Henri Germain (banquier)

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Henri Germain
Henri Germain - 1824 - 1905.jpg
Médaille à l'effigie d'Henri Germain, œuvre du médailleur français Charles Pillet (1910).
Fonctions
Président
Conseil général de l'Ain (d)
-
Député
Ain
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 80 ans)
Paris
Sépulture
Nationalité
Activités
Homme politique, banquierVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Grand Jas.jpg
Vue de la sépulture.

Henri Germain, né le à Lyon et mort le à Paris, est un banquier et homme politique français, fondateur du Crédit lyonnais.

En 1904, il formalise la « doctrine Germain », un mode de gestion bancaire qui encadre l'emploi des fonds détenus par les banques selon l'origine et les caractéristiques de ces fonds.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Antoine Marie Henri Germain naît le à Lyon[1]. Fils d'Henri Germain, négociant en soieries, et de Claudine Lupin, il est le père de Marie-Thérèse Germain (épouse de Georges Brincard), d'Henriette Germain (épouse d'Edmond Fabre-Luce[2]) et de l'écrivain André Germain (1881-1971), brièvement marié à Edmée Daudet, fille d'Alphonse Daudet.

Il fait ses études au Collège royal de Lyon[3], puis devient étudiant en droit à Paris. Il est avocat en 1846 et s’inscrit alors au barreau de Lyon.

Le , il épouse Laure-Clotilde Dumoy, 19 ans, fille unique et orpheline d'un négociant qui lui apporte en dot plus d'un million de francs en capital, actions et terrains, ce qui lui permet de vivre en rentier. Proche d'Arlès-Dufour, il fonde avec lui le Magasin général des soies. Ses réseaux lyonnais et parisiens lui permettent de devenir administrateur de nombreuses sociétés industrielles et bancaires.

En 1859, il achète le château de La Pape, situé à Rillieux-la-Pape. Sa femme Laure-Clotilde y meurt en 1867.

En 1869, il épouse en secondes noces Blanche Vuitry, fille d'Adolphe Vuitry (1813-1885)[4].

En 1882, Henri Germain et son épouse Blanche sont propriétaires de la Villa Orangini, à Nice[5]. Le parc d'acclimatation, aujourd'hui loti, de cette demeure prestigieuse est redessiné par le paysagiste Sébastien-Marcel Biasini.

En 1892, il ouvre à Cannes le boulevard de la Foncière-Lyonnaise (actuel boulevard Carnot) ; il est ainsi à l’origine de la fortune du quartier.

Il meurt le à son domicile parisien, situé au no 89 de la rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Carrière de banquier[modifier | modifier le code]

En , Henri Germain crée le Crédit lyonnais. La société est dotée d’un capital de 20 millions de francs (40 000 actions de 500 francs). Il s'agit d'une banque de dépôt ouverte à tous, à condition d'effectuer un premier versement de 50 francs.

Banquier et financier de premier plan, homme politique discret mais influent, la vie d'Henri Germain se confond en grande partie avec le Crédit lyonnais, banque dont il a été l'un des fondateurs et le principal animateur de 1863 à sa mort, en 1905.

Originalité du Crédit lyonnais[modifier | modifier le code]

À l'époque, les établissements financiers existants ne se préoccupent pas de l'épargne populaire[6]. Henri Germain fait l'inverse : il s'adresse aux petits déposants et rémunère les comptes. C'est ainsi qu'il peut contribuer au financement de l'industrie naissante. Il a utilisé, pour la création de la société, la souplesse résultant de la nouvelle loi sur les sociétés (loi du ).

La « doctrine Germain »[modifier | modifier le code]

La doctrine Germain préconise la séparation des activités de Banques de dépôt de celles des Banques d'investissement ou d'affaires.

Henri Germain adopte en 1882 puis formule en 1904 ce concept qui inspire le mouvement et les pratiques de spécialisation du secteur bancaire, intervenus entre les années 1880 et 1914 — donc avant les lois adoptées en 1941 qui imposent cette spécialisation.

Henri Germain pointe en effet les prises de risques excessives opérées par certains banquiers imprudents qui sont tentés de financer dans une proportion exagérée des investissements à long terme avec des ressources collectées à court terme (notamment les dépôts à vue des épargnants). Pour empêcher ou réduire ces pratiques potentiellement dangereuses, l'exercice des activités de banque de dépôt, de banque d'investissement ou de banque d'affaires doit être strictement distingué au sein d'un même organisme bancaire, et mieux être séparé en obligeant les institutions financières à se spécialiser. Cette vision de l'exercice spécialisé de la pratique de l'activité bancaire fait l'objet d'une controverse périodique au sein de la profession bancaire. Ceci explique que la réglementation concernant la séparation des métiers bancaires connait des périodes de va-et-vient, tantôt pour la renforcer, tantôt pour la supprimer en défendant le principe opposé d'une « banque à tout faire ».

Jusqu'à la crise financière de 2008, le mouvement des idées évolue plutôt dans le sens d'une déréglementation ou dérégulation pour laisser aux organismes bancaires la liberté de pratiquer simultanément les deux métiers (voir notamment la controverse née aux États-Unis, autour de l'abandon du Glass-Steagall Act).

Depuis cette date, à la suite des difficultés enregistrées par nombre d'établissements bancaires, l'idée d'une réglementation plus stricte de l'exercice de la profession bancaire revient sur le devant de la scène. Voir à ce sujet les nouveaux épisodes de la controverse : règle Volcker et Dodd-Frank Act aux États-Unis. Ainsi que les exigences de la nouvelle réglementation bancaire — dite Bâle III — instaurée par le Comité de Bâle, pour lequel la profession bancaire réclame sinon la suppression, du moins des aménagements.

Chemin de fer[modifier | modifier le code]

En 1863, il est avec François Barthélemy Arlès-Dufour et Amédée Sellier, le concessionnaire du chemin de fer de Sathonay à Bourg par Villars. Concession qu'ils rétrocèdent à la Compagnie de la Dombes dont il devient administrateur lors de sa création en 1864. Il crée cette société anonyme avec François Barthélemy Arlès-Dufour, Louis Frémy, Alexandre Bodin, Léopold Le Hon, Félix Mangini, Amédée Sellier et Lucien Mangini, ce dernier agissant en son nom personnel et celui de messieurs Louis Guérin et Gabriel Saint-Olive[7].

Résumé des fonctions et mandats[modifier | modifier le code]

Économie
Politique
  • 1871-1883 : président du conseil général de l'Ain ;
  • 1869-1893 : député de l'Ain, à la suite de sa victoire contre le député sortant, Alexandre Bodin de Montribloud. Il est, en mai 1877, l'un des signataires du manifeste des 363[8].
Divers

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Situation financière de la France en 1886 ;
  • L’État politique de la France en 1886.

Hommages[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Il exite des rues Henri-Germain à Cannes, au Cannet et à Lyon[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Cote LH/1123/39 », base Léonore, ministère français de la Culture.
  2. Roland de Margerie, Tous mes adieux sont faits – Mémoires inédits de Roland de Margerie, édition en cinq volumes préparée par Laure de Margerie-Meslay, New York, 2012.
  3. Millenaire 3 le centre prospective du Grand Lyon, « Henri Antoine-Marie GERMAIN (1824 – 1905) Un grand banquier », sur millenaire3.com (consulté le 19 mai 2017)
  4. Philippe Jobert, « Hugues Darcy » (chap. 5), p. 47-50, dans Philippe Jobert (dir.), Les Patrons du Second Empire – Bourgogne, vol. 2 , éditions Picard et éditions Cénomane, 1991, 259 p. (ISBN 2-70840428-8) (Picard) et (ISBN 2-90559641-4) (Cénomane), p. 49.
  5. Christian Byk, Regard sur les villas niçoises, p. 91-101, Nice Historique, année 1989, no 40 [lire en ligne].
  6. Jacques-Marie Vaslin, maître de conférences à l'IAE d'Amiens., « Henri Germain, prudent banquier du Crédit lyonnais », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. Bulletin des lois de la République Française, vol. 24, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Bulletin des lois », (lire en ligne), chap. 1071 (« Partie supplémentaire »), p. 661-672.
  8. Fiche sycomore
  9. Rues de Lyon : rue Henri Germain.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]