EL3

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EL3 (eau lourde no 3) est le troisième réacteur nucléaire à eau lourde français entré en divergence en juillet 1957. Localisé au Centre CEA de Saclay, il était destiné à étudier la résistance des matériaux (graphite, cartouche de combustible) à l'effet du rayonnement. Le flux neutronique d'EL3 étant dix fois plus élevé que celui d'EL2, il permettait de réduire les temps d'irradiation d'un facteur dix. En effet, la puissance d'EL3 est de 17,5 mégawatts tandis qu'EL2 atteignait 2,5 mégawatts[1].

Il s'agissait d'un réacteur de recherche de type pile-piscine[2], le combustible d'EL3 était de l'uranium naturel légèrement enrichi. L'eau lourde était à la fois le modérateur et le caloporteur de la pile EL3.

Historique[modifier | modifier le code]

Incidents et accidents[modifier | modifier le code]

En 1957, un élément combustible de la pile EL3 subit une fusion partielle. Le réacteur a été arrêté et le hall de la pile évacué en quelques minutes[3].

Le 8 novembre 1961, un accident se produisit lors d'une manipulation pour étudier la fusion à cœur d'une cartouche d'essai de dioxyde d'uranium (UO2) fritté enrichi à 4 %. La rupture brutale de la gaine et l'éjection d'UO2 liquide ont entraîné la contamination radioactive du circuit d'eau lourde. À la suite de l'accident, deux agents qui ont dépassé une dose cumulée de 5 rems ne peuvent plus travailler sur la pile[1].

Mise en route d'EL4 et arrêt d'EL3[modifier | modifier le code]

En 1961, le CEA engage la construction de EL4 à Brennilis en Bretagne. D'une puissance de 70 MW, ce nouveau réacteur à eau lourde mais refroidi au gaz fut conçu sur les principes éprouvés à EL3[1].

En 1979, EL3 est définitivement arrêtée après 22 ans d'exploitation.

Démantèlement[modifier | modifier le code]

En 2005, EL3 n’a encore fait l’objet que d’un démantèlement partiel, en raison notamment de l’absence de solution de stockage des déchets de graphite radioactifs[4]. Les réflecteurs en graphite des réacteurs EL2 et EL3 de Saclay représentent une masse totale de 109 tonnes.

En 2009, ces matériaux se trouvent toujours dans les réacteurs, ils seront comptés comme déchets par l'ANDRA lors de leur déconstruction qui devrait être achevée fin 2030[5].

Références[modifier | modifier le code]