Al-Ma'un

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107e sourate du Coran
L’Ustensile
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original الماعون, Al-Maun
Titre français L’Ustensile
Ordre traditionnel 107e sourate
Ordre chronologique 17e sourate
Période de proclamation Période mecquoise
Nombre de versets (ayat) 7
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

Al-Maun (arabe : الماعون, français : L’Ustensile) est le nom traditionnellement donné à la 107e sourate du Coran, le livre sacré de l'islam. Elle comporte 7 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant la période mecquoise.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Al-Ma'un, mot figurant dans le dernier verset de cette sourate et pouvant signifier littéralement L’Ustensile[1] désigne, dans son sens le plus large, tout acte de bonté, de charité ou d'assistance[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Il n'existe à ce jour pas de sources ou documents historiques permettant de s'assurer de l'ordre chronologique des sourates du Coran. Néanmoins selon une chronologie musulmane attribuée à Ǧaʿfar al-Ṣādiq (VIIIe siècle) et largement diffusée en 1924 sous l’autorité d’al-Azhar[3],[4], cette sourate occupe la 17e place. Elle aurait été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La Mecque[5]. Contestée dès le XIXe par des recherches universitaires[6], cette chronologie a été revue par Nöldeke[7],[8], pour qui cette sourate est la 3e.

Les sourates de la fin du Coran[Note 1] sont généralement considérées comme appartenant aux plus anciennes. Elles se caractérisent par des particularités propres. Elles sont brèves, semblent issues de proclamations oraculaires (ce qui ne signifie pas, pour autant, qu’elles en sont des enregistrements), elles contiennent de nombreux hapax[9]...

Pour Nöldeke et Schwally, la quasi-totalité des sourates 69 à 114 sont de la première période mecquoise. Neuwirth les classe en quatre groupes supposés être chronologiques. Bien que reconnaissant leur ancienneté, certains auteurs refusent de les qualifier de « mecquoise », car cela présuppose un contexte et une version de la genèse du corpus coranique qui n’est pas tranchée. Cette approche est spéculative[9].

En effet, ces textes ne sont pas une simple transcription sténographique de proclamation mais sont des textes écrits, souvent opaques, possédant des strates de composition et des réécritures Cela n’empêche pas ces sourates de fournir des éléments contextuels (comme l’attente d’une Fin des Temps imminente chez les partisans de Mahomet). Ces textes sont marqués par une forme de piété tributaire du christianisme oriental[9].

Pour les exégètes musulmans, cette sourate, ou sa seconde partie, serait médinoise. Schwally et Nöldeke[Note 2] la considère comme datant de la première période mecquoise. Bell considère qu’elle n’est pas si ancienne mais ne la catégorise pas comme médinoise. Pour Blachère, elle est composite, la première partie étant mecquoise, la seconde étant médinoise[10].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Versets 1-3 : question rhétorique et dénonciation[modifier | modifier le code]

Cette section commence par une question rhétorique, forme fréquente dans le Coran. Les exégètes suivis par les islamologues considèrent que le « tu » désigne Mahomet. Cela n’est pas explicite dans le texte[10].

Le verset 2 montre une thématique chrétienne, elle-même héritée du judaïsme. En effet, selon la perspective eschatologique du Coran, prendre soin des orphelins est un acte méritoire. Il en est de même le verset 3 qui évoque le fait de nourrir les pauvres. Ces versets sont proches de la notion chrétienne de charité. Cet énoncé de thèmes bibliques possède une proximité avec des homélies syriaque d’Ephrem le Syrien[10].

Le passage biblique qui se rapproche le plus du texte coranique se trouve dans le Livre d’Isaïe[10].


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Neuenkirchen, "Sourate 107", Le Coran des Historiens, 2019, p. 2243 et suiv.
  • R. Paret, Der Koran. Kommentar und konkordanz, 1980[Note 2].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L’auteur précise que ces remarques, si elles sont dans une partie consacrée aux sourates 69 à 99, s’appliquent aussi aux sourates 100 à 114.
  2. a et b Les islamologues ont utilisé plusieurs approches pour tenter de dater les différentes sourates du Coran. Paret et Neuwirth appartiennent à l’« école allemande » qui, à la suite de Nöldeke, s’appuie sur la chronologie traditionnelle et sur un récit « laïcisé » des traditions musulmanes. Autrefois dominant dans les études islamologiques, ce paradigme nöldekien n'est plus qu'« en partie présent ». Les auteurs du Coran des historiens appartiennent davantage à l’autre courant (dit « sceptique ») qui prend davantage en compte une critique des sources traditionnelles. Voir : Historiographie de l'islam et du Coran

Références[modifier | modifier le code]

  1. A. Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  2. (en) Seyyed Hossein Nasr et al., The Study Quran - A New Translation and Commentary, HarperOne, (ISBN 9780061125867), p. 3906
  3. G.S. Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica 58, 2011, p. 477-502.
  4. R. Blachère, Introduction au Coran, p. 244.
  5. R. Blachère, Le Coran, 1966, p. 103.
  6. M. Azaiez, « Chronologie de la Révélation »
  7. G. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianus no 95, 2011, p. 247-270.
  8. E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering », Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008, p. 13.
  9. a b et c G. Dye, « Introduction aux sourates 69-99 », Le Coran des historiens, 2019, p. 1789 et suiv.
  10. a b c et d P. Neuenkirchen, "Sourate 107", Le Coran des Historiens, 2019, p. 2243 et suiv.