La Bouilladisse

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La Bouilladisse
La Bouilladisse
L'hôtel de ville.
Blason de La Bouilladisse
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Bouches-du-Rhône
Arrondissement Marseille
Canton Allauch
Intercommunalité Métropole d'Aix-Marseille-Provence (pays d'Aubagne et de l'Étoile)
Maire
Mandat
André Jullien
2014-2020
Code postal 13720
Code commune 13016
Démographie
Gentilé Bouilladissienne, Bouilladissien
Population
municipale
6 135 hab. (2016 en augmentation de 2,3 % par rapport à 2011)
Densité 487 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 23′ 43″ nord, 5° 35′ 43″ est
Altitude Min. 193 m
Max. 686 m
Superficie 12,61 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.ville-bouilladisse.com

La Bouilladisse est une commune française située dans le département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Bouilladissiens, Bouilladissiennes.

La Bouilladisse est jumelée avec la commune de Brézoi (ro), en Roumanie.

Le nom en provençal est La Bouiadisso[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La ville compte 6111 habitants et s'étend sur 12,6 km2, soit une densité de 475,4 habitants par km2. La Bouilladisse, située à 11 km au nord d'Allauch, est entourée par les communes de La Destrousse, Peypin et Belcodène. Proche du parc national des Calanques (environ 12 km), la ville est située à 240 mètres d'altitude et elle est traversée par plusieurs cours d'eau, notamment le Merlançon, ainsi que le ruisseau d'Auriguesse.

La Bouilladisse est située sur l'autoroute A52, sortie Sortie 33, et est traversée par la route départementale 96.

Climat[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de La Bouilladisse
Belcodène Peynier Trets
Peypin La Bouilladisse Auriol
La Destrousse La Destrousse
Auriol
Auriol


Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sous les formes Leborina en 1279, du latin lepus, leporis (« lièvre ») et suffixe -ina), La Bourine en 1880 puis "La Bouilladisse" en 1909 qui évoque une source particulièrement « turbulente, bouillonnante ».

Historique[modifier | modifier le code]

Faits historiques[modifier | modifier le code]

Histoire institutionnelle : 49 ans après sa première demande de séparation, la commune a été créée le 6 juillet 1880 sous le nom de La Bourine par scission de plusieurs hameaux d'Auriol (commune voisine des Bouches-du-Rhône). La commune a été baptisée "La Bouilladisse" le 26 mai 1909.

Après la grève des mineurs de 1948, le maire de la commune qui avait soutenu le mouvement est suspendu[2].

Du débarquement de Provence à la libération de La Bouilladisse[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, l’opération Anvil Dragoon coordonnée par les Alliés est en cours entre Toulon et Cannes. A vol d’oiseau, Toulon se trouve à une distance de 40 km de La Bouilladisse, la courbure de la voie ferrée traversant le village rend le site idéal pour que l’armée allemande y installe une Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (AVLF). Par ailleurs, le tunnel de Saint Vincent à Roquevaire (Pont de Joux) d’une longueur de 222 mètres offrait non seulement un abri pour protéger le convoi ferroviaire, dont le wagon supportant le canon mesurait à lui seul 41 mètres, mais aussi bénéficiait de la protection de la garnison allemande située dans les bunkers et fortification de Roquevaire.

Les AVLF ont été créées afin d'utiliser des canons de très gros calibre (280 mm puis 380 mm) à une époque où les solutions sur route ne permettent pas de transporter des charges si importantes. Les canons sur rail permettaient de tirer des calibres importants pour, par exemple, frapper les navires ou des cibles lointaines peu mobiles. Les AVLF sont des armes hérités de la Première Guerre Mondiale, elles concourent au renouveau de l'Allemagne nazie, car compatibles avec la doctrine allemande d'armes d'élite, dissuasives, impressionnantes par leur taille et leur calibre, mais produites en très peu d'exemplaires car extrêmement fragiles et peu fiable.

Le 16 août 1944, une AVLF K5(E) équipée d’un canon de 28 cm  (batterie allemande Eisenbahnbatterie 749) est positionnée dans la courbe près du stade (actuel stade Robert Conti, Quartier Les Roquettes). La désignation officielle de cette arme allemande est 28 cm K5 E où 28 cm indique le calibre de l’obus, K signifie Kanone (canon en allemand), 5 est son type et E pour Eisenbahn (voie ferrée en allemand).

Canon allemand sur rail prêt à bombarder Toulon depuis La Bouilladisse (16 août 1944)


Ainsi, la courbure de la voie ferrée au niveau du stade permettait d’ajuster l’azimut du tir sur plus de 180°, et l’élévation du canon permet de définir la distance à la cible pour réaliser un tir en cloche au-dessus de la Sainte-Baume pour frapper les Alliées dans la rade de Toulon.

Toute la journée du 16 août, la « Schlanke Bertha » (« Mince Bertha » en français, mais traduite par la « Grosse Bertha » par la Résistance) tira à une cadence moyenne de 8 coups par heure, chaque obus pesant 255 kg.  Pour les résistants de La Bouilladisse, il fallait coûte que coûte empêcher la « Grosse Bertha » de revenir. L’empêcher de bombarder Toulon, c’était non seulement participer à l’effort des Alliés dans leur reconquête de la Provence, mais aussi empêcher que le village ne devienne une cible des bombardements alliés ; c’était épargner des vies humaines à Toulon mais aussi à La Bouilladisse. Dans le village, les craintes d’attaques sont vives. Par précaution, la population se réfugie dans les cabanons éparpillés dans la campagne. Finalement, c’est au fond d’une mine que la décision est prise de faire sauter le pont de chemin de fer situé au quartier Les Playes pour empêcher le canon allemand de reprendre position. Ainsi dans la nuit du 16 au 17 août 1944, une équipe de 6 mineurs, composée d’Antoine Albaladéjo, l’aîné, et cinq de ces camarades, Roger Silva, Lucien Eyssautier, Joseph Moreno, Michel Cano, et Joseph Pedreno se glissèrent le long de voie ferrée, placèrent les charges de dynamite et les détonateurs. Un grand boum déchira cette nuit-là, le pont du chemin de fer des Playes venait de sauter. Le canon allemand ne tira plus jamais sur Toulon[3],[4].

Leur chef, Antoine Albaladéjo, âgé d’à peine 26 ans, était natif de Carthagène en Espagne où il a vu le jour le 18 Avril 1918, terre qu’il quitta à l’âge de cinq ans avec sa famille pour rejoindre la France avec la promesse d’y trouver une vie meilleure. Au moment où en France beaucoup désespéraient et avaient baissé les bras face à l’occupation nazie, comme un peu partout dans le pays, il se créa des groupes de Résistance. Celui de La Bouilladisse sera constitué en Septembre 1943. Antoine Albaladéjo sera recruté le 13 novembre 1943 et fera partie du détachement FTPF du Bassin Minier de Provence (FTPF pour Francs-Tireurs et Partisans Français). Antoine Albaladéjo étant déjà Sous-Officier instructeur d'artillerie légère au sein de l’infanterie coloniale durant l’entre-deux-guerres, il prendra la direction du groupe de Résistance de la Bouilladisse et il en sera responsable jusqu'au 31 Août 1944.

Cet acte de la Résistance était dû au courage d'Antoine Albaladéjo, forgé durant ces années passées au sein de l’infanterie coloniale, mais aussi de ces compagnons d’armes rencontrés au village et au fond des mines de charbon, dont on sait que la dureté du travail fraternisait les hommes autour de valeurs communes, point de départ de la patrie.

Antoine Alabaladéjo nous a quittés le 18 mars 2005 à Aix-en-Provence à l’âge de 88 ans, avec le sentiment d’avoir trouvé sa patrie et d’y avoir eu une existence paisible. Diplômé d’un certificat d’études primaires, il exerça successivement différents métiers : manœuvre, militaire, champignonniste, mineur, puis technicien de maintenance. C’était un homme passionné par les champignons et le cyclisme, seul un vieux fusil de chasse ornait son hall d’entrée comme pour se rappeler que la guerre appartenait au passé. Il reçut bien des décorations : Ex Sous Lieutenant FFI (FFI pour Forces Françaises de l’Intérieur), Ex Lieutenant de Réserve, Détenteur de la Croix de Guerre avec citation, Médaillé du Travail Argent, Or et grand Or, Mutilé du travail, Retraité Mineur, Volontaire de la Résistance.

La ville de La Bouilladisse, et les élèves de CM2 (année scolaire 2009-2010) de Monsieur Rebuffat (professeur à l’Ecole Paul Eluard) ont tenu à rendre un hommage mérité et respectueux à celui qui a offert une partie de sa vie, de sa jeunesse à cette Liberté reconquise, qui nous est si chère aujourd’hui[5]. Ainsi, le 22 juin 2010, le parking des Roquettes fut baptisé parking Antoine Albaladéjo par la commune de La Bouilladisse[6].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de La Bouilladisse

Les armes peuvent se blasonner ainsi : D'or à quatre pals de gueules; au chef d'or à un loriot de sinople perché sur une branche du même, accosté de deux B affrontés, de sable.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Élections municipales 2008 : Le 9 mars 2008, la liste d'union de la gauche et du rassemblement des démocrates conduite par le maire sortant André Jullien est élue au premier tour (50,44 %) devant la liste Union pour un mouvement populaire menée par Eric Jouve (36,08 %) et la liste Nouveau Centre conduite par Guy Vincent (13,48%).

Élections municipales 2014 : Le 24 mars 2014, la liste Union citoyenne et démocrate conduite par le maire sortant André Jullien est élue au premier tour (60,15 %) devant la liste Union de la droite menée par Alain Boutboul (39,85 %).

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[7]
Période Identité Étiquette Qualité
1880 1882 Alphonse Velin    
1882 1888 Joseph Imbert    
1888 1896 Marius Suzanne    
1896 1913 Jean Baptiste Michel    
1913 1922 Célestin Cazalic    
1922 mai 1945 Nicolas Négrel    
mai 1945 mars 1971 Isidore Gautier PCF Conseiller général du canton de Roquevaire

(1957-1976)

mars 1971 janvier 1998 Francis Pellissier PCF Conseiller général du canton de Roquevaire

(1976-2008)

janvier 1998 En cours André Jullien DVG Retraité
Vice-président de la Communauté d’agglomération du pays d'Aubagne

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1881. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[9].

En 2016, la commune comptait 6 135 habitants[Note 1], en augmentation de 2,3 % par rapport à 2011 (Bouches-du-Rhône : +2,22 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926
1 3781 3151 3041 2361 3291 4101 3321 2431 521
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
1 5751 4001 5071 6011 7151 9592 2313 1174 115
1999 2006 2007 2008 2013 2016 - - -
4 9045 5615 6525 7436 0466 135---
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Retrouvez toutes les festivités et manifestations culturelles de la ville de La Bouilladisse dans cet agenda

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Félix Lescure, poète provençal qui a donné son nom à une rue à La Bouilladisse et à une place à Gréasque.
  • Laurent Artufel, acteur, a vécu à la Bouilladisse de 1985 à 1995, il fut décoré par la ville du trophée des Victoires à la suite de son entrée au conservatoire national de musique de Marseille.

Économie[modifier | modifier le code]

Un marché est ouvert chaque jeudi matin, de 8 heures à 12 heures 30, sur la place de la Mairie.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Des vestiges datant de l'âge de la pierre ont été découverts dans la grotte du Tonneau.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lou trésor dóu Felibrige / Le trésor du Félibrige, F. Mistral, vol. 1 p. 319, éditions CPM 1979.
  2. Jean-Louis Vivens, Conflit social ou affrontement politique ? La grève des mineurs en France en 1948 sous les angles de la solidarité ́et de la répression, mémoire de Master 2, 2015, p. 133-134.
  3. René Teulle, Histoire de mon village La Bouilladisse, La Bouilladisse, Imprimerie De Roquevaire, , 151 p. (ASIN B00J7SOC1Y)
  4. Francis Pellissier, La preuve par neuf, CCEE, Collection Villes Et Villages, (ISBN 978-2-9511643-2-1)
  5. Jonctions. Magazine d'information municipale de La Bouilladisse, N°88, Sept. 2005, page 13
  6. Jonctions. Magazine d'information municipale de La Bouilladisse. N°105, Oct./Dec. 2010, page 11.
  7. http://www.ville-bouilladisse.com/fr/la-ville/histoire/index.html Liste des maires
  8. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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