Marcel Boiteux

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Marcel Boiteux (né le à Niort dans les Deux-Sèvres) est un haut fonctionnaire français. Il dirige EDF de 1967 à 1987 et, à ce titre, est l’un des artisans du développement de l'industrie nucléaire de la France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Normalien, agrégé de mathématiques et diplômé de l’Institut d'études politiques de Paris, Marcel Boiteux commence sa carrière professionnelle en 1946 en entrant au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), avant de rejoindre EDF en 1949 en tant qu'ingénieur au service commercial.

Au cours des années 1950, il rebâtit la tarification de l'électricité et participe à l'élaboration d'une approche rationnelle du choix des investissements. En 1956, il obtient le statut d'ingénieur au service des études économiques générales, puis de directeur des études économiques à la direction générale en 1958. En 1967, il est nommé directeur général adjoint pendant quelques mois, puis directeur général d'EDF. C'est seulement en devenant directeur général qu'il aborde réellement les problèmes du nucléaire. Le débat fait rage alors sur le changement de filière, du procédé uranium naturel graphite gaz développé en France, aux réacteurs à eau pressurisée et uranium enrichi sur lesquels ont misé les États-Unis. EDF fait le choix de l'uranium enrichi, et les premières réalisations sont engagées.

Au moment de la crise pétrolière de 1973, EDF était ainsi prêt à la transition vers des programmes d'investissements « tout-nucléaire », et s'engage auprès du gouvernement à mettre en place, dès 1974, 7 à 8 tranches nucléaires par année, au lieu d'une auparavant. Ce développement va de pair avec celui du chauffage électrique. Pour réduire les coûts d'investissements, Marcel Boiteux décide d'uniformiser et de normaliser la fabrication des centrales nucléaires sur l'ensemble du territoire français.

Le 8 juillet 1977, il échappe à un attentat terroriste à l'explosif commis sur son domicile. Les explosifs, placés devant l'entrée principale blindée de sa maison, causent de très gros dégâts matériels. D'après l'enquête, les charges étaient suffisantes pour tuer si Marcel Boiteux et sa famille ne s'étaient pas trouvés à ce moment à l'autre extrémité de la maison. L'attentat a été revendiqué par un « comité d'action contre les crapules atomiques » (CAcCA).

Le 12 juillet 1977[1], pour permettre à Framatome d'exporter des centrales électro-nucléaires, notamment au Maroc[2] ou en Syrie[3], il crée la « Sofratome » (Société française d'études et de réalisations nucléaires), qui est une filiale d'EDF constituée essentiellement avec le personnel des services de l'ingénierie.

Il accède à la présidence du conseil d’administration d'EDF de 1978 à 1987. Il devient également président de l’Institut des hautes études scientifiques (IHÉS) de 1985 à 1994, et de l’Institut Pasteur de 1988 à 1994.

Affaire des rejets de plutonium dans la Loire[modifier | modifier le code]

Le documentaire « Spécial investigation » diffusé par Canal + le 4 mai 2015 contient une interview de Marcel Boiteux qui reconnaît qu'EDF a opéré des rejets volontaires de plutonium dans la Loire pendant cinq ans à la suite de l'accident nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux de 1980 (Loir-et-Cher).

Après ces révélations, une plainte est déposée contre EDF et Marcel Boiteux par l'Observatoire du nucléaire. Le procureur de Blois ouvre une enquête et missionne à cet effet l'institut scientifique de la Gendarmerie nationale (OCLAESP), lequel entend Stéphane Lhomme (directeur de l'Observatoire du nucléaire) le 3 août 2015[4],[5],[6].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Citations et prises de position[modifier | modifier le code]

  • Sur la taxe carbone : récemment[Quand ?], Marcel Boiteux a réaffirmé son soutien au nucléaire, ses réticences vis-à-vis de l'éolien et des énergies qui ne peuvent qu'économiser des coûts de production, et son souhait de voir rapidement être créée une taxe carbone[réf. nécessaire].

    « Si on n’augmente pas le prix de l’énergie, on se dirige droit vers une dictature[7]. »

  • Sur les usages de l'électricité :

    « De plus en plus d'usages de l'électricité, de moins en moins d'électricité par usages. »

  • Sur le marché de l'électricité en France :

    « On avait ouvert l’électricité à la concurrence pour baisser les prix et il faudrait aujourd’hui les élever pour permettre la concurrence[8]. »

  • Sur les déchets nucléaires :

    « N'est-il pas une évidente et dangereuse illusion que de vouloir extirper de notre héritage toutes difficultés, toutes responsabilités, que de vouloir transmettre à nos descendants un monde sans problèmes ?[9] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décret autorisant EDF à augmenter sa participation au capital de la Société Française d'études et de réalisations nucléaires (SOFRATOME) », sur http://www.legifrance.gouv.fr,‎ (consulté le 24 août 2015).
  2. Jacques Girod, L'énergie en Afrique: la situation énergétique de 34 pays de l'Afrique subsaharienne et du Nord, KARTHALA éditions, , 467 p. (ISBN 2865375498, lire en ligne).
  3. « La Syrie et l’arme nucléaire : éclairages sur un dossier méconnu », par Mehdi Mekdour, chercheur-stagiaire au GRIP.
  4. Voir sur lanouvellerepublique.fr du 10 juillet 2015.
  5. Voir sur lanouvellerepublique.fr du 17 juin 2015.
  6. Voir sur lanouvellerepublique.fr du 4 août 2015.
  7. La taxe carbone, SVP.
  8. Extrait du courrier du 3 mai 2010 à la commission Champsaur, chargée en 2009 d'établir le cadre de la loi NOME.
  9. Magazine Sciences et Vie, 1974. Invité dans l'émission de Radio Courtoisie le Libre Journal des sciences et des techniques du 27/09/2013, Marcel Boiteux affirme que le texte n'est pas de lui mais d'un collaborateur et qu'il n'avait pas pu le relire complètement avant publication.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Cabanel, « Marcel Boiteux », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 355-356 (ISBN 978-2846211901)

Liens externes[modifier | modifier le code]