Geneviève Fraisse

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Geneviève Fraisse
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Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (67 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Principaux intérêts
Idées remarquables
"démocratie exclusive", "les deux gouvernements", la contradiction des égalités", "sexuation du monde", "historicité des sexes", "logicien(ne) de l'égalité"
Père
Mère
Simone Fraisse (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Geneviève Fraisse, née le [1] à Paris, est une philosophe française, historienne de la pensée féministe.

Parcours[modifier | modifier le code]

Elle est née aux Murs blancs, lieu communautaire fondé par Emmanuel Mounier à Châtenay-Malabry. Ses parents Paul Fraisse, auteur de livres de psychologie expérimentale, et Simone Fraisse (1913-2004), auteure de livres sur Charles Péguy, Ernest Renan, Simone Weil, collaboratrice de la revue Esprit, étaient professeurs à la Sorbonne. À la suite de mai 68, elle participe, autour de Jacques Rancière, à la création de la revue Les Révoltes logiques (1975). Auteure de nombreux ouvrages, ses travaux portent sur l’histoire de la controverse des sexes du point de vue épistémologique et politique. Ses recherches l’ont amenée à conceptualiser le « service domestique », la « démocratie exclusive », la « raison des femmes », les « deux gouvernements », le « mélange des sexes » et, plus récemment, le « consentement ». La complexité de la réflexion sur les sexes l’a conduite à travailler étroitement avec les historiennes, notamment pour la synthèse de l’Histoire des femmes en Occident.

Conçue comme opérateur de la pensée moderne et contemporaine, l’idée d’égalité des sexes se construit entre théorie et pratique. Geneviève Fraisse a été déléguée interministérielle aux droits des femmes de 1997 à 1998 et députée au parlement européen de 1999 à 2004, élue sur la liste menée par Robert Hue, membre indépendante de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique. Elle a pris l’initiative de deux rapports parlementaires, l’un sur le spectacle vivant, l’autre sur les femmes et le sport. Geneviève Fraisse a également été productrice à France Culture (l'Europe des idées) de 2004 à 2008.

Geneviève Fraisse est entrée au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1983. Elle a participé à la création du Collège international de philosophie (CIPH) (1984). Elle a été chercheuse invitée à l’Institute for Advanced Study en 1990. Docteure d’État, elle est directrice de recherche au CNRS depuis 1997[2], et professeure invitée à l'université Rutgers (États-Unis, 2000-2002). Elle a été présidente du Comité scientifique de l’Institut Émilie du Châtelet de 2006 à 2010.

De 2011 à 2013, Geneviève Fraisse a enseigné un grand cours de philosophie "Pensée des sexes et démocratie" à Sciences Po dans le cadre de PRESAGE (Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre).

État d'urgence en France en 2015[modifier | modifier le code]

Le 30 novembre 2015, elle est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »[3],[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Femmes toutes mains, essai sur le service domestique, Seuil, 1979.
    • Nouvelle édition augmentée : Service ou servitude, essai sur les femmes toutes mains, Le Bord de l’eau, 2009.
  • Clémence Royer, philosophe et femme de science, La Découverte, 1985, réédition 2002.
  • Muse de la raison, démocratie et exclusion des femmes en France, Alinea 1989, Folio-Gallimard, 1995.
  • La raison des femmes, Plon, 1992, partiellement repris dans Les femmes et leur histoire.
  • La différence des sexes, PUF, 1996, repris dans À côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité.
  • Les femmes et leur histoire, Folio Gallimard, 1998, reprise partielle de La Raison des femmes, et autres textes.
  • La controverse des sexes, PUF, 2001, repris dans À côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité.
  • Les deux gouvernements : la famille et la cité, Folio Gallimard, 2000.
  • Le mélange des sexes, Gallimard jeunesse, 2006.
  • Du consentement, Seuil, 2007.
  • Le privilège de Simone de Beauvoir, Actes Sud, 2008.
  • L’Europe des idées suivi de Touriste en démocratie : chronique d'une élue du Parlement européen, 1999-2004, (avec Christine Guedj), L’Harmattan/France culture, 2008, 353 p.
  • Service ou servitude : essai sur les femmes toutes mains, Le Bord de l'eau, 2009, nouvelle édition augmentée de Femmes toutes mains, essai sur le service domestique.
  • À côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité, Le Bord de l'eau, 2010, reprise de La Différence des sexes, La Controverse des sexes et autres textes
  • Opinion d'une femme sur les femmes (préface), Fanny Raoul, Le Passager clandestin (éditions), 2011.
  • La fabrique du féminisme : textes et entretiens, Le Passager clandestin, 2012.
  • Les excès du genre : concept, image, nudité, Éditions Lignes, 2014.
  • La Sexuation du monde, réflexions sur l'émancipation, Presses de Sciences Po, 2016.

En collaboration[modifier | modifier le code]

Édition[modifier | modifier le code]

  • Opinions de femmes, de la veille au lendemain de la Révolution française (Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour, Olympe de Gouges, Constance de Salm, Albertine Clément-Hémery, Fanny Raoul), édition et présentation, Côté-Femmes, 1989.

Textes en ligne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Fraisse, Geneviève (1948-....) » sur le site du catalogue général de la BnF
  2. Geneviève Fraisse était en novembre 2010 dans l'unité FRE3307 ; source annuaire du CNRS
  3. Collectif, « L'appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence » », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne).
  4. AFP, « État d'urgence : 58 personnalités revendiquent la liberté de manifester », Le Point,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]