Élections générales espagnoles de 2004

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Élections générales espagnoles de 2004
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Corps électoral et résultats
Population 42 717 064
Inscrits 34 571 831
Votants 26 155 436
75,66 %  +7
Votes exprimés 25 891 299
Votes blancs 407 795
Votes nuls 264 137
Zapatero cornella-cropped.jpg Parti socialiste ouvrier espagnol – José Luis Rodríguez Zapatero
Voix 11 026 163
42,59 %
 +8,4
Sièges obtenus 164  +39
Mariano Rajoy 2006 (cropped).jpg Parti populaire – Mariano Rajoy
Voix 9 763 144
37,71 %
 −6,8
Sièges obtenus 148  −35
Josep Antoni Duran i Lleida 2011 (cropped).jpg Convergence et Union – Josep Antoni Duran i Lleida
Voix 835 471
3,23 %
 −1
Sièges obtenus 10  −5
Gaspar Llamazares 2011 (cropped).jpg Gauche unie – Gaspar Llamazares
Voix 1 284 081
4,96 %
 −0,5
Sièges obtenus 5  −3
Carte
Parti ayant obtenu le plus grand nombre de vote par province
Président du gouvernement
Sortant Élu
José María Aznar López
Parti populaire
José Luis Rodríguez Zapatero
Parti socialiste ouvrier espagnol

Les neuvièmes élections générales espagnoles se déroulent le 14 mars 2004.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au pouvoir depuis 1996, le Parti populaire (PP) du président du gouvernement José María Aznar obtient la majorité absolue au Congrès des députés lors élections de 2000[1]. Conformément à une promesse de campagne, Aznar n'est pas candidat à un troisième mandat lors des élections du . C'est Mariano Rajoy Brey qui est désigné le pour mener la droite aux législatives. Le PP est considéré comme le favori des élections[2].

Trois jours avant les élections, des attentats touchent Madrid et font 191 morts. La campagne électorale est suspendue. Si au matin du , les basques de l'ETA sont soupçonnés d'être responsables des attentats, les doutes se portent vite sur le groupe islamiste Al-Qaïda. Malgré des manifestations où résonnent le slogan ¿Quien ha sido?, le gouvernement conservateur maintient que l'ETA est la « piste principale » jusqu'à la veille de l'élection[3]. Pour de nombreux commentateurs politiques, les conservateurs ne veulent pas être accusés d'avoir fait de l'Espagne une cible du terrorisme islamiste par son implication dans la guerre d'Irak[4].

Sondages[modifier | modifier le code]

Intentions de vote

Résultats[modifier | modifier le code]

Congrès des députés[modifier | modifier le code]

Partis Votes  % Dif. Sièges Dif.
Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) 11 026 163 42,59 + 8,43 164 + 39
Parti populaire (PP) 9 763 144 37,71 - 6,81 148 - 35
Convergence et Union (CiU) 835 471 3,23 - 0,94 10 - 5
Gauche républicaine de Catalogne (ERC) 652 196 2,52 + 1,68 8 + 7
Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) 420 980 1,63 + 0,10 7 =
Gauche unie (IU) - Initiative pour la Catalogne Verts (IC-V) 1 284 081 4,96 - 1,00 5 -4
Coalition canarienne (CC) 235 221 0,91 -0,16 3 -1
Bloc nationaliste galicien (BNG) 208 688 0,81 - 0,51 2 - 1
Union aragonaisiste (CHA) 94 252 0,36 + 0,03 1 =
Eusko Alkartasuna (EA) 80 905 0,31 - 0,12 1 =
Nafarroa Bai (Na-Bai) 61 045 0,24 n/a 1 + 1
Autres 911 358 3,51
Blancs 407 795 1,58
Inscrits 34 571 831 100,00
Votants 26 157 047 75,66
Exprimés 25 981 299 98,99

Sénat[modifier | modifier le code]

Liste Sièges Dif.
Parti populaire 102 en diminution 25
Parti socialiste ouvrier espagnol 81 en augmentation 28
Entesa catalana de progrés 12 en augmentation 4
Convergence et Union 4 en diminution 4
Parti nationaliste basque 6 en stagnation
Coalition canarienne 3 en diminution 2
Total 208

Conséquences[modifier | modifier le code]

Après huit ans passés dans l'opposition, les socialistes de José Luis Rodríguez Zapatero devancent les conservateurs de Mariano Rajoy de 5 points et reprennent le pouvoir[5]. Cette victoire est considérée comme une surprise par de nombreux commentateurs[3]. Si le PSOE remporte le Congrès des députés, le Parti populaire conserve néanmoins le Sénat[5].

Bien que le PP perde peu de voix par rapport au scrutin de 2000, la participation augmente fortement, portée par la jeunesse et les abstentionnistes de gauche[3]. Cette hausse de la participation, de 8,5 points[5], est notamment attribuée à l'obstination du gouvernement Aznar de suivre la piste des séparatistes basques pour trouver les responsables des attentats de Madrid.

Le , Zapatero est investi président du gouvernement par 183 voix (PSOE, ERC, IU, CC, BNG et CHA) contre 148 voix (toutes du PP) et 19 abstentions (CiU, PNV, EA et Na-Bai) ; la majorité absolue étant à 176 voix. C'est la première fois de l'histoire espagnole que l'investiture d'un président ne rencontre l'opposition que d'un seul parti[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Kourliandsky, « Bilan des années Aznar : l’affirmation nationale et atlantique de l’Espagne », Revue internationale et stratégique, no 54,‎ , p. 39-50 (DOI 10.3917/ris.054.0039, lire en ligne).
  2. (es) J. Pérez, « Mariano Rajoy, sucesor de Aznar », Los 20 días que conmovieron España, sur expansion.com, (consulté le 19 février 2017).
  3. a, b et c Martine Silber, « Les attentats de Madrid bouleversent le paysage politique espagnol », sur lemonde.fr, (consulté le 19 février 2017).
  4. « Attentat à Madrid », Revue de l'année 2004, sur ici.radio-canada.ca, (consulté le 19 février 2017).
  5. a, b et c (es) José Luis Martín, « Los españoles castigan al PP y dan el poder al PSOE », sur elmundo.es, (consulté le 19 février 2017).
  6. (es) Camilo Valdecantos, « Zapatero, investido presidente con 183 votos », sur elpais.com, (consulté le 19 février 2017).