Muhammad (sourate)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

47e sourate du Coran
Mahomet
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original محمّد
Muḥammad
Titre français Mahomet
Ordre traditionnel 47e sourate
Ordre chronologique 95e sourate
Période de proclamation Période médinoise
Nombre de versets (ayat) 38
Nombre de subdivisions (rukus) 0
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

Muhammad (arabe : محمّد, français : Mahomet) est le nom traditionnellement donné à la 47e sourate du Coran, le livre sacré de l'islam. Elle comporte 38 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant la période médinoise.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Muhammad[2], référence au verset 2 : « Et ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres et ont cru en ce qui a été descendu sur Muhammad - et c’est la vérité venant de leur Seigneur - Il leur efface leurs méfaits et améliore leur condition. ».

Le titre provient du verset 2. D’autres titres sont connus comme alladhinakafaru (« ceux qui ont mécru ») ou al-qital (« le combat »)[3]

Historique[modifier | modifier le code]

Il n'existe à ce jour pas de sources ou documents historiques permettant de s'assurer de l'ordre chronologique des sourates du Coran. Néanmoins selon une chronologie musulmane attribuée à Ǧaʿfar al-Ṣādiq (VIIIe siècle) et largement diffusée en 1924 sous l’autorité d’al-Azhar[4],[5], cette sourate occupe la 95e place. Elle aurait été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La Mecque[6]. Contestée dès le XIXe par des recherches universitaires[7], cette chronologie a été revue par Nöldeke[8],[9], pour qui cette sourate est la 96e.

Nöldeke[Note 1] a voulu voir dans cette sourate un texte révélé peu après la bataille de Badr (selon la tradition en 624). Néanmoins, « la forme de cette sourate est complexe et semble relever d’une juxtaposition de textes différents »[3].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Versets 1-3 : châtiment des mécréants[modifier | modifier le code]

Cette sourate commence abruptement par « ceux qui ont mécru », expression généralement présente dans le corps du texte. Le Coran ne précise pas ici le contexte exacte de cette mécréance, ni même l’identité de ces personnes. Le verset exprime leur châtiment ; Allah annulera leurs bonnes actions[3].

Le verset 2 « ceux qui ont cru » crée un balancement et exprime le fait qu’Allah effacera leurs mauvaises actions. À l’expression habituelle dans la Coran a été rajouté, probablement en une interpolation tardive « ceux qui ont cru en ce qui a été révéla à Mahomet »[3].

Ce passage est l’une des rares (quatre) mentions de Mahomet dans le Coran. Ce terme est originellement un adjectif, avant de devenir par la suite un nom propre. Ainsi, plusieurs chercheurs ont considéré que l’emploi coranique est un emploi adjectival et non nominal. A posteriori, la tradition musulmane utilisera ce terme pour désigner le prophète de l’islam[3].

Le verset 3 récapitule les deux précédents versets[3].


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Neuenkirchen, "Sourate 47", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1499 et suiv.
  • R. Paret, Der Koran. Kommentar und konkordanz, 1980[Note 2].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les islamologues ont utilisé plusieurs approches pour tenter de dater les différentes sourates du Coran. Paret et Neuwirth appartiennent à l’« école allemande » qui, à la suite de Nöldeke, s’appuie sur la chronologie traditionnelle et sur un récit « laïcisé » des traditions musulmanes. Autrefois dominant dans les études islamologiques, ce paradigme nöldekien n'est plus qu'« en partie présent ». Les auteurs du Coran des historiens appartiennent davantage à l’autre courant (dit « sceptique ») qui prend davantage en compte une critique des sources traditionnelles. Voir : Historiographie de l'islam et du Coran
  2. En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit du Commentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et du Coran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux de Blachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avec apparat critique. Voir : Sourate

Références[modifier | modifier le code]

  1. A. Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. (en) « Le Coran/Sourate 47 : Muhammad - Bibliowiki », sur biblio.wiki (consulté le 5 juillet 2018)
  3. a b c d e et f P. Neuenkirchen, "Sourate 47", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1499 et suiv.
  4. G.S. Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica 58, 2011, p. 477-502.
  5. R. Blachère, Introduction au Coran, p. 244.
  6. R. Blachère, Le Coran, 1966, p. 103.
  7. M. Azaiez, « Chronologie de la Révélation »
  8. G. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianus no 95, 2011, p. 247-270.
  9. E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering », Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008, p. 13.