Élections européennes de 2014

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Élection européennes de 2014
751 eurodéputés
22 au
Type d’élection  Élections du Parlement européen
Démographie électorale
Population  507 890 191
Ioannes Claudius Juncker die 7 Martis 2014 cropped.jpg
Jean-Claude JunckerPPE
Sièges sortants 265
Martinus Schulz die 6 Martii 2013 cropped.jpg
Martin SchulzPSE
Sièges sortants 184
Guido Verhofstadt die 30 Martis 2012 cropped.jpg
Guy VerhofstadtADLE
Sièges sortants 84
KellerBové.jpg
José Bové et Ska KellerVerts/ALE
Sièges sortants 55
Darkblue flag waving.svg
Pas de candidatACRE
Sièges sortants 54
Alexis Tsipras die 16 Ianuarii 2012 cropped.jpg
Alexis TsiprasGUE/NGL
Sièges sortants 35
Lightblue flag waving.svg
MELD
Sièges sortants 32
Black flag waving.svg
Pas de candidatAEL
Sièges sortants 8
Carte des circonscriptions pour les élections européennes.
Carte

Les élections européennes de 2014 auront lieu du 22 au afin d'élire les 751 députés européens représentant les 28 États membres de l'Union européenne au sein du Parlement européen.

Il s'agit des huitièmes élections européennes depuis le premier vote au suffrage universel direct en 1979. Le scrutin est proportionnel dans chacun des États. Pour la première fois, ces élections auront une influence directe sur le choix du président de la Commission européenne qui sera élu par le Parlement sur proposition du Conseil européen et certains partis politiques européens présentent des candidats à la présidence de la Commission.

Contexte[modifier | modifier le code]

La crise de la zone euro, conséquence de la crise économique mondiale, a commencé quelques mois après les précédentes élections[1]. Les économies les plus affectées ont été celles de l'Europe du Sud : Grèce, Chypre, Italie, Espagne et Portugal, mais également l'Irlande. Alors que d'importantes mesures d'austérité ont été mises en place dans ces pays, la confiance dans l'Union européenne a drastiquement baissé. Le pourcentage de Grecs approuvant les politiques européennes est ainsi passé de 32 % en 2010 à 19 % en 2013 ; en Espagne, il a baissé de 59 % en 2008 à 27 % en 2013[2]. Dans seulement quatre des 27 États membres en 2013 la confiance en l'Union européenne est supérieure à la méfiance[3].

Dans ce contexte, certains observateurs s'attendent à une montée en puissance de partis populistes anti-Union européenne[4] bien que leur influence devrait rester modeste comparée aux autres partis[5]. Dans certains pays, notamment la France (Front national), les Pays-Bas (Parti pour la liberté) ou l'Autriche (FPÖ), des partis d'extrême droite pourraient arriver en tête des suffrages[6],[7],[8]. En Grèce, le parti de la gauche radicale SYRIZA pourrait arriver en tête[9].

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Les élections européennes permettent d'élire les 751 députés qui composent le Parlement européen. Le Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne prévoit que les citoyens des États de l'Union européenne peuvent voter et être élus dans l'État dans lequel ils résident, même s'ils n'en sont pas citoyens[10].

Chacun des 28 États membres de l'Union européenne fixe ses propres règles d'organisation du scrutin, pourvu que l'élection ait lieu au suffrage universel direct et au scrutin proportionnel[11] :

La plupart des États forment une circonscription nationale mais certains ont découpé leur territoire en circonscriptions régionales. Les États peuvent prévoir la fixation d'un seuil minimal pour l'attribution des sièges, mais ce seuil ne peut être supérieur à 5 %[11].

Calendrier[modifier | modifier le code]

Jour de vote Pays
jeudi 22 mai 2014 Pays-Bas, Royaume-Uni
vendredi 23 mai 2014 Irlande, République tchèque (1er jour)
samedi 24 mai 2014 Chypre, France (outre-mer, en partie), Lettonie, Malte, République tchèque (2e jour), Slovaquie
dimanche 25 mai 2014 Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Espagne, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Grèce, Italie, Lituanie, Luxembourg, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovénie, Suède

Répartition des sièges[modifier | modifier le code]

État membre 2009 2013[12] 2014
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 99 99 96
Drapeau de la France France 72 74 74
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni 72 73 73
Drapeau de l'Italie Italie 72 73 73
Drapeau de l'Espagne Espagne 50 54 54
Drapeau de la Pologne Pologne 50 51 51
Roumanie Roumanie 33 33 32
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 25 26 26
Drapeau de la Grèce Grèce 22 22 21
Drapeau de la Belgique Belgique 22 22 21
Drapeau du Portugal Portugal 22 22 21
Drapeau de la République tchèque République tchèque 22 22 21
Drapeau de la Hongrie Hongrie 22 22 21
Drapeau de la Suède Suède 18 20 20
Drapeau de l'Autriche Autriche 17 19 18
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 17 18 17
Drapeau du Danemark Danemark 13 13 13
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 13 13 13
Drapeau de la Finlande Finlande 13 13 13
Drapeau de l’Irlande Irlande 12 12 11
Drapeau de la Croatie Croatie - 12 11
Lituanie Lituanie 12 12 11
Drapeau de la Lettonie Lettonie 8 9 8
Drapeau de la Slovénie Slovénie 7 8 8
Drapeau de l'Estonie Estonie 6 6 6
Drapeau de Chypre Chypre 6 6 6
Drapeau du Luxembourg Luxembourg 6 6 6
Malte Malte 6 6 6
Total 736 766 751

Le Parlement élu lors des élections de 2009 comptait 736 députés en application du traité de Nice. En , les dispositions du traité de Lisbonne sont entrées en vigueur mais, de manière transitoire, les États qui ont vu leur nombre de sièges augmenter ont pu les occuper sans que l'Allemagne, qui perd trois sièges dans le nouveau calcul, ne perde ses sièges avant les élections suivantes. À l'adhésion de la Croatie en 2013, ses 12 députés viennent s'ajouter au nombre total.

Le mode de calcul prévu par le traité de Lisbonne entre pleinement en vigueur à compter des élections de 2014 : le nombre total de députés est fixé à 751 et les États membres sont représentés de manière dégressivement proportionnelle, sans qu'un État ne puisse avoir moins de six et plus 96 députés.

Candidats à la présidence de la Commission[modifier | modifier le code]

Le président de la Commission européenne est élu par le Parlement européen sur la proposition du Conseil européen. Le traité de Lisbonne a introduit le fait que cette proposition se fasse « En tenant compte des élections au Parlement européen »[13] : cette disposition sera appliquée pour la première fois en 2014.

En se basant sur cette nouvelle disposition, les principaux partis politiques européens ont désigné des candidats à la présidence de la Commission.

Parti populaire européen[modifier | modifier le code]

Le Parti populaire européen détermine son candidat à la présidence de la Commission lors d'un congrès à Dublin les 6 et . L'ancien Premier ministre du Luxembourg et président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker est opposé au commissaire européen français Michel Barnier. L'ancien Premier ministre de Lettonie Valdis Dombrovskis présente également sa candidature, jugée moins sérieuse[14]. Le 7 mars, après le retrait de Valdis Dombrovskis, Jean-Claude Juncker est désigné candidat avec 61 % des voix[15].

Parti socialiste européen[modifier | modifier le code]

L'Allemand Martin Schulz, président du Parlement européen et seul candidat, est désigné comme chef de file par le Parti socialiste européen le lors d'un congrès à Rome[16].

Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe et Parti démocrate européen[modifier | modifier le code]

L'ALDE désigne son candidat à la présidence de la Commission le lors d'un congrès à Bruxelles. Le Belge Guy Verhofstadt, président du groupe ALDE au Parlement européen et fervent fédéraliste est désigné alors que le Finlandais Olli Rehn, actuel commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, retire sa candidature[17]. Leurs partenaires du PDE au groupe ALDE se sont félicité du choix de Guy Verhofstadt par l'ALDE[18].

Le Parti démocrate européen, qui adopte un manifeste de campagne lors de son conseil du [19], annonce qu'il soutient Guy Verhofstadt le suivant[20].

Parti vert européen[modifier | modifier le code]

Le Parti vert européen est le seul parti à organiser une primaire ouverte à l'ensemble des habitants de l'Union européenne de plus de 16 ans. À l'issu du vote de à , le tandem José Bové / Ska Keller est désigné, malgré une participation de 23 000 votants au lieu des 100 000 espérés. Sont battus : Rebecca Harms du groupe Verts/ALE au Parlement européen, et Monica Frassoni, coprésidente du Parti vert européen[21].

Parti de la gauche européenne[modifier | modifier le code]

Le Parti de la gauche européenne a désigné Alexis Tsipras, du parti grec SYRIZA comme son candidat à la présidence de la Commission, lors d'un congrès organisé à Madrid le 15 décembre 2013[22].

Partis ne présentant pas de candidat[modifier | modifier le code]

L'eurosceptique Alliance des conservateurs et réformistes européens refuse de désigner un candidat et critique la nouvelle disposition du traité de Lisbonne sur la présidence de la Commission comme « une vision des années 1950 » qui « établit un gouvernement où il n'y a pas de nation »[23].

De même, les partis nationalistes de l'Alliance européenne pour la liberté (AEL) ne choisissent pas de candidat pour la présidence de la Commission, « pour des raisons démocratiques ». L'objectif de l'AEL reste de pouvoir constituer un groupe au Parlement européen après les élections[24].

Prédictions[modifier | modifier le code]

Prédictions en sièges de la composition du Parlement européen basées notamment sur des sondages par État :

Source Date
GUE/NGL S&D Verts/ALE ADLE PPE ECR ELD NI
PollWatch 2014 56 221 44 64 202 42 30 92
Electionista 59 206 42 72 204 45 31 92
PollWatch 2014 67 209 44 61 202 45 31 92
PollWatch 2014 59 215 37 66 211 40 33 90
PollWatch 2014 55 212 38 62 212 46 36 90

Résultats[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Mead, Nick, « Eurozone crisis: are the years of pain over? », sur The Guardian,‎ 14 août 2013 (consulté le 5 février 2014) : « The crisis started back in October 2009, when Greece's finance minister revealed a black hole in his country's budget »
  2. (en) « EU Leadership Approval at Record Low in Spain, Greece »,‎ 8 janvier 2014 (consulté le 20 janvier 2014)
  3. (en) « Approval of EU leadership lowest in Greece », sur EUobserver,‎ 8 janvier 2014 (consulté le 20 janvier 2014)
  4. (en) « Turning right », sur The Economist,‎ 4 janvier 2014 (consulté le 23 janvier 2014)
  5. (en) De Lange, Sarah L., « The ‘Le Pen-Wilders’ alliance will change European politics »,‎ 4 février 2014 (consulté le 5 février 2014)
  6. (en) « France's National Front tops EU election survey », sur EUobserver,‎ 9 octobre 2013 (consulté le 20 janvier 2014)
  7. (en) Peter Cluskey, « Dutch study reveals immigration fears », sur Irish Times,‎ 3 janvier 2014 (consulté le 23 janvier 2014) : « ...Liberal- Labour coalition government, who are trailing in the polls behind Geert Wilders and his anti-immigrant Freedom Party in the run-up to the European elections. »
  8. (de) Sensation: FPÖ neue Nummer 1 [Sensation: FPÖ new number 1],‎ 16 janvier 2014 (lire en ligne)
  9. (en) « Greece's anti-austerity Syriza party widens lead over conservatives », sur Reuters,‎ 22 janvier 2014 (consulté le 23 janvier 2014)
  10. Article 22 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne
  11. a et b « Le Parlement européen : modalités d'élection », sur Parlement européen (consulté le 3 mars 2014)
  12. (en)Accession de la Croatie à l'Union européenne le en application du (en)Traité concernant l'accession de la République de Croatie signé le 9 décembre 2011. Les autres députés supplémentaires siègent en application du Traité de Lisbonne, entré en vigueur après les élections de 2009.
  13. Article 17, paragraphe 7 du TUE
  14. Philippe Ricard et Jean-Pierre Stroobants, « Un Letton s’immisce dans la bagarre entre Jean-Claude Juncker et Michel Barnier », sur La bataille de Bruxelles/Le Monde,‎ 18 février 2014.
  15. Philippe Ricard et Jean-Pierre Stroobants, « Barnier battu, Juncker désigné comme chef de file de la droite », sur La bataille de Bruxelles/Le Monde,‎ 7 mars 2014.
  16. « Martin Schulz élu candidat des socialistes à la présidence de la Commission européenne », sur Libération.fr,‎ 1er mars 2014.
  17. Philippe Ricard et Jean-Pierre Stroobants, « Olli Rehn se retire de la course à la présidence de la Commission », sur La bataille de Bruxelles/Le Monde,‎ 20 janvier 2014.
  18. « Le PDE se félicite du choix des Libéraux de présenter Guy Verhofstadt », sur PDE (consulté le 3 mars 2014)
  19. « Le PDE adopte son manifeste et annonce son candidat le 12 mars »,‎ 28 février 2014.
  20. « Guy Verhofstadt, candidat du PDE »,‎ 12 mars 2014.
  21. Philippe Ricard et Jean-Pierre Stroobants, « José Bové et Ska Keller, chefs de file des Verts », sur La bataille de Bruxelles/Le Monde,‎ 29 janvier 2014.
  22. (en) Euronews, « European Left Party announces Alexis Tsipras as candidate for EC presidency »,‎ 15 décembre 2013 (consulté le 3 mars 2014).
  23. EurActiv, « Les conservateurs européens refusent de choisir leur candidat »,‎ 24 février 2014 (consulté le 3 mars 2014).
  24. « L’extrême droite européenne rejette l'idée d'un candidat commun », sur EurActiv.fr (consulté le 13 mars 2014).

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]