Centrale nucléaire du Tricastin

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Centrale nucléaire du Tricastin
Image illustrative de l’article Centrale nucléaire du Tricastin
La centrale nucléaire du Tricastin
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Drôme, Vaucluse
Commune Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme)
Coordonnées 44° 19′ 51″ nord, 4° 43′ 53″ est
Opérateur Électricité de France
Année de construction 1974
Date de mise en service
Direction Cédrick Hausseguy
Réacteurs
Fournisseurs Areva NP, Alstom
Type REP
Réacteurs actifs 4 x 900 MW
Puissance nominale 3600 MW
Production d’électricité
Production annuelle d'électricité 25 105 GWh (année 2006) 12 300 GWh (année 2007)
Production moyenne 24 622 GWh (sur 5 dernières années)
Production totale 609 TWh
Divers
Source froide Canal de Donzère-Mondragon
Site web EDF : Tricastin

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Centrale nucléaire du Tricastin

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(Voir situation sur carte : France)
Centrale nucléaire du Tricastin

La centrale nucléaire du Tricastin se situe sur le site nucléaire du Tricastin sur la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux, à 10 km de Pierrelatte, 28 km au sud de Montélimar et 50 km au nord d'Avignon. C'est la troisième centrale la plus âgée du parc nucléaire français.

Historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Site nucléaire du Tricastin.

La centrale nucléaire du Tricastin a été construite en 1974, puis mise en service en 1980 (T1 & T2) et 1981 (T3 & T4)[1]. Elle comprend quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) de 900 MW chacun, soit une puissance totale de 3 600 MW pour la centrale[2]. La superficie du site est de 55 hectares.

Le refroidissement de la centrale est assurée par l'eau du Canal de Donzère-Mondragon[3]. Le combustible nucléaire neuf arrive par transport routier sous forme d'assemblages fabriqués, entre autres, à la FBFC. Le combustible usé est entreposé en piscine de refroidissement pendant quelques mois, avant d'être expédié en train à l'Usine de retraitement de la Hague.

Sa proximité avec des sites aquatiques comme le Rhône[4] ou la Gaffière, le cours d'eau qui traverse le site du Tricastin[5]. l'expose aux risques d’inondation.

La centrale produit chaque année environ 25 TWh, soit 6 % de la production électrique française. L'usine voisine d'enrichissement Eurodif, aujourd'hui en cours de démantèlement, consommait environ 15 TWh par an, soit environ les deux-tiers de la production de la centrale. Cette proximité permettait alors de limiter les pertes dues au transport de l'électricité.

Le 16 septembre 2013, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé avoir demandé à EDF une surveillance renforcée des eaux souterraines de la centrale à cause d'une «présence anormale» de tritium.

EDF finance les collectivités locales à hauteur de 14 millions d'euros par an au titre de la taxe professionnelle de la centrale du Tricastin.

Le 15 juillet 2013, plusieurs dizaines de militants de Greenpeace se sont introduits dans la centrale nucléaire de Tricastin pour réclamer la fermeture du site[6].

Le 17 septembre 2013, Europe Écologie-les Verts a réclamé la fermeture en urgence de la centrale[7].

En septembre 2016, EDF notifie au gestionnaire du réseau d'électricité que deux des quatre réacteurs de la centrale resteront arrêtés au moins jusqu'à la fin décembre, des « contrôles supplémentaires » étant nécessaires pour s'assurer que leurs générateurs de vapeur, pièces majeures de la centrale, « sont aptes à remplir leur fonction en toute sûreté »[8].

En décembre 2016, le Tricastin 1 est un des premiers réacteurs d'EDF à reprendre du service[9].

Fin septembre 2017, EDF prend acte de la décision de l’ASN lui demandant de procéder à l’arrêt provisoire des quatre unités de production de la centrale, le temps de renforcer une portion de la digue située au nord de la centrale[10]. EDF propose à l’ASN un plan d’actions réactif en deux étapes : sous un mois, des travaux de renforcement de la digue vont être réalisés, permettant de garantir sa tenue en situation de séisme majoré de sécurité. De plus, une protection complémentaire au muret de protection périphérique existant sera opérationnelle sous quelques jours. Ce dispositif permettrait de garantir qu’il n’y aurait pas d’arrivée d’eau au niveau des réacteurs en cas de séisme majoré de sécurité pendant la période des travaux. Compte tenu de ces dispositions, le groupe considère que la sûreté des installations est garantie et que l'arrêt des réacteurs n’est pas justifié[10]. Le 5 décembre 2017, l'ASN a autorisé EDF à redémarrer la centrale[11].

En février 2018, un article du JDD publie des extraits du livre « Nucléaire, danger immédiat » évoquant la centrale[12] : « Tricastin, avec son réacteur 1, est la pire centrale du pays. Ce réacteur cumule tous les problèmes : défauts sous revêtement, absence de marge à la rupture, et dépassement des prévisions de fragilisation à quarante ans! […] Sans oublier le risque d'inondation catastrophique en cas de séisme, comme l'a relevé en septembre 2017 l'ASN […] qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima »[12]. Suite à la publication du livre, EDF réfute ces accusations : « Dominique Minière, le directeur exécutif chargé du parc nucléaire, affirme que les faits évoqués sont soit déjà connus, soit complètement faux »[13].

Caractéristiques des réacteurs[modifier | modifier le code]

La centrale possède quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) d'une puissance électrique nette de 915 mégawatts chacun, construits par Framatome puis exploités par Électricité de France.

La centrale de Tricastin appartient au palier dit « CP1 », comme les centrales nucléaires du Blayais, de Dampierre et de Gravelines[14].

Elle est exposée au risque de séisme. Lors de sa conception, c'est un séisme de 4,7 sur l'échelle de Richter qui a été choisi comme référence, et les installations sont donc prévues pour résister à un séisme de 5,2[4]. Elle se trouve dans un grand complexe nucléaire et chimique comprenant six sites Seveso dans un rayon de 10 km[15].

Les caractéristiques des réacteurs en service sont les suivantes[16].

Nom du réacteur Modèle Capacité [MW] Début construction Raccordement au réseau Mise en service commerciale 3e visite décennale
Thermique (MWt) brute (MWe) Nette (MWe)
Tricastin-1[17] CP1 2785 955 915 1er novembre 1974 31 mai 1980 1er décembre 1980 2009
Tricastin-2[18] CP1 2785 955 915 1er décembre 1974 7 août 1980 1er décembre 1980 2011
Tricastin-3[19] CP1 2785 955 915 1er avril 1975 10 février 1981 11 mai 1981 2012
Tricastin-4[20] CP1 2785 955 915 1er mai 1975 12 juin 1981 1er novembre 1981 2014[21]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ASN, « Site du Tricastin » (consulté le 21 mai 2009)
  2. EDF, « Présentation de la centrale du Tricastin » (consulté le 21 mai 2009)
  3. Donzère: travaux sur le canal pour éviter l'inondation du site nucléaire, sur le site francebleu.fr du 21 mai 2013
  4. a et b Tricastin, quels risques ?, sur le site laprovence.com du 28 mars 2011
  5. Inondation sur le site de la centrale du Tricastin, sur le siteenerzine.com du 16 décembre 2008
  6. Opération coup de poing de Greenpeace à Tricastin pour réclamer la fermeture de la centrale, sur le site humanite.fr du 15 juillet 2013
  7. Nucléaire : EELV réclame la fermeture de la centrale du Tricastin, sur le site leparisien.fr du 17 septembre 2013
  8. Les Échos, 23/09/2016
  9. « EDF va relancer la centrale de Tricastin », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  10. a et b « EDF : Mise à l'arrêt provisoire des quatre unités de production de la centrale nucléaire du Tricastin - EasyBourse », sur www.easybourse.com (consulté le 28 septembre 2017)
  11. La centrale nucléaire de Tricastin va redémarrer, Paris Match, 5 décembre 2017.
  12. a et b « Nucléaire : le livre qui met à mal la sûreté des centrales françaises », Le JDD,‎ (lire en ligne)
  13. « Mis en cause sur la sûreté du parc nucléaire, EDF se défend », FIGARO,‎ (lire en ligne)
  14. Techniques de l'ingénieur - Glossaire des sigles
  15. Tricastin : une centrale sans failles ?, sur le site lemonde.fr du 15 juillet 2013
  16. (en) « Reactors in operations, 31 dec 2009 », sur www-pub.iaea.org/ (consulté le 28 avril 2011)
  17. (en) « Nuclear Power Reactor Details - TRICASTIN-1 », sur www.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  18. (en) « Nuclear Power Reactor Details - TRICASTIN-2 », sur www.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  19. (en) « Nuclear Power Reactor Details - TRICASTIN-3 », sur www.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  20. (en) « Nuclear Power Reactor Details - TRICASTIN-4 », sur www.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  21. date prévisionnelle calée après 10 ans d'exploitation depuis la visite décennale précédente

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]