Geneviève Fraisse

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Geneviève Fraisse
Geneviève Fraisse 2017.jpg
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (69 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Principaux intérêts
Idées remarquables
  • « démocratie exclusive »
  • « les deux gouvernements »
  • « habiter la contradiction »
  • « sexuation du monde »
  • « historicité des sexes »
  • « logicien(ne) de l'égalité »
Père
Mère
Simone Fraisse (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Geneviève Fraisse, née le à Paris, est une philosophe française, historienne de la pensée féministe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Geneviève Fraisse naît aux « Murs blancs », lieu communautaire personnaliste fondé par Emmanuel Mounier à Châtenay-Malabry où vit aussi le philosophe Paul Ricœur[1]. Ses parents Paul Fraisse, auteur de livres de psychologie expérimentale et Simone Fraisse (1913-2004), auteure de livres sur Charles Péguy, Ernest Renan, Simone Weil, collaboratrice de la revue Esprit[2], sont professeurs à la Sorbonne. En mai 68, elle est étudiante de première année de philosophie à la Sorbonne ; elle cofonde ensuite, avec un groupe de philosophes et d'universitaires constitué autour de Jacques Rancière, la revue Les Révoltes logiques en 1975.

Carrière et parcours[modifier | modifier le code]

Geneviève Fraisse entre au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1983. Elle participe à la création du Collège international de philosophie (CIPH) (1984). Elle est chercheuse invitée à l’Institute for Advanced Study en 1990.

Co-directrice du volume 4 de l'Histoire des femmes en occident (1991) avec Michelle Perrot, elle travaille étroitement avec les historiennes pendant une vingtaine d'années, dès la fin des années 70.

Déléguée interministérielle aux droits des femmes de 1997 à 1998 et députée au Parlement européen de 1999 à 2004, elle est élue sur la liste menée par Robert Hue, membre indépendante de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique. Elle est à l’initiative de deux rapports parlementaires, l’un sur le spectacle vivant, l’autre sur les femmes et le sport. Elle a également été productrice à France Culture (L'Europe des idées) de 2004 à 2008.

Docteure d’État, elle est directrice de recherche au CNRS depuis 1997[3], et professeure invitée à l'université Rutgers (États-Unis, 2000-2002).

Elle a été présidente du comité scientifique de l’Institut Émilie-du-Châtelet de 2006 à 2010.

De 2011 à 2013, elle a assuré un cours de philosophie intitulé « Pensée des sexes et démocratie » à l'Institut d'études politiques de Paris dans le cadre de PRESAGE (Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre).

Prise de position[modifier | modifier le code]

Le 30 novembre 2015, elle est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »[4],[5].

Axes de recherche[modifier | modifier le code]

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Auteure de plus d'une quinzaine[6] d'ouvrages, ses travaux portent sur l'épistémologie politique de la pensée féministe.

Partant d'une réflexion sur la provenance de la pensée, ses ouvrages permettent de distinguer trois axes de problématisation :

  1. la construction d’une « généalogie démocratique », à partir de la Révolution française, pour mettre en lumière le rapport entre l'exclusion et l'émancipation des femmes autour des notions de citoyenneté politique et artistique, du débat sur la raison des femmes, et du paradoxe entre représentation politique et gouvernement. La perspective des arts souligne de ce point de vue le « dérèglement » des représentations à l'intérieur même de la tradition ;
  2. une réflexion sur les mots de l'émancipation, en conceptualisant des notions ou expressions telles que service, démocratie exclusive, deux gouvernements, domestique / politique, mixité, consentement, privilège, nudité politique, face aux principes d’égalité et de liberté ;
  3. les lectures de l’objet « sexe/genre » dans la tradition philosophique et historique, en vue de la construction d'un champ de recherche.

À rebours d'une philosophie de l'identité, il ne s'agit pas d'insister sur le "quoi penser" mais sur le "comment penser". Loin d’énoncer ce qu’il en est du sexe et du genre , il faut s’en tenir à l’idée d’une « catégorie vide », et privilégier l'analyse des effets produits par la sexuation du monde dans les champs de la vie humaine.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Femmes toutes mains, essai sur le service domestique, Seuil, 1979 ; nouvelle édition augmentée : Service ou servitude, essai sur les femmes toutes mains, Le Bord de l'eau, 2009
  • Clémence Royer, philosophe et femme de science, La Découverte, 1985, réédition 2002
  • Muse de la raison, démocratie et exclusion des femmes en France, Alinea 1989, Folio-Gallimard, 1995, 2017
  • Histoire des femmes en Occident. Vol. IV, XIXe siècle, co-édité avec Michelle Perrot, sous la direction de Georges Duby et Michelle Perrot, Plon, 1991, Tempus, 2002
  • La raison des femmes, Plon, 1992, partiellement repris dans Les Femmes et leur histoire
  • La Différence des sexes, PUF, 1996, repris dans À côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité
  • Les femmes et leur histoire, Folio Gallimard, 1998, reprise partielle de La Raison des femmes, et autres textes
  • Deux femmes au royaume des hommes, avec Roselyne Bachelot-Narquin et la collaboration de Ghislaine Ottenheimer, Hachette Littérature, 1999
  • La Controverse des sexes, PUF, 2001, repris dans À côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité
  • Les Deux Gouvernements : la famille et la cité, Folio Gallimard, 2000
  • Le Mélange des sexes, Gallimard jeunesse, 2006
  • Du consentement, Seuil, 2007, 2017
  • Le Privilège de Simone de Beauvoir, Actes Sud, 2008; édition augmentée Folio-Gallimard, 2018
  • L’Europe des idées suivi de Touriste en démocratie : chronique d'une élue du Parlement européen, 1999-2004 (avec Christine Guedj), L’Harmattan/France culture, 2008, 353 p.
  • À côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité, Le Bord de l'eau, 2010, reprise de La Différence des sexes, La Controverse des sexes et autres textes
  • La Fabrique du féminisme : textes et entretiens, Le Passager clandestin, 2012, édition de poche 2018
  • Les Excès du genre : concept, image, nudité, Éditions Lignes, 2014
  • La Sexuation du monde, réflexions sur l'émancipation, Presses de Sciences Po, 2016

Préfaces (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Annick Davisse et Catherine Louveau, Sports, école, société : la différence des sexes, L’Harmattan,
  • « Pionnières », Mil neuf cent, revue d’histoire intellectuelle, no 16 « Figures d’intellectuelles »,‎
  • « La facture de l’histoire des femmes », postface pour Les femmes et la Seconde Guerre mondiale, éditions Autrement, 2001
  • « Le fait, le droit et le symbole », La mixité dans l’éducation, enjeux passés et présents, sous la direction de Rebecca Rogers, ENS éditions, 2004
  • « Simplement créatrice », Jérôme DorivalHélène de Montgeroult, la Marquise et la Marseillaise, éditions symétrie, Lyon, 2006
  • « Le signe égal, ou la logique dans l’histoire », Hubertine Auclert, pionnière du féminisme, Textes choisis, éditions Bleu autour, 2007
  • « L’écrivaine » , Françoise d’EaubonneUne Femme nommée Castor, mon amie Simone de Beauvoir, Paris, L’Harmattan, 2008
  • « Comment vient le féminisme », Ces hommes qui épousèrent la cause des femmes : dix pionniers britanniques, sous la direction de Martine Monicelli et Michel Prum, Paris, éditions de l’Atelier, 2010
  • « A rebours », Carole Pateman, Le Contrat sexuel, traduction de Charlotte Nordmann, postface d'Éric Fassin, La Découverte, 2010
  • « Le sort des femmes », Fanny RaoulOpinion d’une femme sur les femmes (1801), Le Passager clandestin, 2011
  • « Cours, petite sœur, les avant-gardes sont derrière toi », Bérengère Kolly, Et de nos sœurs séparées…: lectures de la sororité, Editions Lussaud, Fontenay-le-Comte, 2012
  • « Pour le court-circuit », Femmes, genre, féminismes en Méditerranée. Le vent de La pensée, Hommage à Françoise Collin, sous la direction de Christiane Veauvy et Mireille Azzoug, Saint-Denis, éditions Bouchène, 2014
  • « L'Histoire comme phénomène », Alain Brossat, Les Tondues, un carnaval moche, édition Téraèdre, 2015
  • « Paradoxe et vérité », Choderlos de Laclos, De l'éducation des femmes, éditions des Équateurs, 2018

Édition[modifier | modifier le code]

DVD[modifier | modifier le code]

  • Regards sur le sport, réalisé par Benjamin Pichery, Editions Montparnasse, 2015

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Riché, Henri Irénée Marrou : historien engagé, Éditions du CERF, 2003, p. 87-88.
  2. Notice biographique, IMEC [lire en ligne].
  3. Geneviève Fraisse était en novembre 2010 dans l'unité FRE3307 ; source annuaire du CNRS.
  4. Collectif, « L'appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence » », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne).
  5. AFP, « État d'urgence : 58 personnalités revendiquent la liberté de manifester », Le Point,‎ (lire en ligne).
  6. (en) « Geneviève Fraisse | Centre National de la Recherche Scientifique / French National Centre for Scientific Research - Academia.edu », sur cnrs.academia.edu (consulté le 30 avril 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]