An-Naml

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

27e sourate du Coran
Les fourmis
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original سورة النمل, An-Naml
Titre français Les fourmis
Ordre traditionnel 27e sourate
Ordre chronologique 48e sourate
Période de proclamation Période mecquoise
Nombre de versets (ayat) 93
Nombre de prosternations 1 (verset 25) ou 1 Ruku (si le verset est récité lors d'une prière)
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

An-Naml (arabe : سورة النمل, français : "Les fourmis") est le nom traditionnellement donné à la 27e sourate du Coran, le livre sacré de l'Islam. Elle comporte 93 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée durant la période mecquoise.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Les fourmis, nom tiré du verset 18[2] :

« 17. Et, devant Sulaïman,
voici alignés en troupes,
des Djinns, des humains, des oiseaux,

18. jusqu'à ce qu'ils viennent
à l'Oued des Fourmis.
Une fourmi dit: "Ohé, les fourmis,
entrez dans vos galeries,
que Sulaïman et ses troupes
ne vous écrasent sans le vouloir." »

Période de proclamation[modifier | modifier le code]

Selon la tradition musulmane, cette sourate a été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La Mecque[3]. Les savants musulmans s'accordent pour dire que cette sourate occupe la 48e place dans l'ordre chronologique[4].

D'après l'exégèse scientifique cependant cette distinction en deux ensembles de sourates est peu probante puisque qu'elle fait reposer l'organisation du Coran suivant un ordre chronologique de proclamation, hypothèse hautement spéculative car elle repose sur les « convictions que le Coran n’a qu’un seul auteur, qu’il n’a aucun rédacteur, et qu’il reflète l’expérience d’une communauté ayant existé autour de Muḥammad, à la Mecque et à Médine, entre 610 et 632 »[5].Le « relatif consensus des spécialistes » admettant une élaboration du Coran « jusqu'à plus d'un demi-siècle après la mort du Prophète » principalement sur la mise en forme du texte mais pouvant aussi concerner les contenus, de ce fait la datation du Coran n'est pas formellement admise comme remontant à la fin de vie de Mahomet[6].

Le Coran est constitué de 114 sourates de longueurs inégales, présentées dans un ordre de longueur assez sensiblement décroissant, et non dans l'ordre chronologique des révélations. Dans l'ordre traditionnel, An-Nisa est la 4e sourate[3]. Les manuscrits anciens montrent des variations dans l'ordonnancement des sourates. Pour M.-A. Amir-Moezzi, « En sus de quelques variantes orthographiques et lexicographiques mineures, 22 % des 926 groupes de fragments étudiés présentent un ordre de succession de sourates complètement différent de l'ordre connu »[7]. Certains versets supprimées dans la forme canonisée du Coran ont été rajoutés au corpus des hadiths[8].

Résumé[modifier | modifier le code]

Cette sourate aborde une nouvelle fois la vie de personnages importants pour l'islam : de Moïse (versets 7 à 14), Dawoūd, Sulayman (verset 15 à 41), Sâlih (versets 45 à 53), et Lût (versets 54 à 58). Enfin, la sourate se termine par une présentation de la gloire d'Allah, exposant comment les adhérents le voient et comment seront jugés les non-croyants le jour du jugement final.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Versets 15-44 : Salomon et la reine de Saba[modifier | modifier le code]

Pour Dye, cet épisode possède un arrière-plan biblique, targoumique et midrashique. Ces derniers étaient, à la fin de l’antiquité, connue en dehors du judaïsme et, notamment en Arabie. A l’inverse, Pregill pense que le récit coranique a influencé les récits du judaïsme[9]. Pour Hawting, le manque de narration claire et la forme du texte suggère que ceux à qui le Coran est destiné sont familiers avec le récit juif de la reine de Saba[9]. Dye repère quelques différences avec le récit originel de la littérature juive[9]. Ces deux auteurs remarquent que dans le récit coranique, c’est Salomon qui interroge la reine et non l’inverse comme dans le récit du Targum[9].

Pour Hawting, Salomon n’est pas décrit comme un prophète mais simplement comme un souverain « sage et puissant »[9].  Stefanidis remarque que, conformément à la vision de Lassner, ce récit peut permettre de créer, mais de manière atténuée, une opposition entre les genres, présentant une reine de Saba humble, prudente et un Salomon autoritaire, violent[9]....

Le cœur du passage est centré sur le besoin de se soumettre à Allah. Pour Tengour, à propos de l’appropriation des textes bibliques par le Coran, « Il s’agit dans le même temps d’inscrire le dieu coranique dans [une] chronologie lointaine et d’étendre ainsi son pouvoir au-delà des limites de l’espace et du temps de la tribu mecquoise. »[9]

Khalfallah remarque que ce récit met en scène la nature et des créatures surnaturelles. Cet aspect participe à l’imaginaire musulman dans une « perception mythique du monde »[9]. Pour Winitzer, le contrôle de Salomon sur la nature s’inscrit dans une tradition orientale ancienne[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  3. a et b Blachère R., Le Coran, 1966, p. 103.
  4. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  5. Gabriel Said Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica, no 58,‎ , p. 477
  6. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 17
  7. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 22
  8. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 23
  9. a b c d e f g h et i Azaiez, M. (Ed.), Reynolds, G. (Ed.), Tesei, T. (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter. partie QS 27 Q 27 : 15-44