Abraham Maslow

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Abraham Maslow
Portrait de Abraham  Maslow

Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie
Naissance
à BrooklynVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès (à 62 ans)
à Menlo ParkVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité(s) États-UnisVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université du Wisconsin à Madison et université CornellVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession(s) Psychologue, professeur d'université et sociologueVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur(s) Université Brandeis et Brooklyn CollegeVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinction(s) Humanist of the Year (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Société américaine de psychologieVoir et modifier les données sur Wikidata

Abraham Harold Maslow, né le à New York et mort le à Menlo Park en Californie, est un célèbre psychologue américain considéré comme le père de l'approche humaniste. En psychothérapie, il est selon lui préférable de promouvoir les qualités et les réussites individuelles, plutôt que de considérer les patients comme des « sacs de symptômes » (« bags of symptoms »)[1]. Il est également connu pour son explication de la motivation par la hiérarchie des besoins, souvent représentée par la suite sous la forme d'une pyramide des besoins.

Biographie[modifier | modifier le code]

Abraham Harold Maslow est né à Brooklyn, New York. Il était le fils aîné de sept enfants d'immigrants russes d'origine juive, arrivés aux Etats Unis moins d'un an avant sa naissance. Après la Deuxième Guerre mondiale, Maslow commença à questionner la façon dont les psychologues étaient arrivés à leurs conclusions, et même s'il n'était pas tout à fait en désaccord, il avait ses propres idées sur la compréhension de l'esprit humain.

Travaux et apports[modifier | modifier le code]

Abraham Maslow reste une référence pour nombre de psychologues dans le monde entier. Il est connu dans la psychologie du travail pour ses études sur la motivation, souvent résumées abusivement à une simple pyramide dont il faudrait monter les degrés les uns après les autres pour atteindre la pleine satisfaction. Pour les psychothérapeutes, c’est l’initiateur de la psychologie humaniste, avec Carl Rogers en particulier. D’autres psychologues voient encore en lui la figure de proue de la psychologie transpersonnelle — cette branche de la psychologie qui dépasse ce qui concerne strictement la personnalité pour s’intéresser à la dimension spirituelle de l’homme et aux états de conscience exceptionnels.

Abraham Maslow est tout cela à la fois. Ces visions fragmentées donnent chacune un aperçu juste mais incomplet. Les premières recherches de Maslow ont concerné le comportement des animaux (chiens, singes) et les déterminants du comportement humain en société. À partir des années 1940, son intérêt s’est porté sur les sentiments négatifs (la peur, la privation, l’insécurité), pour ensuite se tourner vers leur contraire, la motivation et la satisfaction. Dès le début des années 1950, ses études sur la motivation le conduisent à s’interroger sur l’accomplissement de soi et, une décennie plus tard, sur les expériences mystiques.

La continuité est claire dans cette démarche qui conduit Maslow de l’analyse des états psychologiques les plus pénibles à l’étude de la motivation puis du sentiment de plénitude, ce qu’il a appelé les « expériences paroxystiques ». Il en résulte une œuvre à la fois foisonnante et originale, qui a ouvert de nombreuses voies dans la recherche et dans la pratique.

On doit en particulier à Abraham Maslow l’élaboration d’un lexique précis, pour aborder la mystique et les états de conscience exceptionnels dans des termes scientifiques, tout en respectant la spécificité de ces expériences.

Théorie de la motivation et des besoins[modifier | modifier le code]

Au cours de sa carrière, Maslow s'est intéressé principalement aux motivations « supérieures » de l'homme dans sa hiérarchie (l'accomplissement de soi) et aux états de plénitude (expériences paroxystiques), ainsi qu'aux fondements de la santé psychique.

Sa hiérarchie des besoins signifie que l'homme n'atteint le plein développement de son psychisme que s'il est satisfait sur tous les plans : physiologie, sécurité, amour (appartenance), estime (reconnaissance) et accomplissement de soi (créativité). Malgré l'apparence rigide de la pyramide faite d'étapes fixes pour la progression, Maslow a dit depuis sa première publication en 1943 que les besoins humains sont dynamiquement fluides — avec plusieurs de ces besoins présents dans une personne simultanément[2].

Cette hiérarchie est généralement représentée sous la forme d'une pyramide qui, de la base au sommet, distingue cinq niveaux de besoins :

  1. à la base, les besoins physiologiques (tels que la faim, la soif) ;
  2. ensuite, les besoins de sécurité et de protection (tels que le désir d'un toit ou d'une bonne assurance). Ces deux aspects assurent la survivance physique d'une personne ;
  3. puis viennent les besoins d'appartenance, besoins sociaux qui reflètent la volonté de faire partie d'une famille, d'un groupe, d'une tribu ;
  4. ensuite arrivent les besoins d'estime de soi (qui permettent de se regarder dans le miroir le matin) pour les besoins psychologiques ;
  5. enfin, apparaissent au sommet de la hiérarchie, les besoins de s'accomplir.

La pyramide qui a été attribuée à Maslow représente mal la richesse de son analyse, et surtout trahit la vision dynamique qu'il avait des besoins dans la construction de la personnalité[3].

De plus, si Maslow est très connu dans le domaine du management, ses recherches concernaient la psychologie générale, et ce sont ses successeurs qui ont appliqué ses conclusions à la sphère de l'entreprise. Lui-même n'a écrit que des notes à ce sujet, où il est peu question de motivation, mais beaucoup plus de la société adéquate et de l'eupsychie (ou santé psychologique).

Maslow estime que les besoins élémentaires (physiologiques et de sécurité) étant satisfaits, la personne cherche ensuite à satisfaire les autres besoins d'ordre supérieur de façon à alimenter sans cesse les motivations. Un besoin d'ordre supérieur ne peut être satisfait que si les précédents le sont. Ainsi, pour appliquer ce modèle au monde professionnel, rien ne sert de vouloir motiver les salariés au niveau de l'estime et de l'accomplissement, si des menaces de licenciements portent atteinte à la sécurité et si les salaires ne sont pas suffisants pour satisfaire pleinement les besoins physiologiques.

Maslow tient finalement un discours optimiste dans la mesure où il considère qu'il est possible que les salariés puissent, dans leur travail, s'accomplir, se réaliser, pourvu que le management soit participatif (cf. théorie de Douglas McGregor).

Maslow propose une étude sociologique de la spiritualité dans laquelle il classifie avec beaucoup de finesse les différentes manifestations paroxystiques, telle que la révélation. Sa démarche est celle d'un scientifique qui approche globalement une dimension du fait religieux de manière macroscopique, soit comme un sociologue ou même comme un ethnologue, et qui use ensuite d'une analyse psychologique pour aborder l'échelle microscopique de l'expérience paroxystique. Cette démarche n'est pas sans rappeler celle de Stanley Milgram.

Dès 1967, Maslow commence à identifier un nouveau besoin motivationnel, un nouveau degré qu'il appellera dépassement de soi (self-transcendence). L'avant-dernier degré (besoin d'actualisation) est distinct du besoin d'accomplissement de soi. En 1969, il affirme clairement que l'être humain complètement développé tendra à être motivé par des valeurs qui transcendent sa personne15. Ces individues poursuivent une recherche qui dépasse leur propre individualité, pour s'impliquer dans une communion plus large, impliquant souvent un engagement au service d'autrui. Le besoin d'accomplissement de soi implique que l'individu travaille à actualiser son propre potentiel, alors que le niveau de dépassement de soi ("self-transcendence") implique de mettre de côté ses propres besoins, au bénéfice de service à autrui ou à d'autres causes, extérieures à soi. Ce modèles est décrit dans un article récent de Koltko-Rivera[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Une théorie de la motivation (A Theory of Human Motivation),

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Les ouvrages sont présentés par date de publication originale croissante.

Citations[modifier | modifier le code]

Cette phrase, souvent citée, lui est généralement attribuée :

« I suppose it is tempting, if the only tool you have is a hammer, to treat everything as if it were a nail.[5] »

Littéralement « J'imagine qu'il est tentant, si le seul outil que vous avez est un marteau, de tout traiter comme si c'était un clou », souvent traduit par « Tout ressemble à un clou pour qui ne possède qu'un marteau ». Ce propos stigmatisant la déformation professionnelle est cependant parfois attribué à Paul Watzlawick ou à Albert Einstein.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cet ouvrage a été réédité en sous le titre Maslow on management.
  2. Cet ouvrage, publié à titre posthume, est une collection d'articles et de lettres regroupés par Edward Hoffman.
  3. Cet ouvrage, publié à titre posthume, est une collection d'articles et de lettres regroupés par Deborah Stephens.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hoffman 1988, p. 109.
  2. Maslow 1943.
  3. « Accomplissement de soi : comprendre l’accomplissement de soi », sur psychotherapie.comprendrechoisir.com (consulté le 17 novembre 2015).
  4. (en) Mark E. Koltko-Rivera, « Rediscovering the later version of Maslow’s hierarchy of needs: Self-transcendence and opportunities for theory, research, and unification. », Review of General Psychology, no 10,‎ , p. 302-317 (lire en ligne)
  5. Maslow 1966, p. 15-16.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Willard B. Frick, Humanistic Psychology: Conversations with Abraham Maslow, Gardner Murphy, Carl Rogers, Bristol, Wyndham Hall Press, coll. « Cornucopia library of reprint classics », (1re éd. 1971), 186 p. (ISBN 978-1-55605-106-7)
  • (en) Frank G. Goble, The Third Force: The Psychology of Abraham Maslow, New York, Grossman, , 201 p. (ISBN 978-0-670-70065-3, lire en ligne)
  • (en) Tom Greening, « Abraham Maslow: A Brief Reminiscence », Journal of Humanistic Psychology, vol. 48, no 4,‎ , p. 443-444 (DOI 10.1177/0022167808320533, lire en ligne)
  • [Hoffman 1988] (en) Edward Hoffman, The Right to be Human: A Biography of Abraham Maslow, New York, St Martin's Press, , 382 p. (ISBN 978-1-85274-049-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Maslow 1943] (en) Abraham Maslow, « A Theory of Human Motivation », Psychological Review, vol. 50, no 4,‎ , p. 370-396 (DOI 10.1037/h0054346) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Maslow 1966] (en) Abraham Maslow, The Psychology of Science: A Reconnaissance, New York, Harper & Row, coll. « John Dewey Society lectureship series » (no 8), , 168 p. (ISBN 978-2-86943-248-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]