Haute-Isle

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Haute-Isle
L'église troglodytique de l'Annonciation.
L'église troglodytique de l'Annonciation.
Blason de Haute-Isle
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Val-d'Oise
Arrondissement Pontoise
Canton Vauréal
Intercommunalité Communauté de communes Vexin - Val de Seine
Maire
Mandat
Laurent Skinazi
2014-2020
Code postal 95780
Code commune 95301
Démographie
Gentilé Hautillois
Population
municipale
290 hab. (2014)
Densité 113 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 05′ 00″ nord, 1° 40′ 00″ est
Altitude 43 m (min. : 13 m) (max. : 148 m)
Superficie 2,57 km2
Localisation

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Haute-Isle

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Haute-Isle

Haute-Isle est une commune française située dans le département du Val-d'Oise en région Île-de-France. Ses habitants sont appelés les Hautillois.

Le village était presque entièrement troglodytique jusqu'au XIXe siècle et possède la seule église d'Île-de-France (et l'une des rares du pays, cinq en France) à être entièrement creusée dans une falaise.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village est situé à 65 km à l'ouest de Paris, entre la vallée de la Seine et le plateau du Vexin, au pied de falaises calcaires escarpées. La situation du village entre fleuve et falaise rend son territoire sujet à des risques d'inondations et de glissements de terrain[1].

Le village est accessible par l'autoroute A13 - sortie n°11, direction Limay, puis Vétheuil et arrivée à Haute-Isle, en 55 minutes environ.

Le territoire de la commune offre de remarquables panoramas dans un site naturel préservé. Du haut des falaises de craie s'offre une vaste vue sur la Seine qui serpente entre les îles. Au sein du parc naturel régional du Vexin français et bénéficiant d'une réserve naturelle en cours de création en 2009, la commune offre au promeneur la pratique du tourisme vert (chemins dans les coteaux, en bord de Seine...).

Les communes limitrophes sont Vétheuil, La Roche-Guyon, Chérence (Val d'Oise) et Moisson (Yvelines).

Communes limitrophes de Haute-Isle[2]
Chérence
La Roche-Guyon Haute-Isle[2]
Moisson (Yvelines) Vétheuil

Toponymie[modifier | modifier le code]

Anciennement Autile, le nom provient peut-être du Gaulois attegia, cabane, ou de haute île.

Histoire[modifier | modifier le code]

Haute-Isle est un rare village troglodytique, dont les premières habitations remontent à la période préhistorique. Au Moyen Âge, les habitations troglodytiques implantées à flanc de coteau se multiplient. C’est alors le développement du cœur ancien du village de Haute-Isle essentiellement constitué d’un habitat troglodytique, les « boves », s’étirant en amphithéâtre au-dessus de la Seine. L’habitat troglodytique s’implante également en contre-haut du hameau de Chantemesle, où un prieuré de l’abbaye de Saint-Denis s’était établi dont il reste certaines traces et des noms de lieux-dits.

Carte de Cassini de 1784.

Le village est rattaché à la paroisse de Chérence jusqu'en 1670, date à laquelle son seigneur, Nicolas Dongois, greffier en chef du Parlement de Paris et neveu de Boileau par sa mère, demande son érection en paroisse. L'église est alors creusée dans le roc. Sur le plan administratif, Haute-Isle, petite seigneurie, dépendait alors du duché de La Roche-Guyon, bourgade voisine ayant notamment obtenu le droit de tenir un marché. La seigneurie de Haute-Isle avait été cédée par les seigneurs de La Roche-Guyon au sieur Dongois, son titulaire, en juillet 1672 puis fut rachetée en mai 1749 par le duc Alexandre de La Rochefoucauld qui continua sa restructuration par le remembrement des terres, l'adduction d'eau et la création de nouveaux colombiers.

Le village vit de la viticulture jusqu'au début du XXe siècle. L'habitat est essentiellement formé des boves qui sont alors abandonnées (seules quelques habitations troglodytiques sont encore en usage).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie de Haute-Isle.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2008 en cours
(au 29 avril 2014.)
Laurent Skinazi SE Vice-président de la CC Vexin - Val de Seine (2014[3] → )
Réélu pour le mandat 2014-2020[4]

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Le territoire de Haute-Isle constitue un site naturel classé (une partie des vallées de la Seine et de l'Epte), hormis la zone bâtie du village, site inscrit par arrêté du 4 juin 1926[5].

Les « coteaux de la Seine de Tripleval à Vétheuil », représentant au total environ 286 hectares, inclus dans le site Natura 2000 des « Coteaux et Boucles de la Seine » (code FR1100797), s'étendent en partie dans la commune de Haute-Isle. Il s'agit de coteaux calcaires exposés au sud dans la concavité d'un méandre de la Seine sur lesquels on trouve une flore thermophile d'affinité méditerranéenne et une végétation d'éboulis calcaires.

Parmi les espèces animales présentes figure Callimorpha quadripunctata, l'écaille chinée, papillon qui est inscrit parmi les espèces d'intérêt communautaire dans l'annexe II de la directive habitats[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[8],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 290 habitants, en diminution de -11,04 % par rapport à 2009 (Val-d'Oise : 3,04 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
228 229 224 186 195 212 206 198 194
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
183 172 149 138 130 121 117 121 139
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
132 100 108 85 89 94 108 108 110
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
99 99 148 233 245 296 333 319 290
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument historique[modifier | modifier le code]

L'église vers 1900.
Le colombier de la duchesse d'Enville (1743).

Haute-Isle possède un monument historique sur son territoire.

  • Église troglodytique de l'Annonciation, route de la Vallée (inscrite monument historique par arrêté du 4 juin 1926[5]) : Elle fut creusée dans la falaise de craie en 1670/1673 aux frais de Nicolas Dongois. Seul le petit clocher carré émerge du sol enherbé qui recouvre la falaise. Unique exemple d'un édifice religieux troglodytique en Île-de-France depuis la destruction en 1749 de l'église de Mousseaux, elle est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1926. À l'intérieur, une nef unique est voûtée d'un berceau en plein cintre. Elle est éclairée par quatre fenêtres taillées dans la roche. Le chœur, creusé dans le prolongement de la nef, est clos d'une clôture en bois, provenant pense-t-on de la chapelle du palais de justice de Rouen. Le retable en bois sculpté du XVIIe siècle, remarquable, s'insère harmonieusement dans cet univers austère et minéral[11]. L'édifice qui avait été fermé au public en 1999 à cause de menaces d'éboulement fit l'objet d'un projet de restauration et de confortation de sa façade, abandonné à la demande des Hautillois car dénaturant l'église et le site[12]. L'église est aujourd'hui rouverte et demeure l'un des lieux de culte du secteur pastoral de Magny-en-Vexin accueillant régulièrement les offices et cérémonies religieux.

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

  • Le long de la falaise, les boves sont des excavations creusées dans la falaise. Constituant le village initial, elles sont aujourd'hui essentiellement utilisées comme garages ou ateliers[11]. Étant donné qu'elles sont situées dans les jardins des maisons longeant la RD 913 ou en haut du coteau peu stable, elles ne sont pas accessibles au public, et mal visibles pour la plupart. Les maisons troglodytiques existant encore au début du XXe siècle en haut de la falaise ont été vandalisées et sont redevenues d'ordinaires cavernes, avec toutefois quelques vestiges rappelant l'occupation humaine récente.
  • Il subsiste du château disparu au milieu du XVIIIe siècle deux bâtiments aux toits dits à la Mansard dans l'enclos du domaine de Haute-Isle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

L'écrivain Nicolas Boileau (1636-1711) vint chez Nicolas Dongois (1634-1717) qu'il nomme élogieusement son illustre neveu, au cours de mois d'été, se reposer au château de Haute-Isle. Amateur de ce lieu de campagne aux abords de Paris, il a laissé, sous la forme des quarante premiers vers de l’épître VI de 1677 à Lamoignon, une ravissante description du village (C’est un petit village ou plutôt un hameau, Bâti sur le penchant d’un long rang de collines, D’où l’œil s’égare au loin dans les plaines voisines...).

Le peintre anglais Charles Conder (1868-1909) s'installe quelques années au village, au hameau de Chantemesle, et y peint une partie de son œuvre.

Le docteur Gaudichard (1879-1955) découvre le village dans les années 1930. Il y rachète plusieurs boves souvent abandonnées depuis le XIXe siècle. Passionné du Haut Moyen Âge, il fait bâtir à proximité de l’église une maison d'inspiration architecturale mérovingienne. Il est inhumé au cimetière du village où un monument fut élevé en reconnaissance à ce grand amateur de Haute-Isle par la « société des amis de Haute-Isle ».

Le peintre et sculpteur Alexandre-Mathurin Pêche (1872-1957) fut élève de Millet, Moreau-Vauthier, Gautier et de l'atelier Thomas à l'École des Beaux-Arts. Il fut reçu membre de la société des Artistes français en 1904. L'artiste dont certaines des œuvres figurent dans des musées (Galliera) fut aussi un éminent pastelliste. C'est dans cette dernière discipline qu'il fixa avec vigueur les formes et les couleurs des paysages de Haute-Isle, où il eut son atelier.

Paysage de la vallée de la Seine : Haute-Isle se situe à flanc de falaise dans la courbe du fleuve, au centre de l'image.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Haute-Isle (Val-d'Oise).svg Haute-Isle
  • D'argent au chevron de gueules accompagné de trois mouches de sable
  • Le blason est aux armes de Nicolas Dongois.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Haute-Isle : Plans de prévention des risques naturels. [PDF]
  2. Communes limitrophes de Haute-Isle sur Géoportail.
  3. Joseph Canu, « Vexin Val de Seine : Jean-François Renard réélu président face à Jean-Pierre Muller : Le maire (DVD) de Villers-en-Arthies conserve la présidence de la communauté de communes Vexin Val de Seine », La gazette du Val-d'Oise,‎ (lire en ligne).
  4. « Les maires du Val-d'Oise » [PDF], Les élus du Val-d'Oise, (consulté le 13 septembre 2015).
  5. a et b Notice no PA00080088, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. « Document d'objectifs du site « Coteaux et boucles de la Seine », p. 96-104 », Réseau Natura 2000 (consulté le 14 mai 2011).
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  11. a et b Jean-Loup Corbasson, Pascal Goutrat et Stéphane Gasser, « Le patrimoine des communes du Val-d’Oise : Haute-Isle », Collection Le Patrimoine des Communes de France, Paris, Flohic Éditions, vol. II,‎ , p. 553 (ISBN 2-84234-056-6).
  12. Le Courrier de Mantes : La restauration de l’église d'Haute-Isle controversée.