Lluís Companys

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Lluís Companys
Image illustrative de l'article Lluís Companys
Fonctions
Président de la Généralité de Catalogne

(6 ans, 9 mois et 14 jours)
Prédécesseur Francesc Macià
Successeur Josep Irla
Président du Parlement de Catalogne
Prédécesseur Poste créé
Successeur Joan Casanovas
Ministre espagnol de la Marine
Prédécesseur José Giral
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance El Tarròs (auj. Tornabous), Catalogne
(Espagne)
Date de décès (à 58 ans)
Lieu de décès Barcelone, Catalogne
(Espagne)
Nationalité espagnole
Parti politique Gauche républicaine de Catalogne

Lluís Companys Lluís Companys
Présidents de la Généralité de Catalogne
Présidents du Parlement de Catalogne
Ministres de la Seconde République espagnole

Lluís Companys i Jover, né à El Tarròs (aujourd'hui Tornabous) le 21 juin 1882 et mort à Barcelone le 15 octobre 1940, était un avocat et homme politique catalan, qui fut président de la Généralité de Catalogne de 1934 à sa mort. Exilé en Bretagne après la guerre civile espagnole, il a été livré au régime franquiste par la Gestapo et exécuté à Montjuïc, en criant « Per Catalunya! » (« Pour la Catalogne ! »).

Des discussions ont actuellement lieu[Quand ?] dans le but d'annuler le procès qui a conduit à l'exécution de ce personnage fondamental du catalanisme historique[1],[2].

Le stade olympique de Montjuïc (Barcelone), construit par Pere Domènech i Roura et pouvant accueillir 55 926 spectateurs, porte son nom[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Ses parents, Josep Companys et Maria Lluisa de Jover, étaient fermiers. Il suivit ses études de droit à l’université de Barcelone. Dès sa jeunesse il participa activement à la vie politique de la Catalogne. En 1906, il participa à la création de Solidaritat Catalana dont il devint le plus jeune dirigeant. Il milita au sein de l’Union fédérale nationaliste républicaine (es) dont il présida la section politique en 1910.

Il fut rédacteur en chef de La Barricada ou la Publicidad, journaux républicains. Son intense activité politique, sa proximité avec les syndicats, lui valurent d'être considéré comme un agitateur, et il fut arrêté quinze fois. Après « la Semaine tragique de Barcelone en 1909, » les rapports de police le qualifiaient d'« individu dangereux ».

Avec Francesc Layret (es), qu’il connut à l’université qui fut son inspirateur politique et son ami, il s’inscrivit au Parti républicain catalan, et siégea sous cette étiquette au conseil municipal de Barcelone en 1917.

En novembre 1920, en compagnie d’autres syndicalistes, Salvador Segui surnommé « el noi de sucre », Martí Barrera et Josep Viadiu (ca), il fut détenu au château « de la Mola » (es). Malgré sa relégation, il remporta les élections législatives en décembre 1920 (dans la circonscription de Sabadell) en prenant le siège de Layret assassiné, ce qui lui assura ainsi l’immunité parlementaire, et lui rendit la liberté.

En 1922 il fut l’un des fondateurs de l’Union des Rabassaires (es), où il travailla comme directeur du magazine La Terra pendant les années de dictature, puis en 1925 comme avocat (assessor).

Emprisonné à nouveau, il ne put participer à la « conférence d’Esquerres » du 12 au 19 mars 1931 où fut fondé le parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC), dont il fut membre exécutif.

Seconde République[modifier | modifier le code]

Il fut nommé gouverneur civil de Barcelone le 16 avril 1931, et le resta jusqu’au mois de mai de la même année, où il fut remplacé par Carles Esplà (es). Le premier président de la Généralité de Catalogne, Francesc Macià, mourut le 1er janvier 1934, et Lluis Companys le remplaça. Il forma alors un conseil exécutif dominé par la gauche catalane et qui remporterait les élections de 1934.

Le 28 juin 1931, au cours des élections générales, il fut élu député de Barcelone. Il vota le statut d’autonomie de Catalogne connu sous le nom d’Estatut de Nuria. Entre autres fonctions, il exerça la présidence du Parlement catalan puis fut ministre de la Marine de juin à novembre 1933. En même temps ses travaux de presse continuaient. Il dirigea L'Humanitat (l’organisme officiel de l'ERC) de novembre 1931 à janvier 1934.

Après la mort de Francesc Macià le 1er janvier 1934, il le remplaça comme président du gouvernement autonome catalan.

Le 6 avril 1934 il proclame la République catalane mais le soulèvement attendu est un échec et la Généralité fut suspendue, ses conseillers arrêtés. Companys fut condamné à 30 ans de réclusion. En 1936, après la victoire du Front populaire, la Généralité fut rétablie. Revenu aux affaires, Companys dut gérer la coalition avec les forces de gauche.

Exil[modifier | modifier le code]

Monument érigé à la mémoire de Lluís Companys au Col de Manrella.

Après l’occupation de la Catalogne par les troupes franquistes le 5 février 1939, les mouvements anarchistes s'effondrèrent. Toutes les forces de gauche furent harcelées, exécutées. Il s’exila depuis le col de Lli, à La Vajol pour se réfugier à La Baule-Escoublac, en Loire-Atlantique. Mais il fut livré à la dictature militaire franquiste par la police secrète de l’Allemagne nazie, le 13 août 1940. Jugé et condamné par un tribunal militaire, il fut, après avoir été torturé, fusillé au château de Montjuic à Barcelone le 15 octobre 1940[4]. Il ne voulut pas qu’on lui bande les yeux et mourut face au peloton d'exécution en criant « pour la Catalogne ! »

Une stèle a été érigée en sa mémoire au col de Manrella à la frontière franco-espagnole, situé sur le territoire de la commune d'Agullana.

Une autre stèle est présente à l'endroit de son arrestation à La Baule-Escoublac.

Lluys Companys aujourd'hui[modifier | modifier le code]

L'ancien président reste aujourd'hui une figure marquante de l’indépendantisme catalan. De nombreux hommes politiques catalans rendent hommage à Companys tous les 15 octobre. Le 15 octobre 2015 fut particulièrement médiatisé en Catalogne[5], le jour anniversaire des 75 ans du fusillement de Lluís Companys coïncidant avec une citation à comparaître du président de la Généralité de Catalogne, Artur Mas, devant la justice pour avoir organisé un référendum illégal au sujet de l’indépendance de la Catalogne le 9 novembre 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ca) La Generalitat impulsarà l'anul·lació del procés a Lluís Companys sur le site du journal Avui.
  2. Voir à ce sujet l'article Loi sur la mémoire historique.
  3. Le stade olympique Lluís-Companys.
  4. « Mémoire. Le président de la Généralité de Catalogne arrêté à La Baule », Presse Océan,‎ (lire en ligne)
  5. Nicolas Salvado, « Pourquoi Artur Mas est-il jugé le jour de l'anniversaire du fusillement de Lluis Companys », sur Equinox Radio Barcelone (consulté le 14 octobre 2015).


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ramón Alquézar, Esquerra Republicana de Catalunya: 70 anys d'història (1931-2001), Barcelona, Columna, 2002, 408 p. (ISBN 978-84-664-0172-2).
  • Josep Benet, Lluís Companys, presidente de Catalunya fusilado, Barcelona, Península, 2005, 220 p. (ISBN 978-84-8307-707-8).

Liens externes[modifier | modifier le code]