Métro d'Abidjan

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Métro d'Abidjan
Situation Abidjan (Côte d'Ivoire)
Type Métro aérien
Entrée en service 2023[1]
Longueur du réseau 37 km pour la ligne 1
Lignes Ligne 1, Ligne 2
Stations 20
Rames 26 (Alstom)
Fréquentation 500 000 à 1 million de passagers/jour
Écartement des rails 1 435 mm
Propriétaire STAR (Société de Transport Abidjanais sur Rail), consortium réunissant Bouygues Travaux Publics, Alstom, Colas Rail et Keolis
Exploitant Keolis
Site internet http://www.lemetrodabidjan.ci/
Vitesse maximale 80 km/h
Lignes du réseau 2 (une en négociation et une projetée)
Réseaux connexes Sotra (BRT + BATEAUX-BUS), STL, Citrans Aqualines

Le métro d'Abidjan est un projet de réseau ferroviaire de transport urbain, actuellement en cours de négociation, qui desservira l'agglomération d'Abidjan.

Il s’agit d’un métro aérien conçu aujourd’hui autour de deux lignes :

Avec 37 kilomètres de voies, la première ligne représente un projet de très grande ampleur, comparable aux métros des grandes capitales mondiales.

Le métro d’Abidjan sera le quatrième métro à voir le jour en Afrique[3].

Historique du projet[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Le projet de métro d’Abidjan naît dans les années 2010, dans un contexte d’insuffisance de l’offre de transports en commun et de congestion de l’agglomération[2],[4].

Abidjan compte en effet plus de 20% de la population ivoirienne, soit presque 5 millions d’habitants et est en pleine expansion. La densité de population y est de 14 500 habitants au km2.

Les services de transport disponibles (autobus de la SOTRA, taxis compteurs et communaux, les wôrô-wôrô, gbakas, pinasses et bateaux-bus qui parcourent la lagune Ébrié[5]) ne parviennent pas à répondre à l’ensemble de la demande de mobilité[6].

Le métro a donc pour objectif de décongestionner l’agglomération et de fluidifier les déplacements, permettant notamment de réduire les émissions carbone de la ville et de faciliter son développement économique[7].

2013-2014 : appel d'offres initial[modifier | modifier le code]

Un appel d’offres international est lancé par le ministère des transports ivoirien en 2013.

Initialement, deux équipes se constituent pour y répondre : l’une associe Dongsang Engineering (bureau d’études coréen spécialisé dans l’électricité) et Hyundai Rotem (fabricant coréen de matériel roulant), l’autre Bouygues Travaux Publics (filiale du groupe Bouygues spécialisée en travaux publics) et Alstom (fabricant français de matériel roulant). Mais Alstom se désiste et les trois entreprises restantes se regroupent. Elles remettent une offre le 4 octobre 2013.

Le projet prévoyait alors dans un premier temps d'utiliser les 37 km de voies ferrées existantes de la Sitarail, appartenant à l'Etat Ivoirien. Larges d'un mètre (voie métrique), elles devaient cependant être réhabilitées.

L’Etat de la Cote d’Ivoire déclare l’appel d’offres infructueux mais, en application du code des marchés publics, entre en négociations exclusives avec le consortium constitué de Bouygues Travaux Publics, Dongsang Engineering et Hyundai Rotem[8].

2015-2016 : signature du contrat de concession et exclusion des entreprises coréennes[modifier | modifier le code]

L’Etat ivoirien demande qu’un exploitant se joigne au consortium. Il s’agira du groupe Keolis[9].

Les négociations aboutissent à la signature, en juillet 2015, d’un contrat de concession entre l’Etat ivoirien et la STAR, société constituée par les membres du consortium.

La première étape de l’exécution du contrat est la réalisation d’un avant-projet et d’une offre financière, qui sont remis le 30 mai 2016. Cependant, l’Etat ivoirien rejette l’offre technique de Hyundai Rotem, qui ne dispose pas d’un système de signalisation de type CBTC.

2016-2017 : nouveau groupement autour d'entreprises françaises[modifier | modifier le code]

L’Etat ivoirien demande et obtient alors un financement français[10], ce qui amène le groupement à se recomposer autour d’entreprises éligibles à ces financements[11] : Bouygues Travaux Publics (mandataire, en charge des infrastructures), Alstom (trains et signalisation), Colas Rail (voies et systèmes) et Keolis (exploitation et maintenance)[4],[12].

Le 30 novembre 2017, Alassane Ouattara et Emmanuel Macron lancent les travaux du chantier à la gare de Treichville[13],[2],[14].

2018-2019 : avant-projet et négociations avec l'Etat ivoirien[modifier | modifier le code]

Le 8 février 2018, l’Etat ivoirien passe commande à Bouygues Travaux Publics de travaux préparatoires à la réalisation des emprises et des déviations des réseaux la traversant.

La 21 décembre 2018, le groupement français remet un nouvel avant-projet, tenant compte des caractéristiques du matériel proposé par Alstom, ainsi qu’une offre financière.

En mai 2019, cette offre est en cours de négociation avec l’Etat ivoirien.

Caractéristiques du projet actuel[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Le tracé de la ligne 1[15] est « en site propre », avec des ponts ou passerelles construites à chaque intersection, les réseaux métropolitain et ferroviaire devant circuler sur deux plateformes en parallèle, dans deux espaces séparés et délimités[16].

Le tronçon de Port-Bouët à l'aéroport international Félix-Houphouët-Boigny doit quant à lui être construit pour achever la première ligne d'Anyama à Port-Bouët.

La mise en service de la ligne 1 est prévue pour la mi-2023[17].

Sur le long terme, un second tronçon est-ouest est envisagé, de Yopougon à Bingerville[18].

Tracé[modifier | modifier le code]

Selon le parcours des voies ferrées existantes, le métro d'Abidjan est prévu pour traverser les communes et les quartiers suivants (liste non exhaustive) :

Capacités[modifier | modifier le code]

Dans son projet actuel, la ligne 1 du métro d’Abidjan permettra de transporter environ 60 000 passagers par heure, dans des trains à conduite automatique[19] avec conducteur, pouvant rouler jusqu’à 80 km/h[20].

La capacité estimée est de 540 000 passagers par jour[19],[10],[2] et jusqu’à 1 million de voyageurs en 2040.

La technologie de contrôle et de pilotage prévue est la CBTC[17], qui permet notamment de conserver la distance minimale de sécurité entre deux trains.

Coût[modifier | modifier le code]

L’enveloppe maximale allouée à la construction de la ligne 1 du métro est de 918,34 milliards de francs CFA[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.jeuneafrique.com/498287/economie/cote-divoire-lances-par-ouattara-et-macron-les-travaux-du-metro-dabidjan-seront-acheves-en-2022/
  2. a b c et d Le Point magazine, « Macron pose la première pierre du métro d'Abidjan », sur Le Point, (consulté le 10 mai 2019)
  3. a et b Assé Alaphé, « Côte d’Ivoire, Métro d’Abidjan : ce qu’il faut savoir sur le coût | L'Intelligent d'Abidjan » (consulté le 10 mai 2019)
  4. a et b « Lancement des travaux du métro d'Abidjan par Ouattara et Macron », sur VOA (consulté le 10 mai 2019)
  5. Xinhua, « Côte d'Ivoire : un consortium franco-coréen pour réaliser le train urbain d'Abidjan », sur http://french.peopledaily.com.cn/, (consulté le 9 novembre 2013)
  6. « Fini le cauchemar des transports : enfin un métro pour Abidjan ! », sur Dixit Productions, (consulté le 10 mai 2019)
  7. « Pourquoi un métro à Abidjan ? », sur News.abidjan.net, (consulté le 10 mai 2019)
  8. « Enquête : pourquoi le métro d’Abidjan n’est toujours pas sur les rails », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 10 mai 2019)
  9. « Keolis exploitera le futur « train urbain » d'Abidjan », sur Les Echos, (consulté le 10 mai 2019)
  10. a et b « Rencontres acheteurs Transport s urbains et ferroviaires autour du métro d'Abidjan », sur www.businessfrance.fr (consulté le 10 mai 2019)
  11. « Alstom et Thales raflent le méga-contrat du métro d'Abidjan au détriment des Coréens », sur Challenges (consulté le 10 mai 2019)
  12. « Métro d’Abidjan : les sud-coréens Hyundai et Dongsan écartés, un renvoi d’ascenseur à la France ? », sur La Tribune (consulté le 10 mai 2019)
  13. « Macron pose la première pierre du métro d'Abidjan, financé par Paris », sur FIGARO, (consulté le 10 mai 2019)
  14. http://aip.ci/cote-divoire-les-travaux-du-metro-dabidjan-seront-lances-jeudi/
  15. « LE METRO D'ABIDJAN », sur www.lemetrodabidjan.ci (consulté le 10 mai 2019)
  16. Irene Bath, « Infrastructures économiques : Tout savoir sur le métro d'Abidjan », Linfodrome,‎ (lire en ligne, consulté le 18 décembre 2017)
  17. a et b Christian Binaté, « Métro d’Abidjan ligne 1 - Mise en service prévue pour 2023 : voici la fiche technique », sur Ivoiresoir.net, (consulté le 10 mai 2019)
  18. « Métro d'Abidjan: Encore en chantier, la 2è ligne Yopougon-Bingerville envisagée », sur www.fratmat.info, (consulté le 10 mai 2019)
  19. a et b « LE METRO D'ABIDJAN », sur www.lemetrodabidjan.ci (consulté le 10 mai 2019)
  20. [https://rti.ci/infos_economie_20197_le-projet-de-metro-dabidjan-a-decouvrir-en-10-chiffres.html « Le projet de "M�tro" d�Abidjan � d�couvrir en 10 chiffres »], sur rti.ci (consulté le 10 mai 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]