Centrale nucléaire de Cruas

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Centrale nucléaire de Cruas
Image illustrative de l'article Centrale nucléaire de Cruas
La centrale nucléaire de Cruas-Meysse
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Ardèche
Commune Cruas, Meysse
Coordonnées 44° 37′ 59″ N 4° 45′ 24″ E / 44.63306, 4.75667 ()44° 37′ 59″ Nord 4° 45′ 24″ Est / 44.63306, 4.75667 ()  
Opérateur Électricité de France
Année de construction 1978
Date de mise en service
Direction Philippe Bordarier
Réacteurs
Fournisseurs Areva NP, Alstom
Type REP
Réacteurs actifs 4 x 900 MW
Puissance nominale 3 600 MW
Production d’électricité
Production annuelle d'électricité 23,241 TWh (en 2006)
Production moyenne 24,244 TWh (5 dernières années)
Production totale 514 TWh (au 22 juillet 2007)
Divers
Source froide Rhône
Site web ASN : Centrale nucléaire de Cruas-Meysse

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Centrale nucléaire de Cruas

La centrale nucléaire de Cruas-Meysse est une centrale nucléaire inaugurée en 1984-1985 sur les communes de Cruas et de Meysse en Ardèche au bord du Rhône entre Valence (40 km en amont) et Montélimar (15 km en aval). La centrale est située à 35 km au nord du site nucléaire du Tricastin.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les bâtiments réacteurs et deux tours aéroréfrigérantes

La centrale nucléaire de Cruas-Meysse est doté de 4 réacteurs nucléaires de 900 MW, soit un total de 3 600 MW. La construction a débuté en 1976 et les mises en service ont été réalisées en 1984 et 1985. Cette centrale représente en moyenne 4 à 5 % de la production nationale, soit 40 % des besoins annuels de la région Rhône-Alpes.

Environ 1 200 salariés travaillent à la centrale de Cruas sur un site d'une superficie de 148 hectares.

Pour son refroidissement, la centrale utilise l'eau du Rhône et quatre tours aéroréfrigérantes.

En avril 2013, EDF a annoncé un projet de construction de 5 à 6 nouveaux bâtiments à partir du mois de septembre 2013, pour réceptionner et finir d'assembler 3 générateurs de vapeur[1] qui devraient commencer à être remplacés en 2014[2].

Les premiers générateurs de vapeur sont remplacés à partir du mois de mars 2014 sur la tranche 4.

Caractéristiques des réacteurs[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques détaillées des réacteurs en service sont les suivantes[3].

Nom du réacteur Modèle Capacité [MW] Exploitant Constructeur Début constr. Raccord. au réseau Mise en service comm.
Thermique (MWt) brute (MWe) Nette (MWe)
Cruas-1[4] CP2 2785 956 915 EDF Framatome août 1978 avril 1983 avril 1984
Cruas-2[5] CP2 2785 956 915 EDF Framatome nov 1978 sept 1984 avril 1985
Cruas-3[6] CP2 2785 956 915 EDF Framatome avril 1979 mai 1984 sept 1984
Cruas-4[7] CP2 2785 956 915 EDF Framatome oct 1979 oct 1984 fév 1985

La fresque[modifier | modifier le code]

Site nucléaire du Tricastin (FR26,FR84).jpg

En 1991, Électricité de France, Framatome et le conseil général de l'Ardèche (pour ne citer qu'eux) s'associent pour faire réaliser une fresque murale monumentale rassurante sur le thème de l'écologie.

L’œuvre de 13 500 m2 et 155 m de haut est conçue et réalisée par Jean-Marie Pierret (ancien élève des Beaux-Arts et auteur du « Géant » sur le barrage de Tignes en Savoie) aidé de neuf alpinistes sur une des quatre tours de refroidissement.

La fresque représente les archétypes fondamentaux liés à l´eau et à l´air : le verseau. Elle est inaugurée le 15 Novembre 1991 et était à l'époque la plus grande fresque murale au monde.

Cette réalisation a nécessité à Jean-Marie Pierret l'utilisation d'une mosaïque de 600 000 carrés de 15 centimètres de côté, 4 000 litres de peinture (3 couleurs de base) et 8 000 heures de travail.

Incidents[modifier | modifier le code]

Cruas NPP 2009.jpg

Dégazage radioactif[modifier | modifier le code]

Le , deux évacuations de personnels ont été nécessaires à la suite de dégazages radioactifs. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décidé de déclencher une inspection à la centrale de Cruas-Meysse, et a classé l'incident au niveau 1 de l'échelle INES[8].

Le , 27 salariés de deux bâtiments de l'unité de production n°2 (en arrêt-maintenance) sont évacués à 8H10, suite à la détection d'un dégagement gazeux. D'après les services d'EDF les salariés ont pu regagner l'unité, à l'exception du local concerné, à 9h20 le même jour[9].

Tritium dans les nappes[modifier | modifier le code]

Au début de l’année 2004, des analyses de routine ont détecté la présence de tritium dans les nappes phréatiques situées sous le site[10].

Rapports de l'ASN[modifier | modifier le code]

Selon un rapport datant d'avril 2007, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a constaté un relâchement dans la rigueur d’exploitation du site[11].

Le 13 novembre 2008, l'ASN a mis EDF en demeure de procéder à la mise en conformité de la centrale sous trois mois[12].

Prise d'eau obturée[modifier | modifier le code]

Le 2 décembre 2009, EDF a lancé un plan d'urgence interne après un incident sur le système de refroidissement d'un des quatre réacteurs de la centrale de Cruas.
Le plan avait été déclenché « en raison de l'obturation de la prise d'eau alimentant le système de refroidissement de ce réacteur avec l'arrivée massive de débris végétaux charriés par le Rhône », a précisé l'ASN[13], [14].

Cet incident s'appelle une « perte totale de la source froide ».

Grève de la faim[modifier | modifier le code]

Le 14 février 2008, neuf salariés d'une entreprise sous-traitante ont entamé une grève de la faim pour sauvegarder leur emploi à la centrale. L’accès à la centrale a été bloqué et de nombreux salariés du site ont débrayé[15].

Séismes[modifier | modifier le code]

La centrale de nuit

Dans la nuit du 2 au 3 août 2011, un séisme composé de quatre secousses, dont deux de magnitude 4,5 sur l’échelle de Richter, s'est produit à 30 km au sud-ouest de la centrale[16].

Journée d'intrusion de deux antinucléaires[modifier | modifier le code]

Le 5 décembre 2011, deux militants de l'organisation Greenpeace se sont introduits sur le site dès 6 heures. Pendant la journée, ils ont apparu dans des vidéos postées par Greenpeace. Après une journée de fouille « approfondie », le groupe EDF a déclaré avoir remis aux autorités les deux militants[17].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Évelyne Bertel et Gilbert Naudet, Économie de l'énergie nucléaire, coll. Génie Atomique, paru 01.02.2004, ISBN 2-86883-691-7
  • Claude Dubout, Je suis décontamineur dans le nucléaire, coll. éditions Paulo-Ramand.

Notes et références[modifier | modifier le code]