Sad (sourate)

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38e sourate du Coran
La lettre Sad
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original سورة ص, Sad
Titre français La lettre Sad
Ordre traditionnel 38e sourate
Ordre chronologique 38e sourate
Période de proclamation Période mecquoise
Nombre de versets (ayat) 88
Nombre de prosternations 1 (verset 24) ou 1 Ruku (si le verset est récité lors d'une prière)
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

Sad (arabe : سورة ص, français : "La lettre Sad") est le nom traditionnellement donné à la 38e sourate du Coran, le livre sacré de l'Islam. Elle comporte 88 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée durant la période mecquoise.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Sad[2], la dix-neuvième lettre de l'alphabet arabe par laquelle débute le premier verset. La signification de cette lettre, comme celle des autres lettres placées en tête de sourates, est inconnue et sujette à diverses interprétations.

Période de proclamation[modifier | modifier le code]

Selon la tradition musulmane, cette sourate a été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La Mecque[3]. Les savants musulmans s'accordent pour dire que cette sourate occupe la 38e place dans l'ordre chronologique[4].

D'après l'exégèse scientifique cependant cette distinction en deux ensembles de sourates est peu probante puisque qu'elle fait reposer l'organisation du Coran suivant un ordre chronologique de proclamation, hypothèse hautement spéculative car elle repose sur les « convictions que le Coran n’a qu’un seul auteur, qu’il n’a aucun rédacteur, et qu’il reflète l’expérience d’une communauté ayant existé autour de Muḥammad, à la Mecque et à Médine, entre 610 et 632 »[5].Le « relatif consensus des spécialistes » admettant une élaboration du Coran « jusqu'à plus d'un demi-siècle après la mort du Prophète » principalement sur la mise en forme du texte mais pouvant aussi concerner les contenus, de ce fait la datation du Coran n'est pas formellement admise comme remontant à la fin de vie de Mahomet[6].

Le Coran est constitué de 114 sourates de longueurs inégales, présentées dans un ordre de longueur assez sensiblement décroissant, et non dans l'ordre chronologique des révélations. Dans l'ordre traditionnel, An-Nisa est la 4e sourate[3]. Les manuscrits anciens montrent des variations dans l'ordonnancement des sourates. Pour M.-A. Amir-Moezzi, « En sus de quelques variantes orthographiques et lexicographiques mineures, 22 % des 926 groupes de fragments étudiés présentent un ordre de succession de sourates complètement différent de l'ordre connu »[7]. Certains versets supprimées dans la forme canonisée du Coran ont été rajoutés au corpus des hadiths[8].

Résumé[modifier | modifier le code]

Cette sourate a pour but de rappeler que l'orgueil, l'amour des biens de ce monde sont les forces les plus maléfiques qui peuvent arriver à faire détourner n'importe quel croyant, fût-ce un prophète, un djinn, entre autres Satan, un être humain, de la Vérité de Dieu (Allah). Elle met l'accent sur la nécessité de se repentir et le pardon de Dieu.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Versets 17–26 : Le jugement de David[modifier | modifier le code]

Pour Dye, ce texte trouve un parallèle dans 2 Sam 12 :1-6 mais l’auteur repère des différences. Plusieurs autres rapprochements avec des écrits bibliques (ps 148 ;9-10  pour les versets 18-19) ou à d’autres personnages peuvent étre fait[9]. Pour Gobillot, le récit coranique montre une connaissance de la Torah et des évangiles par le rédacteur de ce passage qui combine deux récits[9].

Pour Hawting, certaines parties du récits absentes du Coran mais connues des commentateurs pourrait expliquer l'allusion à une faute dont David se repent[9]. Pour Hawting et Pregill, il s’agit du récit de l’adultère avec Bethsabée[9]. Madigan se demande si l’évocation de cet épisode était encore reconnue ou si l’usage liturgique du texte et sa découpe en péricope ne l’a pas déjà déconnecté du récit premier[9].  Pour Pregill, il est possible que cette atténuation de la faute de David anticipe la doctrine de l’impeccabilité de David. Les auteurs musulmans anciens évoquent pourtant cette faute[9].

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  3. a et b Blachère R., Le Coran, 1966, p. 103.
  4. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  5. Gabriel Said Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica, no 58,‎ , p. 477
  6. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 17
  7. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 22
  8. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 23
  9. a b c d e et f Azaiez, M. (Ed.), Reynolds, G. (Ed.), Tesei, T. (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter. passage QS 34 Q 38:17–26