Palais de justice de Rouen

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Palais de Justice
Palais de Justice de ROUEN façade ouest.jpg

Façade ouest du palais de justice.

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Le palais de justice de Rouen est l'ancien Échiquier de Normandie construit dans la ville de Rouen entre la fin du XVe siècle et le XXe siècle. Devenu Parlement de Normandie sous le règne de François Ier en 1515, il abrite le palais de justice depuis la Révolution française et fait l'objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1],[2]. Par la suite, il est également classé en 1977 et inscrit en 1979.

Ce site est accessible par la station de tramway Palais de Justice.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cour d'Assises reconstruite à l'identique avec son plafond à caissons

Le , les conseillers de la ville adoptent une résolution en vue de construire au Neuf Marché une grande salle où les marchands de la ville pourront se réunir, première étape de la construction de l'actuel palais de justice[3]. L'édifice, correspondant au corps de bâtiment ouest[1], est construit par les architectes Roger Ango et Roulland le Roux entre 1499 et 1508.

Le corps de bâtiment nord, construit sous Louis XII, abritait auparavant le Palais royal, l'échiquier de Normandie, devenu parlement de Normandie au XVIe siècle. Il est probablement commencé en 1509 et le gros œuvre est terminé en 1517[1]. Entre 1525 et 1528 environ, le bâtiment est rallongé d'une travée vers l'est. La toiture est modifiée, des ouvertures sont percées à l'étage et deux grandes lucarnes sont construites[1]. Ce bâtiment serait partiellement l’œuvre de Roulland Le Roux, architecte du bureau des Finances (actuel office de tourisme de Rouen)[1]. La moitié orientale du corps de bâtiment nord est achevée vers 1550[1]. Un nouvel escalier sur la travée sud de la salle des procureurs est .

Le bâtiment est agrandi au XVIIIe siècle. En 1700, un corps de bâtiment est bâti par Jacques II Millets-Désruisseaux[1]. En 1739, le bâtiment sur la place du Neuf Marché est commencé par Pierre Jarry[1]. L'aile en retour d'équerre sur la rue Saint-Lo est achevée en 1759 par Alexandre Dubois[1].

Au XIXe siècle, la bâtiment est en mauvais état. Le mur crénelé sur la rue aux Juifs est remplacé par une grille achevée en 1836[1]. L'escalier de la salle des procureurs, construit par Jean Delarue et Étienne Guiffart en 1531[1], est détruit pour être remplacé par un escalier situé à son emplacement original au milieu de la façade[1]. Le pavillon situé dans l'angle nord-ouest de la cour et la porte aux cerfs (sur la rue aux Juifs) sont démolis en 1834[1]. L'aile en retour d'équerre du corps de bâtiment de Jarry sur la rue aux Juifs est érigée de 1833 à 1836[1]. La partie orientale du corps de bâtiment nord est décorée à partir de 1836[1]. Le corps de bâtiment est reconstruit à partir de 1844[1]. Louis Desmarest restaure la grande chambre et la salle des procureurs de 1857 à 1885[1]. Lucien Lefort reconstruit et l'agrandit le corps de bâtiment ouest de Jarry à partir de 1880[1]. L'escalier sur cour de la salle des procureurs est refait par Paul Selmersheim dans le premier quart du XXe siècle[1].

Il est ravagé par deux fois en 1944 : lors du bombardement du 19 avril qui voit la destruction quasi totale des intérieurs de l'aile gothique et celui du 26 août, précédant la libération de la ville, qui voit l'anéantissement presque radical de la partie centrale gothico-renaissance. Seuls les murs de pierre restent debout, pinacles et charpentes, magnifiques vaisseaux en bois de chêne, sont détruits. Les intérieurs sont ravagés, dont la magnifique salle des assises avec son plafond à caissons, restitué depuis. Les charpentes sont remplacées par des carènes de béton. Les parties néogothiques échappent à la destruction. Cependant, des impacts des bombes causés par les bombardements de la ville pendant la semaine rouge (30 mai au 5 juin 1944) et le 26 août 1944, ont été maintenus en l'état volontairement pour rendre hommage et perpétuer le souvenir des milliers de victimes en ces jours décisifs et rappellent quel a été le prix payé par la ville de Rouen pour la Libération de la France.

La Maison sublime est un monument juif découvert sous l'escalier de droite de la cour d'honneur. Il date de 1100 et ses murs préservés de faible hauteur laissent découvrir une inscription en hébreu : « Que cette maison soit sublime ! ». On y voit également un lion de Juda sculpté. C'était une yeshiva, une école rabbinique importante. Elle compta des grands noms du judaïsme médiéval comme le Rashbam, petit-fils de Rachi de Troyes, et Abraham ibn Ezra. L'expulsion des juifs de France en 1306 marqua la fin de son activité. En 1499, la construction du Palais de justice rue aux juifs, en plein centre de l'ancien quartier juif de la ville, amena la destruction des étages supérieurs et l'enfouissement du premier niveau sous la cour du Palais.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le palais de justice est une des seules réalisations de l'architecture gothique civile de la fin du Moyen Âge en France.[réf. nécessaire] Seule l'aile en retour à gauche de la façade, dans la cour d'honneur, est réellement gothique, construite entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle. On y note des pinacles, gargouilles et une balustrade flamboyante à la base du toit. L'escalier attenant a été reconstruit par l'architecte Paul Selmersheim en style néo-gothique champenois au début du XXe siècle et cela, après l'« affaire de l'escalier » qui vit le démontage de celui réalisé en style néo-gothique également par l'architecte Lucien Lefort, apôtre de l'historicisme à Rouen.

Le corps central de l'édifice est un mélange de styles gothique et renaissance, dont la construction embrasse presque tout le XVIe siècle. Le décor est plus riche que sur l'aile gothique proprement dite et la balustrade est radicalement différente.

L'aile en retour de droite est un pastiche néo-gothique, datant du XIXe siècle et remplaçant une ancienne partie de style classique. Également néo-gothique est la partie donnant sur la rue Jeanne-d'Arc, avec sa tour d'horloge.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Notice no IA00021820, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Palais de Justice », notice no PA00101007, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. René Herval, Histoire de Rouen, Volume 1, Maugard, ("3+mars+1494" lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Plantrou (dir.), Du Parlement de Normandie à la Cour d'appel de Rouen 1499-1999 : Ve centenaire du Parlement de Normandie, Rouen, (ISBN 2-9514177-0-5)
  • Edmond Spalikowski, Le Palais de justice de Rouen et son histoire, Maugard, Rouen, 1939

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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