Marcel Boiteux

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Marcel Boiteux (né le à Niort dans les Deux-Sèvres) est un économiste, mathématicien et haut fonctionnaire français. Il dirige EDF de 1967 à 1987 et, à ce titre, est l’un des artisans du développement de l'industrie nucléaire de la France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille de normaliens et polytechniciens[1]. Il réalise sa scolarité au Lycée Michel-Montaigne à Bordeaux ou il a comme ami d'enfance André Giraud et Jean-Claude Pecker, puis sa classe préparatoire au lycée Corneille de Rouen. Normalien en 1942, agrégé de mathématiques en 1946 et diplômé de l’Institut d'études politiques de Paris en 1947 où il est condisciple de Pierre Moussa[2]. Pour éviter le S.T.O, Marcel Boiteux passe par l'Espagne pour s'engager dans la Campagne d'Italie[3]. Marcel Boiteux commence sa carrière professionnelle en 1946 en entrant au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), sous la responsabilité de Maurice Allais et ayant pour collègue Gérard Debreu qui obtiendra une bourse Rockfeller car leur professeur n'a pu en obtenir une seconde pour Marcel Boiteux. Il rejoint l'EDF le 1er avril 1949 en tant qu'ingénieur au service commercial sur recommandation de Maurice Allais.

À partir de 1949, il publie plus d'une cinquantaine d'articles, dont certains peuvent être considérés comme tout à fait essentiels pour la compréhension de l'analyse économique et de ses applications au secteur de l'énergie. Certains de ses articles sont traduits dans l'ouvrage Marginal Cost Pricing in Practice de James Nelson en 1964[4]. Il est l'auteur du Problème de Ramsey-Boiteux (revue econometrica janvier 1956).

Au cours des années 1950, il rebâtit la tarification de l'électricité, après avoir réalisé la tarification de la SNCF et de la FNTR (1946-1949) et participe à l'élaboration d'une approche rationnelle du choix des investissements. En 1956, il obtient le statut d'ingénieur au service des études économiques générales, puis de directeur des études économiques à la direction générale en 1958. En janvier 1967, il est nommé directeur général adjoint puis directeur général d'EDF le 20 septembre 1967 jusqu'au 1er février 1979[5] pour succéder à André Decelle démissionnaire sur proposition de Pierre Massé président du conseil d'administration d'EDF. C'est seulement en devenant directeur général qu'il aborde réellement les problèmes du nucléaire. Le débat reste alors confidentiel au sein de la commission PEON sur le changement de filière, du procédé uranium naturel graphite gaz développé en France, aux réacteurs à eau pressurisée et uranium enrichi sur lesquels ont misé les États-Unis. EDF fait le choix de l'uranium enrichi, et les premières réalisations sont engagées.

Au moment de la crise pétrolière de 1973, EDF était ainsi prêt à la transition vers des programmes d'investissements « tout-nucléaire », et s'engage auprès du gouvernement à mettre en place, dès 1974, 7 à 8 tranches nucléaires par année, au lieu d'une auparavant. Ce développement va de pair avec celui du chauffage électrique. Pour réduire les coûts d'investissements, Marcel Boiteux décide d'uniformiser et de normaliser la fabrication des centrales nucléaires sur l'ensemble du territoire français.

Le 8 juillet 1977, il échappe à un attentat terroriste à l'explosif commis sur son domicile. Les explosifs, placés devant l'entrée principale blindée de sa maison, causent de très gros dégâts matériels. D'après l'enquête, les charges étaient suffisantes pour tuer si Marcel Boiteux et sa famille ne s'étaient pas trouvés à ce moment à l'autre extrémité de la maison. L'attentat a été revendiqué par un « comité d'action contre les crapules atomiques » (CAcCA).

Le 12 juillet 1977[6], pour permettre à Framatome d'exporter des centrales électro-nucléaires, notamment au Maroc[7] ou en Syrie[8], il crée la « Sofratome » (Société française d'études et de réalisations nucléaires), qui est une filiale d'EDF constituée essentiellement avec le personnel des services de l'ingénierie.Il succède à Paul Delouvrier à la présidence du conseil d’administration d'EDF du 17 janvier 1979 au 6 mai 1987[5].

Recherche-Enseignement[modifier | modifier le code]

Conseils, Comités, Instituts[modifier | modifier le code]

Affaire des rejets de plutonium dans la Loire[modifier | modifier le code]

Le documentaire « Spécial Investigation » diffusé par Canal+ le 4 mai 2015 contient une interview de Marcel Boiteux qui reconnaît qu'EDF a opéré des rejets volontaires de plutonium dans la Loire pendant cinq ans à la suite de l'accident nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux de 1980 (Loir-et-Cher).

Après ces révélations, une plainte est déposée contre EDF et Marcel Boiteux par l'Observatoire du nucléaire. Le procureur de Blois ouvre une enquête et missionne à cet effet l'institut scientifique de la Gendarmerie nationale (OCLAESP), lequel entend Stéphane Lhomme (directeur de l'Observatoire du nucléaire) le 3 août 2015[11],[12],[13].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Marcel Boiteux, exploitation commerciale et tarification, Gif-sur-Yvette, École Supérieure d'Électricité, , 11 p. (notice BnF no FRBNF32927750)
  • Marcel Boiteux, Économie Politique École Nationale des Ponts Et Chaussées, Gif-sur-Yvette, École Supérieur d'Électricité, , 178 p. (notice BnF no FRBNF32927749)
  • Marcel Boiteux, Haute Tension, Paris, Odile Jacob, , 232 p. (notice BnF no FRBNF35607363)
  • Marcel Boiteux, L'homme et sa planète problème de développement durable, paris, Presses universitaires de France, , 533 p. (notice BnF no FRBNF39013369)

Citations et prises de position[modifier | modifier le code]

  • Sur la taxe carbone : récemment[Quand ?], Marcel Boiteux a réaffirmé son soutien au nucléaire, ses réticences vis-à-vis de l'éolien et des énergies qui ne peuvent qu'économiser des coûts de production, et son souhait de voir rapidement être créée une taxe carbone[réf. nécessaire].

    « Si on n’augmente pas le prix de l’énergie, on se dirige droit vers une dictature[15]. »

  • Sur les usages de l'électricité :

    « De plus en plus d'usages de l'électricité, de moins en moins d'électricité par usages. »

  • Sur le marché de l'électricité en France :

    « On avait ouvert l’électricité à la concurrence pour baisser les prix et il faudrait aujourd’hui les élever pour permettre la concurrence[16]. »

  • Sur les déchets radioactifs :

    « N'est-il pas une évidente et dangereuse illusion que de vouloir extirper de notre héritage toutes difficultés, toutes responsabilités, que de vouloir transmettre à nos descendants un monde sans problèmes ? »

    [17]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. http://www.sciences-po.asso.fr/profil/marcel.boiteux47_1.
  3. [2]
  4. [3]
  5. a et b [4]
  6. « Décret autorisant EDF à augmenter sa participation au capital de la Société Française d'études et de réalisations nucléaires (SOFRATOME) », sur http://www.legifrance.gouv.fr, (consulté le 24 août 2015).
  7. Jacques Girod, L'énergie en Afrique: la situation énergétique de 34 pays de l'Afrique subsaharienne et du Nord, KARTHALA éditions, , 467 p. (ISBN 2865375498, lire en ligne).
  8. « La Syrie et l’arme nucléaire : éclairages sur un dossier méconnu », par Mehdi Mekdour, chercheur-stagiaire au GRIP.
  9. [5]
  10. [6]
  11. Voir sur lanouvellerepublique.fr du 10 juillet 2015.
  12. Voir sur lanouvellerepublique.fr du 17 juin 2015.
  13. Voir sur lanouvellerepublique.fr du 4 août 2015.
  14. [7]
  15. La taxe carbone, SVP.
  16. Extrait du courrier du 3 mai 2010 à la commission Champsaur, chargée en 2009 d'établir le cadre de la loi NOME.
  17. Magazine Sciences et Vie, 1974. Invité dans l'émission de Radio Courtoisie le Libre Journal des sciences et des techniques du 27/09/2013, Marcel Boiteux affirme que le texte n'est pas de lui mais d'un collaborateur et qu'il n'avait pas pu le relire complètement avant publication.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Cabanel, « Marcel Boiteux », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 355-356 (ISBN 978-2846211901)

Liens externes[modifier | modifier le code]