contre Marc Dutroux et consorts, va se dérouler « dans un contexte de fort antipolitisme » allant jusqu'à obliger le Parlement d'avancer au sa rentrée traditionnelle du deuxième mardi d'octobre[2].
Les faits
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Le , deux amies âgées de quasiment 8 ans, Julie Lejeune et Mélissa Russo, disparaissent à Grâce-Hollogne, près de Liège. Le , deux jeunes adultes et amies – An Marchal, 17 ans, et Eefje Lambrecks, 19 ans – disparaissent à Ostende en Flandre occidentale, à l'autre bout de la Belgique. Le , la pré-adolescente Sabine Dardenne, 12 ans, disparait à Kain (section de Tournai) en Wallonie picarde et le suivant c'est le tour de Laëtitia Delhez, 14 ans, à Bertrix en province de Luxembourg.
L'enquête sur la disparition de la dernière de ces disparues provoque l'arrestation de plusieurs personnes dont, le , un couple : Marc Dutroux, 39 ans, déjà connu des services de police, notamment pour viols et séquestration sur mineurs entre 1983 et 1985, et son épouse Michelle Martin, 36 ans, connue également. Les indications et aveux partiels du mari, deux jours plus tard, permettent de découvrir Sabine Dardenne et Laëtitia Delhez, vivantes, dans la cache de la maison dont il est propriétaire à Marcinelle, puis de trouver les corps de ses autres victimes : le , ceux de Julie et Mélissa, mortes de faim et de soif, ensevelies dans le jardin de la maison de Sars-la-Buissière (domicile de Michelle Martin[3]) et, le , les ossements d'An et Eefje, enterrées vivantes à Jumet, sous le hangar du comparse Bernard Weinstein[4], [5].
L'enquête a notamment établi qu'il y a eu enlèvements des fillettes et des adolescentes, plusieurs viols, séquestrations et meurtres[6].
Julie et Mélissa
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Le samedi 24 juin 1995, après avoir joué dans la maison familiale des Russo, les fillettes obtiennent vers 17 h l'accord de Carine Russo, la maman de Mélissa, pour aller brièvement saluer les voitures qui passent sur l'autoroute E42 proche de leur domicile depuis le pont qui la surplombe. C'est le dernier endroit où elles sont localisées vivantes.
Une demi-heure plus tard, Carine Russo s'inquiétant de ne pas les voir rentrer, part à leur recherche à vélo. À 18 h, elle reprend des recherches en voiture avec la maman de Julie, Louisa Lejeune. « À 18 h 45, elles avertissent la gendarmerie de Grâce-Hollogne, certaines qu'il est arrivé quelque chose aux enfants. À 21 h 30, un chien pisteur est conduit sur le pont de l'autoroute. La nuit est tombée. Les premières battues s'organisent, à la lueur des lampes de poche. Deux gendarmes de la BSR (brigade de surveillance et de recherche) se rendent aux domiciles des parents. L'asbl Marc et Corine est contactée, pour démarrer une campagne d'affichage. Un signalement national est lancé. Le dimanche 25 juin 1995, à l'heure du petit-déjeuner, les Belges entendent pour la première fois à la radio les prénoms de Julie et Mélissa »[7].
Le 2 juillet, soit 8 jours après, trois personnes témoignent avoir vu les enfants, dont une septuagénaire qui donne des informations utiles : un homme de taille moyenne, ni jeune ni vieux, a fait monter les fillettes dans sa voiture et est reparti. Elle ne peut préciser la marque du véhicule. Ce seul témoignage utile et crédible mais trop sommaire ne permettra pas de retrouver Julie et Mélissa. Le 4 juillet, les parents Lejeune et Russo organisent une conférence de presse et lancent un appel au ravisseur avec promesse de rester discrets. Tout est mis en œuvre pour retrouver les enfants : distributions d'affichettes avec reproduction de leurs visages souriants côte à côte, articles de presse, informations télévisées. Les parents Lejeune et Russo comme leurs amis se dépensent sans compter ; ils exigent, et obtiennent, du ministre Stefaan De Clerck la création d'une cellule spécialisée dans la disparition d'enfants, qui n'existe pas en Belgique à l'époque[8].
La disparition des petites suscite une très vive émotion en Wallonie, mais il faudra attendre plus de 400 jours pour retrouver leurs corps.

Enquêteurs et public apprendront, après l'arrestation de Marc Dutroux et au cours du procès, les circonstances de leur mort. Marc Dutroux les avait enfermées dans une cache et leur procurait de la nourriture. Arrêté le 6 décembre 1995 « pour avoir enlevé trois personnes Jadot, Rochow et Divers avec lesquelles il avait un différend dans le cadre d'un trafic de voitures »[9], il a chargé sa femme Michelle Martin et Michel Lelièvre de nourrir les enfants, ce que ne feront ni l'un ni l'autre. Les raisons de l'épouse ont été données : « j'en ai été incapable (…) Je n'imaginais même pas deux petites filles (…) c'était comme des bêtes sauvages ». Quant à prévenir la police, elle l'a « peut-être imaginé mais n'a jamais osé le faire (…) il était inconcevable qu'elles meurent »[10].
Enquêteurs et public apprendront de même que dans le cadre de cet enlèvement de trois personnes, une perquisition a été menée le 13 décembre au domicile de Marcinelle et que le gendarme René Michaux a entendu un moment des voix enfantines mais a conclu qu'elles étaient celles d'enfants présents sur le trottoir. Ni René Michaux ni ses collègues n'ont découvert la cache où étaient alors, très probablement, Julie et Mélissa[11].
À son retour de prison en mars 1996, Marc Dutroux y trouve les petites déshydratées et leur donne à boire tant bien que mal. Julie meurt, il emporte son corps pour le placer dans un congélateur en disant à Mélissa que son amie est à l'hôpital. Mélissa, trop faible pour manger une madeleine entière meurt quatre jours plus tard. L'homme transporte alors les cadavres à Sars-la-Buissière pour les enterrer dans un trou de trois mètres de profondeur creusé à l'excavatrice[12].
An et Eefje
[modifier | modifier le code]Le 22 aout 1995, alors que Julie et Mélissa ont disparu depuis deux mois, An Marchal et Eefje Lambrecks, Hasseltoises en vacances à Westende avec cinq amis du groupe théâtral Harlekijn de Hasselt, se sont rendues en tram au casino de Blankenberge pour assister au spectacle de l'illusionniste Rasti Rostelli et s'y sont fait hypnotiser, ce qui les a laissées un peu confuses et fera suspecter l'artiste, un temps, de leur disparition. Ratant le dernier tram de 23 h 43 pour rentrer directement à Westende, elles ne prennent que celui de 0 h 44 qui les amène à Ostende où leur présence sera attestée par plusieurs personnes. Le lendemain, leurs amis s'inquiètent de voir qu'elles ne sont pas rentrées, contactent la police de Westende puis, le soir, les parents des deux jeunes filles qui déclarent eux-mêmes la disparition à la police de Hasselt[13].
L'enquête ne révélera qu'en 1996, principalement par les dires de différents accusés, que Marc Dutroux s'est rendu à la côte belge en Citroën CX avec Michel Lelièvre, locataire de sa maison de Marchienne-au-Pont, dans l'espoir de trouver des filles. Ils repèrent une première fois les jeunes filles dans la ville d'Ostende et la deuxième fois alors qu'elles font de l'auto-stop à la sortie de la cité. Embarquées volontairement, An et Eefje sont « neutralisées » peu après avec du Rohypnol et de l'Haldol. Suit un voyage chaotique — la voiture tombe en panne, obligeant Marc Dutroux à réveiller deux Irlandais dormant sur un parking pour qu'ils le conduisent à Sars-la-Buissière, chez sa femme, chercher une Ford Sierra de remplacement avec laquelle il revient près de Michel Lelièvre surveillant les jeunes filles débarquées dans le sous-bois qui borde l'autoroute — pour ramener les deux victimes à Marcinelle où il les transfère, toujours inanimées, dans sa maison avec l'aide de Michel Lelièvre et où, dénudées, elles vont être enchainées aux montants de lits[14].

Il semble qu'Eefje ait tenté de s'évader à deux reprises mais les propos des accusés n'ont pu être confirmés. En tout cas, prisonnières, violées, elles ne seraient restées que 14 jours dans cette maison où se trouvaient déjà Julie et Mélissa car la présence simultanée de quatre captives posait problème. Selon Marc Dutroux, contredit par son épouse, Bernard Weinstein aurait seul endormi et enterré les jeunes filles à 2 m de profondeur à Jumet mais comme cet homme a été lui-même assassiné par Marc Dutroux, fin novembre 1995, les faits n'ont jamais pu être prouvés[14].
Les autopsies ont établi que vu la perte de poids — elles ne pesaient plus que 30 kg pour des tailles de 1,60 m et 1,70 m —, les jeunes filles, qui ont été violentées à plusieurs reprises, ont dû être complètement privées d'alimentation et sont probablement mortes de faim autant que d'asphyxie. La date de décès précise n'a pu être établie[15].
Les funérailles d'An et Eefje se sont déroulées à Hasselt, séparément, la famille d'Eefje Lambrecks ayant choisi la discrétion déjà pendant l'enquête. Elles ont été retransmises en direct par la RTBF[16].
Sabine
[modifier | modifier le code]« J'avais 12 ans, j'ai pris mon vélo et je suis partie à l'école… »[N 1]; c'était le . Sabine Dardenne part vers 7 h 15 en VTT de son domicile de Rumillies pour le collège Notre-Dame de la Tombe de Kain (à moins de deux kilomètres) dont elle est élève en première année secondaire et où elle doit être à 7 h 30. Le trajet est quasiment en ligne droite et passe sous l'autoroute E42 ; elle y est aperçue à 7 h 20. L'enfant ne revenant pas à la maison en fin d'après-midi, les parents téléphonent à l'école : on ne l'y a pas vue. La gendarmerie est contactée vers 20 h. Comme c'est une enfant un peu rebelle, en tout cas fort indépendante, qui se dispute souvent avec ses grandes sœurs et sa mère[17], l'hypothèse de la fugue est d'abord envisagée, puis celle d'un enlèvement avec demande de rançon ; on met le téléphone familial sur écoute. « La gendarmerie met en place une cellule de crise avec un numéro d’appel à témoins, on imprime des affichettes que l’on placarde sur les murs, les vitrines des magasins, ou que l’on distribue dans la rue. On drague l’Escaut, les gendarmes effectuent la traditionnelle enquête de voisinage, on envoie un hélicoptère survoler la campagne alentour, même les enfants du collège participent aux recherches en battant les fourrés et les terrains vagues. Des centaines d’automobilistes collent les avis de disparition sur leurs véhicules. Cent cinquante hommes et cent seize militaires participent aux battues, qui demeurent vaines »[18]. Les recherches vont durer quatre-vingts jours.
Sabine a bel et bien été enlevée dans une camionnette blanche qui s'est arrêtée à sa hauteur dans la dernière portion de son trajet, une voirie de quelque 400 m qui mène à l'école. Le jeudi et le vendredi précédents, Marc Dutroux et Michel Lelièvre (coauteurs de l'enlèvement d'An et Eefje) ont circulé dans la région « pour trouver une fille » ; le week-end, Dutroux y est revenu, a repéré Sabine[19]. Le rapt est bref : Marc Dutroux tire l'enfant dans le véhicule et l'y allonge, Michel Lelièvre embarque le vélo et démarre. La fillette est forcée à avaler des cachets qu'elle recrache partiellement, Dutroux lui en redonne et lui fait boire quelques gouttes de Coca avec un compte-gouttes[20]. il utilise aussi un linge imbibé d'hypnotique. Arrivés à destination, Sabine est forcée de se recroqueviller dans un petit coffre en fer que les deux hommes transportent au rez-de-chaussée de la maison de Marcinelle ; à peine à l'intérieur, ils l'en tirent et la font monter au premier étage où elle est attachée au montant d'un lit, nue, par une chaine autour du cou. Elle va y rester, médicamentée, nourrie de pain et de lait, trois à quatre jours pendant lesquels Marc Dutroux lui instille un baratin qu'il ne cessera de lui servir des jours durant : elle a été enlevée pour un « chef » mais ses parents ne peuvent payer la rançon d'un ou deux millions, donc il l'a sauvée, va la soigner et la protéger contre la personne qui lui veut du mal, elle doit lui obéir en tout parce qu'il est gentil avec elle. Et il la violente[21].

Le baratin justifie qu'après ces premiers jours, l'enfant soit placée dans la cache où elle serait mieux protégée, et l'enfant le croit car la porte basculante dissimule réellement le réduit et rassure. Elle va tenter une fois de s'échapper mais ne réussira pas à ouvrir suffisamment cette porte pour se glisser dans le couloir. Elle va donc rester dans le réduit la plupart de ses 80 jours de captivité, y recevant à boire (du lait qui tourne vite, de l'eau en gros jerrican) et à manger — de la nourriture en boite de conserve (petits pois et carottes, saucisses, corned-beef et raviolis à la sauce tomate) qu'il faut manger froide, du pain qui moisit en deux jours, des nicnacs — parfois tous les jours, parfois au bout d'une semaine seulement[22]. Dans la cache, les bruits du monde extérieur lui parviennent ; ceux du chemin de fer notamment : « Ces trains, je les entendais depuis la cache ; j'avais l'impression qu'ils allaient me rouler dessus »[23]. Pour passer le temps, elle commence par revoir ses cours de maths, de français, de néerlandais ; elle joue avec une console de jeu vidéo Sega ; elle obtient de la lecture, le grenier contenant un certain nombre de magazines Science et Vie. Disposant de feuilles de papier A4, elle y note le temps qui passe, parfois minute après minute avec l'impression qu'il est statique, et tient scrupuleusement le décompte des jours ; son « calendrier » indique les jours où sa maman a normalement congé, les jours marqués d'une croix où son tortionnaire vient, ceux marqués d'une étoile et parfois brièvement commentés où il la violente. Parce qu'elle quitte parfois la cache pour aller vider et laver son seau hygiénique, pour faire le ménage de la maison, pour compléter un immense puzzle, pour regarder la nuit à la télévision des émission de variétés ou Intervilles — des programmes soigneusement sélectionnés pour que toute information d'actualités lui échappe —, pour utiliser la salle de bain (avec lui), pour passer des moments dans la « chambre du calvaire ». Ce sont les mois d'été, se promener lui manque ; en compensation Marc Dutroux l'installe sous une tabatière « pour bronzer ». Vient le moment où elle a lu tout ce qui est à sa portée, où elle n'a plus de quoi jouer car elle a cassé la console dans un moment de rage, où elle ne trouve plus comment s'occuper, où la solitude est telle qu'elle demande à avoir une copine…[22]
Dans les jours qui suivent, Marc Dutroux et Michel Lelièvre, cherchant un endroit intéressant pour un autre enlèvement, se rendent à Beauraing, Vonêche, Bouillon, Vresse, Bohan, Bertrix où ils repèrent la piscine[19].
Laëtitia
[modifier | modifier le code]Il y a du monde dans les rues de Bertrix, le vendredi vers 19 h 45, car on prépare la manifestation sportive qui doit se dérouler le lendemain. Laëtitia Delhez, qui vient de quitter ses amies à la piscine communale, passe à côté d'une camionnette blanche dont une portière coulissante est ouverte et dont le conducteur (Michel Lelièvre) lui demande ce qui se passe. L'adolescente de 14 ans répond que ce sont les « 24 heures de mobylettes » et le répète car l'homme ne semble pas avoir compris. Cela suffit pour que Marc Dutroux l'attrape au cou par l'arrière, la soulève, la couche sur la banquette du véhicule qui démarre[19]. Vers 22 h, la maman de Laëtitia, inquiète, la cherche dans la famille et le village, puis prévient la gendarmerie de Neufchâteau peu après minuit. L'officier de garde se déplace à Bertrix et organise le début de l'enquête. L'adolescente est connue comme sage, calme ; une fugue est improbable. Dès 9 h 15, le samedi, le procureur du roi Michel Bourlet se rend à Bertrix, des gendarmes d'autres brigades de l'arrondissement se joignent à ceux du village pour les recherches, des membres bertrigeois de l'association Marc et Corinne lancent la diffusion du portrait et de la description de la jeune fille. À midi, Bertrix voit s'installer le renfort : l'équipe de la police judiciaire des parquets d'Arlon, deux membres de la Cellule disparition du Bureau Central de Recherche (BCR) de la gendarmerie, le laboratoire et un hélicoptère de la gendarmerie, des chiens pisteurs, les pompiers, la Croix Rouge, la protection civile et plusieurs centaines de volontaires recrutés par Marc et Corinne. Vers 16 h, un signalement est réalisé à la radio, la télévision et dans la presse écrite ; l'instruction est confiée au juge d'instruction de garde, Monsieur Langlois[24].
Pendant ce temps, Marc Dutroux et Michel Lelièvre sont rentrés à Marcinelle, ont sorti Laëtitia enveloppée dans une couverture, l'ont montée à l'étage comme ils en ont l'habitude, l'attachant par un pied, nue, au lit de fer. Dutroux annonce à Sabine qu'il lui a ramené une copine et la lui montre. Trois jours plus tard, ayant expliqué aussi à sa nouvelle captive que ses parents ne veulent pas payer de rançon[19], il la descend, encore droguée, dans la cache où Sabine, prévenue que Marc Dutroux s'en allait « en mission », avait été munie d'une importante quantité de nourriture. Laëtitia, quand elle reprend ses esprits, explique à Sabine qu'on la cherche partout, que ses parents ne l'ont pas abandonnée mais l'enfant, dans un premier temps, ne la croit pas[22]. Elles vont devenir de réelles amies.
Chez les enquêteurs, plusieurs pistes sont exploitées mais la plus fructueuse découle de la récolte de deux témoignages : d'abord celui d'une sœur qui a vu, à deux reprises, « une camionnette qui faisait un bruit épouvantable et fumait beaucoup », partiellement garé sur le trottoir, puis celui d'un jeune homme qui a le souvenir d'une camionnette Renault Trafic dont la plaque d'immatriculation débute par les lettres FRR ce qui permet de lancer une recherche dans les fichiers et de trouver, le lundi , que « sur les 77 véhicules concernés, un seul est de type Trafic; son titulaire est un certain Marc Dutroux, de Charleroi, déjà condamné pour graves faits de mœurs »[19].
Le mardi , les immeubles de Marc Dutroux sont mis sous surveillance. Le gendarme Michaux, qui a déjà perquisitionné la maison de Marcinelle le précédent, y retourne sur mandat du juge Jean-Marc Connerotte, pendant deux heures, avec un serrurier, deux autres gendarmes, des laborantins, un maitre-chien et son animal. Ils n'entendent ni ne trouvent rien[11].
Marc Dutroux, à ce moment, est à Sars-la-Buissière, avec sa femme et Michel Lelièvre (son locataire de Marchienne-au-Pont) ; ils y sont arrêtés le , les trois enfants du couple étant confiés à la garde de la maman de l'épouse[25]. Les interrogatoires durent des heures ; les affirmations des uns et des autres ne concordent pas, sont contradictoires. Michel Lelièvre craque le premier et avoue sa participation à l'enlèvement de Laëtitia, Marc Dutroux finit, le à 15 h, par avouer que Laëtitia est vivante et qu'il va « donner deux filles » aux policiers qui apprennent ainsi que Sabine est vivante et qu'ils ont son ravisseur.
Ce même , responsables d'enquêtes et gendarmes de la BSR encadrant Marc Dutroux arrivent à Marcinelle. La cache est ouverte mais les jeunes filles n'en sortiront qu'après avoir été rassurées par le prédateur que ceux qui l'accompagnent sont des gendarmes en civil. Elles prennent quelques objets personnels, remercient leur geôlier, lui font la bise sur la joue puis sont évacuées par les enquêteurs. Elles retrouvent chacune leurs parents et leurs amis en fête[19].
La cache
[modifier | modifier le code]L'endroit où furent enfermées Julie et Mélissa, Sabine et Laëtitia dans l'immeuble de Marc Dutroux à Marcinelle est habituellement dénommé « la cache » par les enquêteurs, les journalistes, le public — pour Sabine, c'est « le trou »[22].
Constitué d'une ancienne citerne à eau de pluie, en forme de parallélépipède rectangle, grossièrement peinte par Michelle Martin dans le coloris jaune choisi par Marc Dutroux « pour rendre l'endroit le plus agréable possible »[26], la cache est située dans la cave ; au bas de douze marches d'escalier, son accès est dissimulé par une épaisse porte basculante de 200 kg, en béton et fer, roulant sur des longerons métalliques, et camouflée en étagère pour entreposage.
La cache « était quasiment indécelable pour une personne qui n'est pas au fait de l'architecture et de l'étude des volumes d'une habitation » explique l'expert-architecte Monique Novis désignée par le juge d'instruction, qui en précise les dimensions : une surface au sol de « 3,64 m2 sur une hauteur de 1,61 m. Si l'on retire le sas d'entrée qui pouvait être fermé par une porte grillagée, il ne restait que 2,21 m2 pour ses occupants. Le lit à lui seul occupait 1,68 m2 »[27]. Un lit composé d'une dizaine de planches posées sur des poutrelles, soutenant une sorte de matelas, dans ce réduit où il n'y avait ni évier, ni eau courante ni canalisation d'évacuation, où pour tout éclairage existait une lampe et un néon et dont la ventilation était assurée par un ventilateur d'ordinateur et où le seul espace pour se tenir debout était une surface rectangulaire de 55 sur 60 cm. Comme, selon Marc Dutroux, la cache aurait pu être occupée par son comparse Weinstein, un anneau fixé au mur aurait permis de l'attacher[28].
À l'époque où Sabine Dardenne y fut enfermée, la cache comportait « une table rabattante, une étagère, un seau hygiénique, un chauffage électrique, une télévision qui ne débite pas d’images reliée à une console de jeux, une bouilloire électrique et une ampoule au plafond »[29].
Selon Marc Dutroux, « la cache n'a pas été faite pour mettre des gens dedans. Elle a été réalisée après l'arrivée de Julie et Mélissa. Mais il était clair qu'il fallait que je puisse les cacher quand je m'en allais »[30].
À la demande des parents des martyres, la cache a échappé à la démolition du bâtiment en juin 2022, dans l'espoir de pouvoir continuer à relever d'éventuelles traces ADN et qu'en fonction de nouvelles techniques, des prélèvements puissent apporter de nouvelles informations[31].
D'autres victimes
[modifier | modifier le code]- Henrieta Palusova, Eva et Yanka Mackova : L'enquête permet de découvrir en 1999 des cassettes vidéo qui seront projetées en huis clos pendant le procès[32]. Elles démontrent qu'en voyage en Slovaquie en juin 1995, Marc Dutroux a embarqué dans sa camionnette une jeune femme, Henrietta Palusova, l'a droguée et violée à deux reprises en filmant les crimes avant de l'abandonner au bord d'une route. Il a aussi noué, dans ce pays, des relations avec la famille Mackova et convaincu l'ainée des filles de passer des vacances en Belgique. Elle reste un mois à Sars-la-Buissière en 1994, pendant lequel il la drogue pour l'endormir, la déshabille et tente de la violer en filmant le tout ; à son réveil, la jeune fille ne se souvient de rien. En 1996, elle revient en Belgique avec sa sœur cadette qui va être droguée avec la complicité de Michelle Martin, et violée — le tout étant également filmé[33].
- Pierre Rochow, Philippe Divers, Bénédicte Jadot, Georges Zicot : Les enquêteurs découvrent aussi qu'en octobre 1995, Bernard Weinstein (43 ans) et Pierre Rochow (23 ans) volent un camion et deux grosses bobines de cuivre qu'ils entreposent, en vue de revente, dans un hangar loué par Marc Dutroux à Gérard Pinon (informateur à la police). Celui-ci, découvrant ce matériel, en avertit son contact, le commissaire Georges Zicot qui emmène le véhicule et le laisse sur un parking de Ransart[34]. Le camion ainsi disparu, Marc Dutroux et Bernard Weinstein, pensant que Pierre Rochow et son copain Philippe Divers ont voulu les court-circuiter, attirent ces hommes pour explications dans la maison de Bernard Weinstein à Jumet et les y séquestrent, drogués. Ils y emmènent et y droguent aussi Bénédicte Jadot, la compagne de Pierre Rochow, mais la jeune femme recrache une partie des médicaments, parvient à s'enfuir et alerte un voisin ; elle se réveillera à l'hôpital[35], les deux séquestrés étant délivrés par la police. Le commissaire Georges Zicot sera détenu pendant 35 jours en 1996, inculpé pour 20 préventions et finalement blanchi en mai 2005[36].
- Bernard Weinstein : Désireux de fuir à l'étranger à la suite de cette affaire, Bernard Weinstein cherche des faux papiers d'identité avec Marc Dutroux et ils consultent Michel Nihoul à ce sujet. Comme son comparse en crime représente un risque pour Marc Dutroux, celui-ci le séquestre à son tour dans la cache de Marcinelle — Julie et Mélissa étant alors placées aux étages de la maison — avec l'espoir de s'approprier les 500 000 BEF (12 395 euros[N 2]) que Bernard Weinstein a hérité de sa mère[37] ; il le torture puis, fin novembre 1995, va l'enterrer, drogué mais vivant, dans le jardin de Sars-la-Buissière. Le corps ne sera retrouvé et exhumé que le 17 aout 1996[38].
La procédure criminelle
[modifier | modifier le code]Un accusé connu de la Justice
[modifier | modifier le code]Ni Marc Dutroux ni son épouse Michelle Martin ne sont des inconnus pour la Justice. Le premier a déjà été condamné à diverses reprises depuis 1979 (il était alors âgé de 23 ans) : on le sait voleur, receleur, en possession de postes émetteurs-récepteurs capables de capter les communications de la police et de la gendarmerie, détenteur d'armes — sa condamnation de 1989 portait, entre autres, sur la détention d'armes prohibées et après sa sortie de prison par libération conditionnelle, des enquêteurs ont découvert chez lui « une carabine .22 Long Rifle cachée sous la garde-robe, non immatriculée » mais un permis de port d’armes de défense sera « régulièrement accordé à M. Dutroux et à son épouse (…) sans que soit menée une enquête concernant la personnalité du demandeur et sans que soit consulté le casier judiciaire »[39]. Il a été accusé en 1992 d'attouchements sur fillettes à la patinoire de Charleroi — mais il n'y a pas eu de suite aux vérifications de la police communale faites dans le combi —[40] ; il a été déchu de l'autorité parentale pour son fils ainé ; on a constaté qu'il fait des travaux dans ses caves et un informateur a signalé, et confirmé, que « Marc Dutroux lui a dit personnellement que s’il voulait gagner de l’argent rapidement il lui suffisait de se poster aux sorties d’écoles et d’enlever des jeunes filles minces et que pour ce faire il toucherait 150 000 francs. Il a dit également qu’il effectuait des transformations dans les caves d’un de ces immeubles afin d’y aménager un genre de cellule pour y accueillir les filles avant de les expédier à l’étranger »[41].
Et surtout, il est connu comme violeur et kidnappeur depuis 1985 — selon son ancien complice, Jean Van Peteghem, il a enlevé au moins une dizaine d'adolescentes dont cinq ont dénoncé les faits[42]. Il a été condamné en appel, en 1989, pour cinq viols et séquestrations, agression d'une personne âgée et vols. Si son épouse a écopé de 5 ans de prison pour complicité dans cette affaire, et bénéficié d'une liberté conditionnelle au bout de deux ans (en 1991), la condamnation de Marc Dutroux a été de 10 ans, 3 ans et 6 mois d’emprisonnement ; lui aussi pouvait demander une libération conditionnelle selon le prescrit de la loi Lejeune restée quasiment inchangée depuis 1888. En 1990 et 91, les rapports de l'UOT (Unité d’observation et de traitement) avec appréciations négatives sont vagues pour ce condamné ; en janvier 92, permissions de sortie et congés pénitentiaires étant organisés, l’UOT rend un avis favorable alors qu'en mars suivant le directeur-adjoint de la commission administrative et le procureur général Demanet remettent un avis négatif. En avril, se basant aussi sur l'opinion du parquet et du directeur de la prison, le ministre de la justice Melchior Wathelet signe l'arrêté ministériel de libération conditionnelle. La commission affirmera qu’il y a lieu de retenir sa responsabilité[43] ; ce ministre ne se représentera pas aux élections de 2004, considérant qu'il serait « pour le moins inopportun de faire une campagne électorale alors que de manière concomitante se déroule le procès Dutroux »[44]. Marc Dutroux est donc libéré en avril 1992 aux conditions, notamment, de ne pas fréquenter d’ex-détenus, d'indemniser les victimes à concurrence de 1 000 francs par mois (ses revenus mensuels étant de près de 80 000 francs), d'avoir des entretiens mensuels avec une assistante sociale (la guidance sera suspendue pendant un an pour des raisons liées à l’organisation du service), et de suivre une guidance psychiatrique mais le médecin psychiatre n’informera « personne, à aucun moment, de l’évolution du cas, en raison du secret professionnel »[45].
Les aléas de la procédure
[modifier | modifier le code]L'instruction criminelle connait, comme l'enquête de police, divers aléas dont certains provoquent une énorme émotion dans la population belge.
Jusqu’en 1991 existent en Belgique trois services de police distincts : 550 polices communales, 1 police nationale constituée par la gendarmerie (force militaire), 1 police judiciaire (travaillant pour le ministère de la Justice). Les dysfonctionnements de ce système apparus lors des tueries du Brabant, du drame du Heysel, des attentats des CCC, des émeutes de Forest , etc., dans les années 1982-85, ont fait démilitariser la gendarmerie en transférant sa gestion du ministère de la Défense à ceux, en co-tutelle, de l’Intérieur et de la Justice par les « accords de la Pentecôte » en 1991. Reste que subsistent des conflits larvés et une concurrence entre gendarmerie et police judiciaire[46],[47].

Tous ces services sont mis à contribution dans le cadre de l'enquête ou plutôt des enquêtes menées par différents juges d'instruction en fonction des différentes recherches et des différents territoires (Gâce-Hollogne, Westende, Charleroi, Seraing, Neufchâteau , etc.). Le dossier « Julie et Mélissa », par exemple, se déploie sur trois régions : Charleroi, Liège, Bruxelles. Si le passé de Marc Dutroux (interpelé bien plus tard lors de la recherche de Laëtitia), était connu de la gendarmerie, du parquet et d'un juge d'instruction de Charleroi[48], il est inconnu des enquêteurs de Neufchâteau. Or le parquet de Charleroi ne communiquera pas avec le parquet de Liège car, d'une part, il est supposé que l'information est nécessairement répercutée via le Bureau Central de Recherche de la gendarmerie et que, d'autre part, « il n’est prévu nulle part que l’information dans le cadre d’une observation prolongée doit circuler de parquet à parquet ». De plus de nombreuses informations sont transmises par fax ou notes internes sans que soient établis des procès-verbaux qui permettent l'ouverture d’une information judiciaire[49].
Le nombre de dossiers pose parfois problème, comme à Charleroi où quatre enquêtes sont, un moment, menées simultanément sur Marc Dutroux ; c'est « le trop plein : le dossier des vols, l’opération Othello[N 3], le dossier des séquestrations, le dossier d’Obaix[N 4] ». Pendant ces mois de novembre et de décembre 1995, toutes ces enquêtes fonctionneront en parallèle et sans lien entre elles.
Une autre difficulté encore réside dans le grand nombre de témoins auditionnés avec les variations de leurs déclarations[50] et la qualité des relations interpersonnelles entre certains intervenants[51].
Tout en étant et restant solidaires les unes avec les autres, les familles réagiront différemment au procès mais toutes seront très critiques quant au déroulement de l'enquête. De fait, l'audition des parents par la commission parlementaire donnera un tableau sombre, débutant dès les premiers contacts avec la police : indifférence des écoutants voire mépris, tentatives de culpabilisation, non-information — les familles apprenant le plus souvent l'évolution de l'enquête par la presse —, conseils contre-indiqués (comme de ne pas prendre d'avocat), par manque de formation du personnel tant au niveau humain (« par exemple pour annoncer le décès à la famille ou pour le soutien psychologique » qu’au niveau professionnel[52].
Les parents se plaignent aussi de difficultés d'accès aux dossiers, ce qui révèle une faille légale : « dans l’état actuel du droit, dominé par une logique inquisitoire au terme de laquelle l’instruction préparatoire est unilatérale, c’est-à-dire non contradictoire, la partie civile n’a pas accès au dossier : elle n’a donc pas accès à ce qui la concerne directement. La victime est ainsi privée de son droit de savoir, de suivre le déroulement du travail que l’on fait pour elle, en son nom, dans son intérêt. Aucune disposition de droit national ou international ne lui reconnaît ce droit, pas même les articles 6.1 ou 6.3. de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. En fait, la partie civile ne peut prendre connaissance du dossier pour la première fois que 48 heures avant l’audience de la chambre du conseil qui statue sur le règlement de la procédure, soit à la fin de l’instruction »[53] Cette situation est d'autant plus mal vécue quand le groupe belge SUD presse révèle que 1 235 pages rédigées par les enquêteurs pour le juge d'instruction, donnant la synthèse des procès-verbaux d’audition, sont mises en ligne sur le site de WikiLeaks[54],[55].
En 1996, Michel Bourlet, procureur du roi à Neufchâteau, a été chargé de la procédure avec le juge d'instruction chestrolais Jean-Marc Connerotte[56]. Celui-ci lance un appel à témoins via un Numéro Vert deux jours après la découverte des corps de Julie et Mélissa, le [57]. L'audition de ces témoins, désignés par un « X » suivi d'un chiffre (de 1 à 11), provoquera l'affaire du témoin X1.
L'arrêt-spaghetti
[modifier | modifier le code]Pour aider Laëtitia à assurer ses frais de défense, l'antenne bertrigeoise de l'asbl Marc et Corine organise, le samedi , une soirée où l'on sert boissons et spaghetti. Quelque 400 personnes dont le procureur Michel Bourlet et le juge Connerotte y assistent, par sympathie aussi pour cette association dont les membres se sont dépensés sans compter. L'avocat de Marc Dutroux, Maitre Julien Pierre, dépose une requête en dessaisissement et renvoi pour cause de suspicion légitime de partialité à l'encontre du juge pour que celui-ci « soit dessaisi des « dossiers de Sabine Dardenne, Laetitia Delhez, Julie Lejeune, Mélissa Russo, An Marchal, Eefje Lambrechts, Bernard Weinstein et tous autres tel le dossier dit de trafic de voitures volées » faisant au cabinet de ce magistrat l'objet d'une instruction à charge du demandeur et que ces causes soient renvoyées à un autre juge d'instruction. »[58]. Cette demande est accordée par Éliane Liekendael, avocate générale près la Cour de cassation qui nomme en remplacement le juge d'instruction Jacques Langlois. Un arrêt justifié en droit, mais que la population accepte très mal ce qui déclenche des heurts et manifestations un peu partout en Belgique pour protester contre ce qu'on nomme désormais « l'arrêt spaghetti ».
La Marche blanche
[modifier | modifier le code]D'autres disparitions d'enfants ont marqué l'actualité et la population : celles d'Élisabeth Brichet — Belge de 12 ans disparue à Saint-Servais (Namur) le , dont l'assassinat par le Français Michel Fourniret ne sera reconnu par son auteur qu'en 2004 —, de Loubna Benaïssa — Belgo-marocaine de 9 ans disparue à Ixelles le , pour laquelle l'enquête a été déficiente et dont l'assassin, Patrick Derochette, ne sera arrêté qu'en 1997 —, de Kim et Ken Heyrman — Belges de 11 et 8 ans disparus le à Anvers, une affaire jamais élucidée. Elles sont inévitablement mises en parallèle avec celles opérées par Marc Dutroux.
La population est désemparée, assaille les parents d'appels, demandant « ce qu'on peut faire ». Marie-Noëlle Bouzet, la maman d'Élisabeth Brichet, propose à Carine Russo une marche pour mobiliser tout le monde. Cela se passe peu avant le dessaisissement du juge Conerotte mais ce fait-ci participera à l'emballement des gens pour cette manifestation mise sur pied en treize jours seulement[59] par les parents des enfants disparus, totalement novices en matière d'organisation de pareil évènement. Les parents refusent toute récupération politique ; deux consignes sont données : le calme et le blanc, symbole « de l'innocence trahie, mais aussi d'une société pacifiée »[60], qui s'appliquera aux vêtements des marcheurs et aux milliers de ballons qui seront lâchés[61].
La situation est tellement explosive que le roi des Belges Albert II organise rapidement, le , une table ronde avec responsables politiques et parents des victimes. Il soutient les parents mais appelle au respect des règles démocratiques pour la manifestation projetée deux jours plus tard[62].
La marche se déroule effectivement le . Des parents des enfants assassinées prennent brièvement la parole ; Nabela Benaïssa, évoquant sa sœur Loubna, s'adresse au public en français et en arabe ; Sabine et Laëtitia remercient la foule immense.
Le nombre des marcheurs est indéterminable ; outre les habitants de Bruxelles, il y a ceux qui sont venus de la périphérie, de Flandre et de Wallonie en voiture, en train (et si le nombre de billets spéciaux peut être donné, il est impossible de connaitre celui des abonnés habituels ni des enfants qui ne paient pas), en bus régional, en autocar. Le chiffre le plus fréquemment cité est de « plus de 300 000 personnes » ce qui représente un minimum de 3 %) de la population belge de l'époque, mais il va jusqu'à 600 000[63] et même plus. Les photos de presse et les images télévisées prises d'hélicoptère, en tout cas, montrent une foule immense, compacte, occupant toute la largeur des grands Boulevards bruxellois[64]. Le soir même, les familles sont reçues par le premier ministre Jean-Luc Dehaene, qui s'engage à prendre des séries de mesures pour améliorer le fonctionnement des institutions et promet la création d'un centre national pour enfants disparus — ce sera Child Focus en 1998.
Ce mouvement populaire d'une ampleur inédite a des conséquences pour les parents et pour la société (par la création de plus de 130 « comités blancs ») comme pour l'État obligé de lancer une commission d'enquête parlementaire et d'autres pays qui voient fleurir d'autres marches blanches.
La commission d'enquête parlementaire
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Dès le , jour de l'enterrement de Julie et Mélissa, des interpellations ont été développées en commission de la Justice de la Chambre des représentants sur la manière dont ont été menées les enquêtes sur les disparitions d'enfants, l'application de la loi pénale et l'exécution des peines. La demande de création d’une commission d'enquête parlementaire chargée d'examiner « la manière dont l'enquête, dans ses volets policiers et judiciaires, a été menée dans l'affaire « Dutroux-Nihoul et consorts » » a été réclamée par le comité Julie et Mélissa[65]. Le , trois politiciens belges proposent d'instaurer cette commission. Le , veille du discours du roi, la Chambre, en séance plénière, décide sa création et en choisit les membres[66].
La commission va travailler sur base d'auditions de parents (18 familles), d'enquêteurs, de 108 témoins (entendus sous serment), la plupart du temps en audience publique — le huis clos ne sera utilisé que pour respecter le secret de l’instruction en cours, la protection de la vie privée de tiers ou la protection du témoin[67].
La commission va parfois devoir confronter des témoins. L'une de ces confrontations, où Martine Doutrèwe et le gendarme adjudant de Seraing Jean Lesage maintiennent des versions totalement contradictoires, amène le président de la commission à proférer une évidence — « Il y en a un de vous deux qui ne dit pas la vérité ! »[68] — qui marquera, tant par la force de l'énonciation que par le langage corporel des personnes mises en cause, les esprits des 400 000 téléspectateurs qui sont restés cette nuit-là devant le petit écran[69] et de ceux qui verront ensuite la séquence reproduite dans de nombreux journaux télévisés.
Car chacun peut s'en rendre compte. Étant donné l'importance de l'affaire et l'émoi populaire, par souci de transparence, les séances sont retransmises en direct à la télévision. C'est la première fois que cela se produit dans l’histoire des commissions d’enquête belges. Les taux d'écoute des différentes chaines et l'abondance du courrier adressé à la commission démontrent que ces retransmissions sont largement suivies par la population[70] ; l'audimat « de pointe »[N 5] a été de 700 000 téléspectateurs[71].
Une ligne téléphonique gratuite 0800 (dite « numéro vert ») est mise à la disposition de tous ceux qui désirent communiquer des informations sur les enquêtes policières ou judiciaires relatives aux dossiers traités. Tant le public que des enquêteurs en feront usage, les appels anonymes n'étant pas pris en compte[72].
Rapport final
[modifier | modifier le code]Le rapport intégral des 6 mois de travaux, daté du , est communiqué au public par l'intermédiaire de la presse[73] ; il comporte 310 pages en français et néerlandais, avec cinq chapitres — traitant de l'institution de la commission, du déroulement des enquêtes, des constatations de manquements structurels (sur les plans policier et judiciaire) et individuels, des recommandations, des protections éventuelles et du suivi — et deux annexes dont 95 pages de tableaux et une note de 22 pages du professeur C. Fijnaut.
Il met en évidence de nombreux dysfonctionnements dans les différentes enquêtes[74] et dans la communication entre les différentes entités de police ou judiciaires. Entre autres entre la gendarmerie belge, la police judiciaire et la police communale, ce qui mènera à la réforme des polices le . Il est approuvé à l'unanimité, tous les députés étant présents. Il vise « nommément l'ancien ministre de la Justice, quelques magistrats et policiers », établit des responsabilités, réclame des sanctions[1]. Les parlementaires appuient la demande par la commission d'une prolongation de mandat « en vue d'une enquête sur les « protections éventuelles » »[75].
Réception et critiques
[modifier | modifier le code]Au départ, la commission jouit d’un incontestable crédit de la part de la population qui, visionnant les débats à la télévision, apprécie le respect marqué aux familles qui n'en ont précédemment pas beaucoup reçu de la part du système judiciaire — un public pour qui, souvent, le travail parlementaire a été jusque là inconnu. Par la suite, lors de l'examen des responsabilités politiques, le crédit de la commission diminue car les affinités ou antagonismes de certains partis avec les magistrats ou la gendarmerie se révèlent. Certaines passes d'armes entre les différents services de police et gendarmerie, ou entre cette dernière et la magistrature, ne passent pas. Peu à peu, « dès lors qu'il apparaît incontestable que la gendarmerie s’est appropriée l’enquête sur l’enlèvement de Julie et Mélissa et toutes les autres dans lesquelles Dutroux était impliqué, beaucoup se sont légitimement interrogé (sic) sur d’éventuelles protections dont ce dernier aurait pu bénéficier. C’est sur ce terreau favorable que sont nées des hypothèses selon lesquelles il aurait pu être protégé dans le cadre d’un réseau de pédophilie dont auraient pu profiter des personnes haut placées »[76].
La deuxième commission d'enquête
[modifier | modifier le code]L'opposition des « croyants », pensant qu'existe un vaste réseau de pédophiles, et des « non-croyants », estimant que Marc Dutroux est un prédateur isolé, alimente la théorie du complot qui s'est installée, à partir d'une petite phrase énigmatique[N 6], face à la mise en évidence des différends entre le procureur Michel Bourlet et le juge d'instruction Langlois quant aux réseaux et au rôle de Michel Nihoul, l'accumulation des absurdités, des erreurs d'appréciation, des fautes professionnelles , etc., mises en lumière par la première enquête et étalées dans la presse[77].
Faisant suite à sa demande de prolongation du mandat, la commission procède à une nouvelle enquête sur les protections éventuelles qui auraient permis à Marc Dutroux et d'autres de « passer à travers les mailles du filet » ; le rapport est publié en date du . Ce travail, effectué sur fond de guerre des polices, entraine la suspicion de pédophilie à l'encontre du vice-premier ministre Elio di Rupo[N 7] comme du ministre de la Communauté française Jean-Pierre Grafé[N 8], et d'inceste pour le chef de la police judiciaire ; tous seront blanchis mais l'accusation portée a remis en mémoire la rumeur circulant depuis le début des années 1980, dite « affaire des Ballets roses ». Michel Bourlet a examiné et rejeté cette piste dans son enquête sur Marc Dutroux, mais le député Laurent Louis va la reprendre en avril 2012, allant jusqu'à exhiber en conférence de presse des photos d'autopsie des deux plus jeunes victimes du criminel, ce qui soulèvera un tollé d'indignation tant de la part des parents des enfants qu'à la Chambre[78].
La cavale qui met le gouvernement en danger
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Le , les députés se livrent à la Chambre des députés à une séance de questions orales au gouvernement. Le parti d'extrême droite flamand Vlaams Blok propose la réalisation d'une étude sur le rapport cout-profit de la présence des étrangers en Belgique, qui va être repoussée, et s'apprête à interroger le gouvernement sur les modifications de la loi sur la responsabilité pénale des ministres[79].
Marc Dutroux, en habit de prisonnier bleu gris avec bandes blanches et non menotté, consulte son dossier au Palais de justice de Neufchâteau, comme presque chaque jour. Vers 15 h, il plaque au sol le gendarme qui le surveille, prend son arme (qui va s'avérer être non chargée), et s'enfuit en menaçant un autre gendarme au passage. Braquant un automobiliste devant l'immeuble, il fuit en voiture vers Arlon. Une alerte nationale et internationale avec avis de recherche est lancée, les frontières bouclées et les polices des pays limitrophes en alerte ; le Luxembourg obtient un hélicoptère allemand en prêt ; l'armée se dit prête à intervenir. « Un député et une radio annoncent son arrestation peu après 17 heures. Les Ministères de la justice et de l'intérieur refusent de confirmer. La gendarmerie dément. La cacophonie est totale. » L'émoi est violent pour les parents désabusés des victimes, la population belge toutes régions confondues (qui commence par sourire avant de grimacer[80]), les autorités : le roi rentre en urgence de France où il passe ses vacances, le premier ministre quitte, sans faire de commentaire, le parlement où les débats sont suspendus tandis que les appels à démission fusent[81].
À 18 h 35, l'évadé, repéré à Herbeumont par un garde forestier, est repris sans résistance près de la frontière belgo-luxembourgeoise. Sur décision du juge d’instruction, Marc Dutroux consultera ensuite son dossier dans sa cellule de prison[82] ; il sera condamné, en 2000, à une peine de cinq ans de prison pour vols (arme et voiture) et menaces[83] lors de cette évasion qui, en tant que telle, n'était pas répréhensible selon la loi belge[84].
Au parlement, le premier ministre Dehaene affirme que la réforme de la police et de la justice se poursuivra et annonce la démission des ministres de l'Intérieur Johan Vande Lanotte et de la Justice Stefaan De Clerck. Ces mises en retrait permettent la survie du gouvernement et évitent des élections anticipées qui auraient permis au Vlaams Blok de prendre davantage d'importance, les sondages indiquant depuis deux ans un fort divorce entre l'opinion publique et la classe politique[85].
Le procès
[modifier | modifier le code]Le procès qui s'ouvre le , presque huit ans après le début de l'affaire, devant la cour d'assises d'Arlon présidée par Stéphane Goux, ne s'appuie que sur une partie — la majeure — des enquêtes et documents recueillis car la chambre des mises en accusation de Liège, devant le foisonnement et les divergences des pistes émergentes, a choisi, en 2001, de créer un « dossier bis » pour que les principaux accusés puissent être rapidement jugés et que des enquêtes sur l'existence d'éventuels autres complices non encore identifiés puisse continuer[N 9],[86].
Un évènement hors normes
[modifier | modifier le code]Ce « procès du siècle », qui doit durer deux mois au minimum et dont le cout est estimé à près de 5 millions d'euros est celui de Marc Dutroux et de ses trois complices présumés. Les moyens mis en œuvre sont gigantesques pour un évènement attendu dans le monde entier et qui sera commenté par plus de 1 300 journalistes envoyés par 250 médias différents. Quelques 330 policiers doivent se relayer pour veiller à la sécurité des quatre audiences programmées chaque semaine ; près de 500 témoins doivent être entendus — il y en aura 596[87]. Le dossier comporte 440 000 pages, résumées dans l'acte d'accusation de 80 pages[88], rédigé par Jean-Baptiste Andries (avocat général de la cour d'appel de Liège) et Michel Bourlet (procureur du Roi de Neufchâteau), qui a été communiqué aux accusés (dans leur prison d'Arlon pour Marc Dutroux et Michel Lelièvre, de Namur pour Michelle Martin, à son domicile pour Michel Nihoul) et dont la lecture, suivie de celle des chefs d'accusation puis des actes de défense des avocats de Marc Dutroux et Michel Nihoul, occupera la deuxième journée de la procédure[89],[90].
Pour le jury, 180 personnes ont été convoquées parmi lesquelles 6 femmes et 5 hommes ont été retenus[91],[92]. Les accusés sont dans un box à l'abri d'une vitre blindée — que le père d'An appelle « l'aquarium »[93].
À côté des questions d'organisations essentielles, le quotidien a son importance pour beaucoup : la ville d'Arlon ne dispose pas d'insfrastructures suffisantes pour l'accueil de tous ceux qui assisteront au procès, avocats, journalistes, jurés. Le camp militaire de Stockem doit accueillir les membres du jury qui habitent loin d'Arlon, et le conseil est donné aux autres, étant le peu d'infrastructures hôtelières à Arlon, de chercher refuge à Luxembourg, dans le pays voisin, étant entendu que « planter une caravane devant l'hôtel de police » est exclu[94].
Avocats intervenants au procès
[modifier | modifier le code]Pour les victimes
[modifier | modifier le code]Dans un premier temps, les familles Lejeune, Russo et Marchal sont défendues par l'avocat Victor Hissel [N 10]. En mai 2002, celui-ci annonce que, pour ne pas cautionner l'enquête de la justice, les parents de Mélissa ont décidé de ne pas participer au procès ; ils ne seront donc ni présents ni représentés sans, pour autant, demander le retrait de leur constitution de partie civile car pour retirer celle-ci, il faudrait l'accord de la partie adverse (et donc de Marc Dutroux). Le papa de Julie précise que « Notre décision n'est pas un scoop. Nous avons déjà dit à plusieurs reprises que nous refusions de cautionner ce grand cirque que l'on vit depuis des années. Depuis longtemps maintenant, je n'ai pas le sentiment que le juge Langlois travaille dans les sens des questions que nous nous posons. Quand on reprend toutes les déclarations de Dutroux, on voit par exemple que certaines sont contredites par sa femme. On va donc se retrouver dans un procès où chacun ira avec sa vérité. »[95].
En juin 2003, Paul Marchal annonce à la presse que sa famille doit renoncer aux services d'un avocat étant donné la hausse des tarifs pour le procès ; constatant qu'une collecte de fonds est en cours pour les aider mais craignant que des gens mal intentionnés n'en profitent, son épouse et lui ont décidé d'ouvrir un compte pour les dons dans l'espoir de pouvoir payer un avocat et en donnant l'assurance que s'il reste de l'argent, une fois le procès terminé, le montant en sera versé à une asbl qui œuvre pour d'autres enfants victimes[96]. Le dossier d'An Marchal sera finalement défendu par Paul Quirynen.
Pour celui d'Eefje Lambrecks, seront engagés Joris Vercraeye (pour le papa d'Eefje), Luc Savelkoul (pour sa maman) et Mark Huygen (pour sa grand-mère)[97].
Jean-Philippe Rivière[97] et Céline Parisse[98] défendront Sabine Dardenne qui témoignera à la barre des témoins comme Laetitia Delhez, défendue par Jan Fermon et Georges-Henri Beauthier[97].
Les trois jeunes femmes slovaques ne viendront pas en Belgique pour le procès[99].
Pour les accusés
[modifier | modifier le code]Pour Marc Dutroux, le problème du financement de sa défense ne se pose pas : « du fait de son indigence de détenu »[100], il a accès au pro deo, l'aide juridique belge de deuxième ligne qui offre à chacun, en fonction de ses revenus, une aide partiellement ou totalement gratuite[101]. Défendu au début de l'enquête et jusqu'en 2002 par Julien Pierre, il contacte ensuite Daniel Kahn[102], Ronny Baudewyn, Martine Van Praet et Xavier Magnée qui lui a été conseillé par Jacques Vergès[97].
Michelle Martin a pour conseils Sarah Pollet, Thierry Bayet, Thierry Moreau et Sébastien Schmitz[103] tandis que Michel Lelièvre est défendu par Olivier Slusny, et Michel Nihoul par Xavier Attout et Frédéric Clément de Cléty[97].
Les inculpés-condamnés et leurs peines
[modifier | modifier le code]Le lundi , les jurés entrent en délibération. Ils vont répondre à 243 questions, dont 134 concernent Marc Dutroux seul, pour établir la culpabilité des quatre prévenus[104]. Leur décision est connue le , et les peines infligées le sont le . À cette occasion, le Président, Stéphane Goux s'adresse à Marc Dutroux et commente : « Marc Dutroux, vous vous en sortez quand même mieux que vos victimes, qui ne sont plus de ce monde »[105]
Les quatre inculpés sont reconnus coupables et condamnés à des peines de prison ; ils sont tenus de rembourser leur dettes aux créanciers. Pour Marc Dutroux et Michelle Martin, les deux créanciers prioritaires sont l'État, pour 441 681 euros de frais de justice, et l'Office national de la sécurité sociale, puisque ces deux personnes, ayant réussi à se faire reconnaitre comme handicapées et ayant reçu des allocations sociales tout en travaillant, ont été reconnues coupables de détournement de plus de 400 000 euros qui n'ont jamais été remboursés[106]. Certains sont en outre tenus d'indemniser financièrement leur victime. Marc Dutroux et Michelle Martin, par exemple, sont dans l'obligation de verser 500 000 euros, à majorer des intérêts depuis 1999, à Sabine Dardenne. Cette condamnation, qui relève souvent du symbolique[107], débouchera, pour Michelle Martin, par deux plaintes du papa d'Eefje Lambrecks pour organisation d'insolvabilité de manière frauduleuse[108],[N 11]. La famille Marchal sera partiellement indemnisée par le Fonds pour l'aide financière aux victimes d'actes intentionnels de violence[109], Marc Dutroux étant insolvable[110].
La presse belge comme étrangère[111] a relaté les chefs d'accusation détaillés ci-dessous.
Marc Dutroux
[modifier | modifier le code]Accusé d'être le chef d'une bande impliquée dans l'enlèvement et la séquestration de six fillettes et adolescentes, dont cinq mineures, en les soumettant à des tortures ayant causé la mort de certaines d'entre elles, d'avoir assassiné deux jeunes filles (An et Eefje) et un complice présumé Bernard Weinstein, d'avoir enlevé Julie, Mélissa, An, Laetitia et Sabine[N 12], d'avoir violé neuf fillettes ou jeunes filles (Julie, Melissa, An, Eefje, Laetitia, Sabine, Henrieta, Eva et Yanka), d'être membre d'une association de malfaiteurs actifs dans le trafic de drogue, de faux documents, de voitures ou dans la traite d'êtres humains, d'avoir participé à un trafic de drogue, d'avoir volé avec violences deux véhicules, il est reconnu coupable de ces faits et condamné à la réclusion à perpétuité et à une peine de dix années de mise à la disposition du gouvernement — peine complémentaire applicable à l’égard des personnes ayant commis certains faits graves portant atteinte à l’intégrité des personnes, qui se traduit selon la volonté du Tribunal de l'application des peines soit par une privation de liberté, soit par une mise en liberté sous surveillance.
Cela implique qu'« il restera détenu tant qu’il ne remplira pas les conditions pour obtenir une libération conditionnelle, et notamment tant qu’il présentera un risque de récidive. Théoriquement, Marc Dutroux est accessible à une libération conditionnelle depuis 2011 »[112]. Aucun aménagement de peine ne lui a cependant été octroyé jusqu'en 2025.
Michelle Martin
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Accusée d'être membre d'une bande impliquée dans l'enlèvement et la séquestration de six fillettes et adolescentes, dont cinq mineures, en les soumettant à des tortures ayant causé la mort de certaines d'entre elles, d'avoir séquestré deux jeunes filles (Sabine et Laëtitia) retrouvées vivantes, d'en avoir séquestré quatre autres (Julie, Mélissa, An et Eefje) ayant été soumises à des tortures ayant entraîné la mort, ainsi que du viol d'une jeune Slovaque, Michelle Martin est condamnée à une peine de prison de 30 ans.
Lorsque sa libération conditionnelle se précise en 2012, l'émotion est encore vive et la population réagit, notamment par une manifestation de 5 000 personnes à Bruxelles[113].
Michel Lelièvre
[modifier | modifier le code]Accusé d'avoir fait partie d'une bande active dans l'enlèvement et la séquestration de six fillettes et adolescentes, dont cinq mineures, en les soumettant à des tortures ayant causé la mort de certaines d'entre elles, d'en avoir enlevé trois, d'en avoir détenu deux (Sabine et Laëtitia) avec menaces de mort et deux autres (An et Eefje) avec menaces de mort et tortures ayant entrainé la mort, et d'être membre d'une association de malfaiteurs actifs dans le trafic de drogue (auquel il a lui-même participé), de faux documents, de voitures ou dans la traite d'êtres humains, il est reconnu coupable de ces faits comme participant à une association de malfaiteurs impliquée dans les enlèvements et les séquestrations d’enfants, de participation à une association mêlée au trafic d’êtres humains, et de trafic d’ecstasy. Il est condamné à une peine de 25 ans de prison alors que le parquet en avait requis 30.
Michel Nihoul
[modifier | modifier le code]Accusé comme membre d'une bande active dans l'enlèvement et la séquestration de six fillettes et adolescentes, dont cinq mineures, en les soumettant à des tortures ayant causé la mort de certaines d'entre elles, d'avoir enlevé ou fait enlever et séquestré Laëtitia, d'avoir été le chef d'une bande impliquée notamment dans le trafic de drogue, de faux documents, de voitures ou dans la traite d'êtres humains et d'avoir dirigé un trafic d'ecstasy, comparaissant libre au procès[114], il écope d'une peine de cinq ans de prison pour trafic de drogue et association de malfaiteurs[115] mais il est blanchi pour tout ce qui est relatif aux enlèvements, séquestration et décès de mineurs, et bénéficiera d'un non-lieu à ce sujet en 2010[116].
Demande de réouverture du dossier
[modifier | modifier le code]En , l’ancien procureur du Roi de Neufchâteau Michel Bourlet pense que « beaucoup de pistes du "dossier bis" ont été négligées »[117].. Il a déclaré à RTL TVI : « On a fait du bon boulot mais on n’a pas terminé le boulot ».
En , l'ancien enquêteur et gendarme de la BSR de Bruxelles, Aimé Bille, estimant que « la piste d’un réseau gravitant autour de Nihoul et Dutroux n’a pas été suffisamment explorée », lance une pétition en ligne pour la réouverture du dossier[118].
Conséquences
[modifier | modifier le code]Child Focus
[modifier | modifier le code]Le , Child Focus, fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités, est créée par Jean-Denis Lejeune, le père de Julie, sur la base du National Center for Missing & Exploited Children américain. Elle est la première fondation de ce type créée en Belgique alors qu'à l'époque de la disparition de Julie et Mélissa, seule l'asbl Marc et Corine, du nom des deux adolescents belges assassinés, séquestrés et violés en 1992 à Lierneux, diffusait l'information sur les enfants disparus et aidait leurs parents.
Première conséquence politique et réformes
[modifier | modifier le code]Le , l'accord Octopus est signé entre les partis politiques de la majorité gouvernementale et des partis de l'opposition pour travailler en consensus sur une réforme des polices. Cette réforme est actée le suivant mais ne prendra cours qu'en 2001.
La réforme complète de la Justice n'interviendra qu'en décembre 2013.
Place et droits des victimes
[modifier | modifier le code]Le , une première étape de réforme judiciaire est franchie par la création du Tribunal d'Application des Peines devant lequel comparaissent les condamnés en demande d'une libération conditionnelle (qui dépendaient précédemment du Service des cas individuels).
La place des victimes y est reconnue (puisqu'elles peuvent partiellement assister à l'audience) mais reste encore largement améliorable puisqu'elles ne peuvent participer aux débats ni avoir copie de pièces. Cette disposition légale belge (existant aussi en France) ne donne pas aux victimes le véritable droit de participation active à la procédure qui leur est reconnu ailleurs, à la Cour Pénale Internationale par exemple.
Remplacement d'immeubles par des espaces mémoriels
[modifier | modifier le code]
Le , la maison où ont été séquestrées les victimes de Dutroux à Marcinelle est démolie et remplacée par un mémorial[119]. Jusqu'alors, la maison située au numéro 128 de l'avenue de Philippeville[N 13], devenue propriété de la ville de Charleroi, était recouverte d’une cloison peinte d'un paysage avec un enfant jouant au cerf-volant. Après la destruction, l'image de cet enfant est répliquée sur le mur droit du mémoriel. La cave où furent séquestrées notamment Julie, Mélissa, Sabine et Laëtitia est quant à elle conservée à la demande des parents, dans l'espoir que d'éventuels nouveaux prélèvements puissent donner de nouvelles informations sur le drame.
À Jumet, un monument mémoriel a aussi remplacé l'immeuble où périrent An et Eefje.
Remise en question de la presse
[modifier | modifier le code]Le fait-divers que constitue, au départ, la disparition d'enfant, va devenir une affaire d'état et obliger les médias à modifier leur mode de fonctionnement. Dans un premier temps, ceux-ci participent à une large diffusion de l'info sous la pression des parents qui n'ont pas vraiment le choix des moyens, étant donné le manque d'infrastructure officielle de communication pour ce type d'évènement, et qui expriment leur désarroi puis leur colère face aux caméras. L'émoi gagne tant la population qu'un certain nombre de journalistes qui « se sont laissés entrainer par le mouvement d'émotion qui a submergé la Belgique. L'empathie avec la famille était inévitable et explicable la méfiance à l'égard d'institutions sans visage ou incarnées par des personnages avec qui cette empathie était difficile »[120]. C'est le temps de l'émotion qui coïncide avec le développement de nouveaux moyens techniques facilitant le direct, les micro-trottoirs, et provoque une course à l'info d'autant plus nécessaire que lorsqu'on ne fait pas de direct, « on recevait des dizaines de coups de fil nous accusant de vouloir cacher la vérité » indique Bruno Clément de la RTBF.
Avec les flashs spéciaux en journée nait une forme forme de chaine d'info en continu et sur les plateaux de télévision que fréquente habituellement l'élite, le simple citoyen, à côté des journalistes, devient un interlocuteur des politiques, ce qui constitue une révolution. La longueur de l'affaire — « jamais on n’avait travaillé sur un événement dont on ne voyait pas le bout » dira Stéphane Rosenblatt — oblige les rédactions à renforcer les équipes, réfléchir pour appréhender l'information de manière globale et sans cesse « recouper et oser dire qu'on s'est trompé » (Georges Huercano-Hidalgo). De la complexité de l'affaire et son développement nait un « journalisme de thèses » (pour ou contre les réseaux pédophiles) qui favorise les vocations d'investigation et la spécialisation[121].
La presse étrangère a embrayé et les politiques aussi, rappelant l'affaire Dutroux dans leur communication à la suite des conclusions du congrès de Stockholm qui s'est ouvert le 26 aout 1996 — quatre jours précisément après la disparition d'An et Eefje — avec plus de 1 000 délégués de 126 pays et une cinquantaine d'organisations pour traiter de l'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales[122] puis tout au long de l'affaire.
Quant aux photos de presse, « malgré I'ampleur de la tragédie, malgré les nombreux rebondissements, le lecteur a toujours été confronté aux mêmes images ». Une analyse de 1788 clichés entre entre le 12 aout (disparition de Laëtitia) et le 9 septembre 1996 (funérailles d'Ann et Eefje) montre un manque de variété, treize scènes seulement étant illustrées avec une prédominance à 65 % des portraits des enfants, des personnes arrêtées, des fouilles et de réactions de la population. « Sur ces quatre ou cinq scènes bien illustrées, plusieurs comptaient des photos publiées vingt, vingt-quatre, vingt-six fois, souvent même de façon non recadrées ». Pour les personnes arrêtées, les photos de Marc Dutroux sont les plus nombreuses « parce que c'est lui le v(i)oleur, le tueur, le « monstre » », puis viennent celles de Michel Nihoul « parce que d'aucuns affirment qu'il est le « commercial » d'un réseau de rapt et de vente d'enfants (…impliqué dans plusieurs histoires de fraudes) », puis celles de Michelle Martin « parce qu'il paraît inimaginable qu'une femme, mère et qui plus est, institutrice, ait laissé mourir Julie et Mélissa, maltraiter les autres enfants. Curieusement, le portrait de Michel Lelièvre, complice arrêté au même moment que les trois autres, apparaît moins souvent. » Le choix des photographes et chefs d'édition construit peu à peu l'image de l'évènement, créant des stéréotypes : fillettes jolies, accusés la mine sombre, l'épouse de Dutroux le regard toujours baissé, « au point que, quand Marc Dutroux s'est présenté sans moustache et bien peigné devant la Chambre du conseil, tout le monde a été surpris. » Confronté sans cesse aux mêmes images, le public n'a pourtant pas ressenti de lassitude car il s'identifiait aux parents et que les rebondissements du drame a eu « les vertus d'un roman-photo en plusieurs épisodes [lui donnant] l'impression de participer à l'évènement ». En ce sens l'affaire Dutroux fait partie des affaires « photogéniques », qui provoquent des émotions et transforment en voyeur mais qui relient un groupe social autour de la représentation de la mort. « La photographie alors ne participe plus à la diffusion d'une actualité (même si l'information événementielle qui se réclame du réel reste toujours en surface), mais d'un rituel. »[123].
Dans les arts
[modifier | modifier le code]- En 2016 , Five Easy Pieces de Milo Rau est une pièce de théâtre, jouée par des enfants, créée aux Sophiensaele Berlin / Kunstenfestivaldesarts Bruxelles, [1] ;
- En , sort Marc Dutroux, un homme libre ?, docufiction de 52 minutes dirigée par Julie Denayer, réalisée par Medianext TV, avec interviews de familles des victimes, experts et juges[124] ;
- En , est annoncée Innommable, série-documentaire franco-belgo-suisse en quatre parties de 55 min. de Malika Attar, Sylvie Chevalier, Jan Van Der Weken et Joeri Vlekken, 2021, diffusée sur la chaîne Arte les 7 et 8 juin 2022[125],[126].
- En 2023, Joachim Lafosse sort le film Un silence (dont le titre prévu au départ était Le Fils de la loi[127]), inspiré par le drame vécu dans la famille de l'avocat Victor Hissel, premier défenseur des familles Lejeune, Russo et Marchal, condamné pour détention de matériel pédopornographique.
- En , le film franco-belge Le Dossier Maldoror sort en salles. Réalisé par Fabrice Du Welz, il est librement inspiré de l'affaire Dutroux[128].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Titre du livre publié par Sabine Dardenne en 2004.
- ↑ Montant calculé à l'époque du passage des monnaies nationales à l'euro, le taux du franc belge (BEF) étant de 40,339 9 BEF pour 1 euro.
- ↑ Nom de code donné à une mise sous observation prolongée de Marc Dutroux par le groupe Posa gendarmerie en 1995, « dans le cadre de la lutte contre la traite des êtres humains » sur base des informations connues d'aménagement de caves et de projets d'enlèvements d'enfants, qui se terminera pour cause d'« observations insuffisantes » — cf. Renaat Landuyt et Nathalie de T'Serclaes, 1997, p. 48,52, 1er rapport de la Commission parlementaire.
- ↑ Le 22 novembre 1995, une jeune fille est violée et se retrouve la gorge à moitié tranchée à Obaix, le village où les parents de Marc Dutroux se sont installés à leur retour du Congo belge lors de son indépendance et où vit encore sa mère. Comme, d'autre part, un véhicule suspect présent à proximité ressemble à la voiture de Bernard Weinstein, Marc Dutroux et lui font figures de suspects. Ils seront disculpés par les analyses génétiques — cf. Rédaction, Les analyses génétiques disculpent le complice de Marc Dutroux, Weinstein hors cause dans l'affaire d'Obaix, Le Soir, Bruxelles, Groupe Rossel, 7 juillet 1997, en ligne, consulté le 12 octobre 2025.
- ↑ La pointe correspond au maximum de personnes qui ont regardé le programme à une heure donnée.
- ↑ La « si on me laisse faire » de Michel Bourlet — cf. Roland Planchar, « "Si on me laisse faire" », La Libre Belgique, Bruxelles, Groupe IPM, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Vice-premier ministre et ministre de l'Économie et des Télécommunications dans le Gouvernement Dehaene II.
- ↑ Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique, du Sport et des Relations internationales dans le Gouvernement Onkelinx II.
- ↑ Ce "dossier bis", qui a opposé le juge d'instruction Langlois et le procureur Bourlet quant à son utilité, comprend surtout quelque 8 000 cheveux récupérés dans les maisons de Marc Dutroux, et des microtraces trouvées dans la cache de Marcinelle (qui peuvent provenir de n'importe quoi puisque Marc Dutroux utilisait des objets de seconde main). Outre le travail de bénédictin que représentent les analyses, les autorités doivent tenir compte du cout des travaux, de la possibilité des faux positifs (l'un des cheveux analysés, par exemple, appartenait à l'un des laborantins) et du manque de base de données pour les comparaisons. Ce dossier a été clôturé en 2010. « À l'heure actuelle, l'enquête est au bout de ce qui était raisonnable. Dans l'état actuel, il n'y a pas d'infraction à charge d'une personne déterminée autre que celles qui ont été condamnées. On ne voit pas quels devoirs pourraient encore être faits pour aboutir à des éléments probants, indique l'avocat général Jean-Baptiste Andries, qui avait requis en 2004 avec M. Bourlet aux assises » — cf. « Rideau sur le "dossier bis" » dans La Libre Belgique cité dans ce paragraphe.
- ↑ En février 2008, les Belges apprendront avec stupeur que cet avocat, hyper médiatisé car pourfendeur des réseaux pédophiles, est arrêté comme client d’un système italo-flamand de production et de diffusion de matériel pédopornographique — cf. Marie-Cécile Royen, « La chute de Victor Hissel », Le Vif/L'Express, Haren (Bruxelles), Roularta, 231 février 2008 (lire en ligne, consulté le ). Condamné, Victor Hissel ira en appel jusqu'à la Cour européenne qui le déboutera — cf. Belga, « Condamné pour détention d’images pédopornographiques, Victor Hissel est débouté par la Cour européenne », Le Soir, Bruxelles, Groupe Rossel, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ La première plainte a été prescrite et un non-lieu prononcé en mars 2019, le parquet et la chambre du conseil estimant que les faits étaient prescrits au moment du dépôt de la plainte puisque datant de plus de 10 ans — cf. « Prescription et non-lieu pour Michelle Martin », sur RTBF actus, (consulté le ).
- ↑ Eefje étant majeure à l'époque des faits, seule sa séquestration, dissociée de son rapt, fait l'objet de poursuites selon la loi belge.
- ↑ L'adresse du domicile (Av. de Philippeville 128) ne doit pas être confondue avec d'autres adresses de Charleroi (ex : Rte de Philippeville 128)
Références
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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Documentaires télévisés
[modifier | modifier le code]- Marc Dutroux, le démon belge en dans Faites entrer l'accusé présenté par Christophe Hondelatte sur France 2.
- L'avocat du diable d'Alain Hertoghe et Tony Malamatenios, par Doc en stock, le sur RTL TVI, le sur 13e rue et le sur France 2.
- Marc Dutroux, le monstre de Belgique dans Ces crimes qui ont choqué le monde le sur RMC Découverte et le sur Numéro 23.
- Affaire Marc Dutroux, Le monstre de Charleroi (premier reportage) le dans Chroniques criminelles sur NT1.
- L'affaire Marc Dutroux : 20 ans après le dans Enquêtes criminelles : le magazine des faits divers sur W9.