Gauche républicaine de Catalogne

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Gauche républicaine de Catalogne
(ca) Esquerra Republicana de Catalunya
Image illustrative de l’article Gauche républicaine de Catalogne
Logotype officiel.
Présentation
Président Oriol Junqueras[1]
Fondation
Secrétaire général Marta Rovira[1]
Adresse Calàbria, 166
08015 Barcelone
Positionnement Centre-gauche[2] à gauche[3]
Idéologie Nationalisme de gauche[4],[5],[6]
Socialisme démocratique[7]
Indépendantisme catalan[3],[7],[8]
Républicanisme[3]
Affiliation européenne Alliance libre européenne
Coalition Ensemble pour le oui (2015-2017)
Couleurs orange
Site web esquerra.cat
Présidents de groupe
Congrès des députés Joan Tardà
Sénat Mirella Cortès
Parlement de Catalogne Jordi Turull
Parlement européen Philippe Lamberts et Rebecca Harms (Verts/ALE)
Représentation
Députés au Congrès (Sièges catalans)
9 / 47
Sénateurs (Sièges catalans)
12 / 16
Députés au parlement de Catalogne[9]
21 / 135
Députés européens
2 / 54
Conseillers municipaux
2 384 / 9 077

La Gauche républicaine de Catalogne (en catalan : Esquerra Republicana de Catalunya, ou abrégé en ERC) est un parti politique indépendantiste catalan de gauche créé en 1931 pour défendre l’instauration d'une république indépendante en Catalogne. Elle est membre de l’Alliance libre européenne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Du 17 au , lors de la Conférence des gauches en vue de la préparation des élections municipales du 12 avril, ERC est créée à partir de la fusion de trois organisations : Estat Català, le Parti républicain catalan, La Opinió, ainsi que d’autres forces mineures.

Seconde République espagnole (1931-1936)[modifier | modifier le code]

Dirigé par Francesc Macià et Lluís Companys à partir de 1931, le parti proclama le même jour l'instauration de la république l'État catalan le . Cette déclaration sera à l'origine de fortes tensions, un statut d'autonomie provisoire sera accordé par le gouvernement du comité révolutionnaire .

Lluís Companys, est élu président de la Généralité de Catalogne en 1934, déclare à nouveau l’indépendance pendant la révolution des Asturies de 1934. L’intervention de l'armée ordonnée par le gouvernement central, entraîna l'arrestation des dirigeants du parti jusqu'à l'arrivée du Front populaire espagnol en 1936. Lluís Companys est alors nommé président de la Generalitat pour la seconde fois.

Guerre d'Espagne et franquisme (1936-1977)[modifier | modifier le code]

Le soulèvement d'une partie de l'armée contre le gouvernement républicain échoue en Catalogne et le conflit dérive en guerre civile. Le parti est déclaré illégal par Francisco Franco en 1939 qui obtient des nazis l'arrestation de Companys, réfugié en France occupée, et le fait fusiller dans le château fort de Montjuich à Barcelone en 1940.

Retour de la démocratie[modifier | modifier le code]

Un petit parti indépendantiste (1975-2003)[modifier | modifier le code]

L'ERC est de nouveau autorisée à la fin du régime de Franco pendant la période de la Transition démocratique espagnole.

Montée en puissance[modifier | modifier le code]

En 2003, l'ERC obtient 23 sièges et devient la troisième force du Parlement catalan. Elle intègre alors le gouvernement de Catalogne et fait partie du gouvernement de la Généralité de Catalogne, en coalition avec le Parti des socialistes de Catalogne (PSC) et les éco-socialistes d'Initiative pour la Catalogne Verts (ICV). Peu après la formation du gouvernement, Josep-Lluís Carod-Rovira, président de l'ERC, provoque une crise en rencontrant secrètement des dirigeants de ETA et il doit quitter son poste. Aux élections générales de 2004, ERC dispose de 8 députés au Congrès des députés à Madrid et déclare son appui au gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero. La même année, ERC obtient un député européen.

ERC participe à la rédaction du projet d'un nouveau statut d'autonomie pour la Catalogne, que son secrétaire général Joan Puigcercós i Boixassa présente aux Cortes en 2005. Cependant en janvier 2006, les dirigeants de l'ERC annoncent la possibilité de ne pas voter pour le texte négocié entre le PSOE et la formation nationaliste modérée de CiU.

Aux élections catalanes de 2006, ERC obtient 21 députés et renouvelle le gouvernement tripartite avec le PSC et ICV en votant l'investiture de José Montilla au poste de président de la Généralité de Catalogne.

N'ayant su rentabiliser électoralement son implication au gouvernement catalan et étant victime de la bipolarisation politique PSOE & PP, ERC n'obtient que 3 députés aux Cortes à Madrid lors des élections législatives espagnoles de 2008. ERC enregistre un net recul aux élections catalanes de novembre 2010, avec 10 sièges, mais réussit à garder ses 3 députés à Madrid en novembre 2011.

En novembre 2012, l'ERC double son score et obtient 21 sièges au Parlement catalan, lors des élections anticipées, devenant la deuxième force représentée.

En mai 2014, lors des élections européennes, l'ERC obtient son meilleur score depuis la République en gagnant les élections en Catalogne avec 23,6% des voix, devançant pour la première fois CiU et le PSC.

Ensemble pour le oui[modifier | modifier le code]

À l'occasion des élections au Parlement de Catalogne de 2015, l'ERC s'allie avec la Convergence démocratique de Catalogne (devenue le Parti démocrate européen catalan - PDeCAT - en 2016) et plusieurs petites formations politiques et organisations au sein de la coalition Ensemble pour le oui. La victoire de cette dernière permet à l'ERC de réintégrer le gouvernement de Catalogne.

Aux élections générales de 2015, l'ERC obtient neuf députés : Gabriel Rufián, Joan Tardà, Joan Capdevila i Esteve, Ester Capella i Farré, Xavier Eritja i Ciuró, Teresa Jordà Roura, Joan Olòriz Serra, Jordi Salvador i Duch et Ana Maria Surra Spadea.

À la suite de la dissolution du Parlement de Catalogne, l'ERC annonce le qu'elle ne reconduit pas la coalition avec le PDeCAT pour les élections régionales prévues le [10].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Ses principes politiques ont été définis par une déclaration d’idéologie approuvée lors du XIXe congrès organisé en 1993 sur trois axes qui, selon ses partisans, répondent aux trois termes de son nom : Esquerra (social), República (soutien à la communauté) et Catalunya (soutien à la nation catalane).

Organisation[modifier | modifier le code]

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Structuration territoriale[modifier | modifier le code]

L'ERC est divisée en 12 fédérations régionales[11] :

  • Hautes-Pyrénées
  • Barcelone
  • Camp de Tarragona
  • Catalogne centrale
  • Catalogne Nord
  • Èbre
  • Gérone
  • Îles Baléares
  • Lérida
  • Pays valencien
  • Pénédès
  • Région métropolitaine de Barcelone

Fédération Gauche de Catalogne du Nord (Esquerra Catalunya del Nord)[modifier | modifier le code]

Gauche de Catalogne du Nord (Esquerra Catalunya del Nord) est l'une des douze fédérations régionales, constituée dans le département français des Pyrénées-Orientales, appelé également Catalogne Nord par les catalanistes.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections générales espagnoles[modifier | modifier le code]

Résultats de l'ERC en Catalogne
Année Congrès des députés Sénat
% Députés Rang
1931 73,5
24 / 53
1er
1933 42,7
17 / 54
2e
1936 59,1
21 / 54
1er
1977[12] 4,7
1 / 47
6e
1 / 16
1979 4,0
1 / 47
5e
1 / 16
1982 4,2
1 / 47
5e
2 / 16
1986 2,7
0 / 47
6e
0 / 16
1989 2,7
0 / 46
6e
0 / 16
1993 5,1
1 / 47
5e
0 / 16
1996 4,2
1 / 46
5e
0 / 16
2000 5,6
1 / 46
4e
1 / 16
2004 15,9
8 / 47
3e
3 / 16
2008 7,8
3 / 47
4e
3 / 16
2011 7,1
3 / 47
5e
0 / 16
2015 15,9[13]
9 / 47
2e
6 / 16
2016 18,2[13]
9 / 47
2e
10 / 16

Élections au Parlement de Catalogne[modifier | modifier le code]

Année Tête de liste Voix Rang Mandats Coalition
1932 47,1 1er
56 / 85
Gauche catalane
1980 Heribert Barrera 8,9 5e
13 / 135
avec le PSDC (es)[14]
1984 Heribert Barrera 4,4 5e
5 / 135
1988 Joan Hortalà 4,1 5e
6 / 135
1992 Àngel Colom 8,1 3e
11 / 135
1995 Àngel Colom 9,6 4e
13 / 135
1999 Josep-Lluís Carod-Rovira 8,7 4e
12 / 135
2003 Josep-Lluís Carod-Rovira 16,4 3e
23 / 135
2006 Josep-Lluís Carod-Rovira 14,0 3e
21 / 135
2010 Joan Puigcercós i Boixassa 7,0 5e
10 / 135
2012 Oriol Junqueras 13,7 2e
19 / 135
Avec Catalunya Sí[15]
2015 au sein de Ensemble pour le oui
20 / 135
2017 au sein de Gauche républicaine de Catalogne - Catalunya Sí
 / 135

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Coalition % Mandats Élus
Espagne Catalogne
1987 Europe des peuples 1,7 3,7
0 / 60
Un siège à Eusko Alkartasuna.
1989 Europe des peuples 1,51 3,3
0 / 60
Un siège à Eusko Alkartasuna.
1994 Pour l'Europe des peuples 1,20 5,5
0 / 64
1999 Coalition nationaliste - Europe des peuples 2,90 6,6
1 / 64
Deux sièges pour la coalition, dont un en rotation pour l'ERC avec Miquel Mayol i Raynal à partir de juin 2001.
2004 Europe des peuples 2,45 11,8
1 / 54
Un siège en rotation pour la coalition, attribué à l'ERC de 2004 à 2007 avecBernat Joan.
2009 Europe des Peuples - les Verts 2,53 9,2
1 / 50
Un siège en rotation pour la coalition, attribué à l'ERC de 2009 à 2012 avec

Oriol Junqueras.

2014 La Gauche pour le droit de décider  4,02 23,7
2 / 54
Ernest Maragall (membre de la NECat)
Josep Maria Terricabras (indépendant proposé par ERC)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (ca) « Esquerra - Partit - Organigrama - Executiva Nacional », sur esquerra.cat (consulté le 26 mai 2015).
  2. Catalan trial turns into pro-independence show of force. Politico. Author - Diego Torres. Published 2 February 2017. Updated 9 February 2017. Retrieved 4 August 2017.
  3. a, b et c « Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) », sur europe-politique.eu,
  4. (en) Sonia Alonso, Challenging the State: Devolution and the Battle for Partisan Credibility, Oxford University Press, , p. 77
  5. (en) Luis Ramiro et Laura Morales, European integration and Spanish parties: Elite empowerment amidst limited adaptation, Routledge, , p. 146
  6. (es) Luis Moreno et César Colino, Kingdom of Spain, McGill-Queen's University Press, , p. 299
  7. a et b (en) Wolfram Nordsieck, « Catalonia », sur parties-and-elections.eu (consulté le 20 juillet 2015).
  8. (en) « European Social Survey. Appendix A3 political parties », sur europeansocialsurvey.org, (consulté le 20 juillet 2015).
  9. (es) « 30-21-11: El reparto de fuerzas entre los diputados de JxSí », sur lavanguardia.com, .
  10. (es) « ERC descarta reeditar la coalición 'Junts Pel Sí' en las elecciones del 21-D », cadenaser.com, 4 novembre 2017
  11. (ca) « Esquerra - Partit - Seus Territorials », sur www.esquerra.cat.
  12. Alliance avec le Parti du travail d'Espagne et l'Estat Català.
  13. a et b Avec Catalunya Sí.
  14. Le PSDC a obtenu un siège.
  15. Catalunya Sí a obtenu deux sièges.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ca) Jesús Mestre i Campi (dir.), Diccionari d'història de Catalunya, Barcelone, Edicions 62, , 6e éd. (1re éd. 1992), 1147 p. (ISBN 978-84-412-1885-7), p. 409-411.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Membre de la Gauche républicaine de Catalogne.

Liens externes[modifier | modifier le code]