Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux

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Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux
Image illustrative de l'article Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux
La centrale nucléaire de Saint-Laurent
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Loir-et-Cher
Commune Saint-Laurent-Nouan
Coordonnées 47° 43′ 26″ N 1° 35′ 01″ E / 47.723981601269, 1.583490371704147° 43′ 26″ Nord 1° 35′ 01″ Est / 47.723981601269, 1.5834903717041  
Opérateur Électricité de France
Année de construction 1963
Date de mise en service 24 mars 1969
Direction Patrice Dejou
Réacteurs
Fournisseurs Areva NP, Alstom
Type REP
Réacteurs actifs 2 x 900 MW
Puissance nominale 1 800 MW
Production d’électricité
Production annuelle d'électricité 12 918 GWh (2006)
12 300 GWh (2007)
Production moyenne 12 210 GWh (sur 5 dernières années)
Production totale 363 TWh[Quand ?]
Divers
Source froide Loire
Site web EDF : Saint-Laurent

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux

La centrale nucléaire de Saint-Laurent se situe sur la commune de Saint-Laurent-Nouan dans le Loir-et-Cher en bord de Loire, entre Orléans (30 km en amont) et Blois (28 km en aval).

Présentation[modifier | modifier le code]

Cette centrale nucléaire comprend deux réacteurs nucléaires à eau pressurisée (REP), B1 et B2, qui sont en fonctionnement commercial depuis 1983. Ils ont une puissance unitaire de 900 MW. Les deux tours de refroidissement en font partie[1].

Le site contient également deux anciens réacteurs nucléaires A1 et A2 de la filière uranium naturel graphite gaz (UNGG) en phase de démantèlement et les deux silos d'entreposage associés. Ces deux réacteurs avaient été respectivement mis en service en 1969 et 1971[2], ils ont été arrêtés en avril 1990[3] et mai 1992[4].

En avril 2014, 754 salariés EDF auquel s'ajoutent 250 salariés permanents d'entreprises prestataires[5] travaillent à la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux.

Caractéristiques des réacteurs[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques des réacteurs en service, construits par Framatome et exploités par EDF, sont les suivantes[6].

Nom du réacteur Modèle Puissance [MW] Début constr. Raccord. au réseau Mise en service comm.
Thermique brute Nette
St-Laurent-B-1[7] CP2 2785 MWt 956 MWe 915 MWe mai 1976 janvier 1981 août 1983
St-Laurent-B-2[8] CP2 2785 MWt 956 MWe 915 MWe juillet 1976 juin 1981 août 1983

Rejets chimiques[modifier | modifier le code]

Le 18 mai 2010, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a adopté deux décisions relatives aux prélèvements d’eau et aux rejets d’effluents du site. Ces décisions encadrent les rejets chimiques et gazeux du site ainsi que la surveillance de l'environnement devant être réalisée par l'exploitant[9].

Déchets nucléaires[modifier | modifier le code]

Les tranches A1 et A2 à l'arrêt

Le site comprend deux silos dans lesquels ont été stockées en vrac près de 2 000 tonnes de chemises graphites hautement radioactives issues du cœur des deux réacteurs en cours de démantèlement. Dans son rapport de février 2005[10] l'Association nationale des comités et commissions locales d'information (ANCCLI), estimait que ce stockage ne répond pas aux critères actuels de sûreté[11].

Accidents nucléaires[modifier | modifier le code]

1969 : Fusion du cœur du réacteur A1[modifier | modifier le code]

Le 17 octobre 1969, une mauvaise manipulation lors du chargement du cœur sur le réacteur graphite-gaz no 1 entraîne la fusion de 50 kg de dioxyde d'uranium[12]. À l'époque, aucune information n'a été révélée à la population, cet accident nucléaire étant qualifié d'incident par EDF car il n'a pas entraîné de dommages vis-à-vis des personnes extérieures au site, des biens ou de l’environnement extérieurs au site. Cet évènement n'est aujourd'hui pas classé par l'ASN sur l'Échelle Internationale des Évènements Nucléaires INES[13]. Pour l'IRSN, « [Cet accident] relèverai[]t aujourd’hui du niveau 4 de l’échelle INES »[14].

1980 : Fusion du cœur du réacteur A2[modifier | modifier le code]

Vue de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux (graphite-gaz).

Le 13 mars 1980, un accident conduisit à la fusion de 20 kg de dioxyde d'uranium du réacteur graphite-gaz no 2. Gravement endommagé, le réacteur fut indisponible pendant trois ans et demi environ. Cet accident nucléaire, porté au niveau 4 de l'échelle INES[15],[16], est le plus grave jamais répertorié sur un réacteur en France[12].

Traces de plutonium dans la Loire[modifier | modifier le code]

Par la suite, une campagne de prélèvements de sédiments en Loire conduite par un laboratoire universitaire a établi la présence de traces de plutonium depuis Saint-Laurent jusqu’à l’estuaire, dont l’origine serait à imputer soit à l’accident de 1980, soit à celui de 1969[17].

Pour l'IRSN, cependant, cet incident est indépendant de l’accident du 13 mars 1980 décrit ci-dessus. Ces rejets radioactifs sous forme d’effluents liquides significatifs en Loire sont associés au traitement des eaux de la piscine du réacteur SLA2, contaminées lors de l’éclatement d’un conteneur renfermant un élément combustible non étanche, survenu en avril 1980. Les rejets correspondants ont été estimés à 1 GBq de radio-éléments émetteurs alpha[14].

Le déversement de plutonium issu de Saint-Laurent serait de l'ordre de 700 millions de becquerels (0,7 GBq), soit l'équivalent de 0,3 grammes de plutonium-239[18]. Compte tenu de la radiotoxicité du plutonium-239 (qui est de 10 Sv·mg-1) et de l'extrême dilution d'un rejet dans la Loire, dont le débit moyen est de l'ordre de 1 000 m3·s-1, un rejet de ce niveau ne peut pas avoir de conséquence sanitaire observable[réf. nécessaire]. Lors d'une interview, Marcel Boiteux, dirigeant d'EdF à l'époque, a indiqué que « Oui, bien sûr, ce n'est pas bien, mais ce n'est pas grave. [...] »[19].

Incidents[modifier | modifier le code]

1987 : gel de la Loire[modifier | modifier le code]

Le matin du 12 janvier 1987, vers h 30, par suite du gel exceptionnel de la Loire, la glace obstrue les prises d'eau de la centrale A1 (UNGG) et entraîne la perte du refroidissement normal de celle-ci, ce qui provoque l'arrêt automatique du réacteur graphite-gaz. Le système de refroidissement à l'arrêt, nécessaire pour évacuer la puissance résiduelle, est alors alimenté par le réseau électrique de l'Ouest de la France car les diesels qui auraient dû alimenter ce système ne fonctionnent pas. Ils ont pu être remis en service avant l'effondrement du réseau qui a eu lieu vers midi à la suite d'une panne de la centrale thermique de Cordemais[20]. La glace qui obstruait les prises d'eau a ensuite été brisée par des explosifs mis en place par l'armée française[21].

2004 : barres de contrôle bloquées[modifier | modifier le code]

Le 12 mai 2004, du sodium radioactif a été rejeté dans l'atmosphère lors d'un test d'étanchéité de nouveaux générateurs de vapeur d'un des réacteurs de la centrale B. L'incident, qui a entraîné l'arrêt automatique du réacteur, est sans conséquence pour l'environnement selon la direction EDF de la centrale. Le Réseau Sortir du nucléaire a cependant précisé que lors de l'arrêt automatique du réacteur, des barres de contrôle « sont restées bloquées pour une raison encore inconnue »[22].

Le 19 août 2011, le réacteur numéro 1 s'est arrêté à la suite d'une panne, selon le Réseau de transport d'électricité (RTE)[23].

Risques[modifier | modifier le code]

Saint-laurent-nouan.JPG

Le rapport TSN de 2010 ne met pas en évidence de dégradation des résultats de sûreté[24].

Risque sismique[modifier | modifier le code]

La centrale de Saint-Laurent des Eaux est située dans une des zones sismiques les plus faibles de France. Selon un rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire datant d'octobre 2002, certaines fonctions de sauvegarde assurant le refroidissement du réacteur pourraient ne plus être assurées en cas de séisme[25]. Cette même année, un programme de modifications permettant de restaurer la tenue au séisme de très forte intensité de ces réservoirs a été mis en place. L'évaluation complémentaire de la sûreté de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux remise le 15 septembre 2011 à l'Autorité de Sûreté Nucléaire montre que « pour les ouvrages du site, la réévaluation du SMS a mis en évidence un léger dépassement du spectre de dimensionnement de site (EDF 0,1 g) pour des fréquences supérieures à 7 Hz. Les analyses menées ont permis de vérifier l’absence d'impact de ce dépassement sur le dimensionnement du génie civil et des matériels des ouvrages du site »[26]. La nouvelle évaluation du niveau sismique a été réalisée pour le prochain réexamen de sûreté de la 3e visite décennale de Saint-Laurent des Eaux. Cette évaluation est conforme à la RFS 2001-01 [27] et s'appuie sur des données sismo-tectoniques plus récentes.

Risque d'inondation[modifier | modifier le code]

L'emplacement du site a été surélevé de 3,5 mètres, mais une crue majeure de la Loire d'un débit supérieur à 12 500 mètres3 par seconde[28] qui correspond au débit de crue millénale majoré[29], pourrait noyer l'installation et perturber le fonctionnement d'une partie des circuits de secours dont la fonction est de refroidir le réacteur. Dans le cadre du renforcement de la sécurité inondation à la suite de l’inondation de la centrale nucléaire du Blayais, un projet de construction d'une digue avait été envisagé puis finalement abandonné[30].

En 2010, l’ASN a rendu un rapport d’observation qui estime que « la mise en place en 2010 d’une enceinte géotechnique autour des silos d’entreposage de chemises graphite irradiées renforce la sûreté de cette installation face au risque d’inondation par la Loire. »

Risques liés à la proximité d'une école[modifier | modifier le code]

En 2012, les communes de Lestiou et Avaray déposent un permis de construire un groupe scolaire à 2 km de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des Eaux[31]. Après avoir ajourné le projet et demandé un rapport d’étude complémentaire, le préfet du Loir-et-Cher a autorisé la construction en février 2013[32].

Particularités[modifier | modifier le code]

Lors de la conception, la hauteur des réfrigérants a été limitée à 120 m afin de réduire leur visibilité depuis Chambord[33].

Sur les tours de Saint Laurent A nichent des faucons pèlerins en vue de faire fuir les pigeons.

Photos[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. EDF, « Saint-Laurent » (consulté le 21 mai 2009).
  2. ASN, « La centrale de Saint-Laurent-des-Eaux » (consulté le 21 mai 2009).
  3. WNA Reactor Database - St. Laurent-A1, France "Shutdown 18 April 1990"
  4. WNA Reactor Database - St. Laurent-A2, France "Shutdown 27 May 1992"
  5. « La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux : Une production d’électricité au cœur de la région de Centre » [PDF], sur EDF,‎ (consulté le 7 mai 2015)
  6. (en) « Reactors in operations, 31 dec 2009 », sur www-pub.iaea.org/ (consulté le 28 avril 2011).
  7. (en) « Nuclear Power Reactor Details - ST-LAURENT-B-1 », sur www.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  8. (en) « Nuclear Power Reactor Details - ST-LAURENT-B-2 », sur www.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  9. « EDF devra réduire les rejets de Saint-Laurent-des-Eaux », sur Environnement 2B,‎ (consulté le 7 mai 2015).
  10. La Sûreté des silos de stockage des chemises de graphites irradié de Saint-Laurent-des-Eaux (février 2005)
  11. Avis sur la sûreté des silos de stockage de graphite de Saint Laurent des Eaux
  12. a et b « Le jour où la France a frôlé le pire », sur Le Point.fr,‎ (consulté le 13 avril 2015)
  13. Réponse de l'ISRN
  14. a et b « Note d’information sur les accidents ayant affecté les réacteurs nucléaires du site de Saint-Laurent-des-Eaux en 1969 et en 1980 » [PDF], sur IRSN,‎ (consulté le 19 mai 2015).
  15. « LES ÉCHELLES DE CLASSEMENTS » [PDF], sur ASN (consulté le 13 avril 2015).
  16. « Évènements significatifs classés au niveau 4 sur l'échelle INES », sur ASN,‎ (consulté le 13 avril 2015).
  17. « CONTROLE : Les rejets des installations nucléaires » [PDF], sur ASN,‎ (consulté le 13 avril 2015), p. 77-78 sur « Contrôle n°137 : Les rejets des installations nucléaires », sur ASN,‎ (consulté le 13 avril 2015).
  18. Plutonium dans la Loire : des rejets jusqu'en 1985, La nouvelle république du Loir-et-Cher, 12/05/2015.
  19. Olivier Pirot, « Plutonium déversé dans la Loire : les aveux toxiques d'EDF », sur La Nouvelle République du Loir-et-Cher,‎ (consulté le 15 juin 2015).
  20. Les jeux de l'atome et du hasard, Jean-Pierre Pharabod et Jean-Paul Schapira, Éditions Calmann-Lévy, 1988.
  21. Le canard enchainé, 23/03/2011 : Petits pépins deviendront grands
  22. Rejet radioactif à la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, AFP du 13 mai 2004
  23. Arrêt inattendu du réacteur 1 de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux sur Trading Sat le 19 août 2011
  24. [1]
  25. Erreur de conception affectant la résistance au séisme de réservoirs d'eau de plusieurs réacteurs de 900 MWe - Autorité de sûreté nucléaire
  26. [2]
  27. [3]
  28. "La centrale nucléaire de Saint-Laurent est robuste" dans l'Usine Nouvelle du 8 décembre 2011
  29. [4]
  30. Les Echos - 18/03/11 - A Saint-Laurent, EDF a renoncé à construire une digue contre les inondations
  31. http://www.ccbl.fr/dynamic/pdf/gobion_na_49_octobre_2012.pdf
  32. http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2013/02/02/Feu-vert-pour-le-groupe-scolaire-de-Lestiou-Avaray
  33. 2. Une réflexion poussée en matière d’architecture et d’insertion dans le paysage - Des choix innovants en matière de réfrigération atmosphérique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]