Métro de Casablanca

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Le métro de Casablanca était un projet de système de transport en commun à Casablanca, au Maroc. Évoqué depuis plus de trente ans comme une solution aux problèmes de transport de la capitale économique, il a été stoppé en . En attendant de futurs développements, les autorités de la ville préfèrent développer le réseau de tramway (mise en service de la première ligne en , autres lignes actuellement en construction).

Historique du projet[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Casablanca et ses 3 millions d'habitants est confrontée depuis de nombreuses années aux problèmes liés aux transports urbains, L'idée d'un métro débute au début des années 1970[1]. Ce projet est régulièrement présenté comme la solution qui permettra de résoudre les problèmes de circulation de la ville, mais il tarde à voir le jour[2].

Dans les années 1980 et 1990, des études de faisabilités impliquant des entreprises étrangères sont nombreuses, celle réalisée par des Japonais au début des années 1980 sert de bases aux projets des consortiums étrangers où l'on note la présence d'entreprises comme Bouygues ou Bombardier. En 1998, le quotidien L'Économiste relate ces projets dans un article évocateur : « Le métro fantôme de Casablanca »[3].

Le 25 avril 2001, alors qu'aucune étude n'a abouti, la Communauté urbaine de Casablanca (CUC) communique sur ce qu'elle appelle des « études préliminaires » qui n'auraient rien coûté à la collectivité, les dépenses imputable à la CUC et à l'État ne devant intervenir qu'après le choix fait par les élus[4]. Les études ont montré qu'il n'y a pas d'obstacles techniques, il faut choisir entre les choix proposés par les entreprises et consortiums, mais les études ne sont pas assez précises pour pouvoir lancer un appel d'offres et l'approfondissement du projet choisi sera à la charge du CUC[4].

C'est en février 2004 qu'intervient l'accord de principe de la ville pour un projet de transports en commun en site propre[5].

Aucun de ces projets n'ayant abouti, le Plan de Déplacement Urbain, présenté le 11 septembre 2006, constate que le problème de la mobilité des habitants et celui de la circulation sont des éléments limitant les possibilités de développement[6].Appelé « Casa 2010 », le PDU projet couvre les besoins de la ville en diversifiant les types de transport ferroviaire : une ligne de métro de 15,5 km dont 10,3 km en souterrain.[7], quatre lignes de tramway de 76 km et une ligne de type réseau express régional (RER) de 63 km[6]. L'ensemble est prévu pour être opérationnel d'ici 2030. Le bouclage financier n'est pas réalisé et seules deux lignes de tramway (35 km) sont une priorité.

Fin 2007, Mohamed Sajid, président de la commune urbaine de Casablanca, précise le projet global qui représente 160 kilomètres de voies ferrées (tramway, RER et métro) pour 4,4 milliards d'euros[8]. La priorité est le tramway, dont la ligne 1 doit être mise en service fin 2012[8]. Pour la ligne de métro, qui est annoncée longue de 21 km avec 20 stations afin de desservir les quartiers denses du sud et le centre ville[5], le bouclage des études est prévu en 2009[5],[8].

Le projet global prévoit la construction d'une ligne souterraine pour des trains de grand gabarit, de type RER, desservant la ville sur 7 stations entre la gare de Casa-Port et la future gare de Casa-Sud, prévue entre les gares d'Ennassim et des Facultés, et se prolongeant, au-delà, jusqu'à la gare de Mohammédia à l'est et l'Aéroport Mohammed V au sud. La correspondance entre les deux lignes se situera à la station Zerktouni, située à l'intersection des boulevards Zerktouni et Roudani.

Liste des stations[modifier | modifier le code]

Le Schéma de Déplacement Urbain de Casablanca présente un tracé final de la ligne, comportant 17 stations, permettant des correspondances avec chacune des 4 lignes de tramway prévues.

Plan de la Ligne 1

Du projet souterrain au projet aérien[modifier | modifier le code]

Finalement aucun bouclage financier n'a été concrétisé pour un métro souterrain.

En , le maire se prononce pour un projet de métro aérien de 15 kilomètres[9]. Son coût est estimé à environ huit milliards de dirhams et sa mise en service était prévue à l'horizon 2018[9].

En décembre 2013, Thierry de Margerie président de Alstom Maroc, filiale de l'entreprise française Alstom, annonce vouloir obtenir le contrat[10].

Les études topographiques et géotechniques en voie d'achèvement ont été réalisées par les cabinets Etafat et le laboratoire LPEE. Les études d’avant-projet en cours ont été confiées à la filiale RATP-SNCF Systra et au CID, un cabinet marocain. L'étude d’impact environnemental et social du projet de métro de a été confiée par Casa Transport à la société de conseil franco-germano-marocaine Phénixa[11].

En février 2014, le président du conseil de la ville Mohamed Sajid annonce que les études techniques ont été finalisées et que les travaux devraient commencer en 2014 [12].

En juillet 2014, le conseil de la ville abandonne ce projet par manque de financement [13],[14], priorisant les quatre lignes de tramway,. La ville de Casablanca n’a pu en effet recueillir que 5 milliards de dirhams auprès de l’État, de ses partenaires et de bailleurs de fonds au lieu des 8 milliards nécessaires [15]

En décembre 2017, le ministre de l'industrie Moulay Hafid Elalamy annonce avoir demandé à l'entreprise chinoise BYD une proposition pour un monorail de 15 km. L'annonce semble avoir été mal préparé[16].

En janvier 2019, le projet d'un métro aérien, en technologie monorail, refait surface dans le cadre de l'élaboration d'un nouveau Plan de Déplacement Urbain.[17]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. T. Zhiri Oualalou, Le métro va-t-il trouver sa place dans l'évolution du TC de Casablanca, dans Urban mobility for all, Taylor & Francis, 2002 (ISBN 9789058093998), p. 343 lire en ligne (consulté le 30 novembre 2011).
  2. Amadou Diop, Développement local, gouvernance territoriale: enjeux et perspectives, Karthala éditions, 2008 (ISBN 9782811101565), p. 60 lire en ligne (consulté le 30 novembre 2011).
  3. Site leconomiste.com, Le métro fantôme de Casablanca, article du no 322, 19 mars 1998 lire en ligne (consulté le 30 novembre 2011).
  4. a et b L'Économiste, Remise sur les rails du projet de métro de Casablanca : cette fois-ci est peut-être la bonne, par Fatima Mossadeq, publié le 27 avril 2001 lire (consulté le 30 novembre 2011).
  5. a b et c Site lematin.ma, Transport urbain : Casablanca sera dotée de moyens à la hauteur de son rayonnement, par Map, le 23 novembre 2007 lire en ligne (consulté le 30 novembre 2011).
  6. a et b Site infosdumaroc.com, Maroc : Casablanca : un métro en projet et trois lignes de tramway, article du 25 septembre 2006 lire en ligne (consulté le 30 novembre 2011).
  7. « Casablanca La mégapole aura enfin son métro », sur https://lematin.ma/, Le Matin, (consulté le 14 mai 2019)
  8. a b et c Le Moniteur, Un métro, un RE et un tramway pour Casablanca d'ici 2030, article du 26 novembre 2007 lire en ligne (consulté le 30 novembre 2011).
  9. a et b « Un métro aérien pour Casablanca », sur lefigaro.fr, (consulté le 27 septembre 2013)
  10. http://www.lematin.ma/supplement/economie/2013/equipement-transport-et-logistique_aziz-rabbah-deballe-tout--/transport-urbain_alstom-a-des-visees-sur--le-metro-aerien-a-casablanca/192406.html
  11. http://www.phenixa.com/actualites/phenixa_travaille/
  12. « Métro aérien à Casablanca : lancement des travaux courant 2014 », sur TelQuel,
  13. « http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/07/03/97002-20140703FILWWW00030-1-tram-mais-pas-de-metro-aerien-a-casablanca.php », sur 03/07/2014
  14. « Maroc : le métro de Casablanca tombe à l’eau... », sur Afrik.com, http://www.afrik.com/maroc-le-metro-de-casablanca-tombe-a-l-eau
  15. « Le métro ‘’fantôme’’ de Casablanca disparaît de nouveau…au profit du Tramway », sur Maghreb Emergent,
  16. « Le Chinois BYD : ni Tanger Tech, ni métro aérien », sur ledesk.ma/, Le Desk, (consulté le 14 mai 2019)
  17. « Peut-on encore rêver d’un métro aérien à Casablanca ? », sur https://telquel.ma/, Tel Quel, (consulté le 14 mai 2019)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) T. Zhiri Oualalou, « Le métro va-t-il trouver sa place dans l'évolution du TC de Casablanca », dans Urban mobility for all, Taylor & Francis, 2002 (ISBN 9789058093998), p. 343-348.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]