Michel Pébereau

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Michel Pébereau
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Michel Pébereau en 2008.

Naissance (74 ans)
Paris

Michel Pébereau, né le 23 janvier 1942 à Paris, est ancien haut fonctionnaire français et dirigeant de sociétés.

Inspecteur général des finances, il conduit la privatisation de la BNP dont il devient le PDG en 1993 puis sa fusion avec la banque d'affaires Paribas en 2000 pour former BNP Paribas qu'il dirige jusqu'en 2003 et dont il est le président du conseil d’administration depuis cette date.

Le , il annonce qu'il quittera la présidence de BNP Paribas le 1er décembre de cette même année.

Depuis le 30 octobre 2014, il est président de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le frère de Georges Pébereau et père d'Alexandre Pébereau, haut fonctionnaire de l'État (conservateur des hypothèques en récompense de ses missions étatiques[1]).

Carrière[modifier | modifier le code]

Formation et débuts au service de l'État[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École polytechnique (X 1961) et de l'École nationale d'administration, Michel Pébereau a choisi à la sortie de cette dernière l'Inspection des Finances.

À partir de 1970, il est chargé de mission puis conseiller technique auprès du ministre de l'économie et des finances, Valéry Giscard d'Estaing. Il occupe ces fonctions durant quatre ans. Il reste au ministère jusqu'en 1982, notamment à la direction du Trésor. Il a également dirigé le cabinet de René Monory à partir de 1978 et jusqu’en 1980. Pendant cette période, il contribue notamment à la modernisation du marché des actions de Paris (Rapport Baumgartner) et à la création des « Sicav Monory ».

De la Banque nationale de Paris à BNP Paribas[modifier | modifier le code]

Michel Pébereau quitte l’Administration pour rejoindre le Crédit commercial de France en 1982. Il mène à bien la privatisation de deux banques dont il sera le PDG : le CCF de 1986 à 1993, puis la Banque nationale de Paris (1993), devenue BNP Paribas en 2000, qu'il préside de 1993 à 2003. Cette dernière opération recueille en dix jours 2,8 millions de souscriptions, dont plus de 1,6 million de clients de la banque. De 1993 à 1999, un vaste travail de modernisation est entrepris, qui permettra à la BNP d’assurer sa pérennité et de saisir les opportunités de développement nées de la création de l’euro. De 56 000 collaborateurs en 1993, le groupe passe à près de 90 000 en 2003, en prenant une dimension de plus en plus internationale, fondée sur un socle européen.

En août 1999, Michel Pébereau lance une double offre publique d'échange sur les titres de la Société générale et de Paribas. La première offre échoue, mais le succès de la seconde permet la création de BNP Paribas, entité dont il est le PDG de 2000 à 2003. Le rapprochement de ces deux banques à la culture différente a permis de créer une nouvelle entreprise dotée d'une culture cohérente fondée sur quatre valeurs (la réactivité, la créativité, l'engagement et l'ambition)[2].

C’est à son initiative que la séparation des postes de président et directeur général au sein de BNP Paribas est décidée en 2003. Michel Pébereau nomme alors Baudouin Prot en qualité de directeur général. Depuis lors, il assume les fonctions de président du conseil d'administration du groupe BNP Paribas, qui compte désormais plus de 187 900 collaborateurs.

Lors de l'assemblée des actionnaires le , il annonce qu'il quittera cette fonction le [3].

L'annonce lors de l'assemblée générale du de sa succession donne lieu à de très nombreux hommages de la part des médias tant français qu'étrangers[4],[5],[6].

Le 12 mars 2015, il annonce qu'il ne renouvellera pas son mandat qui se termine le 13 mai 2015. Il demeure président d'honneur de BNP Paribas ainsi que de la Fondation BNP Paribas[7].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Parallèlement à son activité de banquier, il enseigne à l'Institut d'études politiques de Paris en tant que maître de conférences de 1968 à 1980, puis en tant que professeur de 1980 à 2000. Il est président du conseil de direction de l'établissement. Suite aux débats provoqués par le rapport critique de la gestion de l'Institut par la Cour des comptes[8], qui souligne notamment « une gabegie d'argent public et de nombreux dysfonctionnements » et qui vise en particulier la gouvernance exercée par Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau[9], le 27 novembre 2012, une assemblée générale des personnels de Sciences Po demande leur démission[10].

En 2005, il est chargé par Thierry Breton, ministre des finances, de créer une commission chargée d'étudier la dette de la France. Il rend son rapport le 14 décembre 2005.

Amateur d'ouvrages de science-fiction, il partage ponctuellement sa passion dans les colonnes du Journal du dimanche.

Il est élu le 26 novembre 2007 à l'Académie des sciences morales et politiques au fauteuil de Pierre Tabatoni.

Il est président de l'Institut de l'entreprise[11] de janvier 2005 à 2010 ainsi que de l'Institut Aspen France, et par là même président du conseil de surveillance[12] et du conseil d'orientation[12] depuis novembre 2004.

Il a été considéré comme le conseiller le plus influent auprès du président Nicolas Sarkozy quant à la politique financière[13],[14].

Membre du Conseil d'administration de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer depuis septembre 2012, il est élu président le 30 octobre 2014 en remplacement de Jacques Raynaud.

Il est également membre du comité de parrainage du Collège des Bernardins.

Autres mandats sociaux[modifier | modifier le code]

Il est ou a été notamment :

Anciens mandats

Critiques[modifier | modifier le code]

En 2009, alors même que BNP-Paribas fait partie des banques que l'Etat a soutenu face à la crise, Le Monde informe que Michel Pébereau devrait toucher 800 000 euros de retraite annuelle[17] suscitant de nombreux commentaires dans la presse[18].

En 2010, une enquête du Monde signale le rôle central de la banque BNP Paribas dans le capitalisme de connivence français, citant plusieurs fois son PDG, Michel Pébereau[19]. Cet épisode est à l'origine de la décision personnelle de Michel Pébereau et du refus de BNP Paribas, pourtant banque historique du Monde, d'aider le quotidien en grave difficulté[20].

L'enquête révèle que Michel Pébereau, en 2008, touche 265 200 euros de jetons de présence en tant qu'administrateur de cinq sociétés, ce qui est le maximum autorisé par la loi. A cela, s'ajoute sa rémunération de 1,713 million d'euros en tant que président de BNP Paribas[19]

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2001, Michel Pébereau a été élu “Financier de l’Année” par l’Association nationale des docteurs ès sciences économiques et “Stratège de l’année” par La Tribune.

En 2009, il est de nouveau élu “Financier de l’Année” avec Baudouin Prot.

Michel Pébereau a par ailleurs été élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur en 2008[21].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La politique économique de la France (3 vol.):
  1. Les instruments, 1985 (ISBN 2-20-031217-2)
  2. Les objectifs, 1987 (ISBN 2-20-031230-X)
  3. Les relations économiques, financières et monétaires internationales, 1990 (ISBN 2-01-013006-5)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Pébereau, une famille de hauts fonctionnaires, sur le site Le Journaldunet.com
  2. Les valeurs de BNP Paribas Sur le site banque.bnpparibas.com
  3. PARIS - Pébereau quittera BNP Paribas début décembre, après 18 ans aux manettes Sur le site 20minutes.fr
  4. Les adieux de Michel Pebereau aux actionnaires de BNP, sur le site challenges.fr
  5. Pébereau cède sa place à la tête de BNP-Paribas, sur le site liberation.fr du 11 mai 2011
  6. [PDF] DOSSIER DE PRESSE: Assemblée Générale du 11 mai 2011, sur le site compresse.bnpparibas.com
  7. [1] sur Yahoo.com
  8. La Cour des comptes dénonce la gabegie de Sciences Po Paris, Maryline Baumard et Benoit Floc'h, Le Monde.fr, 8 octobre 2012
  9. Sciences Po: la Cour des comptes engage des poursuites, Marie-Amélie Lombard-Latune, Le Figaro.fr, 22 novembre 2012
  10. Indiscret Sciences Po : la direction assiégée, Benoît Floc'h, Le Monde.fr, 27 novembre 2012
  11. Institut de l'entreprise: Organisation Sur le site institut-entreprise.fr
  12. a et b [PDF] Conseil de surveillance: président Michel Pébereau, sur le site aspenfrance.org
  13. Thomas Bronnec: "Michel Pébereau, l’homme de l’ombre", sur le site blogs.lexpress.fr du 11 mai 2011
  14. Nicolas Cori:"Pébereau, le conseiller vertueux", sur le site liberation.fr du 22 janvier 2009.
  15. « Accueil », sur Centre des Professions Financières
  16. Composition - Haut Conseil de l'Éducation
  17. Le président de BNP-Paribas devrait toucher 800 000 euros de retraite annuelle, lemonde.fr, 2 avril 2009
  18. 700.000 euros pour la retraite «maison» du patron de BNP-Paribas, liberation.fr, 2 avril 2009
  19. a et b Le capitalisme français reste aux mains d'un club très fermé, Annie Kahn, lemonde.fr, 11 janvier 2010
  20. Serge Halimi, « Vingt années qui ont changé « Le Monde » », sur Le Monde diplomatique,‎ (consulté le 23 février 2014)
  21. A la dignité de grand officier, le 11 juillet 2008 publié au JO du 13 juillet 2008.
  22. Centre des Professions Financières, Année des Professions Financières, Paris, Centre des Professions Financières, , 276 p., Rapport Pébereau : 7 ans après (p.19)
  23. « Année des Professions Financières », sur Centre des Professions Financières,‎