Éphébophilie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Un homme embrassant un jeune homme dans la Grèce antique
Tondo, Ve siècle.

L'éphébophilie (du grec ancien ἔφηϐος / éphêbos (« adolescent ») et φιλία / philía (« amour / amitié ») désigne la préférence sexuelle d'un adulte (de l'un ou l'autre sexe) pour des adolescents ou adolescentes pubères, ou pour de jeunes adultes (le plus souvent de 15 à 19 ans[1],[2]). Pour des adolescents en cours de puberté, on parle plutôt d'hébéphilie[3]. À l'origine, le médecin et sexologue allemand Magnus Hirschfeld appelait éphébophiles les hommes attirés par les adolescents de quinze à vingt-deux ans[4].

Terminologie[modifier | modifier le code]

L'éphébophilie est une chronophilie, c'est-à-dire une attirance majoritaire d'une personne pour un individu d'un groupe d'âge différent de celui auquel elle appartient. Au sens premier du terme, se rapporte d'abord à une attirance sexuelle envers les adolescents, et dans un sens plus restrictif aux pratiques sexuelles induites par cette attirance. Étant orientée envers des adolescents pubères, elle se distingue de la pédophilie qui est orientée envers les enfants prépubères ou en début de puberté[5]. Contrairement à la pédophilie et à l'hébéphilie, l'éphébophilie n'est pas considéré comme un trouble psychiatrique. L'éphébophilie d'un homme pour un garçon est parfois appelée pédérastie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le goût pour les éphèbes était répandu voire institutionnalisé et culturellement exalté dans l'Antiquité, particulièrement en Grèce[6].

Statut légal[modifier | modifier le code]

L'éphébophilie n'a pas d'existence juridique, Selon la juridiction de nombreux États, un adulte peut librement entretenir une relation sexuelle avec un adolescent mineur (civilement) pourvu qu'il ait atteint l'âge de la majorité sexuelle. Ce n'est donc pas une paraphilie. En revanche, une telle relation tombe sous le coup de la loi si l'adolescent concerné n'est pas sexuellement majeur[7].

En France[modifier | modifier le code]

Dans le droit français, même en l'absence de violence, contrainte, menace ou surprise, l'acte éphébophile d'un majeur est réprimé en tant qu'atteinte sexuelle s'il concerne un mineur de quinze ans[8], ou de moins de dix-huit ans si l'adulte a autorité[9]. En cas de violence, contrainte, menace ou surprise, il s'agit d'une agression sexuelle[10], et les peines encourues sont aggravées dans le cas d'un mineur de quinze ans[11].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ferdinand Enke, Psychopathia sexualis., Stuttgart, Krafft-Ebing, R.; Moll, A.,
  2. (en) Blanchard, R.; Lykins, A. D.; Wherrett, D.; Kuban, M. E.; Cantor, J. M.; Blak, T.; Dickey, R.; Klassen, Pedophilia, hebephilia, and the DSM–V, P. E., .
  3. (en) Lou Carlozo, « Scandals draw attention to obscure condition: ephebophilia », The Chicago Tribune, 25 Juin 2002
  4. Magnus Hirschfeld, Anomalies et perversions sexuelles, 1957
  5. (en) Classification internationale des maladies (CIM-10) de la OMS (ICD-10)
  6. L’hermaphrodite et la bisexualité à l’épreuve du droit dans l’antiquité, Eva Cantarella, (Université de Milan), Cairn.info
  7. « âge en dessous duquel il est interdit, conformément au droit national, de se livrer à des activités sexuelles avec un enfant » ; un enfant étant défini comme « toute personne âgée de moins de dix-huit ans », selon la « DIRECTIVE 2011/92/UE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 13 décembre 2011 relative à la lutte contre les abus sexuels et l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi que la pédopornographie et remplaçant la décision-cadre 2004/68/JAI du Conseil », sur eur-lex.europa.eu (consulté le 14 juin 2015)
  8. Code pénal - Article 227-25 (lire en ligne)
  9. Code pénal - Article 227-27 (lire en ligne)
  10. Code pénal - Article 222-22-2 (lire en ligne)
  11. Code pénal - Article 222-29-1 (lire en ligne)
  • Ames, A. & Houston, D.A. "Legal, social, and biological definitions of pedophilia." Archives of Sexual Behavior, vol. 19, 1990, pp. 333-342.