Bataille d'Irun

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Bataille d’Irun
Description de cette image, également commentée ci-après
Civils républicains armés pendant la bataille
Informations générales
Date au
Lieu Province du Guipuscoa, nord de l'Espagne
Issue Victoire franquiste décisive
Belligérants
Flag of Spain (1931–1939).svg République espagnole
Bandera CNT-AIT.svg Milices confédérales CNT/FAI
Flag of the Basque Country by Sabino Arana.svg Milices basques
Flag of Spain (1931–1939).svg[1] Nationalistes
Flag of Cross of Burgundy.svg Milices carlistes
Commandants
Manuel Margarida Valdes
Antonio Ortega
Alfonso Beorlegui Canet
Forces en présence
2.000-3.0002.000
Pertes
inconnuesinconnues

Guerre d'Espagne

Coordonnées 43° 20′ nord, 1° 47′ ouest

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
Bataille d’Irun

La bataille d'Irun fut le principal combat livré lors de la campagne du Guipuscoa, durant la guerre d'Espagne. Elle opposa les forces nationalistes et les troupes républicaines entre le et le . Elle se solda par la prise de la ville par les franquistes, sous les ordres du lieutenant-colonel Alfonso Beorlegui.

Contexte[modifier | modifier le code]

Conditions stratégiques[modifier | modifier le code]

La bataille d'Irun s'insère dans le plan général de la campagne du Guipuscoa. Conçue par le général Emilio Mola, son objectif était de couper les communications et les relations entre les provinces républicaines du Nord et la France, dont le gouvernement de Front populaire était suspect de soutenir la République. C'est le général Alfonso Beorlegui qui avait été chargé de diriger les troupes sur Irun. Son avancée fut ralentie par la destruction du pont d'Endarlatsa, placé sur la route d'Irun, puis par la tentative d'aider les rebelles de Saint-Sébastien qui s'étaient retranchés dans la caserne. Mais ayant échoué à leur venir efficacement en aide, les troupes nationalistes reprirent leur route vers Irun.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

La ville était défendue par 3 000 républicains, incluant des miliciens anarchistes de la CNT, des Asturiens, des nationalistes basques ou encore des volontaires français (généralement communistes).

Les forces de Beorlegui étaient plus réduites, mais mieux équipées - artillerie de 155 mm, chars légers allemands et bombardiers Junkers Ju 52 – et mieux entraînées – un groupe de 700 hommes de la légion espagnole. Pour les appuyer se trouvaient dans la baie le croiseur Almirante Cervera et le destroyer Velsaco, qui avaient commencé à bombarder la ville dès le 11 août.

Combats[modifier | modifier le code]

Le principal affrontement eut lieu sur la crête de Puntza, au sud de la ville. De violents combats se déroulèrent également dans le couvent de San Marcial, défendus par des miliciens et des mineurs asturiens qui, à court de munitions, se battirent en jetant des bâtons de dynamite et des blocs de rochers.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Beorlegui, après s'être emparé de la ville, tourna ses troupes vers Saint-Sébastien, qu'il prit rapidement. Il avança même jusqu'aux frontières de la Biscaye où la résistance acharnée des forces provinciales, de l'armée républicaine et des milices, ajoutée à la fatigue des troupes l'obligea à stopper son avance. D'ailleurs, blessé lors de la bataille d'Irun et ayant refusé les soins, il mourut peu après de la gangrène.

La prise d'Irun fut d'une importance décisive dans la suite des combats sur le front du nord. Les provinces républicaines du Guipuscoa, de Biscaye, de Santander et des Asturies se retrouvèrent complètement coupées de la France, dont la frontière laissait passer des équipements d'importance vitale, obligeant les républicains à se tourner vers une solution exclusivement maritime pour obtenir un ravitaillement.

D'un point de vue politique, la bataille d'Irun servit également les desseins de la propagande franquiste. En effet, lorsque les républicains avaient finalement abandonné la ville, ils avaient détruit tout ce qui pouvait servir à leurs ennemis. Pendant la guerre, chaque fois que les nationalistes rentrèrent dans une ville qui, écrasée par les bombardements ou les combats, était complètement détruite, ils rappelèrent l'« exemple d'Irun ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il peut paraître surprenant que les deux camps aient le même drapeau, mais c'est seulement le que les forces rebelles, dirigées par la Junta de Defensa Nacional, décidèrent de rétablir le drapeau bicolore, rouge et or Flag of Spain Under Franco 1936 1938.png.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) BARRUSO Pedro, Verano y revolución. La guerra civil en Gipuzkoa (julio-septiembre de 1936), éd. Haramburu, San Sebastián, 1996 [1].
  • (es) CHIAPUSO Manuel, Los anarquistas y la guerra en Euskadi, éd. Abarka, Andoain, 2003.
  • (es) ROMERO Eladi, Itinerarios de la Guerra Civil española : guía del viajero curioso, éd. Laertes, Barcelone, 2001.
  • (fr) THOMAS Hugh, Guerre d'Espagne, Robert Laffont, Paris, 1997 (ISBN 2-221-08559-0)
  • (es) USABIAGA Marcelo, « Así fue la Batalla de Irun », Historia, XVI, nº 362, juin 2006, p. 72-85 [2].

Sources[modifier | modifier le code]