Usine de retraitement de la Hague

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Usine de retraitement de la Hague
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Usine de retraitement de la Hague
Localisation
Situation Beaumont-Hague, Manche
Drapeau de la France France
Coordonnées 49° 40′ 40″ N 1° 52′ 43″ O / 49.677876, -1.87857649° 40′ 40″ Nord 1° 52′ 43″ Ouest / 49.677876, -1.878576

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Installations
Type d'usine traitement du combustible usé
Superficie 300 ha
Fonctionnement
Opérateur Areva NC
Effectif (2015) 3 100 salariés
Date d'ouverture 1966
Destination actuelle traitement et stockage de déchets nucléaires
Production
Produits plutonium
Production (2012) 10 tonnes

L’usine de retraitement de la Hague - souvent nommée simplement « La Hague » - est un centre de traitement du combustible usé dans lequel on traite le combustible nucléaire provenant des réacteurs nucléaires de France et une partie de celui provenant des réacteurs d'Allemagne, de Belgique, de Suisse, des Pays-Bas et du Japon, pour en séparer certains éléments radioactifs.

Entrée en service en 1966, l'usine est située près du cap de la Hague, sur les communes de Jobourg, Omonville-la-Petite, Digulleville et Beaumont-Hague, au nord-ouest de la pointe de la péninsule du Cotentin à 25 kilomètres à l'ouest de Cherbourg (Manche)[1]. Elle est gérée par la filiale Areva NC du groupe Areva. Environ 6 000 personnes travaillent sur le site[2], dont environ 3 000 directement pour Areva NC[3].

En bordure de l'usine se trouve le Centre ANDRA de stockage de déchets nucléaires de la Manche.

Activité[modifier | modifier le code]

Usine de retraitement de la Hague

D'une capacité industrielle de traitement de 1 700 tonnes (pour les usines UP2-800 et UP3) de combustibles usés par an, le complexe industriel en a traité 1 100 tonnes en 2005.

Le site de La Hague a atteint en 2014 son plus haut niveau de production depuis 2010 avec 1217 tonnes de combustibles traités. Plus de 30 000 tonnes de combustibles usés de la filière à eau légères ont été traités sur le site Areva la Hague[4].

À la sortie du réacteur, un combustible nucléaire usé contient environ 96 % de matières énergétiques à retraiter partiellement (95 % d'uranium et 1 % de plutonium) polluées par 4 % d'actinides et de produits hautement dangereux et non réutilisables : les déchets HAVL. Ces derniers sont traités et conditionnés, aujourd'hui par vitrification, en vue de leur entreposage en surface et éventuellement de leur stockage en couche géologique profonde. Les déchets provenant de l'étranger sont — après un certain temps — réexpédiés aux clients étrangers qui ont obligation de les reprendre (obligation confirmée par la loi Bataille en 1991). Un des objectifs de ce recyclage est de réduire la quantité de déchets radioactifs à stocker en milieu confiné.

La loi Transparence et Sureté Nucléaire de juin 2006[5] rappelle l’interdiction de stocker de façon définitive sur le sol français des déchets étrangers. A ce titre, au 1er janvier 2015, 96% des déchets vitrifiés et 15% des déchets métalliques compactés ont été renvoyés vers les clients étrangers.

Le plutonium récupéré est transporté à Marcoule où il est utilisé pour fabriquer du combustible MOX. Le nitrate d’uranyle obtenu est quant à lui transformé en oxyde d’uranium (U3O8) à Pierrelatte en vue d’être enrichi pour être réutilisé dans de nouveaux assemblages de combustibles.

Le recyclage des combustibles usés permet de réduire le volume des déchets d’un facteur 5 et de diminuer la radiotoxicité des déchets d’un facteur 10 en valorisant le plutonium sous forme de combustible MOX. Les opérations de séparation, purification, conditionnement et entreposage sont effectuées sur le site d’Areva la Hague[6].

Opérations de traitement du combustible usé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : traitement du combustible usé.

À l'usine de la Hague, le traitement du combustible usé est organisé au sein de deux usines de plutonium (UP2 et UP3) - conçues sur le modèle de l'usine d'extraction du plutonium de Marcoule (UP1). Ces usines comprennent chacune plusieurs ateliers[7] :

Historique[modifier | modifier le code]

Les années 1960 : une origine militaire[modifier | modifier le code]

Avec la volonté gaullienne de doter la France de la bombe atomique, il a fallu développer la production de plutonium. Pour cela, le Commissariat à l'énergie atomique a ouvert l'Usine d'extraction du plutonium de Marcoule en 1958, et pour pallier une éventuelle défaillance de celle-ci, a mis en projet une seconde usine d'extraction de plutonium[8].

Le site de la Hague est choisi par les concepteurs de l'usine en raison de son socle géologique ancien (allant jusqu'au précambrien) et stable, à l'abri des tremblements de terre, et de la présence de courants marins et vents forts, propices à l'évacuation et à la dispersion des effluents radioactifs[8].

Le 10 août 1961 paraît le décret déclarant d'utilité publique et urgent les travaux de construction d'un centre de traitement de combustibles usés pour en extraire du plutonium. Les travaux commencent en 1962 sur le plateau du Haut-Marais. L'usine devient opérationnelle en 1966 avec l'arrivée du premier combustible usé à traiter : un "château" d'uranium naturel graphite gaz en provenance du réacteur de Chinon[8].

Les années 1970 : la reconversion dans le civil[modifier | modifier le code]

En 1969, alors que Georges Pompidou redéfinit la politique nucléaire française, des rumeurs courent sur la fermeture de l'usine, devenue inutile pour l'armée du fait de stock de plutonium militaire désormais suffisant. Les effectifs de l'usine sont réduits d'un tiers avec le départ de 350 salariés, marquant la fin de l'emprise militaire. Il semble qu'aucun gramme de plutonium provenant du site de la Hague n'a eu un usage d'armement[8].

À partir de cette date, l'usine s'oriente vers un traitement du combustible civil, soutenu par le choix de Valéry Giscard d'Estaing du « tout nucléaire » à la suite du premier choc pétrolier[8].

Les ingénieurs anticipent la génération des REP d'EDF par la mise en place de l'atelier HAO (Haute activité oxyde) ou UP2-400. En 1976, le CEA cède l'usine à la nouvelle entreprise publique, la Cogéma, qui gère désormais une usine de traitement des déchets nucléaires visant à retraiter le combustible français d'EDF et étranger. À l'époque, ce passage à une entreprise publique mais de droit privé est vu par le personnel et les élus locaux comme un désengagement de l'État vis-à-vis du nucléaire et leur fait craindre une gestion des risques moins draconienne. Les agents inquiets commencent à parler. La CFDT réalise cette année-là un documentaire Condamné à réussir, électrochoc pour la population. Sur fond d'opposition à la privatisation, il illustre les difficiles conditions de travail, traite des dangers d'irradiations, fait part de l'inquiétude des agents. Ce document est ensuite utilisé par les antinucléaires. Les cadres de la Cogéma acceptent mal cette critique interne[8].

Dans les années 1970, les militants antinucléaires s'organisent et créent le Comité contre la pollution atomique dans la Hague. Ils sont rejoints en 1972 par Didier Anger, qui devient rapidement l'un des plus actifs opposants à la « nucléarisation » de la Hague, s'opposant tant à l'extension de l'usine de retraitement de la Hague qu'à la construction de la centrale nucléaire de Flamanville.

Traitement avec succès des premiers combustibles de la filière à eau légère sur UP2 400. La capacité de cette usine est évaluée à 400 tonnes par an d’où son nom[9].

En 1978, une pièce métallique radioactive a été dérobée par un employé de l’usine de La Hague et glissée sous le siège de voiture de son supérieur[10].

Opposants au nucléaire dans la Hague, en 1979.

En 1978, des manifestations se produisent dans la région contre la future centrale nucléaire de Flamanville. C'est l'arrivée dans le port de Cherbourg des premiers combustibles étrangers (en provenance du Japon) qui rappellera l'existence de l' « usine atomique », en janvier 1979. Les grues du port sont alors occupées, de grandes manifestations réunissent 8 à 10 000 personnes dans les rues cherbourgeoises.

Parmi les opposants, on compte le poète normand Côtis-Capel :

Haro ! Haro ! No n'veurt dé vos ôtis à ma. (« Au secours ! Au secours ! Nous ne voulons pas de vos outils de malheur. »)
Haro ! Haro ! J'vous dis qu'vo copaez noute histouère. (« Au secours ! Au secours ! Je vous dis que vous cassez notre histoire. »)
Haro ! Haro ! J'mâodis les syins qu'ount fait chenna. (« Au secours ! Au secours ! Je maudis ceux qui ont fait cela. »)

La responsabilité de l’exploitation des INB N° 33,38, 47 et 80 est transférée du CEA à la compagnie générale des matières nucléaires (COGEMA) en 1978[9].

En avril 1979 à la suite des contrats avec le Japon, le projet de l’usine UP3 destiné aux clients étrangers de COGEMA est rendu public. En parallèle avec le premier choc pétrolier de 1973, EDF développe son parc de réacteurs. Cette augmentation des besoins de traitements imposent de déclarer en 1980, par décret, d’utilité publique les travaux d’accroissement de la capacité de traitement du site de la Hague[9].


Les années 1980 : le « Grand chantier »[modifier | modifier le code]

Un décret d'utilité publique de 1980 confirmé par la gauche arrivée au pouvoir, permet des travaux d'extension de l'usine, dont la nouvelle unité (UP3) qui entrera en service dix ans plus tard. C'est le lancement du Grand chantier, qui transforme en une décennie le cap de la Hague[8].

En 1981, COGEMA est autorisé par décrets à créer l’usine UP3 d’une capacité de 800 tonnes/an pour le traitement de combustibles de la filière à eau légère, ainsi que l’usine UP2 800 de vocation et capacité identiques.STE 3 la nouvelle station de traitement des effluents liquides de UP3 et UP2 800 sera également créée afin de mieux gérer les effluents et de réduire fortement les rejets en mer[9].

En janvier 1981, un incendie est déclenché par des déchets radioactifs (des boues bitumées issues du retraitement) dans un silo de stockage non confiné. Le silo 130 contient uniquement des déchets de structures provenant d’activité de traitement des combustibles graphite-gaz usés[11] À la radio on assurait que rien ne s’était échappé en dehors des clôtures, qu’il n’y avait pas de vent[12]. Cet incident grave est classé au niveau 3 de l'échelle internationale des évènements nucléaires (INES)[13]. À cette occasion, les services de la Cogéma et les militants écologistes de Greenpeace se livrent à une guerre de communication[8].

Afin d’informer le public de ses activités, COGEMA crée en 1981 le Bulletin Hebdomadaire d’Information (BHI repris dans la presse locale) devenu Actu site puis arrêté en 2013 pour être remplacé par des supports numériques. La commission spéciale permanente d’information (CSPI) de l’établissement de la Hague démarre en 1981, elle devient CLI (Commission Locale d’Information) en mai 2008[14].

A partir de 1984, mise en service progressive des nouvelles installations[9]:

  • de 1986 à 2001 pour UP3;
  • de 1984 à 2002 pour UP2 800;
  • de 1987 à 1997 pour STE3.

L’année 1987 voit l’arrêt du traitement de combustibles UNGG sur UP2 400.

Les années 1990 : polémiques sur les rejets radioactifs[modifier | modifier le code]

Après une première version en novembre 1995[15], un rapport du professeur Jean-François Viel conclut en janvier 1997, à une multiplication par 2,87 du risque de leucémie infantile chez les enfants fréquentant régulièrement les plages du Nord-Cotentin dans un rayon de 35 km autour de l'usine. Vivement rejetées par les élus locaux, les conclusions du rapport divisent les scientifiques[16].

Fin 1997, constitution dans le cadre du prolongement de la commission du Pr Souleau et de l’enquête du Pr. Spira, du Groupe Radioécologie Nord-Cotentin[17]. Ce groupe indépendant et pluriel dans sa constitution est animé par Mme Sugier de l’IPSN. COGEMA participe pleinement aux travaux du GRNC en fournissant toutes les informations se rapportant aux modèles, aux résultats des mesures et aux rejets. L’ensemble de ces données sont validées par les membres de la commission.

La polémique resurgit en mars, quand Greenpeace médiatise une mesure de la radioactivité émanant de la conduite de rejet en mer des effluents, découverte par une grande marée. Le retentissement national oblige la COGEMA à procéder au nettoyage et à la récupération du tartre accumulé à l'intérieur de la canalisation et concentrant la radioactivité, couche de tartre qui avait fixé des quantités importantes de radionucléides[18],[15]. Son décapage pollue l'environnement marin. C'est une analyse indépendante de la CRIIRAD qui révèle des contaminations de crustacés (crabes et homards). L'OPRI soutient alors que cette contamination est conforme aux normes européennes, sans préciser que les limites qu'il invoque sont réservées aux accidents nucléaires.[réf. nécessaire]

Le rayonnement émis par 100 tonnes de tartre (ruthénium, antimoine, césium) déposées au fil du temps sur les parois intérieures de l’émissaire est à l’origine du débit de dose mesuré au contact (300 microsieverts) de la conduite de rejet[15]. Cette valeur validée par l’OPRI (Office de protection contre les rayonnements ionisants) confirme que pour atteindre la dose maximale définie par la loi de « 1 millisivert par an », une personne devait rester collée trois heures et vingt minutes au contact de la conduite de rejet. En juillet 1997 COGEMA a entrepris une opération de détartrage de la conduite prévue et préparée depuis un an. La partie du tuyau susceptible d’être découverte par les plus grandes marées a été recouverte d’un revêtement en béton. L’opération de détartrage a été une réussite technique.

Fin juin 1997, l’OPRI récupérait un crabe perché sur l’extrémité de la conduite de rejet[15]. Sa radioactivité mesurée était comprise entre 150 et 250 becquerels par kilo, loin du seuil légal de consommation de 600 becquerels Dans la zone de pêche autorisée située à 1 km du tuyau, la radioactivité tombe sous la barre de 1 becquerel. Elle est à l’identique pour les poissons. La contamination maximale relevée de 111 becquerel/Kilo frais vaut pour les poissons et provient du potassium 40 radioéléments naturels. Le radioélément artificiel trouvé est le césium 137, il affichait seulement 0,71 becquerel par Kilo frais. Dans le milieu marin situé à 1 km de la conduite, la radioactivité due aux éléments artificiels est toujours très inférieure à la radioactivité naturelle.

En juillet 1999, le GRNC (Groupe Radioécologie Nord-Cotentin) rend sa conclusion : « Aucun lien n’a pu être démontré entre l’usine nucléaire de la Hague et l’excès de leucémies constaté ». En ne retenant que les personnes ayant des comportements supposés maximiser l’exposition (fréquentation des plages, consommation de poissons, mollusques et crustacés locaux) le risque n’augmente pas de façon notable.

A partir de 1998 une lettre des résultats environnementaux est diffusée aux parties prenantes et distribuée sur demande. Dès 1999 les résultats sont disponibles sur le Web[19].

En 1999, le 1er site internet est créé, avec notamment l’implantation de 12 webcams en direct du site. Les webcams sont désactivées et retirées après les événements du 11 septembre 2011.

Les années 2000 : la réduction des effectifs[modifier | modifier le code]

En 2000, les contrats décennaux d'UP3 prennent fin, laissant la place à des contrats au forfait, se traduisant par une réduction d'effectif[8]. Selon Bruno Blanchon, secrétaire CGT Cogema de La Hague, la réduction des effectifs a des conséquences sur la sécurité du site[20].

Fin 1999 la fin des contrats Cost+Fees laisse place aux contrats au forfait post-2000 avec une baisse du tonnage à traiter de l’ordre de 25%. Pour pérenniser son activité dans ce contexte, COGEMA lance SITOP la nouvelle organisation qui sera plus souple, plus flexible et plus réactive. La mise en place de cette organisation préserve les effectifs CDI constants tout en maintenant un haut niveau de sureté/sécurité[21].

Dans le cadre d'une enquête publique du 2 février au 3 avril 2000, la COGEMA demande à être autorisée à retraiter des combustibles plus irradiés : combustibles MOx ou provenant de réacteurs de recherche - sans aucune révision de ses autorisations de rejets[22].

Dans les années 2000, la contestation est toujours concentrée sur les actions médiatisées de Greenpeace lors du transport des déchets avant ou après recyclage, ou autour de prélèvements indépendants faits à la sortie du tuyau de rejet en mer et d'études sur le risque sanitaire (leucémies…).

En 2002, création des "visites buissonnières" pour suppléer l’arrêt des visites du site pour le grand public dans le cadre de l’application du plan vigie-pirate renforcé[23].

Par décrets officiels du 10 janvier 2003, la capacité de chacune des installations UP2 800 et UP3 est portée à 1000 tonnes par an, avec la limite de traitement de 1700 tonnes par an pour l’ensemble du site[24]. De plus la gamme des combustibles susceptibles d’être traités est élargie. Ainsi 63,70 tonnes de MOX ont été traités entre 2004 et 2009, ainsi que des combustibles en provenance des réacteurs de recherche australiens et belges sur la période 1998 à 2006[25].

A partir de 2003, la lettre externe « COGEMA en direct » puis « AREVA en direct » est envoyée dans tous les foyers de la Manche, soit 164 000 exemplaires. Le dernier envoi de la lettre date de juillet 2011.

En 2004, arrêt définitif du traitement de combustibles dans l’usine UP2 400 (INB N°33,38 et 80). Publication le 31 juillet 2009 du décret[26] autorisant Areva NC à procéder aux opérations de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement de l’INB N°80 dénommée atelier «  Haute activité oxyde » situé sur le site de la Hague[27].

Les années 2010 : début du démantèlement[modifier | modifier le code]

Les années 2010 marquent le début du démantèlement des installations les plus anciennes du site. L'opération doit traiter 50 000 m3 de déchets sur 25 ans, pour un montant évalué en 2013 à 4 milliards d'euros et un effectif de 500 employés au plus fort de travaux. Les premiers travaux concernent les bâtiments d'UP2 400 qui a fonctionné entre 1966 et 1998[28].

Les opérations de démantèlement ne cessent de monter en puissance dans le respect du cadre réglementaire. Les travaux sur l’atelier HAO (décret publié en 2009[26]) vont permettre de franchir une étape majeure en 2014 avec la construction de la cellule de reprise des déchets anciens, une opération d’une ampleur inédite[29]' [30].

Depuis 2012, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a mis en demeure le site de La Hague à 4 reprises[31] en raison de « plusieurs lacunes sérieuses dans la prise en compte du risque d'incendie » alors qu'un permis feu doit être délivré avant d'entreprendre tous travaux susceptibles d'initier un incendie[32] et en raison du risque de fuite d'un silo de déchets nucléaires (518 tonnes principalement composées de magnésium, de graphite, d'aluminium et d'uranium, entreposées entre 1973 et 1981) prévu pour un entreposage à sec mais qui a dû être rempli d'eau en 1981 face à un incendie[31].

À la suite des constats relatifs à l’organisation des « permis de feu » formulés par l’ASN lors de l’inspection du 16 février, Areva la Hague a mis en place un plan d’action prioritaire pour 2012 afin de renforcer l’efficacité du processus « permis de feu ». Ce plan de progrès décliné en 4 axes principaux a été communiqué à l’ASN dans un courrier datant du 5 avril afin de répondre à sa demande[33]. Le site n’a jamais enregistré dans toute son histoire d’incendie à la suite de travaux sur points chauds. Depuis 10 ans 23000 permis de feu ont été délivrés dans le cadre de travaux sur points chauds. La prévention ainsi que des dispositifs de détection et d’extinction sont les piliers du dispositif de maîtrise du risque incendie. Les moyens matériels et humains affectés à la maîtrise du risque incendie sont équivalents à ceux d’une ville de 30000 habitants.

Première mondiale en 2010 avec la mise en exploitation du « creuset froid » sur le site Areva la Hague. Cette technologie permet de vitrifier une plus grande gamme de déchets, d’accroitre les cadences de production et d’allonger la durée de vie du matériel. La réalisation de cette innovation témoigne de la collaboration partagée entre le CEA (commissariat à l’énergie atomique) et Areva depuis 25 ans[34].

Dans le cadre des extensions d’entreposages des déchets vitrifiés Français, le premier CSDV (conteneur standard de résidus vitrifiés) a été entreposé dans EEVLH en 2013. Après finalisation des essais durant l’été et le transfert de garde du bâtiment à l’exploitant le 9 août, la notification d’autorisation de mise en service actif a été transmise à l’établissement le 16 septembre par l’ASN[35]. Ainsi le 17 septembre le premier conteneur « n°14632C » a été introduit dans le puits A31 à 11h28.

En 2013, un homme d'affaires propose à Hydro-Québec de "recycler" le combustible irradié de sa Centrale nucléaire de Gentilly à la Hague[36]. En réaction, plusieurs organisations environnementales se prononcent contre l'envoi des déchets nucléaires québécois en France[37].

Le site Areva La Hague a mutualisé les ressources de formation pour le Nord-ouest dans un centre de services communs afin d’étendre l’offre de formation et de garantir les compétences en matière de sécurité. En 2012, l’école des métiers ouvre sur le site Areva La Hague : cet outil indispensable pour le maintien et le développement des compétences a permis la formation en interne de près de 200 personnes sur le travail en boîtes à gants et de 150 en téléopération[38]. En 2013, deux écoles d’ingénieurs de Cherbourg sont venues se former aux pratiques d'Areva.

Décembre 2014, AREVA livre le 4000ème assemblage MOX à EDF en correspondance du traitement de plus de 13000 tonnes de combustibles dans l’usine AREVA la Hague. 24 réacteurs en France sont autorisés à charger du combustible MOX ce qui représente 10% de l’électricité produite à partir de l’énergie nucléaire[39].

Incidents[modifier | modifier le code]

En avril 1980, une panne du circuit électrique plonge l'usine de retraitement dans le noir[40].

Le 6 janvier 1981, un incendie d'un silo de stockage contamine 300 travailleurs; dans un premier temps les autorités affirment que la radioactivité n'a pas franchi les grilles du site, bien qu'un panache de radioactivité ait été détecté[41]. Cet accident alimente les inquiétudes, et est l'occasion d'une guerre de communication entre services de la Cogéma et militants écologistes[40]. Ces déchets vont être repris et conditionnés d’ici à 2023.. La surveillance environnementale autour du silo a été renforcée en 2010 puis en 2012 par un certain nombre de dispositifs. D’autres moyens complémentaires sont en cours de réalisation. Dans le cas d’un événement sur le silo, l’ensemble des dispositions prises en permettraient une meilleure gestion. Dans un courrier daté du 6 décembre 2013, Areva a informé l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) que les moyens techniques et organisationnels ont été mis en œuvre et sont opérationnels. Par courrier du 17 avril 2014 l’ASN note que les actions prescrites dans cette mise en demeure ont été mises en œuvre et considère que l’objectif est atteint[42].

Le 19 mai 2010, l'ASN indique que l'usine a sous-déclaré plusieurs incidents intervenus sur le site en 2010[43]. L'usine a déclaré 8 incidents de niveau 1 en 2011, et 3 en 2012, selon Areva.

En 2011, le chef de la santé du site a alarmé sur "l'état de la santé mentale des salariés", qui "se dégrade de façon accélérée" depuis deux ans. "En septembre 2012, la direction régionale du travail a constaté un "taux de fréquence des suicides" des salariés "trois fois supérieur à la moyenne de la Manche, elle-même supérieure à la moyenne nationale". La direction du travail a mis en demeure Areva en raison des risques pour la santé et la sécurité des salariés et également des risques pour la sûreté des installations[44]. Dès 2004, l’établissement de la Hague a engagé un plan d’action préventif des risques psychosociaux. Une équipe de spécialistes est en charge au quotidien de la gestion préventive des conditions de travail sur le site. Pour mesurer le risque de stress au travail, le cabinet spécialisé STIMULUS a mené en 2010 une étude qui montre que les résultats de l’établissement de la Hague sont meilleurs que ceux de son panel de référence en matière de stress au travail[45].

En janvier 2013, l'ASN a relevé une série de "lacunes sérieuses" sur la sécurité de soixante équipements "sous pression nucléaire". En mai 2013, Areva a déclaré - 4 jours après l'avoir détecté - un nouvel incident de niveau 1 car la température d'un bain d'acide contenant des produits de fission issus du procédé PUREX a dépassé le seuil autorisé[46]. Concernant les équipements nucléaires sous pression, les échéances imposées par l’Autorité de sureté ont été respectées en 2013 conformément aux évolutions de la réglementation.

En octobre 2013, un incident de niveau 1 sur l'échelle INES est survenu dans un atelier de plutonium, en raison d'un taux d'humidité de l'air trop élevé pouvant conduire à une réaction en chaîne[47].

Un défaut d’interprétation de l’alarme est à l’origine de cette situation. Dès détection de cette anomalie les équipes ont engagé les actions nécessaires pour rétablir la situation conformément aux règles d’exploitation. Les autres étapes du procédé n’ont pas été affectées par cet événement. Sur proposition d’Areva, l’incident a été classé au niveau 1 par l’ASN. Cet incident n’a pas eu de conséquence pour le personnel, l’environnement et l’atelier concerné[48].

Rejets d'effluents radioactifs[modifier | modifier le code]

Usine de retraitement de la Hague

Le site rejette dans le Raz Blanchard des effluents radioactifs issus des procédés de traitement des combustibles usés. Ces rejets sont encadrés par des autorisations spécifiques (tritium par exemple). La gestion de ces déchets est dite par dilution (par opposition à une gestion par confinement).

Selon les opposants au nucléaire, l'usine de la Hague est l'une des installations nucléaires les plus polluantes du monde[49]. Greenpeace a par exemple mesuré dans les rejets radioactifs en Manche (230 000 m3 par an) et dans l'atmosphère, des concentrations de krypton 85 de 90 000 Bq/m3, alors que le rayonnement naturel est de 1 à 2 Bq/m3 dans l'air[50].

Pour prévenir les risques liés à la santé publique, Areva NC s'engage à ce que l'impact de l'activité des usines de La Hague ne dépasse jamais une valeur considérée par les experts comme synonyme de « zéro impact ». Le groupe AREVA assure que l'impact de tous les rejets du site sur le groupe de population le plus exposé est équivalent à 1/300e de la radioactivité naturelle[51].

Le contrôle des rejets radioactifs de l'usine de la Hague a fait l'objet d'un contrôle par Euratom du 10 au 14 octobre 2005[52]. La mission de contrôle « se félicite de l’esprit d’ouverture démontré par les autorités françaises » et a pu conclure que « Les programmes de surveillance radiologique des effluents et de l'environnement mis en place par l'opérateur correspondent à tout point de vue aux exigences règlementaires »[53].

En mars 2013, un taux anormal de tritium a été mesuré dans l'eau de mer dans la Baie d'Écalgrain par l'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO). L’ensemble des travaux menés par l'IRSN sur la dispersion des effluents liquides de l’usine de la Hague montre que ; à l’échelle de 1 à 2 jours, celle-ci est très largement gouvernée par les courants des marées et les conditions météorologiques. Ainsi des variations très importantes et très rapides de la concentration de tritium peuvent être mesurées. Les mesures observées par l’ACRO correspondent très probablement à un pic de concentration. Les études menées par l’IRSN montrent que la concentration de tritium dans les organismes marins est similaire à celle mesurée dans l’eau de mer. Le réexamen de l’ensemble des éléments par le GRNC permet de conclure que ces pics de concentration de tritium n’ont pas d’impact sanitaire[54].

Coopération avec le Japon[modifier | modifier le code]

En 1993, l'entreprise Japan Nuclear Fuel Ltd. démarre la construction d'une usine de traitement de Rokkasho en se basant sur le site de la Hague en coopération avec Areva[55].

Entre 1995 et 2007, selon Areva, près de 700 tonnes de déchets vitrifiés ont été renvoyés au Japon en vertu de la loi relative aux recherches sur la gestion des déchets radioactifs qui interdit le stockage en France de déchets étrangers[56].

En avril 2012, le président d'Areva Luc Oursel propose au Japon de retraiter à la Hague le combustible nucléaire usé, entreposé dans les piscines de désactivation de la centrale accidentée de Fukushima[57].

En avril 2013, 10 tonnes de combustible MOX sont transportée depuis la Hague à destination de la centrale japonaise de Takahama, à l'arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011. Selon Greenpeace, un millier d'hommes - français, anglais, américains et japonais - sont mobilisés pour sécuriser le convoi[58].

Transport des combustibles[modifier | modifier le code]

Un transport de combustible vers l'Allemagne

Au total, l’industrie nucléaire réalise 4500 transports par an, dont 1000 en provenance ou à destination de l’étranger, 300 pour le combustible neuf, 30 pour le Mox, 200 pour les combustibles usés, 250 pour les expéditions d’UF6 et 60 pour le plutonium[59]. Les transports de combustible nucléaire usé, des matières recyclées et des déchets, en provenance et à destination des clients d'Areva NC, qui traversent une partie de la France et d'autres pays (jusqu'à Tomsk en Russie pour leur retraitement partiel), subissent l'opposition des mouvements anti-nucléaires, qui essaient parfois d'arrêter ces transports en bloquant les voies empruntées. Pour des raisons de sécurité, les transports sont généralement gardés secrets.

Les combustibles usés en provenance des réacteurs des clients sont transportés à La Hague dans des emballages de transport qui offrent toutes les garanties de sureté. En correspondance des combustibles usés traités, le nitrate d’uranyle est renvoyé vers le Site nucléaire du Tricastin, tandis que le plutonium est destiné à l’usine Melox de Marcoule (Gard) où est fabriqué le combustible Mox. Ces nouveaux combustibles sont réintroduits dans le cycle avec de nombreux transports maitrisés.

L’ensemble des transports transitent par le terminal ferroviaire de Valognes, exploité par Areva. Le 17 avril 2013 sous le contrôle des autorités de sureté, trois emballages contenant des combustibles Mox ont été au port de Cherbourg transbordés sur les navires spécialisés Pacific Héron et Pacific Egret de la compagnie britannique PNTL. Le départ des navires vers les Japon c’est effectué le même jour. Le transport est arrivé au Japon le 27 juin 2013 comme prévu en garantissant un niveau optimal de sureté et sécurité. A ce jour, c’est le cinquième transport de combustible Mox vers le Japon[60].

Risques et sécurité[modifier | modifier le code]

Risque nucléaire et sécurité nucléaire[modifier | modifier le code]

Les installations du site de la Hague sont dimensionnées pour résister à des situations extrêmes quelles que soient leurs origines, naturelles ou malveillantes. L'ensemble du site est entouré d'une double clôture périphérique et muni de systèmes de détection et de télésurveillance sophistiqués. L'usine dispose d'un centre de secours et d'un effectif d'une cinquantaine de pompiers spécialisés. La sécurité des installations au sol est assurée en permanence par des forces de sécurité spécialisées propres à Areva.

Dès la conception des installations, après analyse des risques liés à l’exploitation, des dispositions techniques visant à pallier les défaillances techniques ou humaines ont été mises en place. C’est le principe de défense en profondeur, principe sur lequel repose la sûreté nucléaire. Ces principales dispositions s’exercent par des successions de barrières statiques, des confinements dynamiques, des systèmes de refroidissement ainsi que la maîtrise du travail à distance par téléopération. A ces dispositions techniques viennent s’ajouter des dispositions organisationnelles d’exploitation telles qu’une gestion de la sûreté assurée 24H/24H, une analyse sûreté de chaque opération le tout dans une culture d’expérience et d’amélioration continue[61].

La sureté nucléaire reste la priorité sur le site Areva la Hague. Au cours de l’année 2013 aucun incident grave n’a été recensé. 60 visites d’inspections de l’ASN dont 13 inopinées ont été réalisées. Pour les Installations Nucléaires de base, le PUI (Plan d’Urgence Interne) est activé pour faire face à un risque d’accident identifié à la suite d'événements survenus sur le site. En 2013, 2 exercices de crise de type PUI, ont été réalisés sur le site Areva La Hague. En complément du PUI, mis en œuvre à l’intérieur de l’établissement, le préfet peut mettre en œuvre le Plan particulier d'intervention (PPI). Une sensibilisation des riverains est faite par la diffusion d’une plaquette d’information sur les mesures à prendre en cas d’accident[62].

Afin de répondre aux demandes de l’Autorité de sûreté nucléaire dans le cadre des Evaluations Complémentaires de Sureté faisant suite aux événements de Fukushima, le site Areva La Hague a reçu fin 2013 des véhicules d’intervention équipés pour faire face aux conditions naturelles extrêmes. Le site s’est également doté de deux PC de crise et de repli résistant à des séismes de forte amplitude. Areva La Hague investira plusieurs dizaines de millions d’euros dans cette démarche dans les trois années à venir[63].

Des milliers de tonnes de combustible nucléaire usé sont stockées en attente de traitement, dont environ 50 tonnes de plutonium. Ces combustibles sont protégés par des gaines assemblées et tenues dans des alvéoles métalliques, le tout placé sous quatre mètres d'eau dans des piscines recouvertes de toits semblables à ceux de hangars[64]. {{Selon un rapport contesté[Par qui ?] de WISE-Parisrefnec}} publié peu après les attentats du 11 septembre 2001, un crash d'avion de ligne sur une seule des piscines de refroidissement de la Hague pourrait conduire à un relâchement de césium soixante fois plus important que lors de la catastrophe de Tchernobyl.

Le site Areva la Hague est sécurisé, surveillé 24h/24h et dispose d’un plan de surveillance validé par les autorités compétentes. Ce plan de surveillance prend en compte la possibilité d’un survol du site. Chaque installation du site a été conçue pour résister à la chute accidentelle d’un petit aéronef. Le risque de chute d’un avion gros porteur a été analysé par les pouvoirs publics et réévalué à la suite des événements du 11 septembre 2001. Le site de la Hague, point sensible national, placé sous surveillance des moyens de l’État (contrôle aérien, gendarmerie…) bénéficie des moyens appropriés de protection. Ce dispositif de protection repose en particulier sur une zone d’interdiction temporaire de survol de 1000 mètres au dessus du site. Les mesures de sécurité en place sur le site de la Hague sont adaptées en permanence en fonction de l’évolution des menaces. Les informations relatives à la sécurité du site et à sa protection sont couvertes par le secret de la défense nationale[63].

Interdite de survol, l'usine est surveillée en permanence par des radars et, entre le 19 octobre 2001 et mars 2002, par des lance-missiles Crotale[65],[66].

Risque sanitaire et sécurité sanitaire[modifier | modifier le code]

Le risque le plus important est a priori lié au risque d'accident nucléaire.
Un autre risque, mal évalué et discuté est lié à l'exposition aux faibles doses[67] de radionucléides émis dans l'air ou en mer par le centre de retraitement. L'évaluation des risques est rendue difficile par le fait que la cinétique environnementale des polluants rejetés dans l'air ou en mer est encore mal connue, parce que les rejets ont fortement évolué durant la vie de l'usine (réduction importante depuis les années 1970-1980), et parce les rejets d'une usine de retraitement sont très supérieurs et d'une nature très différente à ceux des installations nucléaires de production d'électricité (Par exemple, en 1994, comparativement aux deux réacteurs EDF de Flamanville, la COGEMA a officiellement rejeté en mer 8775 fois plus d'émetteurs bêta-gamma, 270 fois plus de Tritium ; et 97,3 GBq d'émetteurs alpha pour lesquels les centrales EDF n'ont pas d'autorisation de rejet).

L’arrêté du 10 janvier 2003 (modifié le 8 janvier 2007) fixe des limites de rejets avec une importante marge de sécurité. En effet, un calcul montre que si toutes les limites de rejet étaient atteintes sur une année, l’impact radiologique sur les populations de référence serait d’environ 2% de ce qui est autorisé par la réglementation Française. La valeur limite est de 1mSv/an pour la population (Article R 1333-8 du code de la santé publique)[68].

D’un point de vue radiologique, l’impact du site est 100 fois inférieur à la radioactivité naturelle. L’impact est calculé depuis 2004 à l’aide d’un modèle issu des travaux du GRNC (Groupe Radio écologie Nord Cotentin). Il se base sur un « groupe de référence », population susceptible d’être la plus exposée du fait de sa localisation et de son mode de vie.

À la fin des années 1980, à la suite de la détection d'un cluster de cancer (risque de leucémies multiplié par 10) autour de l'usine de traitement des combustibles et d'entreposage des déchets hautement radioactifs de Sellafield en Angleterre[69]) et à la suite de l’observation d'autres anomalies (surmortalité, surmorbidité) ailleurs dans le monde (ex Laboratoire national de Hanford aux États-Unis); ou au Royaume-Uni autour de l'usine de retraitement de Dounreay[70],[71], ainsi que près des centres atomiques militaires d'Aldermaston et de Burghfield ou encore du centre de recherche nucléaire de Harwell ou au voisinage de la centrale nucléaire de Hinkley Point (pour les 10 premières années), des chercheurs s'intéressent aux causes de mortalité par cancer, dont leucémies, dans le monde, autour de diverses installations nucléaires. Une première hypothèse était une délétion de l'ADN du spermatozoïde[72] chez des pères exposés (risque de leucémie significativement augmenté pour les enfants de pères exposés à plus de 100 mSv dans leur vie de travailleur ou à plus de 10 mSv dans les 6 mois précédent la conception de l'enfant[73]), mais insuffisamment explicative à Sellafield, notamment pour des cas de leucémies chez des enfants dont le père n'avait pas été exposé à la radioactivité par leur métier. Il y avait donc une ou d'autres causes à rechercher.

En 1990, par J.F. Viel (épidémiologiste et chef de service au CHU de Rennes, spécialiste du radon) et Sylvia Richardson produisent une étude[74] sur la mortalité par leucémies chez les enfants et jeunes adultes dans un rayon de 35 km autour de l'usine de la Hague (en distinguant 3 groupes d'âge entre 0 et 24 ans). De 1968 à 1986, un seul décès est a été signalé près de l'installation nucléaire, ce qui n'indique pas selon les auteurs une situation anormale, conclusion réaffirmée par deux autres études[75],[76](bien que pour des durées et distances à l'usine différentes).

J.F. Viel et d'autres s'intéressent ensuite non pas à la mortalité, mais à la morbidité (taux de maladies), car des progrès ont été faits en matière de guérison des leucémies (environ 50 % sont maintenant soignées). Trois ans plus tard (1993) une étude de morbidité est publiée[77] faisant un premier point sur l'incidence des leucémies dans la même population. 3 cas signalés de 1978 à 1990, les auteurs notent 3 cas de leucémie, dans un rayon de moins de 10 km, alors que statistiquement 1,2 cas étaient prévus par les modèles (selon référence au registre du Calvados). Cette surincidence apparente reste cependant statistiquement non-significative, mais attire l'attention, car d'autres surincidences sont notées autour d'autres installations nucléaires.
Peu après (en 1995), les épidémiologistes réévaluent la morbidité par leucémies chez les moins de 25 ans autour de l'usine[78] avec 3 modèles statistique plus pointus qui montrent cette fois une sur-incidence statistiquement significative, dans la zone la plus proche de l'usine de la Hague, avec de 1978 à 1992 4 cas déclarés de leucémie (contre 1,4 attendus) à moins de 10 km de l'usine, soit un 2,8 fois plus élevé que ce qu'on attendait au vu du RIS (rapport des Incidences Standardisées). À ce stade, rien ne prouve un lien avec la radioacivité. L'Inserm et la Ligue nationale contre le cancer, avec trente-trois médecins locaux, sous la supervision de D. Pobel et J.F. Viel conduisent alors une étude " cas-contrôle " afin de détecter une éventuelle cause environnementale[79]. L'étude comparative porte sur 27 jeunes malades diagnostiqués de 1978 à 1993 et sur un groupe témoin étroitement apparié de 192 jeunes avec enquête sur le métier et les facteurs de risques liés à la vie des parents et des enfants, l'exposition des parents à des champs électromagnétiques, exposition anténatale ou postnatale à des infections virales, à des rayons X, etc.). La fréquentation des plages (par les mères quand elles étaient enceintes (risque multiplié par 4,5) et/ou par les enfants eux-mêmes (risque multiplié par 2,9) apparait comme le facteur de risque le plus évident, mais une relation significative est aussi notée avec la consommation régulière de produits de la mer (risque multiplié par 3,7), et en 4e position avec le fait de vivre dans une maison en granit (ce qui évoque le radon comme cause supplémentaire, mais non principale).
Les ministres de l'Environnement et de la Santé français constituent un groupe d'experts indépendants sur la question.

Début 2006, l’institut de veille sanitaire publiait dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire une étude mettant un terme à la polémique sur les risques de leucémies infantiles autour des sites nucléaires. La principale conclusion est la suivante : Le nombre de cas de leucémies autour de ces sites se situe dans la moyenne nationale[80].

Le GRNC a mis au point et utilisé suivant une approche pluraliste, une méthode de calcul des impacts des rejets de l’usine de La Hague. Présentée en juillet 1998, cette méthode intégrée par COGEMA a permis l’élaboration de l’étude d’impact associée à la révision des décrets d’autorisation de l’usine.

En juillet 1999, le Groupe Radioécologie Nord Cotentin animé par Mme Sugier de l’IPSN rend ses conclusions dans un rapport. Celles-ci sont les suivantes : «  Aucun lien n’a pu être démontré entre l’usine nucléaire de La Hague et l’excès de leucémies ». En ne retenant que les personnes ayant des comportements supposés maximiser l’exposition, le risque n’augmente pas de façon notable, démontrant que l’impact sanitaire est nul[81].

A ce jour des études périodiques sont réalisées par l’Inter-CLI de la Manche[82].


Article détaillé : Toxicologie nucléaire.

Impact sur l'économie locale[modifier | modifier le code]

L'usine est le premier acteur économique de la Communauté de communes de la Hague sur le territoire de laquelle elle se situe. Au titre des impots locaux elle paie entre 21 et 25 millions € (source: Chambre régionale des comptes de Basse-Normandie). L'établissement compte plusieurs élus locaux parmi ses agents.

Areva de par ses activités sur le site Areva NC La Hague est le premier employeur du nord-cotentin[83] avec 4000 salariés Areva. 1000 personnes travaillent sur le site pour des entreprises sous-traitantes[84]. Areva annonce 145 millions d’euros d'investissements pour 2015 (contre 108 en 2014).

Areva a réalisé en 2014 pour 480 millions d’euros d’achats, dont 71% auprès des entreprises de la région. 88 millions d’euros seront versés au titre des impôts et taxes par l’établissement Areva La Hague en 2015.

Au travers du fond AREVADelfi (Areva Developpement Local Finance), Areva poursuit ses actions de soutien d’entreprises locales-hors secteur nucléaire, pour favoriser la création d’emploi dans le Nord-Cotentin.

La filière nucléaire occupe une place prépondérante dans l’activité économique du Cotentin[85]. 50 ans de grands chantiers ont fortement affecté le territoire et ont eu un effet direct sur le développement économique du Cotentin et de ses infrastructures. Au total ce sont près de 13000 personnes qui travaillent pour une entreprise de la filière nucléaires. Ces personnes sont réparties à part quasi égales entre Areva, EDF, DCNS et une centaine d’entreprises sous-traitantes[85].

Entre 1962 et 2010 la population du canton de Beaumont-Hague a doublé de 5431 habitants à 11931.Les autres cantons proches de La Hague enregistre également une hausse. On note également une évolution notable des catégories socioprofessionnelles[85]. Le canton de Beaumont-Hague représente plus de 44% des effectifs de la filière avec une forte densité d’entreprises industrielles. Le secteur de Valognes profite de ses zones d’activité et du terminal ferroviaire Areva pour accueillir quelques filiales d’Areva comme Areva Temis et Areva TN. Areva Temis dispose également d’un bâtiment sur le canton de Saint-sauveur Le Vicomte.

La filière nucléaire a également profité aux territoires en matière d’infrastructures et ce particulièrement au niveau des transports. Le taux d’équipement du canton de Beaumont-Hague est l’un des plus élevé du Cotentin avec celui du canton des Pieux, pour preuve les équipements sportifs et culturels mais aussi les infrastructures touristiques.

Le tonnage de combustibles traités est en évolution positive[non neutre]. En effet il a augmenté de plus de 25% entre 2008 et 2013 passant de 937 à 1172 tonnes traitées. En parallèle un certain nombre d’événements ont marqué cette période. L’ensemble de ces événements a concouru à l’impact socio-économique du site Areva La Hague[85].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de l'usine Areva NC-La Hague
  2. Areva.com : La Hague : recyclage des combustibles usés
  3. L'Usine Nouvelle - 25/01/2008 : Areva NC La Hague modernise ses outils
  4. Communiqué Areva, 30/01/2015
  5. Loi n° 2006-686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire sur Légifrance
  6. Le traitement-recyclage du combustible nucléaire usé sur le site du CEA
  7. Cycle du combustible nucléaire, par Louis Patarin
  8. a, b, c, d, e, f, g, h et i Thierry Durand et Dominique Guillemois, Cotentin - Une histoire industrielle : 1960-2000, QAMVINC - ACCAAM, 2004 (documentaire)
  9. a, b, c, d et e Rapport réglementaire d’information sur la sureté nucléaire et la radioprotection du site de la Hague Voir page 6 du rapport
  10. 20 Minutes - 5/12/2011 : Intrusions dans les centrales: «C'est lamentable qu'il faille Greenpeace pour démontrer les failles»
  11. Article sur le site Sciences et Avenir "Déchets nucléaires: le silo 130 du site de La Hague est-il sûr ?"
  12. Véronique Maurus : La Hague est-elle mortelle ?, Le Monde, 17 avril 1997
  13. Global Chance N°25
  14. Voir le site de la Commission Locale d'Information
  15. a, b, c et d Frédéric Lewino (avec Jean-Marie Hosatte), « La Hague: l'intox de Greenpeace », Le Point, 19 juillet 1997.
  16. Matthieu Ecoiffier, « Suspicion légitime autour de l'usine de la Hague », Libération, 18 juin 1997
  17. Voir le site IRSN, Groupe Radioécologie Nord-Cotentin
  18. Olivier Baisnée, « Publiciser le risque nucléaire. La polémique autour de la conduite de rejets en mer de l'usine de La Hague », Politix, volume 14, numéro 54, 2001. p. 157-181
  19. Voir le site Areva
  20. 04/10/2004 : AFP - La CGT de l'usine Cogema de La Hague craint pour la sécurité du site
  21. Voir La G@zette Nucléaire, N°173
  22. http://www.acro.eu.org/eph.html
  23. Voir le site du Sénat, "Mesures du plan Vigipirate pour protéger les centrales nucléaires"
  24. Décret du 10 janvier 2003 sur Légifrance (Article 1)
  25. Voir le rapport Traitement des combustibles usés provenant de l’étranger dans les installations d’AREVA NC la Hague, 2013
  26. a et b Décret du 31 juillet 2009 sur Légifrance
  27. Site de l'ASN, "Prescriptions relatives à la construction des cellules de reprise et de conditionnement de déchets(...)"
  28. « Démanteler l'ancienne usine de La Hague prendra 25 ans », Challenges.fr, 28 janvier 2013.
  29. Site AREVA, "AREVA la Hague : bilan 2013 et perspectives 2014"], 21 janvier 2014
  30. Article sur France Bleu, "Un niveau de production jamais atteint depuis 10 ans à l'usine Areva La Hague", 22 janvier 2014
  31. a et b http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/nature-environnement/20130411.AFP9537/risque-de-fuite-de-dechets-nucleaires-nouvelle-mise-en-demeure-d-areva-la-hague.html
  32. Boursier - 13/04/2012 : Le site nucléaire de La Hague n'est pas assez protégé contre le risque incendie
  33. Rapport d’information sur la sureté nucléaire et la radioprotection du site de la Hague Edition 2013
  34. Article sur le site du CEA, "Inauguration de la technologie du creuset froid à l'usine Areva de La Hague", 18 juin 2010
  35. Décision Décision n°2013-DC-0368 de l'Autorité de sûreté nucléaire, du 12 septembre 2013
  36. Denise Proulx, « Un démantèlement rapide favoriserait Bécancour », TVA Nouvelles,‎ (lire en ligne)
  37. Environnementalistes contre l'exportation des déchets nucléaires en France - Québec Hedo, 8 octobre 2013
  38. Article Ouest France, du 18 septembre 2014
  39. Article Ekonomico, "Areva : livraison à EDF du 4.000ème assemblage de combustible MOX" du 17 décembre 2014
  40. a et b La Manche Libre - 04/11/2011 : La revue XXI revisite le passé nucléaire de la Hague
  41. Nuclear Heritage Network - Informations sur le complexe nucléaire de La Hague
  42. Rapport Rapport d’information sur la sûreté nucléaire et la radioprotection du site AREVA la Hague, Edition 2013
  43. http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/05/19/l-usine-areva-de-la-hague-a-sous-declare-plusieurs-de-ses-incidents_1524669_3244.html
  44. http://www.preventica.com/actu-enbref-suicides-areva-hague-etat-agir-1191012.php
  45. Communiqué AREVA, 17/10/2012
  46. http://basse-normandie.france3.fr/2013/05/24/incident-l-usine-nucleaire-areva-de-la-hague-257230.html
  47. Incident dans un atelier de plutonium de la Hague - France 24, 7 octobre 2013
  48. Article Sciences et Avenir, "Incident dans un atelier de plutonium de la Hague", 07/10/2013
  49. "Un récent rapport réalisé pour le compte du Parlement européen montre que le retraitement à La Hague et à Sellafield (sa cousine anglaise) constitue le rejet radioactif le plus important au monde résultant d'une activité humaine, et conclut que ce rejet est équivalent à un accident nucléaire à grande échelle chaque année." Nucléaire | Greenpeace France
  50. "Au large de la côte normande, à quelque 30 mètres de profondeur, Greenpeace a installé la webcam manquante… là où quelque 230 millions de litres de déchets radioactifs sont rejetés en mer chaque année. (...) En 1998, une campagne de prélèvements atmosphériques cette fois a été effectuée. Là encore mêmes résultats stupéfiants. Les concentrations de Krypton-85 (gaz radioactif qui se mesure facilement et qui donne une indication de la présence d'autres radioéléments très toxiques comme l'iode, le carbone ou le cobalt) mesurées entre 60 et 120 mètres au-dessus de l'usine étaient de 90 000 Bq/m3, soit des milliers de fois plus que le rayonnement naturel qui est de 1 à 2 Bq/m3 dans l'air. D'autres mesures effectuées à hauteur d'homme atteignaient 60 000 Bq/m3." Nucléaire | Greenpeace France
  51. http://www.cogema.fr/scripts/areva-nc/publigen/content/templates/show.asp?P=70&L=FR
  52. L’article 35 du Traité Euratom demande que tout État Membre établisse les installations nécessaires pour effectuer le contrôle permanent du taux de la radioactivité de l’atmosphère des eaux et du sol, ainsi que de s’assurer du respect des normes de base pour la protection sanitaire de la population et des travailleurs contre les dangers résultant des rayonnements ionisants. La Commission européenne a le droit de vérifier le fonctionnement et l’efficacité de ces installations.
  53. [PDF] Rapport de vérification : Conclusions principales des vérifications au titre de l'article 35 du traité Euratom - Usine de retraitement de combustibles usés - COGEMA - La Hague
  54. Article IRSN, "Analyse de l’IRSN sur la concentration de tritium mesurée par l’ACRO (...)", 08/04/2013
  55. (fr) Partenariat Areva/JNFL pour le recyclage du combustible, 22 septembre 2007
  56. « Il n’y a plus de déchets radioactifs japonnais à La Hague », sur http://www.enviro2b.com/,‎ (consulté le 22 mai 2015)
  57. « Fukushima. Le combustible nucléaire retraité à La Hague ? », sur http://www.lemonde.fr/,‎ (consulté le 22 mai 2015)
  58. « Départ imminent de plutonium de Cherbourg pour le Japon », sur http://www.lemonde.fr/,‎ (consulté le 22 mai 2015)
  59. Document sur le site IRSN, "Le transport de matières radioactives"
  60. Article Sciences et Avenir, "Energie: départ imminent de MOX pour le Japon, sous haute surveillance", 16/04/2013
  61. Rapport Rapport d’information sur la sûreté nucléaire et la radioprotection du site AREVA la Hague
  62. Sur le site de la mairie de Beaumont-La Hague, Le PPI de l'établissement AREVA la Hague
  63. a et b Synthèse du « Livre Blanc » Sûreté des installations nucléaires civiles manchoises Post-Fukushima
  64. Comité de Reflexion d'Information et de Lutte Anti Nucléaire
  65. (fr) Le point sur la sûreté de l'usine de La Hague face au risque de chute d'avion, Areva, 19 septembre 2001
  66. « Les missiles sol-air retirés à La Hague », Libération, 8 mars 2002.
  67. Sever, Lowell E., Ethel S. Gilbert, Nancy A. Hessol, and James M. McIntyre. "A Case-Control Study of Congenital Malformations and Occupational Exposure to Low-Level Ionizing Radiation." American Journal of Epidemiology. 1988.
  68. Bulletin Officiel du Ministère de l'écologie et du développement durable Prévention des pollutions et des risques
  69. Gardner, M.J., M.P. Snee, A.J. Hall, et al. "Results of Case-control Study of Leukaemia and Lymphoma Among Young People near Sellafield Nuclear Plant in West Cumbria." British Medical Journal. 1990.
  70. COMARE, Second Report: Investigation of the Possible Increased Incidence of Leukaemia in Young People Near the Dounreay Nuclear Establishment, Caithness, Scotland, Committee on Medical Aspects of Radiation in the Environment (COMARE), Londres (1988).
  71. S.C. Darny et R. Doll, «Fallout, radiation doses near Dounreay, and childhood leukaemia», BMJ 294:603-607 (1987).
  72. Gofman, John W. "Radiation-inducible Chromosome Injuries: Some Recent Evidence on Health Consequences - Major Consequences." ; Committee for Nuclear Responsibility. Spring 1992.
  73. Hanford Health Information Network, Genetic Effects and Birth Defects from Radiation Exposure Note de vulgarisation, en anglais, Hanford Community Health Project
  74. J.F. Viel et S.T. Richardson, «Childhood leukaemia around the La Hague nuclear waste reprocessing plant», British Medical Journal (BMJ) 300:580-581 ; 300,1990
  75. M. Dousset, «Cancer mortality around La Hague nuclear facilities», Health Physics 56:875-884 (1989)
  76. «Overall mortality and cancer mortality around French nuclear sites», C. Hill et A. Laplanche, Nature 347:755-757 (1990).
  77. J.F. Viel et al, Cancer Cause and Control, 4, 1993
  78. J. F. Viel, D. Pobel, A. Carre, Stat Med 1995;14:2459-72 (résumé en ligne), information relayée par Sciences et Vie en décembre 1995
  79. D. Pobel, J.F. Viel, Case-control study of leukaemia among young people near La Hague nuclear reprocessing plant: the environmental hypothesis revisited, British Medical Journal, 314, 1997 (réactions et réponse de l'auteur sur le site du British Medical Journal)
  80. Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire "Incidence des leucémies de l’enfant aux alentours des sites nucléaires français entre 1990 et 1998", 04/2006
  81. Rapport du GRNC "Estimation des niveaux d'exposition aux rayonnements ionisants et des risques de leucémie associés"
  82. Bulletin d'information des CLI de la Manche, Hors série décembre 2013
  83. Article France Bleu, 22/01/2014
  84. Communiqué Areva, "AREVA la Hague : bilan 2013 et perspectives 2014" - 21/01/2014
  85. a, b, c et d Dosier de la CCI de Cherbourg, "La filière nucléaire dans le Cotentin" - janvier 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Documentaire : [vidéo] "Ultimatom" Réalisé par Laurent Tabet sur la Hague au cœur de l'industrie nucléaire française (50 min en Realvideo 33Kb).
  • Documentaire : "Déchets, le cauchemar du nucléaire" de Eric Gueret. Arte Vidéo.

Liens externes[modifier | modifier le code]