Centrale nucléaire de Civaux

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Centrale nucléaire de Civaux
Image illustrative de l'article Centrale nucléaire de Civaux
Centrale nucléaire de Civaux
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Vienne
Commune Civaux
Coordonnées 46° 27′ 24″ N 0° 39′ 10″ E / 46.45667, 0.6528 ()46° 27′ 24″ Nord 0° 39′ 10″ Est / 46.45667, 0.6528 ()  
Opérateur Électricité de France
Année de construction de 1981 à 1999
Date de mise en service 1997 et 1998
Direction Louis Bellegarde
Réacteurs
Fournisseurs Areva NP, Alstom
Type REP
Réacteurs actifs 2 x 1 450 MW
Puissance nominale 2 900 MW
Production d’électricité
Production moyenne 20 TWh
Production totale 480 TWh (au 31 mai 2012)
Divers
Source froide Vienne
Site web La centrale de Civaux sur le site de l'ASN

Géolocalisation sur la carte : Vienne

(Voir situation sur carte : Vienne)
Centrale nucléaire de Civaux

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Centrale nucléaire de Civaux

La centrale nucléaire de Civaux est un centre nucléaire de production d'électricité (CNPE) situé sur la commune de Civaux (Vienne) au bord de la Vienne entre Confolens (55 km en amont) et Chauvigny (16 km en aval), à 34 km au sud-est de Poitiers. Elle a été mise en service en 1997[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

La centrale se compose de deux réacteurs nucléaires de la filière REP et précurseur du projet de EPR, désignés comme « palier N4 », de 1450 mégawatts chacun. La centrale de Civaux utilise l'air ambiant et l'eau de la Vienne pour son refroidissement[2].
Une des innovations technologiques de la centrale de Civaux concerne les tours aéroréfrigérantes, qui sont les plus hautes parmi les centrales nucléaires d'EDF (178 m)[3]. Ce sont ces tours, qui en utilisant l'eau de la Vienne, contribuent principalement au refroidissement de la centrale.

La centrale de Civaux produit environ 20 millions de mégawattheures par an.

Dates clés[modifier | modifier le code]

  • 1980 : Décision d'implanter une centrale nucléaire à Civaux[4].
  • 1981 : Création de la Commission Locale d'Information (CLI).
  • 1984 : Signature du Décret d'Utilité Publique.
  • 1985 : Obtention du label « Grand chantier », label est décerné à toute construction déclarée d'utilité publique qui nécessite des mesures d'accompagnement et d'accueil.
  • 1987 : Obtention du permis de construire.
  • 1988 : Début de la coulée des bétons de l’unité de production 1.
  • 1997 : Couplage au réseau de l’unité de production 1.
  • 1998 : Incident niveau 2 sur le circuit RRA (Refroidissement du Réacteur à l'Arrêt) de l’unité de production 1, sans conséquence sur l’environnement.
  • 1999 : Couplage au réseau de la tranche.
  • 2001 : Premier arrêt pour rechargement et visite complète de l'unité de production 1.
  • 2002 : Premier arrêt pour rechargement et visite complète de l'unité de production 2.
  • 2003 : OSART (Operationnal Safety Assesment Review Team), mission d'évaluation de la sûreté en exploitation.
  • 2004 : Certification ISO 14001.
  • 2005 : Première évacuation de combustible usé vers la Hague.
  • 2006 : Entrée en tenue de travail standard en zone nucléaire.
  • 2007 : Certification OHSAS 18001 (démarche d’amélioration continue de la santé et de la sécurité du personnel).
  • 2011 : Première visite décennale du réacteur no 1[5].
  • 2012 : Première visite décennale du réacteur no 2[5]

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Schéma d'une centrale nucléaire
Article détaillé : centrale nucléaire.

À l’image de toutes les centrales thermiques, une centrale nucléaire génère de la vapeur pour faire tourner à grande vitesse un alternateur. La vapeur est obtenue en faisant chauffer de l’eau dans une chaudière, ici le réacteur nucléaire. La chaleur utilisée pour chauffer est dégagée par la fission des noyaux d’uranium. Le fonctionnement est basé sur trois circuits indépendants : primaire (réacteur), secondaire (vapeur et turbine), et de refroidissement (aéroréfrigérant) qui assurent des échanges thermiques. Pour éviter toute dispersion de substance radioactive vers l’extérieur de la centrale, la conception a prévu trois systèmes de barrières : les crayons étanches qui contiennent les pastilles d'uranium et sont groupés pour former un assemblage combustible, le circuit primaire étanche contenant de l'eau qui vient chercher de la chaleur au contact des assemblages combustibles et une double enceinte étanche en béton. Entre les différents circuits, il n'y a pas d'échange de matière, seulement des échanges de chaleur. Ces circuits sont indépendants.
Le cœur du réacteur, où se produit la réaction en chaîne, contient 205 assemblages combustibles. Chaque assemblage contient 264 crayons combustibles contenant les pastilles d'uranium. Tous les 15 mois environ, chacune unité est mise à l'arrêt pour réaliser des opérations de maintenance et retirer le tiers le plus usé des assemblages combustibles et le remplacer par un tiers neuf. Après 4 à 5 ans d’entreposage sous eau, le combustible usé est envoyé vers l'usine de retraitement Areva NC de la Hague où ils refroidissent 5 à 10 ans avant d’être traités.

Réglementation de l'utilisation de l'eau[modifier | modifier le code]

Les exploitants de la centrale de Civaux sont particulièrement vigilants à l'utilisation de la rivière Vienne. La Vienne présente un débit capricieux, faible l'été, pouvant générer des crues l'hiver. La centrale de Civaux utilise la Vienne pour refroidir ses installations et pour effectuer des rejets. Le débit de la Vienne, comme celui de tous les cours d'eau français est soumis à un SAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux) ; placé sous la responsabilité du Préfet, celui impose un débit minimum de 13 m3/s en amont de la centrale (à Lussac-les-Châteaux), débit qui permet une utilisation de l'eau pour tous les utilisateurs : agriculteurs, rejets d'eaux usées, prélèvements d'eau potable, pêcheurs, ... Il est important de souligner que lors des années de forte température ou sécheresse (2003 - 2004 - 2011) grâce aux barrages situés en amont d'avril à octobre, la Vienne a conservé un débit supérieur de 13 m3/s à la satisfaction de tous les utilisateurs. De plus, la centrale est soumise à un arrêté de rejet[6] précisant entre autres les seuils maximum de température des rejets de la centrale. Quand la température de la Vienne en amont est inférieure à 25 °C, la centrale ne doit pas contribuer à échauffer de plus de 2 °C entre l'amont et l'aval. Lorsqu'elle que la température de la Vienne est supérieure à 25 °C, la centrale ne doit pas échauffer la Vienne. C'est pour cela qu'elle est équipée d'un système de refroidissement additionnel. Ainsi, lors des périodes très chaudes, lorsque la Vienne monte naturellement à des températures élevées, la centrale contribue à son refroidissement.

Risques liés au réchauffement climatiqu e[modifier | modifier le code]

Selon une étude publiée par la revue scientifique Nature, dans les années 2040, la production pourrait perdre en moyenne 6 % l’été par rapport à la période de référence (1971-2000)[7]. Cette perte moyenne de 6 % pourrait masquer des accidents plus prononcés. Et elle pourrait représenter une baisse de puissance, pour les deux réacteurs de Civaux, d’environ 300 mégawatts, soit la consommation de plusieurs dizaines de milliers de personnes[8].

L'étude mentionne aussi des risques pour la faune et la flore de la Vienne en raison du réchauffement de l'eau par la centrale nucléaire[9].

Actualité[modifier | modifier le code]

L'année 2013 en quelques chiffres[10]:

Vue aérienne

En 2013, la centrale a produit 17 milliards de kWh soit environ 4 % de la production nationale d’électricité d’origine nucléaire et a atteint un taux de disponibilité[11] de 73 %.

La production[12]

  • Énergie nette produite en milliards de kWh : 17
  • Disponibilité : 73 %

La centrale de Civaux a produit 150 % de la consommation annuelle de la région Poitou-Charentes.

Les effectifs

  • Effectif total (EDF et salariés extérieurs permanents) : 1000 personnes, dont 150 salariés d'entreprises permanentes
  • Âge moyen : 41 ans
  • Embauches : 36 personnes (soit 117 salariés recrutés entre 2011 et 2013)
  • Nombre de salariés d’entreprises extérieurs sur les arrêts : de 500 personnes à 2000 personnes suivant la quantité et la nature des travaux
  • Formation (nombre d’heures par salarié) : 100 heures
  • Apprentis : 41 personnes, dont 24 nouveaux apprentis en 2013

Les retombées socio-économiques

  • Taxe professionnelle : 62 M€, dont 8,4 millions de taxe foncière

La sûreté

  • Visites de l’Autorité de Sûreté Nucléaire : 15 programmées ; 3 inopinées
  • Investissements de maintenance, prestations et matériels : 73 millions €
  • Entraînement des équipes de gestion d’un événement : 6 exercices réalisés

L’environnement

  • Analyses et mesures en laboratoire : 20 000 par an

Incidents[modifier | modifier le code]

Photo de la centrale prise du parking visiteur, au nord

Le 12 mai 1998, alors que l'unité était à l'arrêt, une fuite d'eau - estimée à 30 m³/h - s'est produite en raison d'une fissure sur un coude de la tuyauterie du circuit de refroidissement à l'arrêt du réacteur no1. Après avoir isolé la voie accidentée, le refroidissement du réacteur a été assuré par la seconde voie. Les procédures ont été appliquées et la fuite a été stoppée quelques heures plus tard[13]. Les 230 m³ d'eau faiblement radioactive échappés ont été, selon le directeur de la sûreté nucléaire (DSIN), entièrement récupérés dans le puisard du réacteur. Les expertises ont montré que les fissures étaient provoquées par un mauvais mélange des eaux chaudes et froides à l'intérieur du circuit. À l'époque de l'incident, un défaut de qualité des tubes avait aussi été évoqué[14].

À la suite de cet incident, EDF a déchargé les quatre réacteurs du « palier N4 », c'est-à-dire l'autre réacteur de Civaux et les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Chooz qui étaient tous porteurs du même défaut. L'Autorité de sûreté nucléaire autorisera ces réacteurs à redémarrer plus de 10 mois après l'incident[15],[16]. Cet incident a été classé au niveau 2 de l'échelle INES qui en compte sept (de 1 à 7).

Vendredi 13 janvier 2012, l'analyse d'un prélèvement réalisé dans un puits de contrôle de la qualité des eaux souterraines avait révélé la présence de tritium dans les eaux souterraines situées sous la centrale nucléaire de Civaux, à une concentration de 540 becquerels/litre (Bq/L) contre une valeur de 8 Bq/l attendue. L'Autorité de sûreté nucléaire a publié un rapport sur cet évemenent[17]. Les investigations menées sur les installations ont montré que cette radioactivité, de l'ordre d'un vingtième de la limite autorisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'eau potable, a pour origine un écoulement d'eau provenant des réservoirs d'effluents situés au-dessus du puits de contrôle. L'eau de cette nappe souterraine, qui communique avec la Vienne, n'est utilisée ni pour l'eau potable ni pour les besoins agricoles. Deux défaillances sont à l'origine de cette écoulement : un robinet défectueux et un bassin de rétention non étanche[17]. Des travaux ont été engagés rapidement, sur les réservoirs de stockage comme sur le dispositif de rétention qui se situe en dessous. La réfection totale du revêtement a été réalisée avant l'automne.

Les effluents liquides inhérents à la production d'électricité, à l'instar du tritium, sont collectés, contrôlés et rejetés dans la Vienne conformément aux critères et seuils définis dans des prescriptions de l'Autorité de sûreté nucléaire réglementant les prélèvements d'eau et les rejets d'effluents[18]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. EDF, « Civaux » (consulté le 17 mai 2009)
  2. ASN, « La centrale de Civaux » (consulté le 19 décembre 2009)
  3. [PDF] Document Afsset, 10 octobre 2007
  4. [PDF]La centrale nucléaire de Civaux, bilan 2012 EDF, février 2013
  5. a et b Le petit économiste - 18/07/2011 : La visite décennale de la centrale nucléaire de Civaux, un rendez-vous majeur
  6. Arrêté de rejet, commune de Civaux legifrance.gouv.fr, 23 juin 2009
  7. (en) Nature (revue) - 3 juin 2012 : Vulnerability of US and European electricity supply to climate change
  8. Le Figaro - 8/06/2012 : Le réchauffement menace les centrales nucléaires
  9. La Nouvelle République - 10/06/2012 : Le réchauffement climatique menace la centrale de Civaux
  10. [PDF] L'année 2013 en quelques chiffres énergie.edf.com
  11. Le taux de disponibilité est le rapport entre le temps où les unités ont effectivement produit de l’électricité, et le temps pendant lequel elles auraient pu en produire si les réacteurs n’étaient jamais arrêtés pour effectuer les travaux de maintenance ou de rechargement du combustible.
  12. [PDF]La centrale de Civaux et vous EDF, consulté le 24 juin 2014
  13. Revue de presse par Stop Civaux
  14. http://www.dissident-media.org/infonucleaire/incident_civeaux_stop.html
  15. Redémarrage du réacteur 1 de la centrale de Chooz B - Communiqué de l'ASN du 19 mars 1999
  16. Autorisation de chargement en combustible du réacteur no2 de la centrale de Civaux - Communiqué de l'ASN du 27 juillet 1999
  17. a et b La Nouvelle République - 24/01/2012 : Un rapport accablant pour la centrale de Civaux
  18. Les principaux rejets sont consultables chaque mois sur le site internet http://civaux.edf.com