Geneviève Fraisse

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Geneviève Fraisse
Genevieve Fraisse.jpg
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (68 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Principaux intérêts
Idées remarquables
"démocratie exclusive", "les deux gouvernements", la contradiction des égalités", "sexuation du monde", "historicité des sexes", "logicien(ne) de l'égalité"
Père
Mère
Simone Fraisse (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Geneviève Fraisse, née le à Paris, est une philosophe française, historienne de la pensée féministe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née aux « Murs blancs », lieu communautaire personnaliste fondé par Emmanuel Mounier à Châtenay-Malabry où vivait aussi le philosophe Paul Ricœur[1]. Ses parents Paul Fraisse, auteur de livres de psychologie expérimentale, et Simone Fraisse (1913-2004), auteure de livres sur Charles Péguy, Ernest Renan, Simone Weil, collaboratrice de la revue Esprit[2], étaient professeurs à la Sorbonne. En mai 68 elle est étudiante de première année de philosophie à la Sorbonne; elle cofonde ensuite, avec un groupe de philosophes et d'universitaires constitué autour de Jacques Rancière, la revue Les Révoltes logiques en 1975.

Auteure de nombreux ouvrages, ses travaux portent sur l’histoire de la controverse des sexes du point de vue épistémologique et politique. Ses recherches l’ont amenée à conceptualiser le « service domestique », la « démocratie exclusive », la « raison des femmes », les « deux gouvernements », le « mélange des sexes » et, plus récemment, le « consentement ». La complexité de la réflexion sur les sexes l’a conduite à travailler étroitement avec les historiennes, notamment pour la synthèse de l’Histoire des femmes en Occident.

Carrière et parcours[modifier | modifier le code]

Geneviève Fraisse est entrée au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1983. Elle a participé à la création du Collège international de philosophie (CIPH) (1984). Elle a été chercheuse invitée à l’Institute for Advanced Study en 1990.

Geneviève Fraisse a été déléguée interministérielle aux droits des femmes de 1997 à 1998 et députée au parlement européen de 1999 à 2004, élue sur la liste menée par Robert Hue, membre indépendante de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique. Elle a pris l’initiative de deux rapports parlementaires, l’un sur le spectacle vivant, l’autre sur les femmes et le sport. Geneviève Fraisse a également été productrice à France Culture (l'Europe des idées) de 2004 à 2008.

Docteure d’État, elle est directrice de recherche au CNRS depuis 1997[3], et professeure invitée à l'université Rutgers (États-Unis, 2000-2002).

Elle a été présidente du comité scientifique de l’Institut Émilie du Châtelet de 2006 à 2010.

De 2011 à 2013, Geneviève Fraisse a assuré un cours de philosophie intitulé Pensée des sexes et démocratie à l'Institut d'études politiques de Paris dans le cadre de PRESAGE (Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre).

État d'urgence en France en 2015[modifier | modifier le code]

Le 30 novembre 2015, elle est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »[4],[5].

Axes de recherche[modifier | modifier le code]

La controverse des sexes, d’un point de vue épistémologique et politique, suivant trois axes :

  1. la construction d’une « généalogie démocratique », à partir de la Révolution française, pour mettre en lumière le rapport entre l’exclusion et l’émancipation des femmes, autour des notions de citoyenneté, raison, représentation et gouvernement. Cette généalogie met en lumière le « dérèglement » des représentations du rapport des sexes ;
  2. une réflexion sur les concepts de l'émancipation, sur des notions conceptuelles telles que le service, le consentement, la mixité, le privilège, en relation avec les concepts d’égalité et de liberté ;
  3. la lecture de l’objet « sexe/genre » dans la tradition philosophique et historique.

Choix est donc fait d'insister sur la réflexion épistémologique, sur le « comment penser » la question des sexes. Il ne s’agit pas d’énoncer ce qu’il en est du sexe et du genre ; il faut s’en tenir à l’idée d’une « catégorie vide », et privilégier la recherche des effets produits par la sexuation du monde dans les champs de la vie humaine.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Femmes toutes mains, essai sur le service domestique, Seuil, 1979.
    • Nouvelle édition augmentée : Service ou servitude, essai sur les femmes toutes mains, Le Bord de l’eau, 2009.
  • Clémence Royer, philosophe et femme de science, La Découverte, 1985, réédition 2002.
  • Muse de la raison, démocratie et exclusion des femmes en France, Alinea 1989, Folio-Gallimard, 1995.
  • Histoire des femmes en Occident. Vol. IV, XIXe siècle, co-édité avec Michelle Perrot, sous la direction de Georges Duby et Michelle Perrot, Plon, 1991, Tempus, 2002.
  • La raison des femmes, Plon, 1992, partiellement repris dans Les femmes et leur histoire.
  • La différence des sexes, PUF, 1996, repris dans À côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité.
  • Les femmes et leur histoire, Folio Gallimard, 1998, reprise partielle de La Raison des femmes, et autres textes.
  • Deux femmes au royaume des hommes, avec Roselyne Bachelot-Narquin et la collaboration de Ghislaine Ottenheimer, Hachette Littérature, 1999.
  • La controverse des sexes, PUF, 2001, repris dans À côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité.
  • Les deux gouvernements : la famille et la cité, Folio Gallimard, 2000.
  • Le mélange des sexes, Gallimard jeunesse, 2006.
  • Du consentement, Seuil, 2007.
  • Le privilège de Simone de Beauvoir, Actes Sud, 2008.
  • L’Europe des idées suivi de Touriste en démocratie : chronique d'une élue du Parlement européen, 1999-2004, (avec Christine Guedj), L’Harmattan/France culture, 2008, 353 p.
  • Service ou servitude : essai sur les femmes toutes mains, Le Bord de l'eau, 2009, nouvelle édition augmentée de Femmes toutes mains, essai sur le service domestique.
  • À côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité, Le Bord de l'eau, 2010, reprise de La Différence des sexes, La Controverse des sexes et autres textes
  • Opinion d'une femme sur les femmes (préface), Fanny Raoul, Le Passager clandestin (éditions), 2011.
  • La fabrique du féminisme : textes et entretiens, Le Passager clandestin, 2012.
  • Les excès du genre : concept, image, nudité, Éditions Lignes, 2014.
  • Regards sur le sport, DVD réalisé par Benjamin Pichery, Editions Montparnasse, 2015
  • La Sexuation du monde, réflexions sur l'émancipation, Presses de Sciences Po, 2016.

Préfaces (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Annick Davisse, Catherine Louveau, Sports, école, société: la différence des sexes, L’Harmattan, 1998.
  • « Pionnières », Mil neuf cent, revue d’histoire intellectuelle, « Figures d’intellectuelles », n°16, 1998.
  • « La facture de l’histoire des femmes », postface pour Les femmes et la Seconde Guerre mondiale, éditions Autrement, 2001.
  • « Le fait, le droit et le symbole », La mixité dans l’éducation, enjeux passés et présents, sous la direction de Rebecca Rogers, ENS éditions, 2004.
  • « Simplement créatrice », Jérôme Dorival, Hélène de Montgeroult, la Marquise et la Marseillaise, éditions symétrie, Lyon, 2006.
  • « Le signe égal, ou la logique dans l’histoire », Hubertine Auclert, pionnière du féminisme, Textes choisis, éditions Bleu autour, 2007.
  • « L’écrivaine » , Françoise d’Eaubonne, Une Femme nommée Castor, mon amie Simone de Beauvoir, Paris, L’Harmattan, 2008.
  • « Comment vient le féminisme », Ces hommes qui épousèrent la cause des femmes : dix pionniers britanniques, sous la direction de Martine Monicelli et Michel Prum, Paris, éditions de l’Atelier, 2010.
  • « A rebours », Carole Pateman, Le Contrat sexuel, traduction de Charlotte Nordmann, postface d'Éric Fassin, La Découverte, 2010.
  • « Le sort des femmes », Fanny Raoul, Opinion d’une femme sur les femmes (1801), Le passager clandestin, 2011.
  • « Cours, petite sœur, les avant-gardes sont derrière toi », Bérengère Kolly, Et de nos sœurs séparées…: lectures de la sororité, Editions Lussaud, Fontenay-le-Comte, 2012.
  • "Pour le court-circuit" Femmes, genre, féminismes en Méditerranée. Le vent de La pensée, Hommage à Françoise Collin, sous la direction de Christiane Veauvy et Mireille Azzoug, Saint-Denis, Editions Bouchène, 2014.
  • "L'Histoire comme phénomène", Alain Brossat, Les Tondues, un carnaval moche, édition Téraèdre, 2015.

Édition[modifier | modifier le code]

  • Pénélope, pour l'histoire des femmes, "Éducation des filles, Enseignement des femmes, XVIII, XX siècles. N°2 réalisé par Geneviève Fraisse, printemps 1980, publication du Groupe d'Études Féministes (GEF) de l'Université Paris 7 et du Centre de Recherches Historiques de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.
  • Opinions de femmes, de la veille au lendemain de la Révolution française (Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour, Olympe de Gouges, Constance de Salm, Albertine Clément-Hémery, Fanny Raoul), édition et présentation, Côté-Femmes, 1989.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Riché, Henri Irénée Marrou: historien engagé, Éditions du CERF, 2003, p. 87-88
  2. Notice biographique, IMEC [lire en ligne]
  3. Geneviève Fraisse était en novembre 2010 dans l'unité FRE3307 ; source annuaire du CNRS
  4. Collectif, « L'appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence » », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne).
  5. AFP, « État d'urgence : 58 personnalités revendiquent la liberté de manifester », Le Point,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]